‹ Discours prononcé à l'occasion du 192e anniversaire de l'heureuse mort de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 20 sur 22 · RL · texte numérisé non relu

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OF l'extinction, quand elle doit s'écouler paisiblement; il ne l'a jamais voulu, même dans les plus austères asiles de la pénitence. Mais ce qu'il veut, c'est qu'il y ait des témoignages vivants du grand sacrifice qui est le premier et Le principal fondement du Christianisme ; des coopérateurs qui s'associent dans tous les temps à l’immolation sans fin de l'Agneau rédempteur; des imitateurs de la vie souffrante du Christ, qui le réjouissent, sinon par leur s sang et leurs larmes, du moins par la résignation, la patience, le dévouement, par l'amour, qui ne se conçoit pas sans le sacrifice. Ce sont là ses fils bien-aimés, il les à glorifiés et il les glorifiera encore. Le monde les croit disgraciés; il voit leur croix et ne voit pas la main de Dieu qui la soulève, l'onction de la grace qui la rend douce et légère. :

passe en hochant la tête et disant :

ce sont là les enfants de Dieu, qu .

descendent de leur croix! et il n’ent:nd es

cn Ones « pas le mot qui compense inmensément « ce je ne sas quoi de momentanf «et de léger qu a nom tribulaton :

« Aujourd'hui, tu seras avec mot en pa- « radis (4). » Heureuse Pâme qui vit dans une uron imtune avec F'Agneau de feu, inunolé pour Jes péchés du monde! Plus elle soutlre, plus elle est unie à son Dieu; dès cetie vie même, elle goûte une paix d'autant plus sensible qu'elle accepte plus volontairement les peines et les croix.

Dieu l'anime d'une patience maltérable dans les adversités et dans les maladies ; Hi la remplit de charité pour ses frères, et d'un amour toujours plus grand pour l'Éelise de Jésu -Christ.

Faut-il s'étonner si sa mort est sainte et précieuse devant Dieu (2)? Non, pour cette humble servante de Jésus-Christ, ce n'est pas une mort, c'est une naissance nouvelle à une vie heureuse, c'est le commencement d'une vie de gloire et d'im-

(4) Luc, 23.

a) Ps, 415

nené tané On :

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mortalité. Depuis longtemps elle se plargnait de la longueur de son exil (1), et désirait être délivrée de la prison de son Corps (2); mais lorsque, dans sa dernière maladie, son confesseur lui dit de joindre ses prières à celles de ses sœurs éplorées pour obtenir du Ciel la conservation de ses jours, cette vénérable Mère, [oujours soumise à ses supérieurs, adressa à Dieu cette prière : « Mon Seigneur et mon Dieu, si € VOUS Jugez que je sois encore utile à « cette petite Communauté, je ne refuse € pas la peine, que votre volonté soit « faite. » Dieu se laissa toucher: elle se rétablit, et la joie fut grande dans la com munauté et dans tout le pays; mais cette joie fut de courte durée. Sur son lil de douleur, les veux fixés sur Jésus CrUGIIÉ, cachée dansles plaies sanglantes dues à son immense miséricorde, elle se réjouissait de se voir crucifiée avec lui, et elle répé-

(4; Ps. 449,

(2) Rom, 7,

tait sans cesse les paroles de l'apôtre :

QC Christo confixa sum cruci (1). »

La violence du mal ne put étemdre la charité qui consumait son âme; son ardeur apostolique sembla se réveiller plus vive que jamais, et dans son zèle pour la conversion des infidèles, elle disait à Dieu : € Mon Dieu, donnez-mot pour purgatoire « d'aller après ma mort exciter toutes les « nations barbares à embrasser la foi, et « d'v accompagner les missionnaires , « pour les engager à n'épargner ni leurs « peines ni leur vie pour faire entrer tous « les peuples dans l'Église. » Aux relioleuses qui l'entourent et qui la supplient de ieur faire part de ses mérites : « Tout « est pour les sauvages, mes sœurs, Je n'ai « plus rien à mot. »

Après avoir, pendant toute sa vie, travaillé à la gloire de Dieu et de son Église, gouverné le monastère pendant dix-buit années, Consumé sa vie à la conversion des sauvages et à la sancüfication des

(4) Galat. 2, 49.

âmes, adressé à l'Époux de son âme les élans de l'amour le plus pur; après avoir été poursuivie par mille tentations intérieures, accablée par les peines et les croix de toutes sortes, elle bénit ses sœurs prosternées autour de son hit, et passa, nous le croyons tous, de cette vie mortelle à la gloire du paradis, le 30 avril 1672.

La ville de Québec était plongée dans le deuil, et tout le Canada pleurait la mort de la sainte, tandis que les Anges de Dieu étaient dans la joie, et que le Ciel retentissait de leurs chants d’allégresse, à l'entrée de sa belle âme dans le Royaume de üieu.

Les sauvages inconsolables disaient aux religieuses avec l'accent de la douleur :

« Notre Mère est morte, notre Mère est « morte. » Tous réclamaient quelques objets qui auraient été à son usage pour les garder comme reliques. La voix publique l'appelait sainte et la canonisait.

Dieu n'oublie pas ses saints; plus ils ont été humbles pendant leur vie, plus il prend som de les glorifier après leur mort,

L'humilité sincère mérite cet honneur et cette gloire, ef exaltanit humiles. U ne veut pas que leurs noms soient oubliés sur la terre; leur mémoire sera toujours vivante (4). Gomme celui de l'incomparable Judith, le nom de Marie de l'Incarnation sera célèbre, et compté parnn les Saints et les Justes (2). ET AL LEE

___ Cest-ainsr que, de puis sa mort, cette femme extraordinaire, grande par les plus nobles qualités du cœur et de lespnit, plus grande encore par son humilité et par les lumières surnaturelles que Dieu lui communiquait, à été honorée par les petits et les grands du monde, par les évé- | ques et par les saints. Quelle idée en coneut le R. P. Jérôme Lallemant, qui avait presque toujours été, en Canada, le directeur de sa conscience”? « Sa mémoire sera | « à Jamais en vénération dans ces con- « trées, et pour mon particuler, j'ai

beaucoup de confiance en ses prières,

Due,

(4) Ps. 441.

(2) Judith, 40,

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en 01 «et j'espère qu'elle n'aidera mieux à bien € mourir que Je n'ai fait à son égard. » Le grand Bossuet da-compare à sainte

1 —priérese, que l'Église met presque au rang

des docteurs en célébrant la sublimité de sa céleste doctrine (1). Le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Paris, M. Émery, l'appelle une sainte qu'il vénère bien smcèrement et qu'il met dans son estime à côte de samte Thérèse, Et l'historien de sa vie, le R. P. de Charle- Voix, nous la représente comme une feinmie forte et telle que le plus sage des rois semblait désespérer d'en trouver jamais.

Mais le plus grand témoignage rendu à sa sainteté et à sa vie apostolique est celui du premier évêque de Québec, Monseigneur de Laval, le membre le plus illustre du Sémiraire des Missions - Étrangères.

« Le témoignage que nous pouvons en « rence est qu'elle était ornée de ‘toutes

les ‘tus dans un degré très-éminent, es out d'un don d'oraison si élevé, et

(1) sossuet, Théologie ascétique, tome [V.

d'une union avec Dieu si parfaite, qu'elle conservait sa présence au milieu de l'embarras des affaires les plus diffieiles et les plus distrayantes, comme parmi les autres occupations où sa vocation l'engageait. Parfaitement morte à elle-même, Jésus seul vivait et agissait en elle, Dieu l'ayant choisie pour l'établissement de l'ordre de Sainte- Ursule en Canada, il l'a douée de la plénitude de l'esprit de ce saint Institut.

C'était une supérieure parfaite, une excellente maîtresse des novices et elle était très-capable de remplir tous les emplois d'une communauté religieuse.

Son zèle pour le salut des âmes et particuhèrement pour celui des sauvages était si ardent, qu'il semblait qu'elle les portat tous dans son cœur. Nous ne doutons pas que ses prières n'aient obtenu en grande partie les faveurs dont jouit maintenant l'Église naissante du Canada. »

Telle fut cette femme que tous ont

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