‹ Discours prononcé à l'occasion du 192e anniversaire de l'heureuse mort de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 6 sur 22 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

Comme à la basse ville, elles avaient des pensionnaires et des externes, sans cCompter les hommes et les femmes qu'il leur fallait instruire et nourrir à leurs parloirs, Elles continuèrent ainsi leur œuvre jusqu'au 34 décembre 14650, qne leur monastère fut incendié et totalement détruit en quatre heures de temps.

À cette dernière époque, la Mère de l'Incarnation avait avec elle neuf autres religieuses. Il fallut de nouveau emprunter et solliciter des secours dans le pays et auprès des amis de France, pour rebàur le couvent et réparer toutes les pertes de vêtements, de linge, de meubles, d’approvisionnements, etc.; car tout avait été dévoré par les flammes.

Au bout de dix-huit mois, le monastère nouveau était reconstruit sur les fondations du premier, Si le pain s'était multiplié entre les mains de la Mère Marie de l’'Incarnation pour nourrir les sauvages, comme on avait eu occasion de le constater plus d'une fois, l'argent et les autres

AVANT-PROPOS, AI secours se multiplièrent également en cette circonstance pour payer les ouvriers.

Le travail de l'instruction, qui n'avait pas été entièrement abandonné, même au jour où l'on n'avait plus ni asile, ni pain, ni vêtements en quelque sorte, fut repris avec une nouvelle ardeur. Les Ursulines durent même apprendre une nouvelle langue, liroquois, pour profiter de toutes les occasions qui se présentaient de gagner des âmes à Dieu. Toutes les peuplades indigènes commençaient en effet à s'ébranler. L'héroïsme de ces femmes venues de si loin, sans aucune vue d'intérêt propre, remuait ces tribus sauvages et leur causait un indicible étonnement.

Füen n'est plus intéressant que de lire dans {es Ursulines de Québec (1) les récits des visites que les chefs des tribus faisalent de temps à autre au couvent. Ils étaient émerveillés de voir l'instruction des enfants de leur nation en matière de

(4) Histoire de ce monastère, en 3 vol. in-8°, 1mprimée à Québec de 4863 à 1866.

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religion et leur connaissance de la lecture et de l'écriture.

Les progrès que faisaient dans la piété ces jeunes filles sauvages n'étaient pas moins remarquables, puisqu'on voit par les récits du temps que la Mère de l’Incarnation aurait pu en admettre huit ou neuf au noviciat, si l'on eût cru la chose prudente sous les autres rapports.

Les soins que les Ursulines donnaient aux enfants des sauvages ne les empêchaïent pas de s'occuper également des jeunes filles françaises, dont les unes étaient pensionnaires, les autres externes; d'autres venaient simplement les dimanches et les jours de fêtes pour se faire instruire de leurs devoirs et des vérités de la religion. Neuf de celles qui reçurent ainsi l'instruction à cette première époque se rendirent plus remarquables encore par leur piété qu'elles ne l'étaient par leur naissance, et devinrent Ursulines.

La Mère Marie de lIncarnation était l'âme de tout ce qui se faisait pour la

AVANT-PROPOS. XIII gloire de Dieu, et elle le fut Jusqu'à sa bienheureuse mort, arrivée, comme nous l'avons dit, le 30 avril 4679. Elle laissait Une communauté composée de vingt religieuses. Mme de la Peltrie était morte six mois auparavant, aimée et respectée comme l'une des plus insignes bienfaitrices des Ursulines.

On voit que ces admirables femmes exercérent leur apostolat durant trentetrois ans. Pendant un üers de siècle elles vécurent de privations et de sacrifices, loin de leur pays natal, de leur famille, de leurs amis, au milieu de peuplades sauvages et barbares, toujours en alerte, ne Sachant jamais si le peu de Français en qui se résumaient toutes les forces humaines sur lesquelles elles pouvaient compter, n'allaient pas être, d’un moment à l’autre, exterminés par des ennemis cinquante fois plus nombreux. Outre cela, la rigueur des saisons, le naufrage des vaisseaux qui leur apportaient les objets les plus indispensables, un incendie du-

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