XIV AVANT-PROPOS
quel elles ne purent s'échapper qu'à demi vêtues et qui consuma tout ce qu'elles possédaient, les firent passer par des épreuves auxquelles, humainement parlant, des hommes doués de la plus forte trempe de caractère n'auraient pas résisté.
Cependant elles n'eurent même pas la pensée de regarder en arrière. Bien loin de là, elles semblent puiser de nouvelles lorces dans les tribulations, un nouveau courage dans ce qui était le plus de nature à les abattre. Comment concevoir un pareil mystère ? IT n'y a pas d'autre explication possible que celle-ci: une orèce prévenante de Dieu, qui choisit certaines âmes pour faire par elles des choses impossibles à la nature humaine, quelque parfaitement douée qu'elle puisse être; une généreuse fidélité à ces grâces ; des grâces nouvelles, abondantes et miraculeuses qui récompensent cette fidélité.
Or c’est là précisément ce qui caractérise la vie de la Mère Marie de l'Incarnation.
Dieu l'avait choisie de toute éternité
AVANT-PROPOS, XV pour l'œuvre du Canada, et dès sa plus tendre enfance, peut-être même au jour de son baptême, il lui départit avec une abondance exceptionnelle les dons de son Esprit. Il s'empara de sa volonté dès le premier moment où elle eut un libre usage de sa raison, comme elle le raconte elle-même dans sa vie, et comme le rappelle son éloquent panégvyriste.
Vingt ans après cette insigne faveur, il s'empare de son âme pour se l’unir d'une manière encore plus étroite et plus intime :
il lui dit qu'il la prend pour son épouse.
Plus tard, il lui fit connaître dans une vision celte œuvre du Canada à laquelle il la destinait; et dans un grand nombre de circonstances il lui communiqua ainsi des grâces de choix, qui montrent la prédilection qu'il avait pour elle. Or peut dire que sa vie est remplie de ces grâces prévenantes.
Ces faveurs néanmoins n’imposaient aucune nécessité de faire le bien à celle qui en était l'objet; elle eût pu y résister,