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Discours prononcé à Nicolet le 4 octobre 1896 [microforme]

Au moment où je rencontre ici des représentants de tout le comté de Nicolet, des amis dévoués avec lesquels j'ai fait déjà plusieurs luttes, permettez-moi de vous remercier bien cordialement du ferme appui et du dévouement dont vous avez fait preuve pour la cause conservatrice. Je suis heureux d’avoir pu amener au milieu de vous mes vaillants collègues, qui se trouveront chez eux dans cette belle ville de Nicolet, où nos nombreux amis ne nous ont pas ménagé leurs

chaudes sympathies.

Sans doute il aurait été préférable, pour répondre aux justes exigences de

tout le comté, de tout ce comté si long je pourrais dire, de faire la réunion dans le centre ordinaire, à Bécancourt, Mais à l’époque avancée où nous sommes de la saison, je n'ai pas osé faire cette réunion dans un endroit où nous n’aurions pu nous mettre à couvert en cas do mauvais temps. Aussitôt que nous le pourrons, vous pouvez être sûrs que nous nous réunirons dans un autre endroit du comté, de manière à satisfaire tous les amis.

Bientôt, Messieurs, vous aurez à juger si votre député et les membres de l’administration dont il a l’honner - de faire partie ont rempli consciencieusement le mandat que vous leur avie. confié, En attendant, nous avons compris qu'il était de notre devoir de venir discuter au milieu de vous, rencontrer nos amis, et nous les rencontrons avec plaisir.

Je ne comparerai pas notre administration avec celle qui l’a précédée, avant |

. ce soit.

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le 8 mars 1892. Je laisserai cette tâche à mes honorables collègues, qui vous parleront et de nos finances et des autres questions politiques dans lesquelles vous êtes intéressés, Mais je me permettrai de vous dire, ce que vous avez dû constater avec nous, que dès le huit mars l’ère des scandales s’est terminée.

Nous avons rétabli l’ordre dans nos finances et cela sans avoir recours au système de budget à trois colonnes, dont se servaient nos prédécesseurs : colonne pour les dépenses ordinaires, colonne pour les dépenses spéciales, colonne pour les dépenses à charger au capital. Nous avons marché modestement sur deux colonnes : les recettes et les dépenses, Vous y verrez que, malgré l’état de choses extraordinaire auquel nous avons été obligés de faire face, nous avons pu parvenir à un surplus raisonnable. J'entends répéter par nos adversaires : oui, mais vous avez taxé le peuple. Je ne le cache pas, nous avons eu le courage, après nous être soumis à l'impôt nous-mêmes et y avoir soumis nos employés, de demander au peuple de nous aider à combler les déficits passés, à réparer les désastres causés par nos prédécesseurs. Il fallait faire face aux obligations de la province. Elle ne pouvait aller en banqueroute. Aujourd'hui, ces nouvelles charges sont abolies, les unes après les autres, à mesure que nos économies, pratiquées avec persistance et prudence, nous permettent de demander moins à la caisse publique ; à mesure que les ressources, dans nos départements, augmentent, ainsi que nous l'avons censtaté, cette année, dans le département des Terres de la Couronne.

Quant à moi, mes amis, je me suis dit qu'il m ‘appartenait de me mettre à l’œuvre résolument, de travailler et de travailler toujours, et j'ai fait ma politique de l’agriculture, complètement, sans y mêler même la politique. Je suis allé dans les assemblées agricoles chaque fois que ma présence pouvait produire quelque bien. J'ai tenu mon attention fixée sur le but à atteindre, appelant à mon aide les amis dévoués de l’agriculture. Aujourd’hui, j'ai à vous dire ce qui, je crois, a été réalisé. Non pas que je m'en attribue le mérite, les électeurs jugeront en temps et lieu à qui il appartient ; mais c’est mon devoir de constater avec vous

Progrès accomplis, succès obtenus.

Comme j'entrerai nécessairement dans les détails, je les restreindrai à l'agriculture et à la Colonisation.

On a épargné sévèrement dans chaque département, et j'en félicite mes honorables collèguès, ainsi que l'Orateur de notre Chambre d'Assemblée, Que l’on compare leur administration avec celle qui a précédé. Mais en Agriculture et Colonisation, nous nous sommes bien gardés de gêner le progrès en quoi que

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Je remercie mes honorables collègues comme je puis aussi remercier la Jhambre de la latitude qui été accordée à mon département. Nous n'en avons certainement pas abusé, et je vous prie, Messieurs, d’après l'état que je vais vous soumettre, de juger par vous mêmes si nous avons fait bon usage des ressources mises à notre disposition, si nous avons été dignes de la confiance que l'on nous a témoignée.

Cercles agricoles.

La première, la principale des mesures adoptées pour l’amélioration de notre agriculture a.été la loi établissant les cercles agricoles. Elle mettait aux mains de nos cultivateurs une organisation nouvelle. Jusqu'à ce temps on n'avait eu que peu de cercles. Leur existence n'était pas reconnue légalement.

Par eux, les membres d'une même paroisse, d'une même localité peuvent se rencontrer facilement. Il n'en est pas ainsi de la société d'agriculture, qui embrasse tout un comté. Il est assez difficile pour ses membres d'assister aux assemblées ; mais dans un cercle tout le monde peut y aller, assister aux séances, au moins une fois par mois. Tous les habitants d'une même paroisse peuvent s'entendre pour donner raison au vieux proverbe : l'Union fait la force.” Ils peuvent réunir leurs ressources. pour acheter des instruments, des engrais artificiels, des reproducteurs à bonnes conditions et les mettre à l'usage des membres. Aussi L'ACTION DES CERCLES sur l’agriculture, sur l'amélioration des pâturages, sur la culture des racines fourragères et des fourrages verts, des légumes, sur les constructions rurales améliorées, nécessaires pour nos longs bivers, la diffusion des bonnes pratiques agricoles, l'usage des engrais artificiels, etc., etc., a été des plus efficaces. Ils ont grandement aidé à l’industrie laitière.

Jamais organisation ne s'est révélée aussi rapidement par les bienfaits qu'elle a répandus. Un fabricant me disait, l’an dernier, que grâce aux cercles agricoles, à lui seul, dans son hiver, il avait vendu 300 coupe-paille de plus ; M. Dawes, de Isachine, M. Greenshields, de Danville, avocat et intelligent cultivateur, disent qu'ils ont, toutes les semaines, des visites de délégués des cercles agricoles désireux de se procurer des reproducteurs de différentes races.

Permettez-moi, dans cette occasion solennelle, de me servir de la voix des journaux, qui sans doute sont représentés ici, pour déclarer à tous ces vaillants cercles, qui nous ont permis de marcher si rapidement dans le chemin des améliorations, que je ferai toujours tout en mon pouvoir pour les aider.

Il y a aujourd’hui 540 CErcLes. Avant 1893 ils n'avaient pas d'existence

légale. Il y en avait alors une vingtaine qui fonctionnaient plus ou moins régu-

lièrement.

Dans ces associations, les meilleurs théoriciens et praticiens de la localité, et même ds l'étranger, se rencontrent et échangent leurs opinions.

On a voulu prétendre que ces cercles étaient en antagonisme avec les sociétés d'agriculture. Que l’on me permette de mentionner une loi qui a été proposée par le zélé député de la division St-Louis de Montréal, M. Parizeau, pour permettre aux cercles de former une société coopérative avec les sociétés d’agriculture du comté, de manière à ce que les présidents de tous les cercles composent la direction de la société d'agriculture du comté. De cette manière, toutes les paroisses du comté sont représent ‘es, et l’ancienne société d'agriculture peut être continuée d’. e manière y 3 effective encore. C’est d'après cette loi que s'est organisé le comté de Chambly.

Journal d’Agriculture.

Cette publication, en 1892, comptait 7,000 abonnés ; elle en compte aujourd’hui 52,000. J'ai pu constater, dans mes nombreuses périgrinations par la province, qu'elle est lue dans toutes les familles de cultivateurs. On ne la laisse pas s'accumuler en piles au bureau de poste, au contraire on se plaint umèrement quand on ne reçoit pas son numéro, Nous en savons quelque chose, Un grand nombre des membres font partie des cercles agricoles justement pour recevoir le journal. Il n’y a guère, même dans le monde entier, de journal agricole qui ait autant de lecteurs, et c'est là un grand avantage pour notre province. L'utilité de cette publication est attestée par les nombreuses lettres | d'abonnés, qui font part au département des résultats excellents qu'ils obtiennent dans leur culture en suivant les données du journal.

L’Ecole d’Industrie laitière.

Pour activer notre industrie laitière, la seule industrie qui nous ait offert par le passé, comme elle nous offre pour le présent et pour l'avenir, la principale source de revenus, de prospérité, pour activer cette industrie, il nous fallait de bons fabricants de beurre et de fromage, des beurreries et fromageries bien installées. Je m'adressai à la société d'industrie laitière, qui me répondit qu'il n’y avait pas assez d’inspecteurs pour les besoins du pays, qu'il n’y avait pas | assez, non plus, de fabricants, que l’on était dans l'obligation d’en importer de l'étranger.

L'Administration se rendit de suite au désir de la société d’'Insdustrie Laitière et fonda l’école de St-Hyacinthe. (Ceci se passait en 1892, Voyez comme

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l'effort tenté fut couronné de succès. La première année, (1892--93), cette

école rogut 214 élèves.

En 1893-94 elle en reçut 268;

En 1894-95 elle en reçut 312 ; et l'an dernier environ 300 ; faisant un total, pour ces quatre années, de 1094 élèves.

C'est avec plaisir que je dois reconnaître ici les services signalés des spécialistes qui nous ont aidés à mettre tout de suite cette école sur un excellent pied. L'Administration se propose de ne rien négliger pour que cette pépinière de nos fabricants soit toujours maintenue de manière à ce que nous n'ayons rien à envier aux provinces voisines,

Contérenciers agricoles.

Chaque cercle est tenu, pour avoir droit à son octroi, d’avoir deux conférences par année, Aussi l'Administration a-t-elle voulu avoir un nombre suffisant de conférenciers pour répondre à toutes les demandes. Ces conférenciers ont fait un grand bien par le pays. On nous demande d’en augmenter le nombre, Ce que nous avons constaté avec bonheur, c’est l'attention assidue de la population à recueillir toutes les informations, tous les renseignements possibles, de la bouche de ces conférenciers.

Beurreries et fromageries.

En 1890 nous avions 111 bourreries et 617 fromageries, soit un total de

fabriques de 728.

En 1895 nous avions 307 beurreries et 1467 fromageries, soit un total de

fabriques de 1774.

D'après le recensement de 1891, la production du beurre et du fromage, en 1890, n’atteignait pas $3,000,000.00.

En 1894, d’après les réponses données par les fabricants de beurre et de fromage, la production de ces deux articles a donné au-delà de $87,500,000.00.

En comparant la production de cette année à celle de 1890, nous trouvons que la classe agricole a touché, pour ces deux produits, au-delà de QUATRE MILLIONS DE PIASTRES, en 1894, de plus qu’en 1890.

Permettez-moi de vous citer la revue commerciale du ‘“ Herald, ” du 21 septembre dernier :

Les exportations de cette année jusqu'à date ont été : pour le fromage 1,058,172 meules.

‘ L'année dernière 1,052,593 meules.

Augmentation 5,579 meules.

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