‹ Discours prononcéChapitre 10 sur 14 · UN NÉGOCIANT DE L ILE BOURBON AU CAPITAINE · texte numérisé non relu

UN NÉGOCIANT DE L ILE BOURBON AU CAPITAINE

Saiiit-Denis , île Bourbon, le 24 janvier 1821- MoNSiEUR,

.Je ne laisserai pas partir Vlnduslrie pour Zanzibar sans avoir le plaisir de vous écrire, et vous accuser réception de votre lettre du 5 courant, de St.-Paul. Par son contenu, et celle de M. *^*, je vois la possibilité que v(nis reveniez dans notre ile, si des contrariétés vous faisoient partir trop tard pour doubler le cap avant les

mauvais temp$. Quoique je considère votre retour ici comme très incertain , je n'en prendrai pas moins les mesures nécessaires comme si vous y veniez réellement; elles seront absolument les mêmes que le voyage précédent, parceque je les considère comme les plus sûres. Présentez-vous toujours d'abord au même lieu, avec les mêmes signaux et reconnoissances , parcequ'on vous portera uue lettre qui vous instruira de ce que vous aurez à faire ultérieurement. Je vous indiquerai le lieu de débarquement, si, comme je le pense, vous ne pouvez l'opérer au premier endroit. Dans ce cas, le second point <5ue je vous ai indiqué seroit, à mon avis, le meilleur comme le plus facile, très près au-dessous de la rivière de l'Est. Je ne vous engage à aller sous le vent, que dans le cas où vous ne réussiriez pas ailleurs. Cette partie est peu avantageuse pour la vente. M. ***, qui est ici, me confirme même dans cette opinion: et ensuite, parceque nous avons vu pour les quatre en question, les frais sont énormes. Dans tous les cas, je vous ferai parvenir une lettre très détaillée, s'il y a lieu. Attendez-la devant les Cascades, jusqu'à la nuit: elle vous parviendra certainement, et vous agirez suivant son contenu.

Depuis votre départ, nous avons eu bien des arrivages de France; l'Apollon et le Mercure sont du nombre. Je compte expédier ce dernier dans 8 ou lo jours pour Nantes. Je chargerai dessus vos cafés et ceux de vos messieuï"s : vous pouvez le leur annoncer. Cette fève a monté à 25 piastres; néanmoins, je me suis procuré une partie du vôtre à 24, ainsi que celui de vos officiers.

Bien décidément notre gouverneur est relevé et remplacé par le capitaine de vaisseau de Freycinet, attendu

tous les jours. Il est peu connu ici , mais voui savez qu'il aura peu à faire pour ne pas faire reg^retter son prédécesseur.

Il me reste à recevoir, sur la vente, environ n,ooô piastres, ce qui ne me met guère en mesure de faire des remises à M. ***. Néanmoins , s'il y a place à bord du Mercure^ je lui enverrai 5o milliers de sucre.

Votre pilotin du Faillay est sorti de l'hôpital. J'ai payé pour ses frais une demi-piastre. J'ai actuellement à payer sa subsistance jusqu'à son embarquement, et même son passage en France. J'avois cru que vous l'aviez débarqué : je me suis assuré du contraire au bureau des classes.

Recevez les civilités de toute ma famille, et l'assurance du dévouement de votre très humble serviteur. — Signé***.

Pour copie fidèle.

Signé W. Telfair, substitut-greffier.

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