‹ Discours prononcéChapitre 11 sur 14 · LE MEME AU SUBRÉCARGUE · texte numérisé non relu

LE MEME AU SUBRÉCARGUE

Saint-Denis, île Bourbon", le 26 janvier 1821.

Monsieur , J'ai bien reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 4 courant, de St.-Paul. Vous m'annoncez que, dans la crainte de ne pouvoir partir de Zanzibar avant la fin de février pour doubler le cap avant la mauvaise saison, vous serez obligé de revenir ici, et m'invitez en conséquence à prendre les mesures néces-

saircs pour favoriser notre opération. Vous pouvez être tranquille; ces mesures seront prises et avec beaucoup plus de secret que la dernière fois. Il faudra toujours vous présenter au même endroit. Là, on vous enverra une lettre qui vous indiquera ce que vous aurez à faire. Lorsque je vous l'écrirai, nous serons plus près du moment de l'exécution ; il sera facile de prévoir alors ce que je ne puis prévoir maintenant, sur-tout en raison des changements qui vont avoir lieu dans notre gouvernement. Je ferai les dépenses nécessaires pour bien préparer les voies et assurer le succès. Vous n'irez sous le vent qu'après avoir fini, et pour y prendre ce que vous aurez besoin. Je vous ferai savoir à temps utile s'il y aura ou non des inconvénients de mouiller à St.-Paul , et ce qu'il y auroit à faire dans Tun et dans l'autre cas.

Je ne conçois pas pourquoi vous me dites de tenir prêts six milliers de girofle et six mille piastres. Je ne devine pas l'emploi que vous auriez à faire du premier objet, mais comme l'un et l'autre ne sont pas difficiles à se procurer, j'attendrai votre arrivée, parceque vous sentez que l'incertitude où je suis sur votre retour ne me permet pas de prendre de telles dispositions : mais vous pouvez être tranquille, vous n'éprouverez aucun retard sous ce rapport.

La saison vous permettra d'aborder par-tout. Les fortes brises ne régnent pas avant le mois de juillet. Il n'y aura donc aucun obstacle à ce que vous alliez communiquer au premier endroit du dernier voyage, pour y recevoir mes avis.

Le Mercure est arrivé le 9 courant. Je compte l'expédier dans 8 on 10 Jours. Il suivra donc de pie!, (a Delphine

qui ne part que dans quelques jours. Je mettrai à bord du Mercure votre cafti, comme celui de vos messieurs.

Quoique nous soyons en avance avec votre armement, puisque nous avons encore à recouvrer au moins i4,ooo piastres, je ferai un envoi de 5o milliers de sucre à M. ***, si je puis les placer abord , comme je le pense, et ferai successivement d'autres envois , à fur et mesure que les rentrées s'opéreront.

Je pense que lorsque Ylndiistrie et un autre petit navire arriveront à Zanzibar, vous aurez terminé votre affaire, et que vous n'aurez rien à redouter de leur concurrence.

Il sera convenable qu'on ne sache pas que vous revenez ici lorsque vous quitterez Zanzibar.

Recevez les assurances d'amitié de toute ma famille qui, comme moi, vous désire une bonne santé, et une réussite complète.

J'ai l'honneur de vous saluer, et d'être bien sincèrement, mon cher monsieur, votre très humble serviteur.

Signé G.

Pour copie fidèle.

Signé W. Telfair , substitut-greffier.

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