J.E SUBRÉCARGUE A UN NÉGOCIANT DE S''-DEN1S
Saint-Paiil, le 4 janvier 1821.
Monsieur ,
Je suis arrivé la nuit dernière à une heure du matin. Notre cuisine et notre chaudière à nègres ont été pèchées, et je compte partir demain au soir.
Si je suis contrarié à Zanzibar à ne pouvoir partir que dans les derniers jours de février, il seroit trop tard pour m'exposer à doubler le cap de Bonne-Espérance. Le mois de mars, dans le canal de Mosambique, est un mois de calmes et de pluies ; je m'exposerois à manquer mon voyage, et à perdre toute ma cargaison. Dans ce dernier cas , je me rendrai aux Cascades, et cela sera fini de mars au commencement d'avril. Vous pourriez pré-
venir, à tous événements, M.^** que ce sera les mêmes si(jnaux: pavillon rouge et blanc au grand mât, et bleu et blanc au mât de misaine. Vous tiendrez prêts à embarquer six milliers de girofle; en débarquant les nègres, les mêmes pirogues porteront le girofle, et six mille piastres d'Espagne que vous enverrez à M.**"*" à Saint- Paul , aussitôt que vous auriez Tavis du débarque- Micnt des nègres. Je viendrai me faire connoître devant Saint-Paul, et je me tiendrai sous le vent du cap La Houssaye , où M.*** m'enverra une grande pirogue me porter les.piastres et un tonneau de vin.
Je crois que le débarquement sera moins difficile que la première fois. Le baron ayant son remplaçant connu, cela le rendra moms anglomane, et moins pbilantbrope. Si cela avoit lieu, comme il est possible, j'aurois encore deux voyages semblables à faire à Bourbon avant le mois d'octobre prochain. Réfléchissez à la proposition que je vous fais , et prenez toutes les mesures nécessaires. II ne faut pas craindre de semer un sac de mille piastres, si cela est nécessaire.
Présentez mes hommages respectueux à madame et à vos demoiselles. Mes amitiés à **, **, et mille choses honnêtes à M. **.
llecevez, je vous prie, l'assurance de tous mes sentiments d'amitié.
Nota. Mille choses honnêtes à la maison **'*^. Si le débarquement ne peut pas s'effectuer aux Cascades, nous viendrcyis le faire au cap T^a Houssaye. x\lors vous serez instruit de suite, et nous resterons quelques jours hors de vue d'être aperçus de terre, et vous aurez le temps
«l'envoyer le g^irofle et les piastres hSnint-Paul. L'établissement nous fournira tous ses moyens.
Pour copie fidèle.
Signé, W. Telfair, substitut-greffier.
UN NÉGOCIANT DE l'iLE BOURBON AU CAPITAINE , PRÉSENT A SAINT-PAUL.
Saint-Paul , île Bourbon, 4 janvier 1821.
Mon cher monsieur ,
Connoissant votre complaisance à obliger vos amis, et osant me mettre du nombre, je vous prie de vouloir bien vous cbarg^er de mon petit mulâtre , nomme' Josepb , âge' de 10 ans environ, pour le placer dans tel endroit que vous jugerez le plus convenable à mes inte'réts, et d'en employer le net produit comme bon vous semblera , que vous ferez parvenir à ma bonne mère, à Nantes.
Je compte sur votre bonté ordinaire pour me rendre ce service, et vous engage en revancbe, en bon ami , de m'eraployer dans notre pays de telle manière que vous le souhaiterez, où, pour vous prouver ma reconnoissance, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous être agréable.
Je vous souhaite un bon voyage, et suis bien sincèrement votre affectionné serviteur et ami.
Poi\f copie fidèle.
Signé W. Telfair, substitut-greffier.