CRE
nt
ti CR M
AE Ti sit
D9 maison où vos grands parents ont souri sur votre berceau, dans ce sanctuailre que la croix protège, ou vous avez gouté les joies pures et saintes de la famille ; ne prêtez pas l'oreille à ceux qui cherchent à vous dégouter de cette terre du Canada que vous devez considérer comme une mère et une nourrice commune.
“ Les hommes que Moïse avait envoyés pour reconnaitre la terre promise et qui en avaient dit du mal, furent mis à mort devant Dieu.” [35]
Contemplez les immenses territoires que votre pays offre à votre activité, à votre courage, à votre patriotisme. Quoi :
vous, les enfants du sol, vous quitteriez le sol de la patrie, vous faibliriez à la tàche de vos pères ? Ne voyez-vous pas que, dans quelques années, ces terres que vous désertez, seront occupées par des milliers d’immigrants étrangers qui y trouveront le pain et la liberté.
Je ne suis pas prophète, mais je ue crois pas me tromper en disant que, avant
(35, Nombres, XIV.
longtemps, la plupart de ceux qui ont quitté leur pays, éprouveront des regrets amers. [Il me semble entendre cette 1mmense lamentation qui s’élèvera un jour, et bientot, de ces familles que l’imprévoyance, le luxe, le manque d'économie, ont détournées de la voie glorieuse de leurs ancêtres.
Pardonnez-moi, si ce sentiment triste et pénible se mèle à la joie que j'éprouve en Célébrant avec vous les gloires de la patrie. [1 faut dire la vérité, la dire hautement, et ne pas nier le mal immense que le peuple canadien-francais se fait à lui-même.
Devons-nous perdre courage ? Non, au contraire : cherchons le remède, et travaillons tous à arrêter ce courant d’émigration qui nous affaiblit, en diminuant et en éparpillant les forces vives de la nation. Dieu a ses desseins, qui nous sont cachés. ‘On ne voit goutte, on * marche à tâtons, et quoiqu’on consuîte “des personnes très-éclairées et d’un ‘“très-bon conseil, pour l'ordinaire, les
sa #1
Le »
“choses n'arrivent point comme on les “avait prévues et consultées La facon dont Dieu gouverne ce pays y est toute contraire. [36]
Ne désespérons pas toutefois : Dieu a fait les nations guérissables ; 1l est fidèle à son serment ; il n’abandonne jamais un peuple qui lui reste fidèle Comme nos ancêtres, ayons foi à la Providence ; quelque terrible épreuve que nous puissions subir, soyons toujours fidèles à notre vocation, et n'oublions jamais qu'il nous restera toujours Dieu et l'Eglise.
Notre espérance est en Dieu, dans l’unité religieuse qui fait du peuple canadien un seul homme. Nos espérances se fondent sur l'action ferme et paternelle de l’épiscopat, sur le dévouement du clergé, sur les sentiments chrétiens gravés dans tous les cœurs ; elles reposent sur tous ces hommes d'élite, croyants et consciencieux qui, dans le: positions les plus élevées, mettent leurs talents et leur énergie au service de la Religion et de la
(6) Marie de l'Incarnation, Lettre CVI
Patrie ; sur la prière et la pureté de nos Vierges, sur le dévouement des Frères des Ecoles chrétiennes, sur le patriotisme éclairé de nos maisons d'éducation, sur toutes ces àmes pures et saintes qui ne manqueront Jamais à notre pays.
Et ces espérances ne peuvent que s’affermir lorsque nous arrêtons notre pensée sur cett ‘nude Institution qui porte le nom de Laval: Dieu nous a donné l'Université-L. va! :our rallumer et développer le flambeau de fa science dans notre patrie ; 1] a mis cette grande I[nstitution dans nos mains pour fournir à toutes les intellisgences désireuses de se livrer à la culture des sciences, des lettres et des arts, l’occasion et l'opportunité de s’en rendre facilement maitresses. Le Saint-Siège l'a sanctionnée par sa voix souveraine ; l’épiscopat la protége : tous ceux qui aiment leur pays la désirent orande et forte
Le Vénérable Séminaire de Québec, marchant sur les traces de son saint fondateur, a édifié seul sans le secours d'au-
trui, cette Université pour laquelle il a consacré plus d'un million de piastres.
À la jeunesse studieuse du pays, il offre ses précieux musées, ses riches bibliothèques, ses cours publics, ses facultés.
ses prix et ses bourses fournis par la munificence de ses bienfaiteurs.
Une maison qui s'impose de tels sacrifices n'a-t-elle pas droit au respect, à la reconnaissance, au généreux concours de tous les hommes de bien ? N'a-t-elle pas surtout le droit de poursuivre l'œuvre éminement religieuse et patriotique qu'elle a si bien commencée ?
Naluons done de nos vœux et de nos espérances cette université dont la foi est la base solide. et le bien des âmes le but œlorieux ; elle est l'espoir et l'honneur de notre patrie.
Mais ne séparons pas, dans notre ad.
miration et dans notre reconnaissance, les duex plus grands noms de notre histoire :
Champlain et Laval! [nscrivons-les en lettres d'or au sommet de nos édifices ; gravons-les dans nos cœurs reconnais-
sants. Le premier a été le fondateur de la cité ; le second, son bienfaiteur et son sauveur. #
‘ Ouvre tes portes éternelles, ‘ Gloire, couronne ces héros. \ 4 “ Et que tes pages immortelles
Grardent à jamais leurs travaux.
“ Soleil! qui vis sur nos parages
‘“ Mourir ces deux héros francais,
“ Tu vois aujourd'hui nos rivages,
“ Couverts des fruits de leurs bienfaits
“ Sur les bords de la une France,
‘ O Laval! ton nom respecté, DRE | “ S'élève comme un phare immense. |
‘“ Rayonunant d'immortalité.
‘“ Et de la croix et de l'épée,
‘* Ces deux champions glorieux ‘ Font briller, dans notre épopée, ‘ L'éclat de leurs noms radieux.
‘ Que notre voix sonore
“ Sache redire encore, + ‘ Et la gloire et les bienfaits
“ De ces deux héros francais ? [37]
‘“ Vive Laval! Vive Champlain !
(37) Paro.es d‘Octave Crémazie.
Moise, âgé de cent vingt ans, voulant, comme dernière consolation, assurer un iong avenir de prospérité aux enfants d'Israel, leur fit renouveler la promesse d'être fidèles au Seigneur.
Il assembla devant lui tous les anciens, selon leurs tribus et leurs docteurs, et il prononca en présence de toute l'assemblée, les paroles de son dernier cantique :
* Ecoutez, o cieux, ce que je dis; que la terre entende les paroles de ma bouche.”
‘ Que ma doctrine croisse comme la “ pluie, que ma parole se répande comme ‘ la rosée, comme la pluie sur l'herbe, et “ comme les gouttes d'eau sur le gazon.”
‘ Parce que j'invoquerai le nom du Nei- “ oneur; rendez gloire à notre Dieu.”
“ Les œuvres de Dieu sont parfaites, et ‘“ toutes ses voles sont justes, Dieu est ‘* fidèle, et sans aucune iniquité; il est juste et droit.”
‘* Souviens-to1i des anciens jours, pense ‘ chacune des générations ; interroge ‘ ton père, et 1l te le racontera ; tes ancêé- ‘tres, et 1l te le diront.”
ere
PNR AA
Tee Doi RU TR RNA
D ue
2 MAT pe 2e
Quand le Trés-ITaut divisait les na- “tions, quand il séparait les enfants d’'A- * dam, il établit les limites des peuples.”
Mais la part du Seigneur fut son peu- “ ple, Jacob la corde de son héritage.”
“ Le Seigneur le trouva dans une terre * déserte, dans une vaste solitude, 1! Île ‘conduisit par divers chemins, et il l'instruisit. et 1] le garda comme la prunelle
de son œil.
“ Le Neioneur seul fut son guide, 1l la “établi sur une terre élevéeafin qu'il man- “œoût es fruits des champs, le beurre du “ troupeau, le lait des brebis et la mœælle du froment.”
“ Et 1l termina tous ses, discours, parlant à tout [Israel :”
Et 1} leur dit: ‘ Appliquez vos cœurs “à toutes les paroles que je vous certifie “aujourd’hui, afin que vous enjoigniez à “vos fils de les garder et de les prati- “ quer, et d'accomplir toutes les choses “qui sont écrites dans cette loi.” [88]
Héritiers de la foi de nos ancêtres, (88) Deut XXXII.
soyons aussi les héritiers de leurs vertus. Aimons notre patrie; aimons-la d'un amour sincère et véritablement élevé; soyons des citoyens dont elle n'ait pas à rougir, dont elle puisse au contrai re se glorilier ; soyons chrétiens dans tous les actes de la vie publique, comme dans toutes les circonstances de la vic privée; obéissons toujours à la loi de Dieu, soyons toujours fidèles à Jésuse Christ, dévoués à son Eglise, et nous serons les dignes enfants de Champlain et de Laval.
Mais, M. F,, dans cette œande fête nationale, n'oublions pas de faire monter vers le ciel nos ardentes prières pour l'Eglise dans ses épreuves, et pour Notre Père bien aimé, Léon XII, le glorieux captif du Vatican.
Puissent nos vœux et nos prières hâter l'heure de la joie, de la délivrance et 1 riomphe : “Que le Seigneur le conserve, ie vivifie, le rende heureux, et ne le livre pas au pouvoir de ses ennemis.” ‘* Dominus conservet eum, et vivificet eum. et
beatum faciat eum in terra, et non tradai eum in animam inimicorum ejus” [39].
Imp'orons tous ensemble ja bénédicetion de Dieu __ notre patrie.
O vous, très-digne et très-vénéré Métropo'itain qui, sur le siége archiépiscopa! de Québec, tout imprégné des souveuirs et des vertus des Lavai, des Saint- Vaier, des Briand et des Plessis, combattez le bon combat, et par la sûreté de la doctrine et par l'autorité de votre paro'e et de votre ex’ :ple, faites descendre,par vos ferventes ...vplications, les bénédic tions de Dieu sur notre patrie bien ai mée.
Que le Très-Saint Coeur de Jésus règne sur elle par la toute puissance de sa gràce et de son amour, et que tous ses en fants soient tout à lui en ce monde et dans l'éternité. Aïnsi soit il.
(39; Prière de l'Eglise.