‹ Discours Prononcé Au Nom De L'institutChapitre 4 sur 6 · JOUI · texte numérisé non relu

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seul, aurait assuré à son auteur une gloire durable, et qui, bien que malheureusement inachevé, est resté le modèle et le point de départ de tous les ouvrages et mémoires publiés ultérieurement sur la Paléontologie végétale.

Grâce à tant et de si beaux travaux, M. Ad. Brongniart occupait, à l’âge de vingt-six ans, une place non contestée à côté des plus illustres botanistes de cette époque ; aussi, lorsque l’Académie des sciences l’admit dans sa section de botanique, le 20 janvier 1834, en remplacement de Desfontaines dont il continuait déjà l’enseignement au Jardin des plantes, cette élection eut le rare privilège de ne soulever ni contestation sérieuse, ni critique ayant la moindre apparence de légitimité. Dès ce moment, notre illustre confrère participa aux travaux de notre Compagnie avec un zèle et une exactitude qui n’ont pas failli un seul instant ; les nombreux et remarquables rapports qu’il lui a présentés en sont la preuve durable. Il eut l’honneur de la présider en 1847, et montra même, à l’occasion, pendant sa présidence, une fermeté que sa modestie mêlée d’un peu de timidité ne faisait pas attendre de lui. Devenu de bonne heure doyen de la section de Botanique, lorsque de trop nombreux malheurs amenèrent pour elle, en peu d’années, un renouvellement complet, il lui transmit fidèlement la tradition qu’il avait reçue de savants illustres dont s’honore notre pays; privés aujourd’hui de celui dont la science profonde, l’esprit lucide et méthodique éclairaient cl dirigeaient nos délibérations, puissions-nous maintenant, à notre tour, conserver intact le précieux dépôt de cette tradition !

La suite de la carrière scientifique de M. Ad. Brongniart a été à la hauteur de ses glorieux commencements. Absorbé en grande partie parle professorat, dans lequel il mettait une remarquable facilité d’élocution au service de sa parfaite connaissance des plantes et de sa profonde érudition, par

l'étude et le classement des immenses collections vivantes, sèches et fossiles du Muséum, dont il s’est occupé jusqu’à la veille de sa mort avec un zèle certainement nuisible à sa santé, par de hautes fonctions universitaires qu’il a remplies pendant plusieurs années, enfin par la longue et douloureuse maladie qui lui a ravi 1 excellente et digne compagne de sa vie, il a pu livrer alors a la publicité un nombre moins considérable d ouvrages sans être pour cela moins laborieux D ailleurs ceux de ses ouvrages qui datent de cette seconde partie de son existence scientifique sont empreints d’une largeur de vues au moins égale, d’une précision et d’une finesse peut-être encore supérieures d’observation, soit que, à l’occasion d’une

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