‹ Discours prononcé au nom de la Faculté de médecineChapitre 2 sur 2 · IO · texte numérisé non relu

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pas été réalisé, et la mort ne laissait point la chance de le rectifier.

Tout porte à croire que cet épisode, malheureusement trop commun dans la pratique de notre art, ébranla fortement l’esprit impressionnable de M. Laugier et joua son rôle dans l’œuvre de destruction. On peut dire qu’en roulant prolonger les jours de l’un de ses semblables, notre collègue a diminué le nombre de ceux que le sort lui réservait. Cette douleur lui sera comptée, et ce sera justice, pour sa mé-

Cher et vénéré maître, modèle de droiture et de probité, vous nous quittez dans de bien tristes jours; votre perte épaissit encore le voile de deuil qui nous enveloppe. Aussi notre âme fatiguée se prend-elle à envier votre sort et à désirer l’éternel repos dont vous allez jouir. Mais pour ranimer nos courages, il ne nous faut que contempler votre fin. Vous avez jusqu’à la dernière heure travaillé pour l’humanité et pour la science française; debout jusqu’à la fin sur le rempart, vous avez lancé contre les infirmités humaines une flèche efficace, et vous n’avez dérobé à la vie active que juste le temps nécessaire pour mourir. Nous serions bien faibles et bien coupables de ne point vous imiter; aussi juronsnous, sur le bord de votre tombe, de ressaisir nos armes d’une main virile et de consacrer les années qui nous restent à relever par le travail et la fécondité cette gloire nationale que nos pères avaient su conquérir dans les sanglantes arènes de la guerre, et récolter plus radieuse encore dans les champs fertiles de la science.

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