PAR
M. l'abbé G. BOURASSA
Vicaire à S. Joseph
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Lecce posilus est hic in ruinam, et in resurrectionem mullorum in Israël, clan signum, cui contradicetur.
Cet enfant est destiné à tre, pour plusieurs en Israël, une cause de résurrection et de ruine et un signe de contradiction.
Messieurs,
Cette parole fut prononcée sur Jésus enfant par le saint vieillard Siméon, saluant dans le premier-né de Marie, présenté au temple suivant les prescriptions de la loi mosaique, le premier-né de Dieu, devenu, par sa naissance dans la chair et dans le temps, le premier-né de toute créature, Celui qui tient en toute chose la primauté (1), qui fut destiné a être, comme le saint vieillard le célèbre dans l'enthousiasme d’un cœur et d’une voix rajeunis, le spectacle de tous les peuples, la lumière des nations et la gloire du peuple préféré (2).
Et cette même parole, pour répondre à l'invitation qui m'en à été faite, —invitation qui m'a touché et que j’ai acceptée avec bonheur, parce qu’elle me semblait moins un signe d'estime et de confiance que le témoignage d’un bon souvenir paternel et d’une fraternelle sympathie, — pour
(1) Ephes, €. 1
(2) Luce, 2, 31-32.
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À répondre, dis-je, à cette invitation, je vous adresse ce soir et je vous applique cette même parole. Ou plutôt je l’applique à ceux d’entre vous qui comprennent pourquoi ils sont ici et se le demandent chaque matin, comme Bernard
ie au cloître, avant de commenser une journée qui n’est
cl qu'une maille dans la trame laborieuse, un anneau dans la chaîne forte et serrée qui doit lier ensemble, en une compacte unité, le corps et les extrémités de chacune de
He leurs années d’études, le corps et les extrémités de leur
ne cours d’études tout entier.
Cette parole, je l’avoue, je ne l'adresse guère à ceux qui 1 sont dans cette maison les hôtes d’un seul jour, ce jour i àt-il un jour de dix mois ; je ne l’adresse qu’à demi aux | hôtes de quelques jours, c’est-à-dire de quelques années : j car ceux-là, simples oiseaux de passage, ne peuvent recueillir et emporter duns leur vol rapide qu’une faible portion des semences et des fruits que leur prodiguent un ciel | clément, une terre féconde.
| Maïs je l’adresse sans réserve, cette parole, à ceux d’entre vous, Messieurs, qui, entrés ici encore enfants ou adolescents à peine, en sortiront au bout de huit années —
ou du moins sortiront de la maison voisine qui les invite
ou les attend, ou de toute maison semblable qui vaille {
celle-là—jeunes hommes, c’est-à-dire portant en eux, dé- | veloppés et mûris par une culture lente et soignée, les | hommes qu’ils seront, qu’ils devrünt être bientôt.
A | Car ceux là, visant ou du moins devant viser à former
en eux-mêmes cet homme parfait en Jésus-Christ que saint |
Paul prêchait avec une incomparable éloquence aux Juifs
” * et aux Gentils, aux Grecs et aux Barbares (1), ceux-là | à peuvent s'attendre, à l'exemple de leur Maître, de leur Chef et de leur Modèle, à être plus tard des causes de ré- | surrection et de ruine, des signes de contradiction en Israël.
| l'éducation que vous recevez ici n’est pas destinée à faire
Car, songez-y bien, mes amis, et dites-le-vous souvent, | |
(1) Colos, c. 5.
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de vous des individualités quelconques, des personnalités banales et vulgaires mais, par sa nature et votre concours nécessaire, elle doit former en vous des hommes, des citovens, des chrétiens exemplaires et dirigeants, bien plus, pour plusieurs, de doctes et saints prêtres. Elle ne prépare pas seulement votre vie particulière, votre existence indépendante et isolée, meilleure et plus fructueuse que le grand nombre des existences et des vies humaines, mais une existence et une vie qui influeront sur d’autres vies et sur d’autres existences, pour les éclairer, les élever, les fortifier, même, au besoin, les redresser. En un mot, on ne vous élève point ici pour vous-môêmes et pour vous seuls, mais pour l'Eglise et la Patrie, pour que vous puissiez y remplir une mission et des fonctions sociales, je dirai même, en un sens précis pour plusieurs, général et vrai pour tous, une mission et des fonctions publiques.
Si Conc plus tard--et je ie souhaite à tous—vous réalisez cette mission et remplissez ces fonctions cemme elles doivent être remplies, on pourra dire de vous en toute vérité que vous avez été posés dans l'Eglise et la Société comme des causes de résurrection et de ruine, comme des signes de contradiction: car un homme qui ne peut rien pour la mort et la vie morales de ses frères, est un homme nul ; un honmmie qui ne sait provoquer et entretenir autour de sa personne, par £es paroles ou ses actes, aucune contradiction, est un honime qui n’a rien en lui, un homme de rien, et je ne suppose pas qu'on vos impose l'épreuve de huit années d’une austère retraite : d’une demi-réclusion pour faire de vous des hommes nuls, des hommes de rien.
Je crois avoir, Messieurs, justifié suflisamment l’application que je vous ai faite de mon texte et ma tâche sera accomplie, si je développe maintenant et prouve devant vous les conclusions qui découlent logiquement de cette application.
Or, pour devenir les hommes que vous devez être, il vous faut, entre toutes les choses qui vous sont recommandées iei chaque jour avec plus d'autorité et de fruit que je