Ils se sont empressés de les rétablir
Voici le disccurs de M. Tupper, auquel M. Cartwright n'a pas répor-
du, bien que M. Tupper ait répêté trois lois, dans des séances subsé. quentes, les accusations qu’il contient ;
L’'Hox. M. Turpen.—Comme on a demandé à cette Chambre d'aug-
* menter les taxes, elle a droit d’avoir les états les plus complets des re-
venus et des dépenses, et je propose en conséquence qu’une adresse soit présentée donnant un état du revenu jusqu'au 20 Avril. de prie la Chambre d’éconter Jes raisons qui m'engagent à faire cette demande. La Chambre se rappelle que j'ai demandé au gouvernement—ce que jamais un gouvernement n’a refusé au dernier des députés—de nous soumettre tous les renseignements les plus récents relativement à la position financière du pays. La circonstance dans laquelle je fait cette demande est très grave. Le ministre des finances est venu soumettre un exposé de nos finances dans lequel il a déclaré que la situation commerciale est sombre et qu'il y a un déficit La différence dans le revenu nécessaire pour couvrir les dépenses est si grande, qu'il est forcé de s’adresser au parlement pour obtenir le pouvoir de prélever de nouvelles taxes pour un montant de trois millions. J'ai écouté avec beaucoup d’attention le discours que l’hon. monsieur a fait et je suis certain, non seulement en m'appuyant sur mes connaissances persOnnelles du commerce du pays, mais aussi sur les chiffres que le ministre des finances a soumis à la Chambre, qu'il se trompe entièrement en ce qui concerne la position financière du pays. Je désire exposer les points sur lesquels nous ne sommes pas d'accorG, le ministre des finuances et moi. M. Cartwright est tout à fait dans l'erreur sur la quéstion ; cela vient probablement de ce que son esprit a été trop préoccupé des élections, comme il l'a dit, pour qu'il ait pu donner assez d’attention à sa besogne. Quoiqu'il en soit. je vais donner les raisons sur lesquelles je m’appuie pour dire que le ministre des finances se trompe, d’abord relativement à la position commerciale du pays; secondement, relativement au déficit qui nécessite, comme il est dit dans le discours du trône, une augmentation de taxes ; et troisièmement, relativement à la nécessité de demander des taxes additionnelles pour un montant Îe trois millions. Tous les documents officiels qu'il nous a mis entre les mains tendent à prouver que le ministre des finances est à côté. Les chiffres des importations prouvent contre lui. Les rapports montrent qu'il y a eu une augmentation ferme et constante dans le commerce—
dans les importations et les exportations —et conséquemment dans le revenu du pays, depuis l'inauguration du nouveau régime juiqu’à ce jour, et qu’à nulle période de notre Mmstoire l'horizon et la perspective n’ont été meilleures qu'iourd’hui. (Tiès bien.)
Les rapports du commerce et de la navigation montrent que l’augmentation de 1873 sur 1872 est pour les produits des pêcheries de $430,769 ; pour les produits des forêts de $4,901,43%; pour les animaux de $t,826,- 404; pour l’agriculture de $1,616,784; pour les mines de $2,534,554 ; pour les manufactures de $532,367. Sur ces articles, les plus importants de nos exportations, ceux qui indiquent avec une certitude invariable la condition réelle du pays, l'augmentation de 1873 sur 1872 a été de $11,842,392. A part cela, le ministre des finances a appris à la chambre qu’au lieu de diminuer les chiffres ont beaucoup augmenté, pendant les premiers huit mois de l’année fisrale courante ; cette augmentation est de $3,177.000 sur les chiffres que je viens de citer. Je demande maintenant à ia chambre et au ministre des finances, si ces chiffres le jvstifient d'avoir présenté au peuple de ce pays et au monde financier, une perspective aussi sombre que celle qu’il s’est plu à décrire dans son discours sur le budget ? M. Cartwright nous a dit qu'il y avait une diminution dans les importations—une diminution bien faible—mais enfin il y en avait une—Je prétends qu'il n’y en a aucune qui puisse nous faire appréhender une diminution de revenu. L'état pour les neuf premiers mois de l’année fiscale courante indique que bieu que l’année précédente nous ait donné le plus fort revenu que nous ayons eu, il y aeu cependant dans ces neuf mois une angmentation de pas moins de $1,316.668 cette année. Je demande maintenant où se trouve une diminution de revenu quand ily a une augmentation d’importations pour la consommation, lesquelles indiquent la puissance du pays pour acheter, dépenser et utiliser ? En ce qui »egarde les exportations, les importations et les revenus du pays, les statistiques sur lesquelles nous devons baser nos calculs sont toutes de
nature à faire disparaître les tristes prédictions du ministre des finan-
ces et me portent à avoir une meilleure opinion de la position financière du pays, opinion que les prédécesseurs du ministre des finances avaient raison d’avoir relativement au commerce du pays. Le ministre des finances était-il justifiable de faire croire, par l'entremise de la presse aux cent voix, au Canada, au monde et surtout à ce pays où il devra se présenter bientôt comme emprunteur, qu’il y a un déficit dans les dépenses courantes de l’année et qu’il doit demander au Parlement l'autorisation de prélever de nouvelles taxes ? Je me propose de démontrer que M. Cartwright n'était pas justifiable de déclarer qu’il est nécessaire d'augmenter les taxes.
L'on a dit que l’ancien gouvernement avait été la cause de l'aug
jnentation de taxes que l'honorable ministre propose d'imposer au pays. Le ministre des Finances dit que les évaluations pour l’année courante auraient dù être de $24,100,000. Les évaluations étaient de $21,740,- 000. L'augmentation du revenu pendant les premiers neuf mois de 1873-74 sur 1872-73, a été de $1,316,668. Cette proportion d’augmentation ajouterait $520,181 aux estimés de $21,740,000. Le surplus provenant de l’année dernière, que l’on avait en mains pour rencontrer le déficit qu'il pouvait y avoir pendant l’année courante, s'élevait done à $1,638,821, qui, ajoutés à la première somme, donnaient un total de pas moins de $23,899,002. Le ministre des Finances n'était pas justifiable de demander au Parlement uue piastre d'impôt, car, d’après ses calculs, il n'avait à demander que $200,998.
Mais il y avait une autre somme à mettre dans les comptes : c'était l'argent approprié au rachat de la dette. On a payé $481,665 au fonds d'amortissement pendant l’année. Ainsi, d’après les calculs de l’honorable ministre, l'on aurait un surplus de $280,667. (Appl.)
L'Honorable ministre des finances est tombé dans une ou deux erreurs grossières en faisant l'évaluation des affaires financières du pays. À la page 32 des évaluations, l’on trouvera qu’il y a une somme de $766.200 qui, dans l'opinion de l'honorable ministre, doit être votée de nouveau. C’est au delà des trois quarts d’un million qui, toujours d’après les calculs de l’honcrab'e ministre, n'auraient pas été dépensés pour l’année finissant Le 1er juillet 1874.
Je désire aussi attirer l'attention de la chambre sur un autre point. Je maintiens que l'honorable ministre s’est trompé dé près d’un demimillion de piastres, en faisant l’état des dépenses, qu’il a déposé sur la
table. :
Dans un item, l'honorable ministre a effrayé la chambre et le pays en parlant des dépenses et du déficit qui existeraient au sujet des dépenses des chemins de fer du gouvernement. Je puis dire, ici, que j'ai surveillé le fonctionnement de ces chemins dans le but de voir les profits qu’en retirerait le pays, les dépenses qu’ils entraîneraient pendant quinze ans, et je m'engage à prouver à l'honorable ministre qu'il s’est trompé dans ses calculs, s'il veut soumettre un état détaillé, qui démontre comment il se fait qu’il ait chargé $1.488.607 contre les dépenses des chemins de fer pendant ces neufs mois. Les mèmes dépenses, en 1873, n’ont été que de $791.326, quoiqu'il soit bien connu que vu la sévérité de l'hiver, les trains n'avaient marché qu’à un prix inusité. Je n’hésite pas à dire que c'est là une erreur, et j’entreprendrais de démontrer devant le comité des Comptes Publics que $505.000 : portées ici aux dépenses courantes, ont été portée , pendant les années précédentes, au compte du capital.
Ga fispneh at MP NES à