‹ Discours prononcé aux communes par le Dr. Tupper sur les finances du Canada [microforme]Chapitre 8 sur 8 · FR AR · texte numérisé non relu

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couragé à le faire, que l’Hon. Ministre des Finances a reconnu lui-même la veille, dans son discours, qu’il avait mal calculé et mal compris les intérêts du pays. Je ferai en conséquence une nouvelle proposition ; c’est que, au lieu d'imposer trois millions de nouvelles taxes ef de déranger le commerce et les affaires du pays, et au lieu de tenter de nou veaux essais, le Ministre des Finances devrait laisser le tarif tel qu’il

est.

Je lui ai déjà prouvé qu'il pouvait être sûr d’avoir un million et demi par année au moyen de ce tarif. Je considère qu’il serait préférable de compter sur cela, et au cas où les travaux qu'il propose maintenant seraient nécessaires, de les charger à la dette publique. Ges sortes de travaux sont généralement chargés à la dette publique et non au revenu et si l’ancien gouvernement les a quelquefois chargés au revenu, c'est qu'il avait en caisse un surplus sur les recettes annuelles qui lui permettait de le faire. Après l’année prochaine, il suffira d’un million de taxes additionelles pour compléter toute la série de travaux en question et si ce léger montant était ajouté à la dette, il n’y aurait plus de nécessité d'imposer de nouvelles taxes.

Je me suis efforcé de montrer que les intérê's du commerce et le revenu du pays n’exigeraient aucune taxe nouvelle. En effet, que l’on regarde où l’on voudra, à l'est, à l’ouest, au nord ou au sud, excepté dans l'imagination du Ministre des Finances lui-même, et l’on verra que tout est dans le meilleur état et que nos finances sont plus prospères que celles d'ucun autre pays du monde,

Je désire attirer l'attention de l’Hou. Ministre des Finances, qui nous a dit qu’il se préparait à faire de nouveaux emprunts dans les marchés du monde, sur les effets de son discours. Il veut emprunter près de quinze. millions cette année. Je lui demanderai à cette occasion, s’il croit que le discours qu'il a prononcé dans cette Chambre est propre à améliorer sa position, à favoriser ses opérations ; el si, considérant la prospérité commerciale du pays et l’état du revenu, il n’est pas criminel pour nn Ministre des Finances, dont les discours influent d’une manière si considérable sur le crédit du pays, de mettre dans le discours du Trône un état aussi incorrect de la condition commerciale et du revenu du pays. Je n'hésite pas à dire que tout finantier qui croirait ses avancés retirerait promptement sa confiance du Canada. J’attirerai l'attention de la Chambre sur ce fait que le Ministre des Finances à délibérément annoncé que le Gouvernement adoptait une politique qui l'engage à emprunter dé l'Angleterre trente millions par année pendant sept ans. |

Est-ce là le moyen d'étiblir solidement le crédit du pays?

Le discours du trône a eu pour effet de diminuer la valeur des bons

canadiens en Angleterre, et l’argent ne peut être obtenue maintenant aux mêmes conditions qu'auparavant.

En regardant le commerce et les affaires du pays, l’Hon. Monsieur ne peut trouver rien qui puisse justifier sa conduite si ce n’est qu'ayant atteint le comble de son ambition, il veut se servir de sa haute position pour convaincre le peuple que, quelqu'ait été son passé, il n’est pas un faux prophète. Lorsque l’Hon. Ministre des Finances a soumis son bill de tarif à la chambre, je l’ai de suite qualifié du nom de tarif inopportun etinutile. L’hon. monsieur nous a it ce soir là,que le tarif tel qu’il le soumettait devait être à peu près correct, puisque icut le monde s’en plaignait. Si l’'Hou. Monsieur veut soumettre un tarif qui ne rencontre les vues de personne, je le félicite de sou succès. Il n’y a pas un député indépendant de cette chambre qui ne sente qu’un violent coup a été porté aux meilleurs intérêts du Canada par le tarif. J’attirerai l’attention sur quelques points du tarif projeté. L’Hon Monsieur a dit que ce n'était ni un tarif libre échangiste, ni un tarif protecteur.

En effet, comme on pouvait s’y attendre, c’est un tarif hybride, æœuvré d'un Premier ministre libre échangiste et d’un Ministre des Finances protectionniste.

Je n’insisterai pas sur l'augmentation des droits sur le tabac qui est une chose que je déteste et dont l’usage, je le crois, est préjudiciable, mais aucun pouvoir humain ne pourra jamais empêcher la masse du peuple d'en faire usage, ; plus on est pauvre, plus on en fait usage, et c’est pourquoi je m'oppose à l’augmentation du tarif sur te tabac.

Je ne crois pas que parceque le tabac est un article de luxe, ou plutôt un article pernicieux et inutile, que le Ministre des Finances soit justifié d’y avoir mis un nouvel impôt.

Il faut regarder cette question sous un autre aspect.

Un homme aura son tabac, quand bien même il serait obligé de priver sa famille dès nécessités de la vie.

La question des taxes sur les spiritueux donne un vaste champ à la discussion.

L'Hon. Ministre des Finances nous a dit qu’il avait atteint la dernière limite des impôts des spiritueux. Mais je demande à l’Hon. Monsieur s’il est certain d'obtenir une augmentation de revenu par une augmentalion des impôts.

Partout où on a voulu augmenter les revenus on a imposé de nouveaux impôts sur les spiritueux, et toujours avec le mème résultat. Lorsqu'on élève les impôts sur les spiritueux jusqu’à un certain point,

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on remplit le pays de vices. Lorsqu'on atteint un certaiu point, on démoralise le peuple, on ouvre la porte à la contrebande et aux distilleries illicites. Il y a des étendues de plusieurs cents milles sur les côtes de la Nouvelle-Ecosse et au Nouveau-Brunswick, où il n’y a que peu de maisons de douane ; là, les petites embarcations trouveront de grandes facilités pour décharger leurs cargaisons, et du moment où on élève trop les droits, la loi est violée et la contrebande augmente. Je voudrais demander au Ministre des Finances, si en obtenant une augmentation de revenu par de nouveaux impôts sur les spiritueux, il ne lui faudra pas dépenser des sommes énormes pour proiéger nos frontières, car il faut se rappeler que l’accise sur le whiskey est de 5 cts par gallon en or ici et de 70 cts en greenbacks seulement aux Etats-Unis, et de plus que nos distilleries dépendent en grande partie des Etats-Unis pour le blé dont elles se servent. Je ne serai donc pas surpris si l'augmentation des droits sur les spiritueux n'obtient pas le résultat désiré. L’Hon. Monsieur a introduit une mesure pour empêcher la falsification des liqueurs alcooliques ; jamais une telle mesure n’a été si importante, Du moment que l'on a augmenté les prix des spiritueux, on offre pour ainsi dire une ré. compense pour l'invention d’un article qui ressemble aux liqueurs spiritueuses. Ilest donc nécessaire d'adopter ce bill aussitôt que possible, car l'effet de la falsification des boissons serait très-pernicieux.

En présentant son budget, l'Hon. Monsieur a prétendu qu’il devait se montrer l'ami du pauvre, et qu’il allait augmenter le revenu d’une mavière qui ne lui serait pas à charge. Il a aussi déclaré qu'il désirait protéger les masses du peuple, et obtenir une augmentation du revenu en imposant de nouvelles taxes sur les articles dont se servent les riches. Mais il ne paraît pas avoir réussi du tout, car son tarif, tel que d'abord présenté, pèse sur les pauvres, tandis que les taxes imposées sur les liqueurs exclusivement à la portée des riches, tel que le champagne, sont diminuées. Ilest vrai que l’Hon. Monsieur s'est proposé d'imposer des droits spéciaux sur la soie et le satin, le velours etc., mais maintenant ce projet est abandonné.

Non-:seulement le Ministre des Finances est exposé à ma critique, mais il trouve aussi que les grands organes du ministère, le Globe de Toronto etle Herald de Montréal ont ouvert leurs colonnes à ceux qui lui ont infligé un châtiment tel qu’on en a jamais infligé à un Ministre des Finances. Qui peut lire les exposés véridiques, publiés par les journaux que Je viens de nommer, sans voir l'incapacité complète du Ministre des Finances de traiter les questions qui lui sont confiées.

Ce qui suit a paru dans le Globe du lundi le 20 avril:

IMPÔT SUR LES vins.

“ L'imposition de cette taxe n'affecte pas la consommation de manière à tromper l'attente du Ministre des Finances, qui espère en

tirer un revenu considérable, c’est là une question digne de considération, mais dans les mérites de laquelle je ne veux pas entrer. Avant tout, ce que je crois devoir être signalé à l'attention et être étudié sérieusement, est l'injustice et l'inégalité avec lesquelles cette taxe est appliquée et la préférence qu’elle accorde au riche sur le pauvre. Pour exemple, supposons qu'un homme pauvre achè:e du vin qui coûte soixante centins le gallon en entrepôt, il paiera une autre somme de soixante centins comme droit, ou la proportion de cent pour cent. Supposons maintenant qu’un riche achète du vin qui coûte 86 le gallon en entrepôt, il ne paiera que soixante centins, par gallon, sous forme d'impôts, ou la proportion de dix pour cent.

La maladie attaque le pauvre comme le riche, et l'impôt projeté de soixante centins par gallon rendra l’usage du remède possible seulement à ceux qui vivent dans l’aisance, et forcera le pauvre à qui l'usage des stimulants sera prescrit de boire des spiritueux dont le danger est hors de doute. Certes, sans faire part des considérations de commerce ou de, revenu, de justice ou d’injustice, ce seul fait doit provoquer la plus scrupuleuse attention de tous les amis et partisans de l’œuvre de tempérance. Certes, la question de Ja supériorité du vin de bonne qualité et pur sur les brûlants spiritueux est parfaitement établie, et cependant sur ce dernier article, dont l'usage est pernicieux, on propose de prélever une taxe additionnelle de dix par cent seulement ou moins suivant sa valeur, La satisfaction des caprices dispendieux du luxe est facilitée, tandis que le coût des vins regardés comme de première nécessité est doublé, ”’

Le Herald de Montréal, édition de lundi, 20 avril, dit :

# Tandis qu'un vin de Port, contenant peut-être 45 par cent à alcool naturel ou ajouté et coûtant, disons £65 par pipe à Oporto, ce qui donne dix chelings sterlins par gallon aux colonies, ou seulement environ $2,43, souffre un impôt de soixante chelings, ou de 28 par cent seulement, une différence de 78 par cent sur les prix s'établit en faveur de l'usage des vins légers, et les articles de qualité supérieure se trouvent ainsi directement favorisés. IL résulte aussi que le pauvre paie dans l'achat de ses vins à bon marché, et non dangereux 78 ceutins de plus que le riche ne paie dans l'achat de ses boissons recherchées.

Sous l’ancien tarif des impôts specifiques et ad valorem, ces vins purs et à bon marché ont complètement remplacé les produits nuisibles des manufactures de Hambourg, autrefois sirépandusen Canada Il résultera encore, sans aucun doute que la consommation des spiri: tueux sera augmentée et que le nouveau tarif portera un coup terrible et funeste à la cause de la tempérance.

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Je suis d'opinion que le munistre des Finances a outrepassé ses devoirs et a lassé la patience de ses auditeurs, en consacrant tant de temps à la censure de ceux que l'ont précède. Il aurait dû plutôt faire valoir son tarif. Pour prouver que les prédécesseurs du Minis:re des Finances sont dignes de tout éloge, je n’irai pas plus lois que cet honorable Monsieur, car il a admis qu'après avoir échoué dans sa vaine tentative de préparer un tarif, il s’est décidé à se rapprocher autant que possible de l’ancien. Sa main novice l'a trompé dans l'essai qu'il a fait et il a été obligé de se replier sur les actes de ses prédécesseurs dont il s’esi fait le fidèle copiste. En cas de maladie, il est nécessaire d’avoir des stimulants, mais les vins ne sont pas aussi dangereux que les funestes spiritueux.

L'orateur parla encore de la singularité de cette classe d’impots. “ Je savais, ajouta-t-il, avant que l’Hon. Ministre ne reprit son siége que ses préférences étaient pour le champagne. Mais quels sont les faits ? Dans une seule entrée au moins $ 80 ont été épargnés par un importateur qui pourra bien quelque jour faire cadeau au ministre, d’un panier de bouteilles de cette liqueur tant vantée.

J'avoue que je n'ai pas le droit de disputer les goûts du Ministre des Finances quand je vois le Chancellier de l'Echiquier Anglais abolir les impôts sur le sucre et lui, proposer de les augmenter en c2 pays. Il me semble qu'il serait préférable pour le Ministre des Finances de remettre au trésor la somme qu’il se propose de dépenser pour l'immigration, afin de sauver le thé et le café des impôts et de réduire ces impôts sur le sucre. C’est une perte d'argent que d'engager la population anglaise à quitter sa patrie où ces impôts sont abolis pour venir dans un pays où la taxe de cinquante par cent n’est pas regardée comme suffisante.

Je suis heureux que mon Honorable ami, en considérant de nouveau son tarif, ait accepté les suggestions que j'ai faites à ce sujet, mais il ne s’est pas décidé sans faire cette déclaration que forcé à abandonner l’idée d’une taxe additionnelle sur cet article, il ne mettait pas de côté le projet de l’établir quelque jour. En effet il a semblé vouloir dire : Je suis temporairement forcé d'abandonner mon idée première, mais si vous croyez ma décision défiaitive, vous êtes dans l’erreur”. Ilest de la première importance pour le bien commun qu'un pays puisse regarder son tarif comme permanent et non snjet aux changements sauf le cas de nécessité absolue,

Le Ministre des Finances a dit que le sujet était hérissé de difficultés et, je l’admets sans peine. Il a déjà éprouvé ces difficultés et il a été obligé de retirer de l’œuvre sa main novice et de se replier sur l’expé rience de ceux qui sont venus avant lui, (Ecoutez ! Ecoutez !)

Jamais faute plus grande ne pouvait être faite par un Ministre des Finances même dans le cas de la nécessité d'accroître le revenu, que celle commise par !:*Ministre actuel qui a fait une si triste et si sombre peinture de nos affaires. Aujourd’hui nous parcourons ie monde pour obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de nos grandes en- - treprises publiques et au rachat de nos dettes, el dans ce but il est d’une

{ conséquence vitale que nous employions tous les moyens d’attirer ll chez nous les millions de surplus de l'Euro re afin de nous enrichir. Le Ministre des Finances a fait une faute fatale en enlevant à nos agenis d'immigration les plus forts et les meilleurs moyens d’induire les immigrants à quitter leur patrie et à venir s’étabiir ici.

La seule abolition de l'impôt sur le thé, le café et autres articles de nécessité, ferait plus qu'aucune appropriation d’argent, la taxe additionnelle existant, pcur engager les populations étrangères à venir coloniser les parties inculles de notre territoire. Mais comme je l’entends, la déclaration du ministre des finances n’est que le premier pas vers

une augmentation graduelle des taxes,

J'attirerai maintenant l'attention @e la chambre sur une question qui n'est [as de moindre importance. Je veux parler de la taxe sur les machines.

Jamais un Acte n’a été plus favorable à la prospérité es manufactnres que l'abolition de la taxe sur les machines employées dans les manufactures, et jamais il n’y a eu de mouvement plus rétrograde qu'une marche contraire à cctte politique. En 1870-71, une quantité de maehines évaluées à plus d’un million ont été importées. La valeur totale | était de $524,113, mais après l'abolition de l'impôt sur cet article l’aug-

mentation a porté en deux ans le chiffre des importations à $712,106.

Wuoique je méprise l'esprit de clocher, je ne puis m'empêcher de dire que le tarif actuel est préjudiciable à l’une des plus importantes indus tries du pays. Je fais allusion à la taxe odieuse imposée sur les navi. res et je suis heureux que mon honorable ami ait été entrainé par le sentiment pubiic et par ceux qui l’approchent à mitiger quelque peu l'effet désastreux de sa démarche en la modifiant. Je crois qu'il est de mon devoir, si l'honorable ministre des finances n’a pas fermé l'oreille

à toutes les suggestions venant de moi, de remarquer que par la taxe Hi projetée, le ministre des finances d'Ontario écrase de son talon d’airain les Provinces Maritimes au profit de sa Province. Que l’hon. monsieur ! consulte les Registres parlementaires du Canada, et nulle part, il ne |. | verra une législation plus empreinte de l'esprit de clocher que celle | i qu’il propose, Que l’hon, ministre jette un coup d'œil sur la république 4 |

voisine, et il verra que ce pays, par sa politique, a enlevé son pavillon des mers et a cédé à d'autres l'empire du commerce de transport dans le

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monde, Les Etats-Unis, cependant, entraînés par la logique des évènements reviennent sur leurs pas, et abolissent les impôts sur le matériel des navires. Les rapports transmis au Congrès montrent d’une manière certaine que ainsi une nouvelle impulsion a été donnée au commerce ; impulsion qu’il était impossible de prévoir. Un traité de réciprocité a été conclu avec les Etats-Unis, il y a deux ans. En vertu de ce traité, les pêcheurs américains partagent avec nous le droit de pêche. Si l'hon. monsieur veut porter un coup fatal à nos pêcheries, il ne pouvait pas choisir un meilleur moyen que celui qu’il a adopté.

En 1858, le Parlement dans sa sagesse pensa que si une industrie méritait d'être encouragée, c'était celle de la construction des navires, et l’on posa en principe que tous les matériaux employés dans la construction d’un navire, seraient admis en franchise. Grâce à cette mesure, cette industrie fut encouragée et maintenant elle prospère sur tous les points des provinces maritimes.

Je dirai à l’Hon. Ministre des Finances que je ne vois pas de classe plus importante chez ‘e peuple que la classe de ces hommes qui se sont rendus capabies de défendre les murailles de bois de l’Angleterre, et l’homme qui ose travailler contre eux et les abattre, l'homme qui fait tout en son pouvoir pour nuire à ces hardis enfants du travail dont la vie est sans cesse en péril et sur le bord de l’abîime est indigne et criminel. Celui qui ose ex faire sa proie et écraser leur industrie montre qu’il ne comprend pas pleinement la situation. Grâce aux soins vigilants du Parlement Canadien, notre marine est devenue une des industries les plus productives du pays. Elle a été favorsiée, et cette faveur a été cause que des milliers de navires ont été construits ; des contrats ont été conclus l’année dernière avec le Gouvernement à sa bonne foi pour la construction d’une quantité de navires représentée par pas moins de 200,000 tonx. Aujourd’hui on estime que notre marine a atteint cette proportion.

, « . ET Comment Ontario avec toute sa richesse, avec tous les millions de son trésor contribuera-t-il au montant brut de cette taxe sur les navires ?

Une voix : “ Nous n'avons maintenant aucun million de surplus.

Mr. Tupper: Eh bien s’il n'existe actuellement aucun surplus, il n’en est que mieux. Car les capitaux se trouvent consacrés aux industries qui sont les gages de la prospérité d’une province, de le demande encore : Comment Ontario contribuera-t-il ? Cette proviuce ne paiera qu’un dollar sur 7.009 toux, sur le chiffre brut de 200000 tonx. Mais les navires ne sont pas seuls à souffrir de cette taxe, Elle tombe sur chaque matelot. Autrefois ils pouvaient se procurer leurs agrès sans avoir à supporter Le fardeau des taxes, aujourd'hui ils seront obligés d’enga-

ger une lutte inégale contre les pêcheurs américains sur ce'point méme. C’est là, je le prétends une tentative injuste de soutirer des provinces maritimes, au moyen des impôts, une proportio illégitime de revenus.

| Relativement à la question du thé, on consomme dans les Provinces {il maritimes le thé noir presque exclusivement. Tout le monde comprend | que sous l’ancien tarif de 15 cts par livre, sur le thé vert et le thé noir, et de 7 cts parlivre sur le thé vertet de 34 cts sur le thé noir, les impôts étaient justement répartis. Le prix du thé noir est moins élevé de 5 o'o et l’ancien tarif em tenait compte. Aujourd’hui, non-seulement on veut abandonner l’ancien tarif, mais on veut prélever des impôts plus considérables sur le thé noir que sur le thé vert. Le nouveau ‘tarif est de 4 cts sur le thé vert et de 3 cts sur le thé noir. Ainsi la proportion se trouve changée de 4 à # sur le thé noir, comparativement au thé vert. Le résultat est que l’on paiera un prix plus élevé pour une quantité de thé noir de $100,00 que pour une quantité de thé vert de la même somme.

Je ne vois pas d'autre but politique au nouveau tarif que celui d’arracher au peuple $3,000,000. Je le prétends, il n’y à aucune nécessité d'imposer cette taxe ; Car je n'hésite pas à dire que si le Gouvernement venait demander des contributions pour les grandes améliorations et entreprises publiques, ce peuple serait prêt à fournir fl joyeusement les sommes demandées; mais alors, il faudrait sy prendre d’une manière bien différente de celle qu'à employée le Ministre des Finances pour atteindre son but. Je le sens, un coup terrible a été porté au crédit du pays. Le commerce a été dérouté, de nouvelles taxes ont été imposées sans nécessité, ct j'affirme que la question demande une expression indépendante d‘opinion, non-seulement de moi-même, mais de tous lcs membres de la Chambre.

L'honorable Monsieur reprend son siége au milieu de vifs applaudissements.

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