Discours prononce
Monsieur l'OKATEUR. Au sujet de cette question, les partis sont divisés. Il est bien connu qu'il y a division dans les rangs des honorables messieurs de la droite ; et il est bien connu que le parti libéral ne pense, ni ne parle, ni n'agit à l'unisson quand il s'agit de cette question. Ce soir je ne parle pas, je ne mo propose pas de parler, de quelque façon que ce soit, et quelque sens qu'on attrfbue à mes paroles, en ma qualité de chef actuel du parti libéral ; mais je veux parler comme particulier et en ma qualité de membre du Parlement. Je ne parle pour nul autre que moi. Bien que j'aie gardé le silence lorsque j'ai donné non vote au moment où cette question nous a été soumise pour la dernière fois; bien que, vu ce qui s'est passé depuis, j'aurais dû garder encore ie silence en votant de nouveau, je me crois obligé d'exposer en cette circonstance les sentiments que j'entretiens au sujet dû bill soumis à la chambre. On a mal interpréter, durant la vacance, on a sérieusement mal compris la conduite que j'ai tenue et l'attitude qu'ont prise ceux des membres du parti libéral qui ont voté contre ce projet de législation ; et en vérité on a imaginé des motifs de partisannerie qui n'existaient réellement pas.
Les promoteurs de cette législation ont adopté an plan de conduite politique que je me propose de développer avant de reprendre mon siège et qui, je crois, fournit de lui-même d'amples moyens de justifier ma détermination de me départir de l'intention que j'avais de voter de nouveau sans mot dire, si je n'avais pas eu de raison de faire autrement, Mais je ne me dissimule pas qu'indépenaament de ces circonstances, il y a aujourd'hui en jeu d'importantes questions; et c'est mon opinion qu'un examen de ces questions fait avec modération produira plus de bien que de mal.
Les honorables messieurs de la droite qui ont donné leur appui au bill, et ceux de la droite aussi qui s'y sont opposés, sont, pour une forte partie d'entre eux, désireux d'éviter toute discussion: mais il vaut autant que nous comprenions exactement la position dans laquelle nous nous trouvons. Il est bon de con-
naître les raisons sur lesquelles nous nous appuyons pour agir d'une manière ou pour agir d'une autre. Il est bon que les objections et les difficultés que quelques uns d'entre nous éprouvent soient exposées, afin qu'on y puisse répondre et qu'on les fasse disparaître, si la chose est possible. D'où il suit qu'il est nécessaire pour moi, et peut-être pour d'autres qui peuvent avoir voté pour les raisons que je vais énoncer, — lesquelles ont justifié le vote que j'ai donné et que je vais répéter, — de faire connaître ces raisons, vu la nature des attaques qui ont été dirigées contre ceux qui, à la dernière session, ont voté contre ce bill.
La première fausse représentation dont je désire parler est celle qui a été faite je crois, par l'honnorable député de Leeds sud (M. Taylor) à une réunion d'Orangistes qui a eu lieu à Brockville, dans laquelle il a dit :
" La responsabilité de la défaite repose d'abord sur les réformistes, qui, tout en se disant réformistes protestants, ont décidé, dans une réunion spéciale, de voter contre le projet."
L'honnorable député de Leeds sud ne pouvait pas savoir si cela était vrai ; et il arrive que la chose est tout-à-fait inexacte. Il n'y a pas eu de réunion intime du parti libéral où il ait été parlé de cette question ; il n'y a eu ni assemblée, ni réunion, régulière ou irrégulière, où l'on ait touché à cette question ; et les membres du parti n'ont pris ni disposition ni arrangement au sujet la façon dont ils devaient voter. 11 n'y a eu absolument rien de concerté. Au conti-aire, aux quelques messieurs qui m'ont approché pour me parler de cette affaire, j'ai dit que c'était, d'après moi, une question au sujet de laquelle chacun pouvait prendre la décision qu'il jugeait à propos d'adopter ; que je ne pouvais concevoir que ce fût une question de parti soit pour un côté de la chambre, soit pour l'autre, et que je ne comprenais pas qu'il fût nécessaire d'en faire une question de parti pour notre côté. J'ai combattu l'idée d en faire une question de parti. C'est là le conseil que j'ai donné et qui a été suivi, autant que je sache. Et jusqu'au moment du vote, je ne connaissais rien dos sentiments de ceux avec qui je suis généralement d'accord, à l'exception de ceux de, peut être, six ou huit messieurs tout au plus qui peuvent m'en avoir parlé. Cependant, monsieur l'Orateur, nous voyons des gens haut placés dans la confiance de l'ordre orangiste et des membres de ce Parlement qui déclarent qu'il y a eu une réunion intime des protestants libéraux qui ont décidé de voter contre le projet. J'ai à me plaindre de ce procédé. Je crois avoir raison de me plaindre de ce que de tels énoncés ont été faits dans le but d'indisposer contre nous des gens ayant la même foi religieuse que moi.
M. WOOD (Brockville). Je dois dire pour l'instruction de l'honorable monsieur, qu'il se trompe complètement. L'honorable député de Leeds Sud. qui siège à côté de moi, n'a jamais parlé à une réunion d'Orangistes dans la ville de Brockville.
M. BLAKE. J'ai emprunté la citation que j'ai faite à la Sentinel que je crois être l'organe de l'association orangiste et qui parle de M. Taylor, député de Leeds Sud, comme ayant fait ce discours à Brockville, je pense. Il se peut que ce n'ait pas été à Brockville, mais c'était dans le voisinage. Il s'agit de savoir si le discours a été fait.
M. TAYLOE. Je n'ai fait un pareil discours, ni à Brockville ni autre part, et je ne suis pas responsable des rapports des journaux.
M. BLAKE. J'ai lu un extrait de l'organe de l'honorable monsieur ; et les autres citations que je me propose de faire, je vais les prendre à la même source : et j'espère qu'elles seront plus digne de foi que celle-ci paraît être
M. FEEG-USON". Mettez les avec celles du Globe.