MESDAMES ET MESSIEURS
Si j’ai un peu tardé à me rendre au désir que l’on m’a exprimé d’avoir une lecture en ce lieu, je me flatte que l’on ne m’accusera pas de paresse. Dans ce cas, j’en appeller:is à l’empressement avec lequel, depuis que le gout des lectures publiques s’est introduit parmi nous, j’ai payé, au prix de maintes laborieuses veilles, le tribut que doit à son pays tout homme, que des études spéciales mettent en état d’être utile, sur quelques points, à ses concitoyens et surtout à la jeune génération. La jeunesse, en effet, se trouve par ce moyen, et en quelques heures, en possession des fruits intellectuels, péniblement recueillis pendant de longues années de lecture, d’observations et de méditations. Il serait bien à désirer que tous ceux qui ont lu, observé ou médité, dérobassent quelques veilles à leurs occupations ordinaires pour l’instruction de la jeunesse. Il est peu d’hommes, tant soit peu
instruits, qui ne pussent se rendre très utiles sous ce rapport. Ilya,., toujours quelque branche favorite, sur laquelle on peut communiquer.
ce qu’on sait avec profit pour ceux qui n’ont pas suivi les mêmes études. Ce n’est pas que les hommes d’études, dans un jeune pays comme le nôtre, où la carrière des lettres, suivie exclusivement, ne peut guère conduire qu’à l’hôpital, puissent prétendre à jeter un grand ou nouveau jour sur les sujets qu’ils traiteraient ; nous aurons longtemps encore à aller chercher les maîtres de la science chez les Européens, nos pères et nos instituteurs, chez qui la carrière des lettres est un état, une profession, qui mène à la fortune et à la distinction, tout comme une autre. Mais il est une chose importante à l’égard de laquelle les écrivains Européens ne sont pas toujours pour nous des guides sûrs,
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