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tant. de résignation et de constance, par les premiers colons des Bois Francs, et autres lieux, où nos compatriotes sont encore aux prises avec des obstacles à décourager toute autre race d’hommes.
Mais le gonvernement .qu’a-t-il fait ? que fait-il ? il a fait peutêtre tout ce qu’il était possible de faire dans les circonstances ; il a réduit le prix des terres à un prix presque nominal, et donné des délais.assez longs pour les paiements. Mais ce n’est pas assez, et ce n’est pas ce qu’il y a de mieux à faire. Ce qu’il y a dé plus urgent, ce sont des chemins. En vain donnerait-on les terres pour rien, si les colons ne peuvent s’y rendre, et si rendus, ils n’ont‘pas de sortie ; les terres n’ont de valeur qu’autant que les marchés sont ac cessibles. Dans Je Haut-Canada, qu’on a sillonné de beaux che:ains' du'sud au nord, et de l’est à l’ouest, le. colon se trouve mieux situé en payant 15s et 20s l’acre pour sesterres, que celui du Bas-Canada er ne payant que 2%. Des chemins ! des cheinins aux terres nouvelles ! ! voilà le o qu’il faut faire résonner aux oreilles du gouvernement; si nous ne voulons. voir notre jeunesse gagner en foule les prairies de l’ouest. Un ami m’écrivait dernièrement que dans une seule paroisse du Comté de Leinster, quarante pères.de famille, dont plusieurs fort à l'aise, venaient de vendre leurs terres pour aller au printemps rejoindre le père Chiniquy. Coute que coute, il est de l’honneur du gouvernement d’empêcher cette expatriation, qui, tant qu’elle durera, sera un acte vivant d’accusation contre nos institutions gou- ‘ vernementales.,
Je viens de mentionner le nom du père Chiniquy ; et puisque l’occasion s’en.présente, je craindrais qu’on ne pût m’accuser de fai- . blesse envers un ancien ami, si je n’en profitais pour dire hautement ce que je pense de la croisade que prêche le Révérend Père, pour attirer nos compatriotes auprès de lui, à son établissement de Bourbonnais. S’il est quelqu'un qui ait payé au père Chiniquy son tribut L’élor;es pour ses bonnes et patriotiques œuvres, c’est moi, et le pays non plus n’a pas été ingrat envers l’apôtre de la tempérance. Mais je dois dire aujourd’hui que je vois avec douleur le Père Chiniquy se servir de l’influence qu’il a su acquérir parm’ ous, et aussi du don généreux qu’il doit à la reconnaissance de ses concitoyens, pour embaucher au profit d’un pays étranger, un nombre considérable de nos familles les plus industrieuses..
Révérend Père Chiniquy, je ne: reconnais plus là votre ancien: patriotisme, Eh! quand vos terres de Bourbonnais seraient aussi belles, aussi fertiles que vous le prétendez ; quand il serait aussi avantageux de s’y établir que vous le dites, ce dont il est permis de douter, car en même temps que vous appelez vos compatriotes
ali jouir du pain, de l’air et de la libèrté, » qu’on - trouve à Bour-
bonnais, les. habitants catholiques de cette conttée fortunée s’adressènt
© à nous, pauvres. et misérables habitants du Bas-Canada, pour les aider à,se bâtir une église ; quand, dis-je, Bourbonnais serait une nouvelle terre promise. est-il d’un bon patriote d’exciter nos cultiva-
© tours à.e’y expatrier, à aller s’y noyer au milieu d’une population étrangère, pour nous laisser ici, nous, avec. des forces déja à peine suffisante”, soutenir la grande lutte de notre nationalité? Allez, si vous voulez, y appliquer à votre plus grand avantage et à celui de votre famille, les £500 que vous avez reçus de la libéralité de notre législature, et autres dons généreux que vous avez eus en différents temps d’autres sources, mais allez y seul, et n’entraînez personne dans votre fuite. Ne répandez par parmi nous par vos écrits, votre : exemple était certes déjà trop, l’idée qu’on ne-doit rien à son pays, à sa nation; qu’on peut les abandonner au milieu: de Pépreuve pour aller ailleurs chercher un peu de bien-être pour soi'et.les siens. Soyc : ls, seul ä@äiter parmi nous la conduite de ces lâches Israëlites, à qui la.peur de l’ennemi et la rude vie.du désert faisaient regretter les + oignons d'Egypte, et qui excitaient le peuple hébriux à ÿ retourn:r; cessez vos invitat:2ns anti-patriotiques. A cette-condition et à raison de vos anciennes bonnes œuvres, peut-êrre prierons-nous Diéu que - : ceux de vos compatriotes qui vous auront écouté, ne vous reprochetit : amèrement un jour leur expatriation, ét vous cachent les pleurs qu’ils verseront souvent, jen suis sûr, an souvenir de l’ancienne : patrie...
"Vous me trouvez, peut-être un peu sévère: à l’égard du père Chiniquy ; mais vous me pardonnerez, j’espére, en faveur dû sen*iment : qui m’anime. Je serai indulgent autant que Von voudra sur tout autre point; mais sur celui de. notre nationalité, je serai toujours : impitoyable enyers et contre tous ; et ce ‘sera toujours ayec toute l’é- : nergie dont je suis capable, que je m’exprimerai sur le compte de ceux qui feront quoique ce soit à : son. préjudice. J’espère que nous
n’en viendrons'jamais-là, mais si la chôse arrive, et qu’il nous faille or*er entre le salut de, notre. rationalité, ét des avantages politiques. ou matériels, quels qu’ils soiept, vous me trouverez, et je vous. trouverez tous aussi, j’en suis sûr, avec ceux qui prendront pui ; devise.:. Notre Nationalité avant tout !
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