partie dans une des Amériques, partie dans l’autre. La France
eut la meilleure part ensuite, comprenant tout ce qui restait de lAmérique du Nord, à l’exception de ce qui constituait alors la Nouvelle-Angleterre, apanage dela vieille Angleterre. La Hollande eut la Nouvelle-Amsterdam, aujourd’hui New-York, que l’Angleterre ne tarda pas à lui enlever, Eh! bien, qui aurait prédit alors
que la plus mal dotée de toutes les puissances Européennes, à Vexception de la Hollande, qui n’eut jamais guère plus qu'un comptoir en Amérique, serait justement celle qui profterait le plus de la découverte et de la possession de l'Amérique ? et que celle qui en profiteraitle moins serait la plus richement partagée de toutes ? C’est cependant ce qui est arrivé. L’Angleterre a consi-
dérablement auginenté sa richesse et sa puissance par l'Amérique, et VPEspagne lui doit sa ruine, et d’être descendue du rang de puissance du premier ordre au rang de puissance du troisième ordre. Et a la France ne s’y est pas ruinée aussi, cela est dû à ce qu’elle était plus commerçante, plus industrielle que l’Espagne ; car c’est à son manque de génie commercial et industriel que l’Espagne doit sa perte, comme c’est à la possession de ces qualités, à un degré éminent, que l'Angleterre doit son salut.
Savez-vous ce que fesait l'Espagne des métaux précieux qui lui arrivaient, chaque année, du Mexique et du Pérou, à pleins galions ? Elle les envoyait en France, en Angleterre, et ailleurs, en échange des produits manufacturés de ces pays, qu’elle consommait, ou envoyait à ses colonies d'Amérique. Un bon jour les galions reviennent plus rares et moins chargés ; mais la fière Espagne n’en devient pas plus industrieuse, et continue à faire travailler les étrangers, qui par là reçoivent le profit clair et net dé ses mines, entretenant par ce moyen des classes nombreuses d'ouvriers en tout genre. À la fin, les colonies se révoltent, déclarent et maintienneut leur indépendance, et de ce jour adieu les galions, qui s’en vont tout droit aux pays quileur fabriquent et fournissent les marchandises dont elles ont besoin. Et l'Espagne, leur mère, après avoir joué le premier rôle dans le monde, en est réduite à marcher tantôt à la lisière de la France, tantôt à celle de ’Angleterre. Et tout cela, pour n’avoir pas voulu être industrieuse et commerciale. L’Angleterre aussi perd ses plus belles colonies d'Amérique ; mais voyez la différence : cet événement, loin d’affecter sa prospérité, ne fait que augmenter. Bristol, quelques années après la reconnaissance de indépendance des Etats-Unis, est obligé d’aggrandir son port, qui ne suffisait plus au commerce que cette ville fesait avee ‘les Etats. C’est que l'Angleterre avait établi avec ses colonies des relations commerciales et industrielles, que la guerre pouvait interrompre, mais que la paix devait faire renouer ; c’est, en d’autres mots, que Angleterre ne fesait pas faire aux autres ce qu’elle pouvait faire elle-même avec avantage.
On peut remarquer, sous ce rapport, des efforts bien louables, bien patriotiques chez quelques-uns de nos marchands et industriels, et le Canada a dû s’enorgueillir de voir présenter à la grande Exposition de l’Industrie, tenue Pété dernier à Londres, des pro-
duits canadiens fort remarquables et fort appréciés, au premier rang desquels je ne crains pas de placer les cuirs de marsouin, corroyés par M. Charles Têtu, de la Rivière Ouelle. Ce qui recommande cette découverte, car c’en est une, c’est qu’elle nous a révélé une richesse ignorée partout, en donnant une valeur à un article qui n’en avait aucune auparavant. La même maison a introduit sur nos marchés des huiles de poisson qui ne le cèdent guère en beauté aux plus fines huiles de Florence ; et l’on sait les sacrifices qu’elle a faits, pour introduire des procédés améliorés dans les pêches de notre fleuve et de notre golfe. Voilà le marchand comme je l’entends ; voilà, jeunes amis, le marchand que je vous offre pour modèle. Puisse votre génération en produire un grand nombre comme lui! car il faut bien le dire, apparent rari nantes, ils ont été bien rares dans les générations qui vous ont précédés. Autrement nous n’aurions pas la douleur et la honte de voir encore les armateurs étrangers vènir, tous les ans, exploiter nos riches pêcheries du golfe, et faire la loi à nos pauvres pêcheurs jusque dans nos propres eaux. Nous avons là, sous nos pieds, la plus riche mine de l’univers, mais qui demanderait d’être exploitée en grand pour que nous pussions soutenir la concurrence avec les étrangers. Et il ne s’est pas encore trouvé, dans notre corps commercial, assez d’esprit public pour former une puissante compagnie à cette fin. Il en fut bien question, il y a quelques années, à l’instance d’un de nos marchands les plus actifs, que des revers de fortune ont malheureusement assailli depuis, mais le projet mourut en germe, comme beaucoup d’autres semblables ; et cette mine inépuisable est encore, en autant que nous y sommes concernés, laissée aux efforts insufñsants, à l’exploitation impuissante de quelques pauvres armateurs, exploités eux-mêmes par les armateurs étrangers.
Je dois signaler ici une plainte, bien fondée jusqu’à un certain point, que j’ai entendu formuler plus d’une fois par nos marchands, et au moyen de laquelle 1ls prétendaient expliquer l’état arriéré de nos pêcheries ; c’est que notre Législature a négligé de mettre nos pêcheurs sur un pied d'égalité vis-à-vis des pêcheurs étrangers, qui reçoivent, eux, de leurs Législatures, sous différentes formes, des primes d’encouragement, qui empêchent nos propres pêcheurs de soutenir contre eux une concurrence avantageuse, et détournent nos capitalistes et nos industriels de cette branche importante.
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Notre Législature abien dégrevé de certains droits d’entrée les principaux articles destinés aux pêcheries, mais il parait que ce n’est pas assez, et qu’il faudrait en outre des primes, telles qu’en reçoivent les pêcheurs et armateurs étrangers.
. En ma qualité de libre échangiste, je suis en principe opposé aux primes d'encouragement tout comme aux droits protecteurs. Mais je ne suispas de ceux qui disent: Périsse la Patrie plutôt qu'un principe! Moi je dis: Vive la Patrie avec les principes intacts, si ça se peut, mais avec les principes modifiés, s’il le faut. Les principes de l’économie politique ne sont pas absolus comme ceux de la morale, avec lesquels on ne transige pas ; ce ne sont que des théories humaines, et partant nécessairement flexibles. et variables, comme l’homme qui les conçoit : la morale vient de Dieu, est immuable comme son auteur ; la politique vient de l’homme, elle est muable comme lui et le milieu où il vit. C’est pourquoi, tout libre échangiste que je prétends être, je suis bien prêt à admettre que, dans un jeune pays où les capitaux et l’expérience manquent, il est bien à propos de protéger dans les commencements les industries évidemment viables par elles-mêmes au bout d’un certain temps ; comme aussi je suis bien prêt à admettre la légitimité des primes d'encouragement, lorsqu'il en existe pour les étrangers avec lesquels nos nationaux ontà entrer en concurrence. Aux rigides économistes, je ferai remarquer, que cette mesure serait justement le moyen de faire cesser les primes d’encouragement accordées aux étrangers ; car lorsqu'il y a des primes pour tout le monde, c’est comme s’il n’y en avait pour personne. Alors les peuples étrangers ne tarderaient pas à mettre fin à des encouragements, qui n’auraient plus d’objet général, et d’un commun accord Von ferait partout main-basse sur les primes et les bonus,
Mais je ferai remarquer, au sujet de la plainte signalée plus haut, que la formation d’une ou de plusieurs compagnies puissantes et influentes serait justement le moyen d’obtenir de notre législature Pencouragement réclamé. A l’heure qu’il est, sion accordait un pareil encouragement, il serait à craindre qu’il ne tournât au profit même des armateurs étrangers, qui sont en possession du marché. Organisez done quelque chose de respectable, présentez des garanties, donnez des preuves d’une ferme détermination d’agir, et soyez sûrs que l’opinion publique et la législature ne vous manque- B
rontpas. Je n’ai pas étudié la matière, mais je doute fort que les encouragements extraordinaires que reçoivent les pêcheurs étrangers, leur aient été donnés avant qu’ils eussent fait déjà beaucoup par leurs efforts individuels, et eussent par là convaincu leurs législatures que l’encouragement demandé remplirait bien son objet. Faites donc de même.
Si nous jetons les yeux sur les fabriques domestiques, nous
° verrons que nous, habitants du vieux Canada, nous sommes, pour
un bon nombre, tributaires des habitants du Haut-Canada, sans parler de nos autres voisins du côté du sud. Nos sceaux, nos balais et mille autres articles d’usage domestique, nous viennent du Haut- Canada. Véritablement nous mériterions que nos ménagères fissent usage de leur arme naturelle, du manche à balai, pour nous réveiller, et nous forcer à devenir plus industrieux. Ce ne sont pourtant pas les bras qui nous manquent, dans un pays où toute la population agricole est presque inoccupée pendant cinq mois de l’année. Ce n’est pas non plus la” force hydraulique qui nous fait défaut, car sous ce rapport nous sommes mieux partagés que le Haut-Canada, où les fabriques domestiques se multiplient, faisant, partout où elles existent, surgir de terre des villes ou villages florissants. Qu’on ne dise pas non plus que les capitaux nous manquent ; car s’il n’y a pas partout accumulation de capitaux en peu de mains, partout il y a l’association. Ce qu’un homme ne peut pas faire, deux, quatre, dix, cent le peuvent, sans gêner leurs opérations ordinaires.
Que vous manque-t-il donc pour faire ce que font nos cadets du Haut-Canada ? Je sais ce que vous allez me répondre: vous allez me dire que le système seigneurial, tel qu’il existe dans le Bas- Canada, est un obstacle formidable à l’industrie, à l’établissement des fabriques domestiques. Vous allez me dire que c’est déjà bien assez pour un homme entreprenant, de risquer des capitaux dans une entreprise, sans être en sus obligé de payer une forte indemnité au seigneur, et de perdre, en cas d’insuccès, un douzième de la valeur de son établissement. Je sais, comme vous, que notre système seigneurial, je ne dirai pas tel qu’établi, mais tel que reçu et maintenu par une jurisprudence complaisante, dans un temps où la voix du peuple et de .ses représentants était impuissante, est un incube sur la poitrine du génie industriel de ce pays; Je sais que tous les seigneurs, à peu d’exceptions près, se sont complus à
réaliser la fable du chien sur un tas de foin, dont il ne pouvait user, et dont il empêchait le bœuf d'approcher. Il est un homme, cependant, qu’il faut mettre à l’abri du blame à cet égard ; il s’est trouvé un seigneur qui n’a pas attendu que d’autres introduisissent l’industrie au milieu de ses censitaires. Il y a dans les profondeurs du comté de Berthier une seigneurie, une des dernières qui aient été ouvertes aux bras du défricheur, où vous trouverez un beau village, avec un collége, des moulins, une fonderie et plusieurs autres fabriques, et où vous vous rendez par un bon chemin à lisses, à partir du fleuve. Je n’ai pas besoin de vous nommer l’auteur de toutes ces bonnes et belles œuvres, vous avez deviné que je voulais vccs rappeler la mémoire encore fraîche de l’honorable, et honoré et chéri M. Joliet.
Voilà un seigneur que j’offrirais comme modèle à tous ceux de son ordre, si j'avais encore foi dans les seigneurs. Mais les uns ont été si indiflérents au sort de leurs censitaires, les autres si ardents à les pressurer de toutes manières, que je désespère absolument d’eux, les croyant tous destinés à mourir dans l’impénitence finale. ne
Les seigneurs, comme beaucoup d’autres malheureusement, n’ont songé qu’à augmenter leur patrimoine. Ils ont oublié qu'après la famille, sinon au-dessus d’elle, il y a la société qui réclame aussi sa part de dévouement. Et eux, constitués à l’origine les fidéicommissaires de la société, devaient l’oublier moins que tous autres. C’est pourquoi ceux du temps présent doivent se préparer à une grande réparation. Il y a, qu’ils le sachent bien, et que tous les oppresseurs de l’humanité le sachent, il y a une loi antérieure à toutes les lois humaines, au-dessus de tous les juges humains, il ÿ a une loi de solidarité entre les générations, qui fait retomber sur les enfants les fautes de leurs pères. Et cette loi, c’est Dieu même qui l’a tracée, aussi lisiblement qu’il le fit de la loi mosaïque sur les pierres du Sinaï. Les tables du décalogue sont perdues, mais celles de cette loi universelle ne le sont pas ; on les retrouve en caractères de larmes et de sang à chaque page de l’histoire.
Qu’il soit bien entendu que je n’entends pas inclure dans cette condamnation aucune de nos vénérables communautés religieuses, dont pas une n’a pressuré ses censitaires, et dont-les pieux membres sont trop occupés à l’œuvre bienfaisante de chacune, pour pouvoir
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penser à l’avancement industriel de leurs censitaires. Cependant, signalons que les messieurs du Séminaire de Québec, seigneurs de la côte Beaupré, s’occupent à l’heure qu’il est de l’établissement d’une ferme-modèle dans leur seigneurie. Après tout ce que cette maison à fait pour l’éducation de la jeunesse, qu y reçoit une instruction collégiale qui égale, si elle ne surpasse, tout ce qu’il y a d’analogue en Amérique, on n’avait droit d’exiger d’elle rien davantage. En faisant plus que son devoir, elle s’acquiert un nouveau titre à la reconnaissance publique.
Pour ce qui est des entraves que le système seigneurial impose à l'industrie, elles vont disparaître, il y a tout lieu de l’espérers sous les auspices de l’administration qui préside maintenant aux destinées du pays. J’espère même que les seigneurs, voyant la nécessité d’un réglement prompt de cette grande affaire, prêteront eux-mêmes la main à un arrangement satisfaisant. Plus ils retarderont, moins avantageuses pour eux seront les conditions qu’on leur imposera. Derrière les hommes qui sont aujourd’hui à la tête des affaires, s’en élèveront d’autres qui, soit par conviction, soit pour capter la popularité, exigeront pour les censitaires des conditions plus faciles.
Nous avons donc tout lieu d’espérer que les obstacles que le système seigneurial oppose à l’industrie, disparaîtront bientôt, et qu’alors nos industriels, nos capitalistes se trouveront sur le même pied que ceux des pays voisins. Mais ne nous abusons pas, ne nous aveuglons pas sur nos défauts ; il nous manquera encore quelque chose de bien essentiel, que l’expérience de la vie industrielle seule peut donner.
Ce qui nous manque, avouons-le, c’est chez les uns l’esprit public, chez les autres, le grand nombre, le manque de l’instruction sufisante, d’abord pour concevoir et mûrir l’idée d’une entreprise industrielle, et ensuite pour la réaliser avec des chances de succès.
Notre éducation commerciale et industrielle a été à peu près nulle jusqu’à présent, se réduisant presque à celle que l’on peut faire derrière un comptoir ou dansun atelier, et ce n’est pas assez. Il a fallu véritablement une persévéra nce et des talents extraordinaires à ceux d’entre nous qui, sans autre éducation que celle-là, ont pu parvenir à quelque distinction dans le com merce ou l’industrie. Il y à longtemps que je déplore, avec tous les amis du pays, que le
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cours de nos colléges ne puisse être changé, de façon à reléguer à la fin du cours les études purement classiques, comme celles des langues savantes, qui font perdre un temps considérable aux jeunes gens qui ne sont pas destinés aux professions libérales, et qu’on pourrait, ce me semble, faire commencer avec les Belles-Lettres. Mais il paraît que cet arrangement entraînerait de grands inconvénients. C’est au moins ce que m’écrivit un jour le Supérieur d’un de nos premiers collèges, sans me spécifier, cependant, aucun de ces inconvénients. Si ces inconvénients sont insurmontables, j’en serai bien fâché, car il faudra penser à établir des écoles laïques pour ré— pondre aux besoins de notre société, et j’aime beaucoup à voir la jeunesse sous la tutelle de notre clergé jusqu’au moment où elle entre dans le monde. Remarquons cependant, qu'un corps religieux enseignant, nouvellement intro duit dans le pays, a entrepris, dans quelques-uns de nos colléges, de donner exclusivement l’espèce d’enseignement dont il est question. Puisse cette œuvre réussir, et se propager dans toutes les parties du pays !
En attendant, avec le plan que je propose, on remplirait les trois ou quatre premières années par l’étude des langues anglaise et fran-
" çaise, de l’arithmétique, de l’histoire, de la moderne surtout et
principalement sous son côté commercial et industriel, de la géographie, de l’économie politique, en y mêlant la tenue des livres. Avec des connaissances passables dans ces différentes branches, les jeunes gens, qui ne se destinent pas aux professions libérales, sortiraient du collége avec tout ce qui est nécessaire pour le commerce et la haute industrie. Avec ces connaissances, qu’il perfectionnerait dans sa spécialité, le jeune homme pourrait suivre le cours du mouvement commercial et industriel tant à l’intérieur qu'à l’étranger, chose vitale ; car le grand secret du commerce git dans l’observation exacte des faits et des événements contemporains. L’étude des temps passés facilite bien l'intelligence et l'appréciation du temps présent, mais ne les donne pas ; ‘elle vous ouvre la voie, mais elle vous laisse à l’entrée à vos propres forces, à vos propres méditations. Mais si vous manquez totalement d'instruction, vous courez le risque de rester en deçà de la barrière.
Vous au moins, Jeunes amis qui m’écoutez, si, comme ce doit être le cas pour plusieurs, vous manquez de éducation qu’il faut pour le commerce, allez pouvoir, pendant vos longues veillées d’hiver, ré.
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parer en partie le temps perdu. (Üe serait vous faire injure, que de penser que vous ne répondrez pas à l'intention bienveillante de vos patrons, qui vous procurent un avantage, dont ils ont été prinés pendant leur noviciat. Ils #attendent à ce que vous en profitiez, &t le public qui s'impose aussi une privation, s’y attend pareillement. Je vous ai parlé des devoirs et des obligations quo vous auriez à remplir étant marchands ; rappelez-vous qu’il est un devoir préliminaire non moins obligatoire, celui de vous bien préparer à ceux qui vous attendent dans l’avenir, au nombre desquels j'en ai oublié un bien important dans l’état politique où nous vivons. Savez-vous, Messieurs, que votre génération attend de vous des hommes d'état, des hommes capables de l’éclairer, de la guider dans les affaires financières du pays, d’en contrôler, d’en assumer au besoin l’administration ; capables d’embrasser toutes les grandes questions d’économie politique, et d’être des guides sûrs pendant l'ère des grands travaux publics, des grandes entreprises nationales, qui ne fait que s’ouvrir pour le Bas-Canada? La tâche est grande et difficile sans doute ; mais elle est si belle, si noble qu’au lieu de vous décourager, elle fera battre vos jeunes cœurs et les remplira d’une chaleureuse émulation.
A l’œuvre donc, mes jeunes amis. Vous avez un des plus beaux, un des plus riches pays du monde à exploiter, et des hommes qui ne vous étaient pas supérieurs, de lagunes stériles, de plages sablonneuses, de rochers arides ont fait des pays prospères, puissants et renommés. En avant donc ! avec un pays comme le nôtre, on court plus de risque en allant trop doucement qu’en allant trop vite. Nous avons du côté du couchant une contrée immense, qui sera bientôt le grenier de l’univers, et dont notre Saint-Laurent est le débouché naturel vers la mer. Nos clairvoyants et et: nrcnants voisins font des eflorts surhumains pour nous arrar: +! :iche proie, commandant à l’art des travaux vraiment prodigieux pour contrebalancer nos avantages naturels. Sera-t-il dit qu'ayant la wat" pour auxiliaire et combattant à nos côtés, nous perdions la vicis. © ? Non, vous ne le permettrez pas, et au cri de nos pères vou ai: "terez 1. autre mot, et vous crierez : Patrie, Liberté et Progrès
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