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ot Britannique. Jamais leur société n’a été teconnue par une ois et ils ont méme été répudiés par les autorités royales, °
On se-rappelle en effet qu’en 1861, le Prince de Gilles, lors de son |
.. voyage'au Canada, refusa de recevoir leurs hommages et de passer sous
-’, une arche de triomphe élevée à Toronto, en son honneur, et sur lequel
se trouvaient hissées les couleurs:orangistes ; c’étaient ces hommes qui,
en 1837, assistés des bureaucrates, “tenaient sous leurs talons notre nationalité ; c’étaient encore eux qui en 1849 venaient, poussés par la ‘vengeance, brûler les bâtisses du parlement à Montréal ; c’étaient ces dignes partisans de Sir John A, Macd onal qui incendiaient les maisons de Blake, de Baldwin et Lafontaine parce que ces patriotes distingués, ‘avaient eu ‘le: courage, malgré toutes sortes de mena ces, de faire adop- . ter lé bill de l'indemnité ; ce sont ces mêmes hommes qui à cette époque,
assaillaient le réprésentañt de la Reine Victoria,‘au Canada, Lord Elgin qui avait eu la grandeur d’âme de sanctionner le-méme bill de Pindem- ‘ nité; ce sont: ceux-là qui à Winnipeg en juillet dernier, faisaient passer le glorieux général Middleton, sous un drapeau représentant Riel à genoux, nne corde au’ cou. (Honte, honte). Voilà les ennemis qu’il - s'agissait de combattre, et que les ministres actuels n’ont pas voulu et ne veulent pas encore combattre. Riel a été sacrifié à leur rage, des cris de joie sont partis de toutes les loges orangistes après que Riel eut monté les gradins de Péchafand, à Régina. De ce moment des promesses furent faites & Sir John qu’il pouvait compter sur ces fanatisques, lors des prochaines élections. Riel a donc été une victime, une victime sanglante ; c’est pour calmer et flatter une partie infâme de lélectorat, que Sir John et ses collègues ont décidé l'exécution de Riel, qui ne pouvait pas avoir lieu sans qu’un ordre en conseil fut passé. Mais malheur au gouvernement d’un pays qui sacrifie le sang humain pour satisfaire une politique odieuse, et comme l'a dit un grand penseur : “ Quand un pouvoir . 5 enjambe ne fut-ce qu’un cadavre pour monter au, Trône, ce pouvoir “est maudit. Sacer esto. La victime est tombée, et sur la place du “sacrifice, une main invisible a mis une croix noire pour la marquer. ‘ La terre a bu le sang, mais le sang fermente dans.l’ombre, et un jour,
se “Te passant entend sortir de.ter-e d’abord un faible soupir ; Je passant :
marche toujours, exsuite un léger murmure ; le passant marche encore, :
enfin un cri terrible, comme un coup-de tonnerre, et le passant voit
“ sortirdu sol le spectre d’une nouvelle révolution. ” (Applaudissements prolongés- -Bravos.) Il n’y a pas eu en Canada de révolution, mais un mouvement national, grand, unanime et enthousiaste; comme notre pays n’en avait pas vu depuis 1837. .,On a qualifié ce mouvement national de jeu de paille, c’est une erreur ; au contraire, c’est un immense incendie et un brasier ardent, entretenu par.la chaleur du sentiment populaire, et à la lueur de cet incendie, .on pourra longtemps reconnaître ceux qu’on a justement qualifiés de Pendards, reconnaître les ministrés prévaricateurs et leurs dignes et tristes acolytes. (Très bien, très bien).
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+ Thon. Solliciteur-Général nous a dit que ce mouvement national était fait dans un but politique; mais quels sont donc ceux qui: ont parti ce mouvement ? Ce sont des conservateurs comme des libéraux, des conservateurs indépendants, respectés et respectables. et jouant dans. leur parti un rôle important. Quels sont ceux qui ont proposé la motion de regrets et les résolutions blamant les ministres fédéraux ? L’honorable ‘deputé du comté de Québec, appuyé,par hon. député d’Hochelaga, deux conservateurs, l’un ayant été ministre, et l’autre Président de eette chambre. ‘L’honorable député des Trois-Rivières, est-il un de ceux qui
. appartiennent vraiment au parti libéral ?. " ‘
Je trouve dans les paroles de l’hon. Solliciteur général une contradiction flagrante. Il nous a dit que ce mouvement était un mouvement politique fait par les libéraux, et cependant il nous a cité une partie du discours éloquent prononcé à London, par le chef des libéraux dans la puissance du Canada, qui disait : “ Je ne veux pas arriver au pouvoir, au moyen d’un échafaud, et je ne venx sas ouvrir les portes de l'avenir
avec une clef maculée de sang.” Si l’hon. M. Blake a déclaré qu'il n’entendait pas monter au pouvoir au moyen d’un échafaud et qu'il ne voulait pas ouvrir les portes de l'avenir avec une clef maculée de sang, comment pouvez-vous prêter aux libéraux l'intention de falre de la ques“ tion de Riel, ne question de politique? (Applaudissement). Puis, ne’ se rappelle-t-on pas la démarche faite par l’hon. chef de l'opposition de cette province auprès de hon. M. Ghapleau, lorsqu'il le sollicita de bien vouloirs se mettre à la tête du mouvement national et qu'il était prêt à lui céder le pas ? N'est-ce pas là un signe manifeste, une preuve. évidente du désintéressement de ’hon. M. Mercier? (Oui, oui). .
L’honorable Sollieiteur général, nous a dit qu’un certain nombre de conservateurs avaient été séduits par ce mouvement national. Cette séduction est grande, elle est belle, comme elle est naturelle! Ce n’est pas un grand crime de céder quelquefois à son cœur. S'ils ont succombé à la séduction, ils ont cédé devant un sentiment de pitié et de miséricorde, devant un sentiment généseux et patriotique. (Très bien).
À ces conditions, ce n’est pas un crime d’être séducteurs ou d’être séduits. Plaise au ciel que toutes les séductions politiques s’accomplissent dans des circonstances semblables, car on se rappelle tous que, il y a quelques années, un ceftain nombre de politiciens de cette province ont été séduits, ont succombé à la tentation, mais devant des sentiments moins généreux que ceux auxquels ont cedé nombre de conservateurs, sur la qnestion Riel! (Vires approbations, rires). .
- Comment avons-nous pu séduire les conservateurs ? Quel moyen de séduction avons-nous, pour leur faire abandonner leurs chefs qu’ils avaient suivis dans la bonne comme dans la mauvaise fortune ? Avionsnous des faveurs et des avantages à leur promettre? Non, la seule promesse qui nous pouvions faire, c'était de marcher avec eux la main dans. la main, le cœur près du cœur ; le seul engagement que nous pouvions prendre, c'était de flageller et de mépriser les noms de ceux qui avaient
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7 beige: le gibét de Régine. Et les conservatenrs qui sont entrés ‘dans le mouvement national ont droit non seulement à nos félicitations et à Ja
reconnaissance des citoyens de la province de Québec, mais ils ont droit à la reconnaissance de l’histoire.
. Nous avons passé par une circonstance triste et lugubre : ces évérie-
‘ments étaient pleins de deuil, mais au moins, ils nous-ont. ‘donné Vocca-
sion de constater qu’il y avait parmi les Canadiens- Français des hominés
généreux et de véritables patriotés. Ce sont des hommes de cette nature
qu’il nous faut dans les grands événements de la vie des peuples, de ces hommes qui ont l'esprit de l’indépendance, et au cœur desquels Pécu
. de la corruption rie peut pas se coller. Et-en terminant, je me serviral
des paroles remarquables de Crémazie :
‘ Que Dieu veuille nous donner comme à nos pères, dai ns ce. siècle d’abaissement, avec les sentiments sublimes de Phonneur, Vexaltation du dévouement, la-folie du sacrifice, qui font les héros et les saints, ” (Bra-
-vos-applaudissements prolongés,et repétés. On fait ovation à M. Le-
mieux. L’hon. M. Mercier et tous les membres de l'opposition félicitent
‘ vivement M. Lemieux.)
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