‹ Discours prononcéChapitre 1 sur 19 · Discours prononcé · texte numérisé non relu

Discours prononcé

M. 2 PRÉSIDENT : —Ce n’est pas sana une hésitation faciiement coinprise que j'ùce aujourd'hui motiver mon vote sur la question de la cosfédéra.

tion des provinces de l’Améiiqu? Britanniqne du Nord. J'hésite parce que je sais tont ce qu’il me manque d’étades approfondies et d’expériesce po:

litiques pour me permetire de juger sainement le pour et et le contre d’une question aus-i vaste, et dont les rérul- {âts duivent'être aussi graves pour l’avenir du pays. J'hésite encore, parce que je vois sur les bancs ministériele des hottes Vieillis dans'les luttes po.

litiques, des hommes qui, depuis de longues années, sont les chefs et les guides de la majorité des deux Çanadas, appuyer le‘prejet qui nous est soumis et nous dire que lui seul peut remédier aux difficuliés de la situa tivn. J'hésite aussi, parce que je vais combien la presse ministérielle est sévère pour tous les adversaires du . projet de coufédération,—combien elle est ‘vère et quelquefois peu juste de on appréciation des motifs de ceux qui s'opnhosent à ce projet de

Pr € réault TS à

"pri sent et les, dangers de l'avenfr ‘quéPon nous propose.

Durs | La Confederation de l’Amteriqu@| Britannique du Nord,

depuis longtemps étudié la.

ion générale d’uneconfélération,

e suis d’upinion que les provinces de l'Amérique Britannique du Norÿ sont appelées à former, dans un ave.

nir plus ou moine prochain, une vaste confedération, dans laquelle les deux races anglaise et'française lutteront de progrès pour la pro:périté commune.

Dans le but de mieux étudier Ia question, j'ai dû visiter les provinces infé« riepre« en 1863 pur la vaie du golfe, et en 1864 pur ln Baie de Foundy. Je dois dire que j'ai trouvé partout une population aisée et intelligente, faisaint honneur à cetite partie du continent, C’est alors que j’ai pu me rendre compte des avantages et des inconvénients attachés à la solutioa de

la question générale de la confédéràtion.

Au relour de mon dernier voyage fait au mois d’août 1864, en compaguie d’un certain nombre de membres des deux chambres, on a dit dans la presse que je m'étais déclaré, dans certaines rénnions, en faveur du projet de confédération de toutes les provinces ; la conférence de Charlotietown n'avait pas encore eu lien, et déjà l’upinion publique se plaisait classer les men.bres de cette chambre en pârtisahs et adversaires de la con-

con:titution, quelques soient la sincé: |'Iédération. J'ai, à certe époque, ex-

rité de lenrs convictions et la pureté de leurs motifs. Mais je croiraïs man.

‘quer à mon devoir come député si, dominé par ces hésitations, je ne mo.

tivais pas dans cette chambre mon opposition au projet de confédération, Sur une question aussi grave, j+ dois À mes constituagts comme je me dois

moi-même de justihsr la responsa. |

une que j’asenme en combattañt une mesure aussi fortement apnuyée dans cette chambre, e! je croirais être indi-

ne du mancat qui m'est confiée, si je n’avaie, pour appuyer mon opponition, l’histoire du passé, la prospérité

primé publiquement mon opinion sur in questioo par la vnie de la presse, afiu de Ja soumettre à mes eommetlanta, ot je dois déclarer que lopinion que j'exprimais alors me sert encore de ligne de condaite aujourd’hui, que je ne suis pas obligé de modifire en quoique ce soit la position qüe je pris alors, Pour établir nettement cette position, je lirai ce que j'écrivais au mois d'août dernier, car cette correspondance expliqne parfaitement ce que j'ai toujours pensé du projet de confé Jération des provinces de l’Amé:

rique Britänaique du Nord.

(4 Cette grave question qui préoccupe si vivewent notre monde politique duns la crise actuelle, est tellement difficile à résoudre qne co serait présomption de ma part de vouloir même la discuter, au monient où nos hommes publicsles plus haut plâcés hésitent à se prononcer port ou contre, Toutefois comme la MiNkR- +8, dans son deruièr numéro, me donne comme une es adhésions nouvelles à ce grand projet de réforme constitutionnelle, je croiruis manquer à mon devoir et à mes convictions si je ne donnais ici mon appréciation de la situation telle que je la comprends.

& Pour tous ceux qui étudient les ressonrces inépuisubles des provinces de l'Amérique Britaonique du Nord, il n'est pas doutenx que nons ve possédions tous les éléments d’une grande puissance. Comme terriroire, nous poss$dons un dixième du globe bnbitalle, capable d'alimenter une population de 100,000,090. Borné à l’est parl’ tinnt.que et à l’ouest par le Pueifique, ce territoire eat encore nécessihle à la navigation par les mers intérieures qui le bornent au sud, Nos fleuves et nos rivières :0mx plètent Le réseau incomparable de nos commnnications par eau et, comme autant d'attères vivifiantes, transportent vers l'océan et sur les werchés ae l'univers les lourds produits des plaines de l'Ouest, les grands j:ins de nos forêts uos miuernis d’or et de cuivre, les fourrures de uos territoires da chasse, et les pêcheries du Golfe, Dans ce vaste champ de production, où se trouvent tons les matériaux d’une immer- 8 richesse, il faut uns force motrice, e1 les houilliéres inéouisables de la Nouvelle«li cosse sont là pour l'alimenter.

L'Amérique Britannique du Nord prend donc daus l'avenir les proportions d’un géant, etilne tient qu'à nous q'e l'élément fnnçnis n'y ait sa large part de puissance. Avec da l'énergie et de l’ensemble, nous maintiendrons le terrain couquis par un siècle de luttes, Notre passé estune garantie pour l'avenir. Mnis encore ne faut-il pas brusqner les évènements et les devancer. Tant que nous ne serons pas assez nombreux pour prendre l'offensive, notre politiquedoit être une politique de résistance. Aussi, avant de me prononcer en faveur d’une confédération, qui change entièrement les bâses de uotre Constitution actuelle, je veux être bien sur que no1ïs ne perdrong pas un pouce de terrain, Bienpius,je ne veux de caangements à la constitution telle qrielle est, qu'autant que ces chaugersents assurent une graude prospérité pour notre pays, une protection plus puissante dr nos institutions et l'inviolubilité de nos droits.Car j’n'ai pas dévié d’une ligne de mor adresse anx électeurs de Richelieu, lors que j'ai eu l'honneur de sallivitér leurs suffrages comme leur réprésentant à l'assemblée législative, et dans cette adresse je déclare “ m'opposer à toute concese sion quelconque faite au Haut-Canada.

: Aussi, dans le cas où le projet de confédération, Qui sera soum:s à la prochaine session du parlement provincial, garañtirait au Onnada Françuis des avantages plus considérables Que ceux qui lui sont faits par la constitution

ro 0

actuelle, je serais nécessairement en faveur dé cette coufidération. ,

& Mais dans le ca8 contraire, ponr peu qne lé projet de confédération soit une concession queiconq'e faite au Haut-Cannin au détriment de nos institutions, de nôtre langne on de nos lois, je m'opposerui avec toute l'énergie dont je suis capable à tout changement à la constitution nctuelle,

“ Certes, je ne suis pas de coux qui veulent restreindre notre horizon politique et placer des limites à notre agrandissement comme ;euple.

Rien aucontraire ne me rendrait plus heurenx que la création d'une vaste orgauisntion poli tique, couvrant de son ombre un iumensa territoire. Alors les luttes de locnli’és et de personnes dispñrantrnient peut-être dans leur insiguifiance, ‘comparoe nux grands intérêts qui sèraient confiés à !a vigilance de n03 hommes d'état et a leurs délibérations dans leekconseils de la nation. Aïlors nuasi mous verrions uné carrière brillante ouverte à l'intelligence et au travail, dibrés des entraves que leur suscite trop souvent anjourd'hni l'esprit de parti, avec son cortège d'egoïsme et de vues étroites.

Alors 14 louable ambition de mériter un grand nom dans un grand pays produirait une génération de grands hommes dont nuus pourrions être justement fiers, L

Mais si ce glorieux avenir ne pouvait s’acheter qu'aax prix de notre assimilation, de notre Inngue et de tout ce qui nous est cher come me Français, moi pour un, je ne sauruis hésiter entre ce q'ie rous pouvons espérer en te8tant ceq'ie nous sommes, êt l’ubâtardissement de notre race, payée comme prix de l'avenir.

‘fe me résume doné en me prononçant pour la constitution telle qu'elle est, qui, jisqu'à ce jour, nous offre plus d'avantages que tous les changement proposés, et c'est là, j'oserais diré, l'opiniou de la majorité de notie ussemblée législatire,

“ Mus sile projet proposé nous assure dans

le congiî* tous les privilèges dont le Canada ‘

Frangais jouit dans le parlement actuel, et si dans son ensemble comme duns ses details, il nou£ nssure des avantagts plus cotsidé-aule que ceux qni nous sont garantis par la coustitution,

je préférerui la confédération àtois les aus

tres changements proposés.’

Je dois déclarer que cette manière d'envis: gr la question au mois d'août dernier, n’a pas changé pour moi après les explications données par les imembres du gouvernement. L'habis leté dont ils ont donné des preuves leur fait certainement honneur, mais les arguments des ministres, pas plus qe ceux des membres de citie chambre qui appuient le projet, ne m'ont convaincu ; J'espère, dans Ines remat.

ques, établir quelies sont les raisons de mon opposition, et justifier à mon point de vue la resppneabilité que je

oi mo

mena co mate mena

prends en opposant un projet aussi[bie, Dans nos reng:, nous avions, fortement appuyé dans cette chambre. | alors des hommes qui ne craignaient

nt J'espère pouvoir établir : pas les luttes, des hommes habitués à 08 Premièrement, l’inopportunité d’ua | résister à l'oppression, des hommes Je changement constitutionnel ; qui avaient grandi en luttant contre À S*contement, le but hostile du pro- lune minorité arrogunte tendant à dont jet de confedération ; miver la majorité ; et ce sont ces Le Troisièmemeut, l+s conséquences [hommes forts qui ont fait triompher. eù désastienses de l'adoption da projet{ notre natiogalité et maintenu les ti- Y : de confédération, droits du Bus-Canads, en cbtenant le. tie ; gouvernement r“sponsable, en mêmé.

di. PREMIERE PARTIE. temps que union nous était imposée, qui Aujourd'hui, regerdous leur œuvre !

dr | Inoprortunilé d'un changement cons | Est-il vrai de dire que nous avons Le lilut onnel. | progressé dans l’ordrè social coinmé au L'ivopportanté d'an changement [dans Pordie matériel depuis cette ite constitutionnel doit êire parfaitement ; époque > Quiconque étudie ce qn’ébi Le évident pour tous ceux qui jettent un |'aitie Canada en 1840, et ce qu’il est nd regar| sur la prospérité actuelle du en 1865, ne prut s’empêch :r de rec né Canada, et pour tous ceux qui veulent |eonnaîue que ous avons fait des pros és "étudier Les progrès réalisés par le Ca- !g'è+ presque sans exemple dans l'his- 5. nada-Uni depuis 1840. L'hon. pro- toire de la prospérité des peuples, que: 112 cureur général Est a dit que 6 lunjon nous avons étendu au loin les dé: Lee avait terminé son œuvre” Mais ceia [friohements de nôtre territoiié, que. es- est-il bien sûr? Quand on :eg..rde le [notre population s’est accrue, que: ent Ÿ L passé et qu'on le compare au présent, celte p pulation est heureuse et prose Fe | ne devous vous pas être fi r« de voir | pêre ; en un imot, que nous avons ce | comien nous avons graudi d, puis |progresré matériellement et socialeles | 1840, et de voir que, depuis 25 aus, ! ment d'une manière jusque la incon- 16° nous avons rivalisé de progrès, pro: [nue sous le système colonial. g'ès social et pregiès malériel, avec ans les n:tions les plus avancées du mon- Progrès social sous l’Union. an “4, de ?

il | Depuis vingt-cinq ans, nos progrès | Voyons, dans l’ordre social, notre q® en politique ont é16 sans précédent légilation, et natre système municis dr) | dans l'histoire coloniale, et le Cana:la | pal d’abord, En existe-t-il quelque uns | a douné le magnifique exemple de ce | part qui soit plus parfait, et chique re que pouvait un gouvernement respon, | localité n’a-t-elle pas tous les pouvoirs Jût sable dans une colonie anglaise, mul. [nécessaires aux améliorations recon- )O1 ) gré la diversité des races et des reli. [nues urgentes ? C’est depuis lunivn lon 4 gione, En 1840, nous sortions d’une | que nous avons perfectionné ce systèbis » | lutte glorieuse dans laquelle, malhegas | ne, et que nous avons dotée nos cum res reusement, plusieurs têtes ét1i-nt tom. | p#gnes des ipyens d'effectuer toutes ais bées, d’une lutte entreprise pour ob- les amélioretions qu'elles peuvent déus tenir le gouv:rnement responsable re. [sher, plus particulièrement dans le m- { fusé jnsijue là, et qui nous était alors [système de voivrie et la création de nt accordé comme prix de la lutte, A [nouvelles routes facilitant le transport a. cette “poque, le Bas-Canada s'était ! des produits agricoles aux marct :s ù 8 f levé comme uu gui homme, il avait | voisins (Ecuutez ! écoutez !) k on envoyé en Angleterre des requêtes | Je n’ai pas besoin d’appuyer sur les je couvries de 60,000 signatures, de progrès que nous avons faits et les

maodant le gouverneruent responsa - | reformes. qne nous avons réalisées an,

Roi BP AGE ere

ent tend

point de vus de la législation. Ce qui avait le plus contribué, depuis la domination anglaise, à uriêter nos progrès sous ce rapport, c'était le conseil législatif de l’ancienne chambre d’assernblée, et celui qué nous avons eu depuis l’union jusqu’en 1856. Le.

puis cette époque, n’avons-nous pes obtenu l’élection des conseillers l6gislatifs, et les plus grandes réformes ne doivent-elles pas en êtie la consé:

quence ?

avec l’union et 13 gouvernement

“responsable, n’avoas-nous pas égale.

ment obtenu le droit d’être représentés par des compatriotes Cana:liens-F'ran- Gais dans le conseil exécuiif, et ile.

puis n’avogs-nous pas joui de tous les |

avantagek d’un système de gouverne ment qui permet au peuple d'exprimer ses bsnins et même d'imposer ses volontés ? Voilà des réformes de la plus grande importançe, mais nous en avons obtenu d’autres encore. Lorsque, en 1840, on nous donna l'anion des Canadas, la propriété territoriale dans le Bas- Canada était soumise au système féodal, qui y avait été intro.

duit ave: tout ce qu’il avait de bles.

sent pour la dignité de l’homme, avec toutes ses charges ct acù vexations pour le censitaire. Sous ce régime, aucune propriété ne pouvait changer de main sans être soumise à un droit

les moyens d’ob'enir une édncation à peu près gratuite, Arjeurd’hui ,chsque villogr, chaque concession, possède une maison d’écucation, et l'enfant du, bucheron qui habite encors l’é- } A paisse forêt peut y tonver lea éléments d’une justrnction euffisante pour le jette Ur la voie des hunaeurs et de a fortune, si ses talenta, -on travail, et son énergie se prédestinent à jouer

un tôle dans'la politique, les sciences,

= de la fortune, trouve partout.

: nys.

les arts, ou le clergé de son pnys

Un fait remarquable, M. le Prési.

dent, et que je dois mentionner, c'est que la plupart des homes marqnants que nous avons vu sur Îe banc judiciaire, le banc des ininistres et jusque dans la chaise épiscopale, sont sorits

de l'humb'e toit de chaume de nos | campagnes, se sont formés dans nos maisons d'éducation presque gratuile, à force de talents, de persévérance,

d'étude et de travail, Ce sont les besoins de la gêne, éprouvée au foyer de la famille, qui bien souvent ont créé, chez la plupart de nos homnies les plus éminents, nn vif désir de se faire une biillante position par l'étude et le travail.

Depuis l'union, notre système et nos moyens d'instruction publique ont fait d'immenses progiès. Avaut l’u-

couteux sous forme de lods et ventes | nias, nous n'avions pas d'université

en faveur du seigneur, et à des cens!

et rentes qui daninuaient considérablement sa valeur. Avec les droits poliliques que nous avait conféré l’n.

nion, le régime seigneurial a dû disparaître pour faire place à la propriété libre, telle qu'elle est chez nos voisins e! .choz toutes les nations civilisées. ” {, :

C’est aussi depuis l’anion que nous avons:.consolidé: nas. lois ; que nous avons créé un rysième d’enseignement qui fait arriver instruction jusque dans les parties les plns resnlées de la province. Aujourd'hui, nons avons

catholique dans le pays ; les jeunes geas qui se destinaient aux professions libéral: étaient coligés de faire leurs cours dans les bureaux de leurs patrons, qui nélaient pas toujours à la hauteur de la tâche qu’ils assuiuaient, ou de s’exiler à: grands frais pendant plusieurs années pour aller en Angleterre ou en France gagner leurs diplô mes de capacité. Aujourd’hui, nous avons des universités dans le Bas et dans le Haut-Canada qui rivalisent avec les institutions européennes du même genre, et nous avons aussi une classe (le jeunes élèves qui prouve-

un système scolaire qui fait honneur | ront, dans quinze ou vingt-.ans, l’exau pays, et l'enfant intelligent, mais | cellence de notre système universitai-

D. 7 Om on em Ege M ee MO mm M M en mm

li, ER mm A4 D ee

put.

n à que ède ant l'é.

nte ) le | de ail, uer ces,

ésiest ants nie 1e ts nos nos te, ce, les noyer ont nes > se ude

et ont ue

sité

paà la

Page 1