DEUXIÈME PARTIE
But hostile du projst de Confédéra® tion.
Le but da 5rojet de confédération, au point de vue du minisière, est la frmation d’un vaste empire limité par l'océan Pacifique d'un «ôté,.par l’océ:
an Atlantique de Pautre, au sud par Union Américaine et s’étendant jus:
qu’au pôle nord, laissant à l’ouest l'A:
mérique Russe, Certes, ce projet est graudiose, est magnifique, et est bien fait pour exciter l'ambition des hom.
mes leg plus marquante de l'Amérique Britannique du Nord. L’opposition comprend parfaitementle noble but des promoteurs de cette confédération que l'on veut établir eur une base moaarchique, en opposition à l'Union Américaine bâsée sur le principe dé’ mocratique et républicain : mais l’op* position comprend aussi que cette création d’un-empire offre de graves difficultés, non seulement parce qu'il s'élève en opposition à la puissante république voisine, essentiellement opposée aux institutions menarchi.
que, mais parce que les différences de nâtionalités, de religions et d’inté.
rêts sectionneks sont autant de pierres d’achoppement contre lesquelles vien:
dront se heurter les dispositions principales du projet de confédération, fl [ie faut pas croire que l'opposition ne
combât ce : projet que parce qu’elle n’en comprend pas la portée c?est parce qu’elle lecomprend au contraire, et n’y voit que des dispositions qui lui sont hostiles Aujourd’hui le Cinada, avec l’éga, lité sectionnelle, ne forme qu’un seul peuple dont les tendances et les aspi rations sont communes, mais avec la {confedération il n'en sera plus ainsi,
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nous aurons une minorité, contre une majorité dont l-s tendances agressi.
ves sont toujonrs manifestées chaque fris qu’elle a en la puissance «d'u nom:
bre. Si les populations de toutes lex provinces étaient homogènes, si leurs intérêts, leurs idées, leurs croyar ces, leur nationalité étaient identiques, nous serions peult'être plus portés à accepter les dispositions peu judicienses du projet qui nous es! soumis mais, comme tout cela n’est idemitique nous croyons qu’il y a danger pour nous à les accepter.
Politique agressive de l'Angleterre.
Autrefnis, la Froace possédait toute cette partie du continent, et les colons de celte épuque cultivateurs, pê: cheure, chasseurs ou coureurs de bois, parcouraient tontes l'étendue de ces immèenses possessions qui avaient nom la Nouvelle-France ; aujourd’hui, que Ini reste-il d'un territoire dont l'étendue égale celle de l’Europe même ? Une pauvre petite Île située a l'entrée du golfe, un pied à terre pour ses pêcheurs, et quelques ar.
pents de grève sur les côtes de Terre.
neuve. Quand on étudie ce fait, quand on voit la puissance française com:
plètement détruite sur ce continent, w’avons-nons pas le droit de nous montrés sévères dans l'appréciation du projet de constitution qui nous est soumis, et qui n’a d’autre but je le répète, que de compièter l’oeuvre de la destruction de l’influence de la race française en Amérique ? Est:ce que le passé ne nous a pas appris à nous défier de l’avenir ?
Oui, M. le Presipenr, la politique de l’Angleterre a toujours f:6 agressive, a loujours eu pour but notre anéantissement comme peuple, et ce pro.
jet de confédération n’est que la continuation de l'application de cette po:
litique sur ce continent ; son véritable but n’est autre, que l’anéantissement de l'influence française en Canada.
En recherchant si ls moyens d’ac-
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langue générale et officielle.
ns een ete + ee nee nement à méme
tion employés aujourd'hui n’ont pa” de précedenta dans l'histoire, il est facile de tronver des renseignemsnts précienx. Il fatun temps ajrès ia conquê'e de l'Angleterre par le« Normands, où Îa langue française était la Pendant quatre siècles, le fançais fut la langne de la nation; mais plus tard, les conquérants furent obligés d’adopter la .
langue des vaincus. En étudiant l’histoire du parlement anglais, on voit qu'avant l’année 1425 il n'avait pas été indroduit dans la législature un seul projet de oi qui ne fut en français. Mais à cette époque un projet de loi en anglais fut présenté au parlement et vingt-cinq ons plus tard, en 1840, on trouve le dernier acte présenté en français dans le parlement impérial. Après celte date, on ne voit plus de trace de la langne française au parlement; il n'avait fallu que ving-cinq ans pour la faire dis paraître entièrement.
Il y a on autre fait historique qui se rattache à l’existence politique des peuples, et qu’il est bon de noter, On sait pendant combien de temp: l’Ecos se et l’Irlante résistèrent à l’envahis-.
sement de l’Angleterre. La lutte fat langue et obstinée, mais ces d'eux nations durent céder à la politique d’envahissement et à la puissance d’assimilation de la nation anglaise. Voyons quels moyens l’Angieterre a employés pour arriver à son but. L’histoire impartiale nous le dit comme elle dira aussi quels sont les moyens employés aujourd’hai pour anéantir notre race sur ce continent. L'histoire inscrit en lettres d’or, sur ses plus belles pages, les noms des hommes qui ont combattu pour les droits et les libertés des peuples, Mais aussi elle inscrit, enr ses pages les plus sombres, les noms de ceux qui vendent ces libertés et ces droits pour des titres, des honneurs, du pouvoir ou de l'or. Nous jouissons aujourd’hui d’un gouvernement responsable chèrement acheté, au prix d’un siècle de luttes
héroïques et, avant que de céder un pouce du terrain conquis, nous de.
vons examiner ce que nous promettent les changements constitutionnels JT projetés Profitons de l’exemple des peuple , qui pleurent amèrement aujourd’hui la perte de leurs droits politiques, amenés par des changements constitutionnels du genre de ceux qui sont aujourd’hui proposés au Bas-Canada.
af Ù 1 MA Voici ce que je lis à propos de la réunion de l’Ecosse à l'Angleterre,
ten 1706 :— a & La reinc Anae exécuta, en 1706, un J3
Abolition du Parlement d’Ecosse.
projet inutilement tenté par Guillaume III, aile réunion de Angleterre et de l’Écosss en 4 lun seul royaume ,sous la do“nioation de la
4G:ande-Bretagne. L’indocilité des Ecossais
t lantipathie mutuelle des deux peuples, les troubles sans cesse renaissants de ces prinlcipes rendaient le projet fort utile et en même temps multipliaient les obstacles?
p Ainsi, lon voit que l’antipathie des 1 deux races suscitait de nombreux obs de lacles au projet de l’Angieterre, et Cpour faire disparaître ces obstacles on prit exstement Îles mêmes moyens adoptés ici pour réparer la confedé.
ration, c’est-à-dire que l’on nomma une conférence, ou des commissaires hargés de préparer l’acte de réunion.
{Ces commissaires s’entendirent sur la fAsauestion générale,mais, dit M. Eire pe BoNNecuose : —
nière dont les Anglais entendaient composer je nouveau parlement des royaumes-unis, et andis que la population de l’Ecosse était le sixième de la population anglaise, ils n’ac.
ordaient à la représentation de ce royaume Mans les communes, que quarante-quatre embres, où un treizième de la représenation totale. Seize pairs seulement de:
jaient être choisis par élection dans le corps L'Apntier de la pairie écrssaise pour siéger pes ans la chambre des ‘lords en Angleterre, | a rigueur de ces dernières clauses, dans iGapesarelles le peuple écossais vit une offense
Fexcita ao mécontentement général : il de Wait résulter, pour les premiers temns. sur
ee ne ne mme ee
tout, d’un traité d’uuion entre les deux peu: ples un froissement d'intérêt matériel préjudiciable à un grand nombre, comme il ar* rire à la suite de toute importante «onmotion politique : les blessures de l’amourpropre national auraient suffi d’ailleurs pour rendre les Ecossais insensibles aux avantages éloignés dece pacteet de tous les partis, whigs et torys, jacobistes et william: istes, presbytériens, épiscopaux et camero-.
ms pour le rejeter.”
Ainsi, nous voyons ici uns population presque toute entière s’unic ponr repousser le projet d'union qu’on veut lui imposer, et cep:ndant, malgré:
l'opposition presque unanime de l’Ecosse, l’ Angleterre parvient à imposer cette union parles moyens dont elle:
n'hésite pas à faire emploi.
“ Les commissaires du gouvernement fu rent en butte aux insultes de la populations. qui brisa les maisons de “plusieurs officiers. de l’Etat partisans de l’union, tandis qu’elle portait aux nues le duc de Hamilton, le
{plus illustre entre les opposants. Les ducs de Queensberrx et d’Argyle, les comtes de
Montrose, de Stair de Roxburz et de
Marchmont essayérent en vain d’opposer la
raison à l’explosion du. sentiment patrioti-
que et de fureur nationale, et ce que les meilleurs arguments ne purent obtenir la corruption le fit. Une partie de l'or pro’ mis par les cominissaires anglais, comme dé’ dommagement des charges nouvelles qui:
allaient peser sur le royaume voisin, fut ré”. partie entre leurs collégues écossais et plusieurs membres influents du pariement | siégeant à Edingburg: des lors, tous les.
obstacles furent aplanis ;. le traité d’union. que la majorité du peuple écossais considé* rait comme un suicide, et que n’eussent point sanctionné les hommes les plus purs et les plus irréprochables, obtint Passentiment: d’une majorité vénale: ce pacte fameux, enfo, réputé un apprabe pour l’Ecosse, où elle voyait l’immolatiou de ses intérèts et de sa gloire, fut signé le 1er mai 1707, et fut considéré comme une grande victoire par l’Angleterre tout enivrée, déjà du sue:
cès de ses armes snr le continent.”
Voilà, M. le PRESIDENT, un exemple frappant de la manière dont la politique de l’Angleterre :sait triompher des résistances les mieux moti-
X peu:
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qu’elle ton, le es ducs ites de et de oser la atrioti” que les enir la r pro* mu dé:
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d'union.
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vées, même contre la volonté” unanine d'une race. On voit l’Ecosse ‘considérer l'union avec l’Angleterre cor’"1e un suicide, et cependant l’ufiv irouve une majorité en sa faveur dans le parlement d'Edimbourg. Je m’ai pas besoin, M. ie PRwSIDENT, de ‘commenter cés faits plus longuement, îls parlent assez élognemment par ‘eux-mêmes (Ecoutez ! écoutez !)
Aboñtion dv parlement d'Irlande. ! destruction du parlement lrlandois. Ce { parlement, auquel on est obligé de demander |
I ÿaïûn autre fait dans l’histoire politique de l'Angleterre qu’il est bon de rappeler à cette chambre; c’est l’a bolition du parlement de Dublin.
L'hon. ministre de l’Agriculture (M.
McGre) nous a dit, dane ce langage fleuri qui caractérise les enfants de son
pays, que lui-même avait combattu, ,
l'orsqu’il n’avait encore que vingt ans à peine, pour soustraire son pays à la tyrannie de l’Angleterre, el que n’ayant pu réussir dans sa noble entrepri:
se, il'avait préféré s’exiler sur cette terre d'Amérique plutôt que d’être chaque jour témoin des malheurs et des souffrances de sa patrie, Et, cependant, que fait-il aujourd’hui? Il veut, avec l’appui d’une majorité hos tile, imposer au Bas-Canada, sa patrie d'adoption, une union qui lui répugne, et renouveller ici le système d'oppression qu’il a pleuré en Irlande.
(Ecoutez ! écoutez |)
Voici les moyens dont on s’est servi pour imposer à l'Irlande cette union qui devait amener l’exade en masse de sa population.
Quant à l'Irlande, la lutte fut plus lon* gue ; mais l’Angleterre finit aussi par triom-
pher. Après la crise de 1198, dit M. Gus’ sur les banquette ministérielles, pou
tave de Bevumont, l’Angleterre, tenant sous sa, main l’Irlande rebelle et vaincue, l’a chatié sans réserve et sans pitié. Vin;t ans auparavant, l'Irlande était rentrée en possession de ses libertés politiques ; l’Angleterre conserve un souvenir amer de ses succès de l'Irlande, et elle va profiter de l’abaissement de celle-ci pour la replacer
sous son joug absolu. Le parlement d'Irlande, | dtait attaquer notre: terri‘oire. Mais depuis qu’il'a recouvré son ind” pendances, | je doie le dire, si on change cette con:
est devenu gênant pour l'Angleterre , il faut, ponr s’en rendre maître, des soins infinis de corruption, en dépit desquels on rencontre encore cheZ lui des résistances 5 l’occasion est favorable pour le supprimer :: en conseGuence, le ganveinement anglais & résout de l’abolir, À cette nouvelle, la pau-
vre Irlande s’agite un ins'ant, comme un corps qui vient d’être privé de vie, se remue encore sous le fer quile mutile et le déchire. Sur trente deux comités ; vingt’ À et‘un réclament énergiquement contre la À
un acte de suicide, le refuse et maintient 4 par son vote son existence constitutionnelle. à
“Indigné de la servilité qu’on ose deman- à der au corps dont il fait partie, Grattanrepousse avec véhémence le projet ministé. | tériel. Mals toutes ces résistances seront | vaines. La seule qui, en définitive, élève!
un obstacle sérieax aux vues de l’Angle- | terre est celle du parlement irlandais, qui ne | veut pas voter Son anésntissement. Eh bien ! jusqu'alors, on avait acheté ses octes ; } on va cette fois acheter sa mort. La corrup: | tion est aussitôt pratiqée sur Une vasie é* chelle; des places, des pensions, des feveurs | dstouxe sorte, des pairies, des sommes | d’argent sont prodiguées;et les mêmes hom. | mes qui, en 1799, avaient re poussé le projet | d'union, adoptent le 26 mai 1800, à une ma:
jorité de cent dix-huit voix contre soixante | treize qui étaient ou pensionnaires de l’Etat | ou fonctionnaires publics. Ainsi s’accomplit,| imposé par la violence, aidé par la corrup.| tion l’acte destructif du parlement irlandais, non sans soulever en Irlande tout ce qu’il, ÿ restait de sassions nationales et sentiments, patriotiques. |
M. le PRESIDENT, quand on a pour apprécier la politique ‘le l'Angleterre des actes comme ceux-là, il est juste que ceux qui n’ont pas les mêmes raisons que les hon.léputés qui siègent
désirer des changements constitution nels, aient au moins l’occasion d’êtu dier attentivement tous les détails de la mesure qu’on nous propose.
Pour ma part, je suis satisfait de le constitution actuelle, et prêt à la dé fendre contre tout ennemi qui vou
ee mes es dd mmnmne ne mm ed
on ne trouvera plus chez Îles Canadiens Français cet élan qui les a tou:
jours distingué, pa” le pasré, et qui leur a permis de vaincre des ennemis dix fois plus nombreux. (Ecoutez! 6éoutez ! ) |
Antagonisme de la France ct de l'An.
gleterre.
L'Antagonisme des deux races anffluise et française, que j'ai signalé en Europe, seinblait n'avoir pas de rai- *on d'être en Armérique, cependant la
" lutte s'est continnée dans le nouveau "monde uprès avoir commencé sur %} l’ancie: continent, Aujourd'hui en- 44 core, c. l# lutte se continue et malgré d l4n protestations d’umitié sincère
échangées entre Paris et Lontres, nous voyons toujours la France et l’Atigleterre face à face, l’epée au poing, ayant j’une pour l’autre le respect que la crainte peut seule leur iuspirer. El ces sentiments de riva.
lité et d’antagonisme qui ont toujours existé, et qui existent encore aujour:
d'hui entie les deux races, séteindraient chez. leurs descendants cana.
es
CS
nation ? Mais c’est là l'impossible / Quoique vous fassiez, les mêmes sen Il timents existeront toujours, Jls sont j blämubles peut.être, mais ils existent, F et sont dans la nature même des deux
s (he DS
mé, Ja religion, dans les institutions, dans li les habitudes d’ou peuple antant 4 d'obstacles à l’union avec un. autre