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SUBSIDES FÉDÉRAUX

Le gouvernement mérite certainement nos éloges et nos félicitations, pour le succès qui à couronné ses efforts, dans la revendication ferme, sage, éclairée et patriotique des droits provinciaux, sur la question du remaniement des subsides fédéraux.

La lutte entreprise par le gouvernement était une lutte hérissée de difficultés sans nombre, il fallait d'abord unir toute la province de Québec, obtenir ensuite l'adhésion unanime des différents gouvernements provinciaux, présenter enfin au gouvernement central, la question sous son vérilable jour.

lo La première difficulté fut vite résolue, car le gouvernement, sur celte question, fut unanimement supporté par la députation, qui en somine, représentait la totalité de la population. Nos amis de l'opposition ont su s'élever en cette circonstance au-dessus des mesquines considérations de l'esprit de parti pour n’envisager que l'intérêt public, et si la province de Québec a pu s'unir une fois dans cette revendication vraiment nationale, c’est à nos amis de la gauche que nous le devons et tout en les remerciant de leur appui, il me fait plaisir de leur offrir ici le témoignage public de notre gratitude.

20 Mais la province de Québec, malgré l'unanimité de sa populatior, n'aurait pu réussir dans ses justes réclamations,

si elle n'avait obtenu l'adhésion unanime des différents gon vernements provinciaux. Or il est connu de tout ceux qui sont ici présents, que les provinces pouvaient trouver difficilement un terrain commun sur leouel on puts’eniendre pour y esseoir la demande générale.

Le Canada, par suite de sa conformation géographique, par suite de l'immense étendue de son territoire, de la diversité des races qui l’habitent, de la multiplicité des problèmes sociaux et économiques qui se soulèveat chaque jour, le Canada, dis-je, offre à chaque gouvernement provincial des difficultés locales s’opposant à la réalisation d’un programme général.

De plus, chaque province était représentée à Otlawa par ses meilleurs hommes, chacun d’eux avait reçu la mission de faire valoir les vues de ses mandataires, et d'obtenir le plus de faveurs possibles pour son gouvernement, chacun d’eux pouvait avoir l'espérance, pouvait nourrir l'ambition de diriger à sa guise et à son bénéfice personnel, les délibérations conjointes. Tous, ils se sont néanmoins inclinés devant la supériorité de l'un d’entre eux ; tous, ils ont unanimement choisi pour présider la réunion et pour parler en son nom, un homme qui par sa race, ne représentait pas la m:jorité du pays. un homme qui jusque là, était connu comme un politicien provincial, mais qui en cette circon .ance, gr » à la largeur de ses vues, à la fermeté de son caractère, à la force de son raisonnement et à l’envergure de son immense talent, s’est révélé politique éclairé et s’est affirmé comm: champion invincible de l’autonomie provinciale ; je ve: parler de l'honorable Premier ministre de cette province.

L'honneur dont il s’est couvert en cel.e circonstance rejaii lit sur cette Chambre et sur la province de Québec toute entière, et quand l’histoire politique des événements actuels,

s’écrira, le nom de l'honorable Premier ministre y figurera, parmi la pléiade de nos hommes publics qui n'ont pas eu peur d'afficher ouvertement leurs sentiments à l'égard de leurs constituants et qui ont même, parfois, risqué de briser leur carrière pour accomplir leur devoir.

Notre province était encore représentée par d'autres délégués qui siègent dans celle chambre ; eux aussi ils ont fait leur part de travail, eux aussi sous la direction de leur chef, ils ont aidé à aplanir les obstacles, ils se sont employés à grouper les bonnes volontés et ils se sont dépensés pour préparer le triomphe final de leurs idées communes. Nos populations ont déjà apprécié leur esprit de dévouement et de sacrifice et nous souhaitous que ces hommes reçoivent bientôt la récompense qui leur est due.

Grâce à l'esprit de conciliation de nos réprésentants, grâce à leur talent de persuasion, grâce à leur connaissance parfaite de la question débattue, les provinces ont pu s'entendre non seulement sur les grandes ligues, mais jusque dans les moindres détails de ce problème troublant qu’elles étaient appelées à déchiffrer et à résoudre.

30 Il ne faut pas croire cependant que la question du remaniement étaient réglée par le fait que les provinces avaient réussi à s'entendre : il restait encore, il restait surtout à présenter la question au pouvoir central sous son véritable jour, Nous avions dans la personne des ministres d'Ottawa des amis dont les sympathies nous étaient acquises et sur qui nous pouvions compler, mais il fallait que notre cause fût si bien faite, que nos adversaires, mème les plus acharnés, fussent forcés de convenir que nos réclamations étaient raisonnables et que le gouvernement actuel du Canada, en se rendant à nos demandes, ne faisait qu’accomplir son juste devoir. En d'autres termes, il fallait convain-

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cre les centralisateurs à outrance, il fallait réduire « aquia » ceux que les réclamations des provinces fatiguent et importunent, et qui, quand ils sont à bout d'arguments, nous insultent et nous injurient en blâmant les gouvernements proviriciaux et en les taxant d'extravagance, dans leur adminisiration. [1 cst étrange de constater comme le gouvernement central, qui après tout, n’a qu'une existence fictive puisque

ses pouvoirs, ses revenus et“ ‘ ‘ioire lui viennent des provinces qui ont consenti à uiller de leurs préroga-

tives pour l'en revêtir, il est .ange, dis-je, de constater comme le pouvoir centrai exerce sur certains esprils une fascination qui dans le passé a malheureusement conduit à une erreur profonde.

Quand a 1 voit que depuis l’Acte de la Confédération, les revenus d'Ottawa ont été sans cesse augmentant, que chaque exercice financier accumule dans la caisse centrale un nombre de millions sans cesse grossissant, que tous les départe

‘ ments accusent des surplus toujours progressifs, et que durant le même laps de temps, les provinces se sont appauvries d'année e année, que leurs dépenses ont augmenté en rairaison inv de leurs recettes, on se demande comment il se ‘ait que :. partisans du pouvoir central n'ont pas compris depuis longtemps que la prospérité du pays ne pouvait êt ue factice et basée sur l'injustice.

Eu économie politique il est un principe indiscutable, c’est celui-ci : pour avoir la prospérité dans l'Etat il faut que la masse ait la richesse afin que cette richesse puisse circuler partout pour y porter la vie. Dans notre système politique, la masse ce sont les provinces, et si les provinces s’appauvrissent pendant que le pouvoir central s'enrichit, il fauéra de toute nécessité arriver à la décadence et à la déchéance générale parce que la prospérité n’est pas assise suivant les

données de la science pratique. Le pays, pour arriver à son complet développement, doit voir la prospérité régner d’abord dans les provinces.

Jusqu'à l'automne de 1906, les partisans de l’eutonomie provinciale disaient aux partisans du pouvoir central : « Eu « faisant le pacte de 1867, nous, les provinces, nous avons «créé un pouvoir central pour l'intérêt particulier ; nous n'avons jamais voulu sacrifier la totalité de nos droits, ni faire de nous des «esclaves » et des « ilotes ». Si par suite de fausses représentations nous avons abandonné nos sources de revenus, pour garder pour nous des charges onéreuses dont le fardeau s’alourdit chaque année ; si grâce à des machinations politiques, les législatures, par suite du système imposé, sont dans la nécessité d’être des conseils de comté, ne s'occupant que d'affaires rurales comme le voulait M. Galt, ainsi qu’on peut le voir à la page 69 des débats sur la Confédération, si nos hommes publics du temps aveuglés par l'esprit de parti ont été victimes d’une supercherie inqualifiable et ont signé un pacte tout autre que celui qu'ils voulaient et qu’ils disaient signer ; si on a voulu nous acheminer insensiblement et inévitablement vers l’union législative, nous devons vous -déclarer que nous avons été trompés, que notre bonne foi a été surprise, et que nous ne pouvons rester plus iongtemps sous l'opération d'une loi qui doit fatalement nous annihiler ».

Cette doctrine qui, par son simple exposé, s'adresse à l’es-

prit de justice de tout homme impartial, aurait dû être aussi celle des partisans du pouvoir central au Canada puisqu'ils sont d’abord citoyens des différentes provinces. “Malheureusement il n'en fut pas toujours ainsi. Avant l'automne de 1906, les réclamations des provinces ne furent jamais écoutées parce que les centralisateurs, après avoir semé la divi-

ip

sion parmi les champions de l’autonomie, recevaient ensuite leurs demandes avec tout le mauvais vouloir officiel d’'hommes ne voulant pas rendre justice.

Et il n’y a pas lieu de s'étonner si la question du remaniement des subsides qui a originé en 1875, n'avait jamais reçu de solution définitive. En attaquant ce problème, les champions actuels de l’autonomie provinciale entreprenaient une tâche herculéenne. Après avoir patiemment compilé tous les documents publics, après avoir mürement réfléchi à toutes les éventualités, après avoir constaté qu’en reslant dans l’état actuel, les provinces marchaient vers un abime sans fond, ils ont eu le courage, la force et la fermeté de s’adresser au gouvernement central, de lui montrer l'injustice dont nous avons souffert dans le passé, l'impuissance à laquelle nous sommes réduits actuellement, et le désastre final où devait fatalement sombrer l’autonomie provinciale. Ils ont plaidé leur cause avec toutes les ressources de leur intelligence, ils ont su faire passer dans leurs revendications le calme serein dela force, l’ardeur vibrante de leur patriotisme et la foi inébranlable dans la justice de leurs demandes. Grâce à la puissance de leur argumentation et la chaleur de leur conviction, ils ont réussi à faire tomber un à un des obstacles qui jusque-là avaient paru insurmontables. Les représentants du cabinet d'Ottawa nous ont accordé leur protection et leur appui, qui nous ont été d’un secours bien précieux ; nous avions déjà leurs symathies, ils nous ont donné leur concours ; ils ont fait cause commune avec nous, et dans le discours du trône, au mois de novembre 1906, le gouvernement central s'est engagé à préparer et à présenter, au cours de la session actuelle, à la Chambre des Communes, la législation destinée à reparer pour l'avenir les torts dont nous avons si longtemps souffert. Le gouvernement

d'Ottawa, qui n’a pas craint d'assumer devant le pays la responsabilité d'une pareille législation, a prouvé une fois de plus qu’il entendait suivre jusqu'au bout l’évangile politique qu’il a toujours prèché : « Respect des droits d'autrui, justice égale pour tous ». Par suite du remaniement projeté, le gouvernement de la province de Québec aura à sa disposition un montant additionnel de 8600,000.00 par an, ce qui lui permettra de développer nos ressources naturelles, de protéger l’agriculture, d'ouvrir à la colonisation des territoires nouveaux et de répandre à pleines mains dans les couches les plus profondes de nos populations les bienfaits de l’instruction publique. Nous réaliserons ainsi à la lettre tout le programme libéral et nous mettrons la province de Québec à la place qui lui appartient dans la confédération, puisqu'elle est sur ce continent la Nouvelie-France !

Il —— AGRICULTURE

Je ne voudrais pas en cette circonstance, Monsieur l'Orateur, abuser de la patience de cette Chambre ni mettre à trop forte contribution sa longanimité, mais d’un autre côté, il me semble que je n’accomplirais pas mon devoir si, avant de conclure mes remarques je ne faisais quelques réflexions, et quelques suggestions sur trois sujets bien importants pour le développement de cette province. Je rangerai suivant une gradation qui me frappe ces trois sujets dans l’ordre suivant : l'agriculture, la colonisation, l'instruction publique.

Je représente dans cette Chambre, un comté rural et j'en suis fort honoré. Je voudrais prouver à la population agricole qui m'a élu que, quoique ne faisant pas partie de son état, je connais ses besoins et puis les faire valoir. Mais m'élevant au-dessus de ces considérations personnelles, je suis de ceux qui croient que l’agriculture sera toujours la

principale occupation de cette province, et qu'il est du devoir du gouvernement d'assurer, par tous les moyens possibles, le bien-être de la majorité de ses administrés. Je suis aussi du nombre de ceux dont la suprême espérance repose sur nos populations agricoles pour perpétuer l'élément français en ce pays. À ce dernier titre surtout, j'applaudis au succès, j'admire le développement, et je cherche à promouvoir les intérêts de cette classe qui me tient tant au cœur.

En feuilletant les statistiques compilées par les officiers du dernier recensement fédéral, on en arrive à des constatations bien consolantes, en ce sens que la richesse de nos cultivateurs est très considérable dans certaines branches de leur industrie. On voit par exemple, à la page 120 de l’Annuaï:c statistique de 1903, que la valeur de l'exploitation agricole en cette province se chiffre au montant.de 8517,567,697, se répartissant comme suit, savoir :

ALI err en e .… 8248,236,361 HDALIBABS nsc rorsesersessee MCE .. 102,313,893 LUBCOUMIONR Tres ce re reste CTIU CU CHEVAUX scsssssreesrcscessnece LA LUS LE) NADHOS A IAIL re rrneseerrees ee LONDON Autres bêtes à cornes... brain 6,629,784 Moutons..….........… A TUE 2,476,471 Cochons........... TE ON NP 3,142,925 Volailles... PU TE Free 1,166,314 ADO Os ns screnene mac rsssii tes es 251,203 Moissons des champs... .… 44,851,108 Fruits et légumes... ra 2,564,801 FOOD. ovet scrrces FSrrioirsenie 64,124 BOL VENU serre sescsoscesesrenmees 6,650,486 Viandes et produits d'animaux tués

SUP IA OM... eesvesses 20.207.826 Industrie laitière terres . 20,207,826 Laine... RENE DR AN TES 570,093 DÉS ns ne en rie 2,007,320 Miel et cire .. ..….. A NII Hasste 112,315 Sucre et sirop d'érable... 1,356,48U

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