Discours prononcé
Avant que vous laissiez le fauteuil, vû que c’est le moment qui nous est donné pour exposer les griefs que nous pouvons avoir contre le gouvernement, je désire protester, en autaut qu’il est en mon pouvoir de le faire, contre la manière injuste avec laquelle la Province de Québec est traitée par la présente administration, Au risque d’être accusé de
sectionnalisme, je veux parler des
droits de la Province d’où je viens et réclamer sa part légitime dans la distribution des deniers publics.(app.) Je veux dire ici hautement que tous mes amis les libéraux de Québec, y compris M. Cauchon, disent tout bas, mais ce qu'ils n’ont pas le courage de proclamer énergiquement dans cette chambre, à savoir : que la
Province de Québec est maltraitée
par ce gouvernement et qu'on lui refuse les octrois auxquels elle a droit pour la construction de ses tra-
. vaux publics. (applds.}
Je sais, M. l’Orateur, combien est délicate la question que je vais soulever; mais avec un gouvernement comme celui qui est aujourd’hui à la tête du pays, avec surtout, dans ce gouvernement, des ministres bas-
canadiens si peu énergiques et si peu soucieux de faire prévaloir les droits de leur Province, je me crois justifiable de réclamer justice pour ma province, (applds.) et de poser comme principe que le gouvernement doit, autant que possible, faire exécuter proportionnellement dans chaque province les travaux publics qui y sont requis. [l est temps que les droits de la Province de Québec cessent d’être méconnus. (applds.)
Il y a des membres de cette chambre qui vout m'accuser d’être sectionnel. Quand, l’année dernière, M. Masson a demandé justice pour sa province, on l’a aussi accusé d’être seclionnel; mais cette accusation l’a rehaussé davantage dans l'estime de ses concitoyens, (applds.) et lui a donné plus de force auprès des électeurs de ce pays.
Fous les jours, nous entendons des honorables membres de cette chambre venant d'Ontario, des provinces maritimes, de Manitoba ou de la Golombie, réclamer justice pour leur province. Ils ne manquent pas de dire et répéter hautement les droits et prétentions de leur province.
Pourquoi, nous, de la Province de Québec, n’en ferions-nous pas au-