LS MR
tant? Iln’y à pas là de sectionnalisme. Chaque province a des représentants dans cette chambre, pourquoi ?— Pour y prendre les intérêts de tout le Dominion, me répondrez vous. Oui, mais aussi, en particulier, pour y surveiller les droits de leurs provinces respectives. Cest, d’ailleurs, ce que les honorables membres des autres provinces font tous les ici jours.
Je dois avouer, M. l’Orateur, que c'est M. Cauchon, le président des ministres, (écoutez!) qui m'a conseillé de réclamer dans cette chambre justice pour ma province. En
effet, quelque temps après la der-
nière session, Je lisais sur le Journal de Québec un écrit de M. Cauchon au sujet des deux premiers budgets de ce gouvernement, où 1l disait ce qui suit: «Disons de suite ‘que le « Bas-Canada est loin d’avoir sa part «légitime dans la distribution des «deniers publics et qu'il est du de- «voir de tout homme public et de «tout électeur de la réclamer éner- « giquement. » (écoutez ! écoutez!)
M. Cauchon dit donc que le Bas- Canada est loin d’avoir sa part légitime dans la distribution des deniers publics. Tout homme qui parcourra les comptes publics et les estimés l’avouera nécessairement.
En ouvrant le rapport du ministre des travaux publics pour l’année expirée le 30 juin 1875, c’est-à-dire la première année fiscale que les libéraux ont été au pouvoir, je trouve à la page 3, un état indiquant le montant dépensé pour les travaux publics dans le Canada pendant l’année expirée le 30 juin 1875.
Je vois que cette année-là M. McKenzie a dépensé, dans tout le Canada, pour les travaux publics, une somme totale de $10,615,429.19. Tout le monde admettra qu'au moins un quart de cette somme aurait dû être dépensé dans le Bas-Canada.
Ca n'aurait été que Juste. J’aifait le calcul, ce qui est facile à faire, et je trouve que sur ces $10,615,429.19, il n’a été dépensé dans la province de Québec exclusivement qu'une
somme de $720,674.00. Aïnsi, cette première année de nos libéraux au pouvoir, la province de Québec n’a pas même eu un dixième des deniers publics. Je dois ajouter que cette somme de $729,674.00 a été employée à terminer des travaux commencés par les conservateurs. Si ces travaux n'avaient pas été commencés, com bien M. McKenzie aurait-il dépensé dans le Bas-Canada? Presque rien, si du moins, nous en jugeons par les estimés qui sont devant cette Chambre.
Aïin d’être mieux compris, je vais faire une comparaison entre le Bas- Canada et le Haut-Canada, et je défie n’importe qui de nier l’exactitude des chiffres suivants.
Je parle toujours des travaux publics exécutés dans l’année expirée le 30 juin 1875, et je trouve, dans le rapport du ministre des Travaux Publics, qu’il a été dépensé exclusivement dans Ontario, cette année là, pour trois items, savoir :
Pour les Canaux.....…..$1,300,318.84
Pour les Hâvres.......…. 241,383.89 Pour les Edifices Pu- Dlips ares “tube 639,783.73
Ce qui fait un total de $2,181,486.46 qui à été dépensé dans Ontario pour ces trois items, tandis qu'il n’a été dépensé dans la Province de Québec, dans la même année, pour ces mêmes trois items, que ce qui suit :
Pour les Canaux......…....$355,290.00 Pour les Hävres...……. UE 12,093:33 Pour les Edifices Publics. 179,025.78
Ce qui ne fait qu’un total
CR RUE EeRTR UN RES CRD $546,409.11 laissant ainsi sur ces trois items seuls, l'énorme différence en faveur d’Ontario de $1,635,077.35.
Ces deux sommes ainsi dépensées pour ces trois items dans Québec et Ontario forment un grand total de LP LUS A
En faisant une règle de proportion, on trouve que la Province d’Ontario à eu, pour ces trois items seuls, Cinq fois autant que la Pro-
Los
vince de Québec. Jugez des autres items par ceux-C1. (Ecoutez.)
Il est donc évident que Québec n’a pas eu sa part légitime. (Applaudissements.)
Dans la même année, on dépensait pour les Travaux Publics dans les Provinces Maritimes, près de quatre millions de piastres. Dans la même année, il a été dépensé des sommes considérables dans Manitoba et la Colombie. Il n’y a que la Province de Québec qui ait été aussi maltraitée. (Ecoutez.)
Je dois déclarer que je ne me plains pas de ce qui a été ainsi dépensé dans les autres Provinces ; sans doute, cet argent a été utile ment dépensé, et les travaux publics qu'on y a exécutés étaient nécessaires ; mais, dun autre côté, la Province de Québec forme une grande partie de ce Dominion. Il v avait chez elle des travaux importants et nécessaires qu'on aurait dû y faire faire. Je me plains de ce qu'on ait négligé ma Province, et qu’on n'ait pas eu pour-elle les égards auxquels elle a droit. (Applaudissements.)
Maintenant, je prends les estimés qui sont devant nous ; voyons ce que le gouvernement se propose de nous donner pour l’année prochaine.
Je ne ferai pas entrer 1ci, dans mon calcul, les sommes d'argent qui, ayant été votées les années précédentes, n’ont pas été dépensées, et se trouvent de nouveau dans les estimés de 1876 et 1877 comme revote ; Car, autrement, Ça serait une comparaison injuste. Par exemple, l’année dernière, il y avait dans les estimés $1,600,000 pour le Canal Lachine, et $2,000,000 pour le Canal Welland. Or, le gouvernement ne veut dépenser cette année que $400,000 sur le canal Lachine, tandis qu’il dépense $1,900,000 sur le canal Welland. Les estimés que nous sommes à discuter contiennent comme revote $1,200,000 pour le canal Lachine, ce qui n’est que la balance des sommes votées depuis plusieurs années par les conservateurs et que les libéraux, depuis qu’ils sont au
pouvoir, n’ont pas encore dépensées, tandis qu’ils contiennent $2,000,000 pour le canal Welland, sur lesquels deux millions il n’y à que $100,000 de revote. Ainsi, en deux ans, le canal Welland recoit $3,900,000 contre le canal Lachine $1,600,000.
J'ajouterai que les estimés que nous sommes à voter, ne contiennent pas un seul sol additionnel pour le canal Lachine ; ce qu'il y a n’est que la balance des sommes votés les années précédentes et non dépensées.
Le canal Welland, lui, a $1,900,000 additionnelles. J’ai donc raison d’élaguer de ces estimés les argents qui n’y sont que comme revole, afin que nous ayions exactement les nouvelles sommes d'argent que le gouvernement se propose de dépenser l’année prochaine.
Or les estimés montrent que le gouvernement dépensera l’année prochaine, pour les travaux publics, dans tout le Canada, en outre des revoles, une nouvelle somme de $#,441,000.00 imputable au capital, et unenouvelle somme de$978,950.00 imputable au revenu, ce qui fait en tout $5,419,950.00. Vous voyez que sur l’année expirée le 30 juin 1875, cela fait une forte diminution pour les travaux publics. C’est là l’économie annoncée par le gouvernement, économie qui est faite au détriment de la Province de Québec, comme je vais le démontrer. (Ecoutez.)
Sur cette somme de $5,419,950.00, combien avons nous pour la province de Québec ? C’est incroyable, mais c’est vrai. nous n'avons que $100.- 000.00 (cent mille piastres), comme suit : |
Pour édifices publics... $ 60,000.00 Pour les fortifications... 5,000.00 ÉRVOTS eee 39,000.00
Si quelqu'un en doute, qu’il ouvre les estimés, et, si je me trompe, qu’il le dise !
Voilà tout ce que le gouvernement veut donner à [a province de Québec pour l’année prochaine!
Pas un seul sol pour nos hâvres,
nos quais, nos télégraphes, nos autres ouvrages publics requis, etc.
N'est-ce pas criant? Nous n’avons pas même un cinquantième de ce qui se dépensera dans les autres provinces. (Ecoutez).
Mais Ontario, lui, n’est pas oublié.
Ontario a une forte somme; les autres provinces sont aussi bien traltées. (Ecoutez).
Je prends encore, comme point de comparaison entre "Québec et Ontario, Sur ce que les estimés de lPannée prochaine contiennent, les trois items que j'ai déjà mentionnés. Or, sur ces trois items. les estimés pour l’année 1876-1877, contiennent pour Ontario les sommes suivantes, en outre des revoles ;
Pour les canaux.…......$1,900,000.00 Pour les édifices pu-
Plicases: RAR SE A NONPET OO TON
ÉTOUENES. te $2,372,000.00
Eh! bien, pour Québec, voiciee que les estimés donnent, en outre des revoles :
Pour les canaux... RIEN.
Pour les édifices publics, y compris les fortifica- CONS UE RQ EP 8 $05,000.00 Pourlesniyres sets RIEN ne faisant qu'un total
AE EN ee 865,000.00
Ainsi, on trouve que le gouvernement, pour ces trois items, ne donne pour l’année prochaine à la province de Québec que $65,000.00 contre la province d’Ontario $2,372,000.00, et en faisant une règle de proportion, on se COnNvaincra que, pour ces trois items, la province de Québec n’a pas même un trente-sixièmedece qui est accordé à Ontario. (Ecoutez, écoutez |
Les Provinces maritimes, le Mamitoba et la Colombie Britannique ont des sommes considerables, plus considérables, en proportion, que les sommes données pour Ontario. Il n'y a toujours que la Province de
Québec qui soit négligée,oubhée. Je ne sais pourquoi. Encore une fois, je suis heureux des travaux qui se font dans Ontario ; je n’en suis pas jaloux. Mais, d’un autre coté, la Province de Québec a aussi des droits qui doivent être respectés par ce gouvernement ; il y a, comme Je le prouverai tantôt, des travaux publics qui y sont absolument nécessaires, que le gouvernement néglige d’y faire exécuter. Les honorables membres doivent comprendre que la Confédération ne peut marcher st Québec est oublié ou mis de coté; tout ne peut pas être pour les autres Provinces, et rien pour Québec. (applds)
Nous n'avons pas encore les esti.
més suplémentaires ; mais nous y aurons certainement très peu. Ce n’est pas une petite somme de $60, 000.00, qui pourrait $s y trouver, qui
lrendra satisfaction à la Province de
Québec. Il est vrai que l'honorable Président du Conseil, dans la malheureuse excursion qu’il a faite à Charlevoix, lors de la dernière élection, a déclaré aux Eboulements que la Province de Québec avait été maltraitée, mais, à présent qu’il était au pouvoir, elle aurait sa part. Nous connaissons l'influence du Président du Conseïl ; il nous l’a prouvé quand il a réussi avec tant de succès à faire ratifier un contrat de $500.00 qu’il avait fait avec M.DeCelles : ‘aussi nous comptons sur son influence et sur lPénergie dont il a fait preuve en cette circonstance. (applds)
M. l’Orateur, l'injustice ne serait guère plus grande, si on rayait le nom de la Province de Québec du Département des Travaux Publics.
Il est temps de protester fortement !
(applds.)
Sans rien nous donner en retour, le gouvernement cependant perçoit jusqu’au dernier denier des revenus que la Province de Québec met dans le trésor fédéral. Et quels sont ces revenus ? [test temps de les faire connaitre, Car nous avons pas lieu d'en avoir honte. (Ecoutez.)
J'ouvre, à cet effet, les comptes
publics, au Chapitre des Revenus.
Les deux seules sources de revenus quenousdevons considérer sont les accises et les douanes.
Il y a bien les revenus des Postes, des canaux, des glissoires, etc., mais ces revenus ne peuvent servir de point de comparaison, Car si, dans un endroit, ces revenus sont plus considérables, les dépenses y sont au niveau de ces revenus, ou les excède.
J’ai calculé les Revenus des douanes et des accises, pour Québec et Ontario, depuis le ‘30 juin 1870 à venir au 30 juin 1875, et les chiffres sontcomme suit :
Province de Québec.
Douanes... #9 1,001,689.83 Accises 7,949,815.86
Total des revenus de NO DOC MAS are $839,451,505.69 Maintenant les revenus d'Ontario
pour la même époque sont comme
suit :
Douanes... ns se ACCISeS MINE Re
Total des revenus d’On- CALIO PME AU .…...999,024,045.08
Ainsi donc, dans cette période, la Province de "Québec a mis dans le coffre fédéral $3,927,460.61 de plus que la Province d’Ontario (Applau dissements).
Voilà des chiffres qui sont exacts et que personne ne peut nier.
Si on devait distribuer les deniers publics au point de vue des Revenus de chaque province, Québec serait donc la province qui devrait avoir la plus large part !
Mais on me dira peut-être, comme Phonorable Premier Ministre nous a donné l’autre jour à entendre, qu’il n’y a pas actuellement de travaux requis dans la province de Québec.
A cela, je repondrai en interpellant les membres du Bas- Canada, et je leur dirai : « Levez-vous, et parlez !
« Dites-nous si, dans vos comtés r'es- « RE il n'y a pas de travaux pu-
lics qui y sont requis et néces- «Saires ? » L’honorable député de Sorel, ceux de Soulanges, de Joliette,
du district d'Outaouais, du district des Trois-Rivières et des Townships de l'Est nous diront qu’il y a dans leurs comtés respectifs des améliorations publiques et nécessaires qu'ils sollicitent avec raison depuis longtemps de ce gouvernement, et que celui-ci refuse de faire exécuter.
Voyez la ville de Montréal et la ville de Québec ; n’y a-t1l pas là des travaux publics que le gouvernement sait qu'il serait de leur devoir de faire faire au plus tôt. L’honorable Président du Conseil sait ce que la ville de Québec attend de lui, et connaît quel est le prix de son élection.
Je défie le Président du Conseil de dire dans cette Chambre que la ville de Québec ne crie pas fortement pour lPexécution de certains travaux publics qui y seront requis, et que le gouvernement néglige de les faire exécuter. Et le député de Lévis! n’a-t1l pas assez d’éloquence pour convaincre le premier ministre de la nécessité de construire dans Lévis un Bureau de Poste et d’y faire le terminus de l’Intercolonial? Et les comtés de Chicoutimi et Saguenay, que J'ai Phonneur de représenter, n’ont-1ls pas envoyé nombre de requêtes au Département des Travaux Publics, lui exposant que des améliorations publiques y sont requises dans l’intérêt du commerce et de la navigation! Nous aurions besoin, dans l'intérêt de la navigation, d’un télégraphe partant de l’Ile d'Anticosti, gagnant la côte Nord, et remontant jusqu’à la Malbaiïe. Dans l'intérêt de la navigation et des pêcheries, le gouvernement devrait de plus faire construire un chemin, que J’appellerai Chemin Maritime depuis le Sautau-Cochon jusqu’à Moisie. dJ’ai de plus requis un brise-lame pour la Pointe aux Escoumains, et un autre à Tadoussac, et mes demandes sont encore sans réponse. Etsi je remonte le Saguenay jusqu'à Chicoutimi, je dirai au gouvernement qu'il faudrait des jetées à l’Anse St. Jean, à la Grande Baie, à Ste. Anne et à St.
Fulgence. Depuis deux ans, je sup-
EU Sn
plie le gouvernement d'envoyer un de ses ingénieurs pour visiter la Rivière Saguenay, dans le parcours où elle est appelée Bras de Chicoutimi, et faire rapport sur les amélioratons qu'il y aurait à faire pour permettre aux vaisseaux de gagner Chicoutimi à tout état de marée ;-et il néglige d'accorder ma demande.
Mais Jj'insiste encore aujourd hui sur cette demande, et la Chambre me permettra de dire un mot de l'importance qu'il y aurait de faire les améliorations nécessaires pour rendre cette partie du Saguenay navigable à marée basse.
"Chicoutimi est l'endroit le plus considérable et le plus commercial du Saguenay. Sa population est de près de quatre mille âmes, et c’est le chef-lieu du comté. Tous les ans, une cinquantaine de navires, transatlantiques viennent y charger le bois que nous y manufacturons. La population du comté est de vingt-deux mille âmes. Ce comté est situé à 180 milles de Québec et à 75 milles du fleuve St. Laurent, en arrière des Laurentides, er la seule voie de comcommunication qu'il ait avec le reste de la Province est par la rivière Saguenay. Ainsi, M. lorateur, vous voyez la justice de la demande que je fais au gouvernement, Les améliorations qu'il y aurait à faire seraient d'enlever certaines roches et de creuser le chenal. D'ailleurs, le gouvernement ne fait-il pas creuser toutes les rivières des provinces maritimes ? Pourquoi n’aurions-nous pas le même droit ?
Le gouvernement ne peut donc pas s’excuser de rien donner à la Province de Québec en disant qu'aucun ouvrage public n’y est requis !
L'année dernière, le gouvernement faisait présent à une compagnie du Haut-Canada, à la Compagnie du chemin de fer du nord du Canada, d'une somme de plus de deux millions de piastres ; et de plus il veut construire un embranchement du chemin de fer du Pacifique depuis la Baie Georgienne jusqu’à l’ex-