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trémité est de la Province d'Ontario, ainsi construisant un chemin de fer qui traversera toute la Province du Haut-Canada. Depuis trois ans, Ontario a reçu pour ses travaux publics au moins sept millions de plus que le Bas Canada. Dans les Provinces maritimes, sous le nom de l'Intercolonial, on construit des embranchements de chemin de fer qui vont finir par sillonner toute la Province du Nouveau-Brunswick et celle de la Nouvelle-Ecosse. On a payé des indemnités aux Provinces Maritimes et on en paye à Manitoba.
On construit un chemin de fer dans l’isle du Prince-Edouard. Et pen:
dant ce temps la Province de Québec est ignorée ! Je le dis ; il est temps que les droits de Québec soient respectés. (Applaudissements.)
Pourquoi ne donnerions-nous pas en compensation, une somme de quelques millions à la province de Québec ?
Voyez le gouvernement de cette province ! il a donné jusqu’au dernier de ses deniers pour assurer la construction du chemin de fer de la Rive Nord du St. Laurent, et celui de Colonisation du Nord de Montréal.
Pourtant, ces deux chemins ont toujours été regardés comme devant faire partie du Pacifique. Quand les libéraux sont arrivés à la tête de ce pays, leurs chefs, dans la province de Québec, y sont arrivés avec le cri que ces deux chemins devaient être faits aux frais du Dominion, comme partie du Pacifique. Gela a été proclamé par les chefs libéraux dans le district de Québec, et, si je ne me trompe, l'honorable président du Conseil a lui-même émis cette opinion. Nos libéraux, à la dernière session locaie de Québec, y compris M. Joly, ont déclaré la même chose, c’est-à-dire que le Dominion était tenu de payer une indemnité à la province de Québec pour la construction de ces deux chemins de fer.
Voici la motion présentée à la législature locale, au mois de novembre dernier, et pour laquelle tous les
libéraux ont voté. Elle était présentée par M. Joly, lui-même :
‘© Cette chambre est d'opinion ‘* qu'après les grands sacrifices que ‘ Ja Province de Québec a fait pour ‘ promouvoir les intérêts de cette ‘* grande entreprise, il est juste que ‘ le gouvernement de la Puissance ‘* nous aide, puisque ces deux che- ‘* mins de fer, le chemin de fer du ‘ nord et celui de colonisation du ‘€ nord, font virtuellement partie du ‘ chemin de fer du Pacifique.”
L’Hon. Premier Ministre luimême, dans son adresse aux électeurs de Lambton, en janvier 1874, a. laissé entendre La même chose ;:
car M McKenzie, en déplaçant le terminus du Pacifique, qui avait été fixé par les conservateurs au Lac Nipissing, disait : ‘ Ceci compren- ‘ dra la construction d’une courte ‘ligne de chemin de fer depuis ‘* Pembouchure de la rivière Fran ‘‘ çaise, sur la Baie Georgienne, jus ‘ qu’à la rive sud est du Lac Nipis- ‘‘ sing, et un octroi pour favoriser ‘jusqu'à ce point l'extension des ‘* voies ferrées projetées de Québec ‘et Ontario.”’
Je suppose que l'honorable Premier ne faisait pas cette déclaration seulement pour remporter les électons de 1874 Jusqu'à présent M.
McKenzie a accompli sa promesse quant à Ontario. J’espère qu’il l’accomplira aussi vis-à-vis de Québec.
Que M. McKenzie et les libéraux tien nent à leur promesse et nous rendent justice ! Si nos libéraux étaient sincères, comme ilsle prétendent, et s'ils étaient influents, ils feraient donner par le Dominion un octroi de quelques millions à la province de Qué.
bec, en considération de ce que le gouvernement de cette province construit ces deux chemins de fer. Cela permettrait à la Province de Québec, ayant assuré la construction du chemin de fer de la Rive Nord et celui de colonisation au nord de Montréal, de terminer promptement la construction des autres chemins de fer importants de Québec, entr'autres, du
chemin de fer de Québec au Lac St Jean, (applaudisséments), qui ouvrira à la colonisation un territoire capable de nourrir plus d’un demi mil- Bon d’âmes, ainsi que le dit l’arpenteur officiel du gouvernement, M.
Dumais, territoire au sujet duquel M. l'abbé Maurauit écrivait avec vérité en 1845 ce qui suit :
‘ Quel beau pays que le Lac St.
‘ Jean ! En arrivant sur ses rivages ‘© enchantés, on est ravi d’admira- ‘tion. La vue se perd sur cette im- ‘‘mense nappe d’eau ; car il faut ‘que l’atmosphère soit dégagée de ‘toute vapeur pour apercevoir la ‘‘ rive opposée. Ce lac a 40 lieues ‘ de tour. Les terres qu’il baigne ‘€ s'élèvent en amphithéâtre jusqu’à ‘un grand nombre de lieues et sont ‘ boisées d’érables, de hêtres, de ‘ peupliers et d’ormes qui annoncent ‘© la fertilité. La température y est ‘* douce comme à Montréal: les “grains et les fruits y mürissent ‘ bien. L'on y voit des raisins, des ‘° prunes, des pommes et générale- ‘ment tous les fruits que nous ‘avons dans le district des Trois- ‘ Rivières. Ah! que de pauvres ‘ familles canadiennes trouveraient ‘ l'abondance au Lac St. Jean, si ‘elles s’y rendaient !’” (Applaudisments.)
Ceci, M. l’Orateur, est à titre de digression, afin de vous faire connaitre un peu l'endroit que je représente. Je vous dirai, à titre de ren seignement que ce comté est, de tous les comtés de la Puissance, à part le comté de Simcoe, celui qui produit le plus de blé (applaudisse. ments). Ouvrez le recensement de 1871, et vous vérifierez ce fait. J’a- Jouterai que le chemin de fer de Québec au Lac St. Jean est l'avenir de la Province de Québec, et si les règles de la Chambre me le permettaient, Je vous en Convaincrais.
Je n'ai plus qu'un mot à ajouter, M. lorateur. J’ai accompli mon devoir. J’ai protesté contre l'injustice commise nar ce gouvernement en-
vers ma province. Maintenant je dirai
que les coupables, vis-à-vis de moi,
cs D
sont nos ministres bas-canadiens quil Mais j'espère que des temps meildormer: dans leurs fauteuils au lieu|leurs vont venir bientôt Pour le de veiller aux intérêts du Bas-Ca-|présent, nous ne pouvons que pronada. On dirait qu'ils cherchent et tester. C'est ce que je fais ce SOL, espèrent obtenir toutes choses autres | et le peuple, à son tour, protestera que les intérêts de la Province qu'ils/quand P occasion lui en sera donné représentent dans le cabinet (écou-|aux prochaines élections. (Applautez). dissements.)