C. /. ^., II
0) L'expression, vraiment extraordinaire, de ces illusions se trouve surtout dans la yie d'Apollonius (V, 4'i ') ■ * NIpwv ïXeuOlpxj à:prixE Triv 'EXXâox, (TwppovIaTEpôv Ti éauToO yvoù;... xa'i litavv.Oov al n6).ei; È< rjfJo Aupixi xïi 'ATTixâ, Ttàvia t' àvviSr.ue Çiv i,[i;io'.^ tùv tiôXemv, ô ih"! itàXai ^ "EXXi; eîx'''- » — La dernière phrase rappelle de près les lignes 14-16 du discours de Corinthe.
DISCOURS DE NÉRON
du monde hellénique, surtout du monde des lettrés, quand la main brutale de Vespasien reprend le bienfait échappé à Néron ; ce sont les lettres amères qu'écrivit, dit-on, Apollonios de Tyane (i), voyant soudain réduites à rien les chimères de son patriotisme romantique. Pour Néron, par contre, la mémoire du peuple grec demeure presque indulgente et bienveillante ; — un frisson d'attente court à travers l'Achaïe à chaque nouvelle de son retour (2). — Les Grecs, envisageant toutes choses au seul point de vue de l'hellénisme, rapportant et mesurant tout aux intérêts de leur nation, Néron, à leurs yeux, ne fut plus l'écervelé fantasque et sinistre que l'histoire connaît, mais presque un nouveau Flamininus, doublé d'un« artiste médiocre et convaincu » ; ses coquetteries envers l'Hellade leur firent presque oublier l'orgie sanglante qui avait éclaboussé le monde ; en faveur de cette journée bénie du 28 novembre, où l'Empereur par hasard avait écouté un conseil de sagesse (3), toute une vie decrimes se laissait excuser. Les écrivains les plus fermes, quand il s'agit de Néron, émoussent un peu leur sévérité ; les meilleures consciences tempèrent la rigueur de leurs jugements. Le bon Pausanias(4) produit, de façon fort inattendue, des arguments empruntés à Platon pour découvrir en Néron un fond de nature honnête que de moins prévenus n'y discernent guère ; mais rien ne vaut la belle histoire fantastique racontée par Plutarque dans son traité Des délais de la justice divine.
Un mort revenu à la vie fait connaître les mystères de l'autre monde: <x La dernière chose qu'il y veit, fut, les âmes qui se tournoient en une seconde vie, et qui estoient tournées et transformées à force en d'autres
animaux 'entre lesquelles il veit l'âme de Néron, affligée déjà bien
griefvement d'ailleurs, de plusieurs autres niaulx, et percée de part en part avec doux tout rouges de feux: et comme les ouvriers la prissent en main
pour la transformer en forme de vipère il dit que soudainement il s'alluma
une grande lumière, et que d'icelle lumière il sortit une voix, laquelle
(1) Philostr., Vit. /tpoUon., V, 41, 2.
(2) Tacit., Hist., II, 8. — Hertzberg, 11, p. 13>; Mommsen, Rom.Gesch., V, p. 240.
(3) Philostr., Vit. Apollon., V, 41, 2 : « <j'D;>?ov£<rTepov ti I^jtoO yvoû? ».
(4) Pausan., VII, 27, 3.
24 DISCOURSDENÉRON
commanda qu'ils la transfigurassent en une autre espèce de beste plus doulce, en forgeant un animal palustre, chantant à l'entour des lacs et marets, car il a esté puni des maulx qu'il a commis : mais quelque bien lui est aussi deu par les dieux, pour autant que de ses subjects il a affranchy de tailles et tributs le meilleur peuple et le plus aimé des dieux qui est celui de la Grèce(i).»
(i) Plut., De sera numinis vinJicta, 22. — Traduction d'Amyot.
l-ÏON. IMPRIMERIE PITRAT AINE, 4, RUE GENTIL
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