M. P. S. C. MACKENZIE
Député de Richmond, à l'Assemblée Législative de Québec, prononcé le $ mars 1908, à l'appui de la motion sur l’adresse de M. Honoré Mercier, député de Chateauguay, en réponse au discours du Trône
M. l’Orateur,
Il convient d'adresser des félicitations à l’honorable député de Châteauguay, à l’occasion de sa présence dans cette Chambre, et de son éloquent et remarquable discours. Le nom qu’il porte est celui d’un homme distingué dans l’histoire de cette Chambre et de cette province, dans la personne de son digne père, qui disparut trop tôt de la scène. Mais dans les coeurs de ses concitoyens de toutes les nationalités, il y a encore ce sentiment persistant que Tennyson attribue :
“ A la voix qui vibre encore. ”
Nous souhaitons la bienvenue à ce fils dans la vie publique et dans la carrière où il saura se distinguer.
C’est la seconde fois, au cours de ma carrière dans cette Chambre, que je suis appelé à appuyer la proposition de remerciements en réponse au discours du Trône. J'apprécie hautement cet honneur. Je remercie le premier ministre de l’honneur qu’il m’a dévolu, à moi et à mon comté. Je remercie mes commettants de race française de leur témoignage de confiance en moi et de l'appui généreux qu’ils m'ont donné en me choisissant comme leur représentant. J'ai fait de mon mieux pour leur être utile, et de plus, je dois rendre hommage à la majorité de cette Chambre et de cette province que nous, de la minorité, jouissons d’un double fair play : le fair play français et le fair play anglais.
PSS
+ LE Ille CENTENAIRE
Cette année même, où nous nous réunissons dans cette Chambre, sera signalée dans l’histoire comme celle du Ille centenaire de la fondation de cette historique forteresse et capitale, par l'immortel Samuel de Champlain.
Malgré que nous soyons encore une jeune nation, si nous jetons un regard rétrospectif, les trois cents dernières années nous rappellent plusieurs grands événements dans lesquels les ancètres de deux grandes races qui vivent maintenant si harmonieusement et si heureusement dans leurs murs historiques, accomplirent des actes de valeur et d’héroisme, se sacrifièrent patriotiquement au devoir d’une renommée impérissable, et dont réciproquement en sont fiers leurs despendants. Il en est ainsi des noms de Samuel de Champlain, de Monseigneur de Laval, de Montcalm et de Wolfe.
Quoïque mon amour pour ma province ne le cède en rien à qui que ce soit, je concède cependant à mes concitoyens Canadiens-français le droit d’avoir pour elle un amour plus intense. Ce furent leurs pères qui d’abord quittèrent leur pays natal, pour affronter les périls de la mer, et vinrent s'établir sur ces rives, avec tout leur aspect primitif, et au milieu des terreurs de la barbarie et des bêtes Sauvages. Leurs missionnaires furent les premiers qui plantèrent la croix de la civilisation chrétienne et qui, de leur sang, consacrèrent le sol. Ce furent eux qui élevèrent les murs de cette cité, qui leur donnèrent ce caractère de permanence et qui l’aimèrent, quel que fut son sort, soit sous l’ancien régime, soit sous le régime actuel. La population de langue anglaise l’a aimée aussi, non seulement à cause des traditions ancestrales qui y sont intimement liées, mais à cause de la tradition de ses premiers possesseurs, et toutes deux unies, l’ont défendue avec succès contre l'ennemi commun. Ils se réjouissent aussi de ce que les termes de sa capitulation, avec les garanties qu’elle comportait, aient été incrustés, (aussi fortement et aussi puissamment que le roc sur lequel est construite la forteresse ), dans les quatre murs de la Constitution du Canada.
Nous exprimons tous l’espoir que ce grand événement historique sera commémoré avec pompe et dignité, et que le vote demandé à cette fin par le gouvernement sera en proportion de sa grande importance nationale et impériale.
PR