ON BLAME ENSUITE LES LIBÉRAUX
Maintenant, monsieur l’Orateur, comme je l'ai dit, les politiciens tories qui dirigent et controlent la masse des Orangistes d'Ontar1o, ont cru qu'il ne serait pas habile de continuer à batailler contre leurs propres alliés, et comme la politique est, suivant eux, la principale raison d’être de l'Odre; comme ils n’administrent l'ordre qu’au point de vue de faire de la propagande en faveur de leur politique, ils ontdécidé de changer de conduite; la lutte contre les conservateurs catholiques fut abandonnée et les canons furent tournés contre nous. Gela me rappelle l'histoire du duel irlandais. Le premier ministre et l'honorable ministre des douanes d’un cuté et l'honorable ministre des Travaux Publics et l'honorable ministre du revenu de l'Intérieur de l’autre côté se sont rencontrés dans un café avec des intentions hostiles. Ils étaient décidés de continuer le combat jusqu'au bout; et le pauvre client innocent qui déjeunait tranquillemeat à l'étage supérieur fut bien étonné de recevoir dans la jambe une balle qui avait dat le plafond. Il s’informe de ce qui se passe et le garçon répond : Ce n’est que M. Moriarty et le capitaine O’Toole qui se battent en duel, mais grâre à Dieu ils ont tous deux tiré en l'air, Le mocsieur qui était en haut avec une balle dans la jambe ne remercia pas la Providence du tout. Ce duel entre le premier ministre et le ministre des douanes d’un côté et le ministre des Travaux Publics et le ministre du revenu de l’intérieur de l’autre côté; cette grande démonstration d’hostilité en votant carrément les
uns contre les autres; toute cette flamme et cette fureur, ce sang et ce.
tonnerre ; toutes ces menaces de massacre se sont terminés par des coups en l’air,
ui sont allés blesser le pauvre garçon innocent du haut, qui n'avait rien à aire dans cette bagarre. Je ne veux pas être frappé sans protester. Comme je lai dit, ils ont changé de terrain. Ils ont décidé qu’ils ne se baiteraient pas {es uns contre les autres, mais nous atiaqueraient; et quel est leur argument à présent” Leur argument c'est que la lutte sur ce bill est une lutte entre Catholiques et Protestants, et que tous les vrais protestants doivent s'unir pour
supporter le bill contre les catholiques. Voilà l'argument; voilà la proposition.
Vous ne pouvez pas sortir de là. Si on ne consent pas à cela on nous dira aans nos associations religieuses, au milieu de ceux avec qui nous sommes en relation, et avec qui nous participons aux actes religieux, que nous ne sommes pas de vrais protestants, parceque nous n'avons pas marché contre les catholiques romains en votant pour faire passer le bill A présent que j'ai affirmé cela, je vais en donner la preuve, comme j'ai fait, pour mes autres dec arutious, mais avant, permettez-moi de citer deux courts extraits de discours pronouces récemment et Conçus dans lé même esprit. En novembre 1882, il y eut une réunion de loge à Clover Hall, et un discours fut prononcé par un haut dignitaire de l’ordre, l’éx-député local de Simcoe-sud (M. Parkhill. Il parla eu ces termes :
“ Si j'observe bien les signes des temps, aujourd’hui autant que jamais nous avons besoin de l’Orangisme en Irlande et au Canada. Il est vrai que nous pouvons ne pas être obligés de nous battre comme nos ancêtres se sont battus, mais nous devons tous, que nous soyons Grits ou Tories faire taire nos divisions politiques et:nous unir pour aller aux bureaux de votation defendre nos principes protestants,”
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Qu'est-ce que cela veut dire? On me dit à moi, un réformiste, de faire taire mes opinions politiques et de m'anir à mon ami, monsieur Parkluil, que j'ai eu le plaisir de connaître et que je n'aurais pas soupçonné entretenir des principes aussi sanguinaires, que nous devons nous unir contre les catholiques romains,
A Rosemont, l'honorable député de Simcoe sud parla à une réunion de loge et dit :
“Le colonel Tyrwhitt M. P. fut chaleureusement reçu et prononça un bon et pratique discours protestant, au cours duquel il parla du manque absolu de principes politiques chez les électeurs catholiques romains. Le soul principe auquol ils tiennent, c’est l'allégéance à leur réligion et à ses intérêts. Sur ces questions les représentants catholiques romains étaiont unanimes dans la Chambre dos Communes. A la dernière session ils avaient même dans la Chambre un parti Irlandais catholique qui se réunissait tous les jours pour discuter sos intérêts, Pendant que tout cela se passait, il lui faisait a de voir que los rèprésentants Orangistes et protestants étaient divisés, Il a consoillé l’organisation et l'entente entre tous les représentants protestants sans distinction do
litique, afin de refouler la marche envahissante de la papauté dans notre chèro
onfédération.”
Cela n’est pas vieux, de ne ravive pas les incendeis éteins des anciens jours. Cela a été pub'ié le 4 janvier 1883 et le discours a été prononcé le 29 décembre 1882. Puis dans la Sentinel du I2 juillet 1883, on trouve ce qui suit :
‘“ Mr. Blake est l’homme le plus éminent de la Chambre qui ait voté contro He Il est, de tout les protestants, celui dont nous attendions le moins un tel vote.
“ ILest pardessus tout, en vertu de son titre de chef de l’opposiiion, celui dont le vote contre le Bill a influencé le plus grand nombre de ses collègues a voter comme ils l'ont fait en violation des justes droits d'une grande partie de leurs comettants.
# Mais M. Blake, par son vote, a mis la grande influence qu'il possède dans la Chambre contre le bin et a aussi assuré son rejet, Il s’est mis en contradiction avec sa prétendue défence des droits d'Ontario, il a montré la fausseté perfiïe de ses principes protestants. La position qu'il occupait dans la Chambre, sa profession de protestantisme, sa défence des droits d'Ontario, en font un point do mire facile pour les censures des Orangistes a propos d’un vote qu'il n'aurait jamais donné s’il était fidèle à ses principes et à ses professions de foi.”
Encore une fois vous avez la déclaration que c’est une question entre protestants ct catholiques et qu'un protestant manque à ses principes s’il vote contre le bill. La Sentinel publie encore une résolution adoptée par une loge :
“ La conduite des députés catholiques romains qui mettent la religion avant le parti ne nous surprend pas, mais nous condamnons fortement ces députés qui mettent le parti avant la religion.”
Là encore on en fait une question religieuse. On nous dit que nous avons voté pour notre parti politique contre nos principes religieux.
La loge de Churchill a passé une résolution qui était particulièrement SARL contre l’humble personnage qui vous adresse la parole en ce moment ;
à voici:
“ Nous cadamnons particulièrement l’action de l’hon. Edward Blake qui en votant pour le bill lors de la première lecture et contre à la seconde, a montré qu'il désirait plutôt causer des ombari'as à ses adversaires politiqdes que rendre justice à une grande partie de ses coréligionaires gr sen nous considérons qu'en'badinant ainsi avec la question il a insulté notre ordre et s’est rendu
indigne du nom qu'il porte, en sa que d'ultra protestant et aussi vu la haute position qu'il occupe comme chef d'un des soi-disant grands partis politiques de ce pays.
Encore une fois, ma conduite bien innocente, pour laquelle je ne croyais as être blämable en accordant à ce bill ce que j'ai accordé à tous les autres ille, de puis que Je suis en parlement, et que je me propose d'accorder à tous
les bills raisonnables, la courtoisie d’une première lecture, et la chance d'une discussion loyale, lors de la seconde lecture, rette conduite est qualifiée de badinage. Des honorables députés de l’autre côté, des membres de ‘ordre viennent nous demander de n'être pas si injustes que de voter contre la première lecture. Ils nous font remarquer que le vote sur la première lecture, n'est pas sur le mérite de la question, mais seulement pour lui donner la chance d'être discuté, J'ai cru qu'ils avaient raison; j'ai consenti à leur demande, mais la loge de Churchill me blâme, et beaucoup de membres de l'ordre disent que j'ai eu tort. L’honorable député de Brockville (M. Wood) aurait dit, prétend-on :
# Nul doute qu’il y a danger dans l'air et les Orangistes d'Ontario devraient devenir le parti protestant ultramontain d’'Ontario en opposition au parti des catholiques romains ultramontains de Québec.”
Puis l'honorable député de Hasting (M. Whit. ) lui-même a dit à Woodstock :
# Le jour n’est pas éloigné, si nous ne montrons pas qu de hardiesse et de courage à résister à l'influence croissante do la papauté dans cette province, où il nous faudra combattre, non pas comme conservateurs ou réformistes, mais comme protestants pour nous débarrasser des entraves que les agents de Rome cherchent à mettre à nos institutions et à nous-mêmes.”
M. Marshall, à Winnipeg, disait:
“ Le bill pour constituer légalement l’ordre des Orangistes n’a pas été rejeté par les catholiques romains, mais par les protestants qui sont venus complaisamment grossir le vote catholique. J’espôre que le frère White ne demandera jamais à un député catholique de voter pour le bill, car il ne peut attendre aucun appui d'eux, et s’il l’a fait il leur supposait plus d’honnêteté que n’en ont généralement les politiciens.”
Je crois qu’il n'y a que quelques a le 11 mars courant, une réunion spéciale de la loge au comté de Middlesex fnt convoquée et il a été résolu :
‘# Que la loge de comté du comté de Middlesex de la loyale association Orangate ost d'opinion que ceux qui l’an dernier ont voté en faveur du bill nous constituant légalement, n’ont fait que leur devoir en se montrant disposé à nous accorder des droits que nous Orangistes sommes toujours prêts à accorder à tout loyal sujet de Sa Majesté; et que nous n’avons pas d'expression pour exprimer suffisamment notre desspprobation de la conduite de ces.représentants protestants, surtout ceux d'Ontario, qui dans un but politique nous ont refusé à nous, leurs coréligionnaires, ces droits qu’ils sont toujours prêts à accorder aux catholiques romains, par flagornerie, Qu'il soit résolu de plus, que nous les représentants des Orangistes, du comté de Middlesex, ne serons satisfaits que lorsque pleine justice nous aura été rendue sur cette question de la constitution légale de Tate, notre devise étant ‘pas de soumission ni compromis ” et qu'une copie de ces résolutions soit transmise aux journaux.”
Ainsi, monsieur l’orateur, je crois avoir démontré que le plan d'attaque avait été changé. Ils ont été obligés d'abandonner cette ligne de conduite qui consistait à combattre leurs amis politiques et leurs adversaires religieux qui, disaient ils, auraient dû appuyer le bill et qu’ils voulaient ostraciser pour ne
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l'avoir pas supporté. Ils l'ont abandonnée pour frapper sur leurs adversaires Dopes en Al pie cette question comme une question politique en aveur de laquelle tous les protestants devaient s'unir, et contre la seconde lecture de laquelle aucun homme ayant de ‘éritables principes protestants ne
ouvait donner ou répéter un vote, Cela peut être vrai; mais si c'est vrai, je emande à celle chambre, sans distinction de croyance ou de parti, n'est-ce pe un étrange état de chose. N'est il pas étrange qu'une guerre religieuse droive éclater dans ce pays; car c'est ce que cela veut dire. Si, comme question de fait, cela est vrai, nous sommes dans cette position, que tous les protestants devront se rangor d'un côté et tous les catholiques romains de l’autre ; et moi un fervent protestant on vient me dire que je suis infidèle à ma croyance, que je manque à mes principes protestants si, sur ce bill, je ne vute pas avec les Orangistes et contre le. catholiques romains ; n'est-ce pas là un état de choses sérieux ? Si cela est vrai, je dis que tout ami véritable de ce pays doit déplorer un tel malheur et en prévoir de grands maux pour le pays.
M. WHITE (Hasting) Vous forcez un peu les choses et laissez la bride à votre imaginat'on.
M. BLAKE. J'ai lu les textes et je certifie que les conclusions que j'en tire sont pleinement justifiées. Mais, monsieur l’orateur, je nie complètement que que nous soyons dans une telle alternative. Je nie que nous soyons dans une telle position, et je dis à l'honorable monsieur de l’autre côté que quelques soient ses menaces, qu’il prétende que mes paroles me feront du bien ou du mal, il ne réussira ni à me séduire, ni à m’effrayer, ni à m'’entraîner dans 1e telles alternatives, dans de telles déclarations. Toujours d’après ce même plan d'attaque qui cousiste à soulever les préjugés religieux contre ceux qui sont contre le bill, l'honorable monsieur et d’autres m’accusent d’être sous le contrôle de l'archevêque de Toronto.
M WHITE. (Hastiogs). C'est vrai.
M. BLAKE. Je dis à l'honorable monsieur qn’il affirme un fait;qui n’est pas conforme à la vérité. Bien que la déclaration qu’il vient de faire dans la chambre me dispense de prouver mon assertion, je vais en donner la preuve, vomme je l'ai fait pour les autres points. Il a dit :
‘“ M. Mowat était controlé par l’Archevèque Lynch, et ils doivent en venir à la conclusion qu'il controle aussi M. Blake. Nul doute que les ordres partaient du Palais de Toronto et que les grands hommes d'Etat réformistes obéissaient.”
Aussitôt après avoir lu ces paroles de l'honorable monsieur j'ai pris la résolution de le rencontrer ici face à face et de tirer la chose au clair avec lui, et c'est ce que je vais faire. Ce n’est pas tout. Le révérend frère Wright, à une assemblée a Leeds a dit:
“ Ils (les Orangistes) n’ont pas été battus au parlement, par les catholiqnes romains seulement, mais grâce au concours des politiciens d'Ontario qui aporécient plus les sourires de Rome que l'approbation de leurs compatriotes protestants. Le bill a été rejeté pur ce que l’Archevèque Lynch a dit: non, Christ-
opher Fraser a répété: non, et Edward Blake s’est incliné et a murmuré: non.”
Il a aussi voté ‘‘ non ” la dernière fois, et je crois que l'honorable monsieur admetira pe son vote négatif, ce soir, n’est pas donné dans un murmure.
M. WHITE ‘:(Hasting). C’est moi qui vous ai conduit là.
M. BLAKE. Vous m'avez coi.duit là! Conduisez-vous vous-même. A Winnipeg l'honorable monsieur a encore dit :
‘“ Malheureusement l’Archevèque Lynch tenait M. Mowat pieds et poings liés, et on a même dit qu’il avait une forte prise sur M: Blake. Espérons que notre propre chef conservera ses habits propres.”
N DÉPUTÉ. Il n'a pas CORDES dans la race.
M. BLAKE. Mon honorable ami dit qu’il n'a pas confiance dans la race. J'ai eu lhonneur depuis longtemps de faire la connaissance de sa grâce, l'archevêque de Toronto, et comme nous scmmes tous deux Irlandais j'espère que Je puis même me dire son ami, mais jamais, ni directement, ni indirectement par moi-même ou par d’autres, par paroles ou par écrit, en aucune manière je nai en le moindre entretien avec l’archevèque Lynch sur aucun sujet politique de quelques nature qu’il soit, non seulement celui ci, mais tout autre sujet. A moins qu'il ne ait fait savoir publiquement, j'ignore si ce prélat entretient les mêmes opinions que moi au sujet du bill des Orangistes, ainsi Le j'ai remarqué que le député de Hasting avait di‘ au sujet de l'archevêque T'aché, c’est-à-dire qu’il était en faveur de son &dop'ion. Je déclare qu’en cette occasion, comme dans toute autre rai aui enliè:ement d'après mon propre jugement, et à l'abri je ne dirai pas de tout ordre o1 canttoe, mais tentaiive d'ordre, de controle, de conseiis d: sugz'stion, d'informitiors, de renseigne ments tentnt à me faire conn ir: 1 s o;jinins de c: ;r lit, de tout autre prélat ou dignitaire de la religion cathoïiqie rontine, sur c2 sujet. Jai agi d'après les convictions que Je possède depuis que je su < entré dans (a vie public, des convictions que l’on sait que je possédais dans la legislatire locale, et q e j'ai eu occasion d'exprimer, non pas dans la Chambre, mais en présence des principaux membres, lorsqu'on s’atteudait à ce que la question se présnterait devant nous au sujet d’une autre société secrète, et ces couvictions sout hosti es à l’erection légale des associations secrètes, hostile à l'érection légaie de association Orangiste.
Il cest parfaitement vrai que je suis, comme l’a dit l'honorable monsieur, un protestant et il est vrai aussi—je suppose que c’est là ce qu’on entend par ce mot ullromontain—que je suis de cette école qui est la plus opposée à ce que je crois être les erreurs dogmatiques de l'Eglise de Rome. Cela est parfit mont vrai. Je protest: contre ce que je prét:nds être ses erreurs ; mais je suis en même lemps un partisan chaleureux de la liberté des cultes et de légalité et de 11 hberté de conscience.