‹ Discours prononcé par l'honorable M. Edward Blake, M.P. [microforme]Chapitre 2 sur 10 · Ot · texte numérisé non relu

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Bien.que,ces. observations ; fussent .fnès, pertinenteret;faites à: propos;: atténdu : qu'elles appuient eur. le caractère essentiellement ‘local! de ;la imesure;rquè:nia rapport.qu'au draiticinil et.au droit de propriété/:capeñdantiellesiine sont point | fatales au bill; dans..Ja phase à laquelle | ik] se; trouve. 0 La question; soulevée, à propos de l'acte concernant la maïnmorte fait voir quelle sorte de bill c’est ;

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mais cela même n’est pas fatal à la deuxième lecture, car, comme l’a observé à ropos l'honorable député de Cardwell, cette disposition pourrait être biffée dans e comité des bills d'intérêt particulier, mais je soutiens que l'essence mème de

ce bill, telle qu'exposée par les promoteurs, réside dans le droit d'avoir des

propriétés immobilières. Je soutiens que ce droit, s’il existe, est un droit provincial ; c'est une affaire de propriété et de droit civil. Je dis que nous ne devrions dans aucun cas contraindre notre juriadiction à s'occuper de ce droit,

Je dis que nous ne devons faire usage de notre jurisdiction que pour les choses

qui en Fa vente Car nous pouvons nous en servir dans certains cas lorsqu'elle

s'applique inpauinen à quelques catégories de constitutions corporatives accordées par 16 Dominion.' Par exemple, j'ai appuyé dans cette chambre, comme une chose nécessaire pour les compagnies munies par nous de pouvoirs constitutifs, le droit d'exproprier les terres. Nécessairement cela tient incidemment au droit que nous avons de donner l’xistence légale à certains chemins de fer, que nous ayons ce droit d’expropriation, et nous faisons usage de'cé droit'pärce'qu'il nous appartient. Mais je prétends que nous devrions veiller avec julousie à la chose, et quand on propose d'outrepasser les pouvoirs incidemment attachés au droit que nous avons d'accorder des institutions corporatives et quand il s’agit essentiellément, comme on le prétend, du droit de posséder des propriétés foncières, il faudrait des raisons très fortes pour nous engager à intervenir. Et quand on nous dit que la raison vraie pour laquelle les "promoteurs viennent ici, n'est pas que l'institution en corps légal donnée par les provinces ne serait pas suffisante, mais que c'est parce qu'ils ne peuvent pas avoir assez de provinces qui consentent à leur donner l'existence légale, cela devrait régler la question de notre intervention. Je soutiens qu'ils devraient s'adresser À la législature de Québec pour être érigés en corporation dans

Québec, et à la législature d'Ontario, pour être érigés en corporation dans l'Ontario,

et, comme l'ont dit M. Marshall et l'honorable député de Hastings Est (M.

White), ils devtafént livrer le combat dans ces endroits; et si, on fin de compte,

lo sentiment public leur est favorable, ils obtiendront de se faire constituer en

corps légal, et s'il leur demeure hostile, ils devront se résigner à s’en passer.

M. BLAKE 8’OPPOSE À CE QUE L'ETAT RFCONNAISSE L’EXISTENCE DES SOCIÉTÉS SECRÈTES.

Mais ce n’est pas seulement à cause de cela que je suis opposé à ce projet. J’entretiens sur ce point dés sentiments qui, je dois le dire, ne seront partagés que par une petite minorité daus cette Chambre; mais je ne les partage pas moins pour cela. Je suis opposé à ce que l'Etat reconnaisse les sociétés secrètes. Il m'importe pou de savoir combien bonnes sont les fins qu'ils poursuivent, ni quel est leur but; je crois que c’est une erreur que do poser comme principe que toute société secrète devrait ètre reconnue par l'Etat. Je crois que les sociétés secrètes, les sociétés liées par serment sont, en autant qu’on peut raisonnablement soulever cette question dans le cas actuel—bien que je convienné que nous avons à décider la chose d’après ce que nous croyons être juste—je pense que de pareilles sociétés sont TR à l'esprit de la loi anglaise à l'égard des sociétés reconnues. Je sais que la loi criminelle de Québec leur est contraire. Maintenant ce n’est pas par un bill passé dans cette Chambre que la loi criminelle de Québec peut être modifiée. : Nous avons le pouvoir de la modifier, de l'abroger ou de la reformer ; ‘et un honorable député nous a soumis un bill pour la réformer, à propos duquel, s’il arrive à la deuxième lecture, j'espère faire voir ce que je comprends étre les vrais principes à suivre pour notre conduite dans des cas de cette vature; mais Je dis que là province de Québec n'aura pas à se plaindre si nous proposons de réformer ou de modifier une partie quelconque de la loi criminelle, simplement:parce que cette partie de la loi est en ce moment la loi dé Québec

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exclusivement; car nous seuls,—et non pas eux—avons le pouvoir de nous en occuper, Mais la manière de s'occuper de la loi criminelle, c’est de l'amender ou de l'abroger par un acte général ; et si vous jugez À propos de l’amender et de l'abroger de façon à donner l'existence légale à cette société, de façon à l'ériger en constitution corporative dans le pays, alors travailler à la passation du bill autorisant la creation de cette entité corporative ne sera plus un acte contraire à la loi du pays. Il me semble qu'il est sans précédent et certainement très inopportun d’abroger une loi criminelle générale pro tento, par la création d’une corporation particulière ; car nul ne doute que ce bill particulier en vertu duquel nous organiserions légalement la société des Orangistes, par lequel nous lui per mettrions de grossir le nombre de ses loges et ainsi de suite ; lequel nous lui donnerions l'existence légale et nous la reconnaitrions officiellement—personne, dis-je, ne doute que la chose relève de la loi criminelle de Québec. Ce n’est là une façon convenable de se dérober à l'opération de. la loi criminelle, On pourrait, comme la chose a été faite dans l’autre Chambre à la dernière session, présenter un projet portant sur la loi criminelle d'après les principes généraux à invoquer pour s'en occuper. J’entretiens encore l'opinion que j'ai exprimée dans cette Chambre dans des occasions précédentes, qu'à moins d'être forcés à agir autrement par une nécessité manifeste, nous devrions promulguer des lois uniformes pour toutes les parties du Dominion concernant les intérêts communs dont nous avons charge. Je trouve que c’est une anomalie—peut-être justifiable en certaines circonstances, et qui ne peut être jnstifiée que par des cirçonstances vraiment extraordinaires—qu'il y ait une loi criminelle pour une partie du Dominion et une loi criminelle pour une autre partie. Je crois donc qu'il serait opportun de déposer un projet de loi concernant les sociétés secrètes, en gardant dans le statut les parties de la loi de Québec qu'on peut juger à propos d'y laisser, en modifiant généralement les parties qu’on jugera à propos de garder dans le sens que j'indiquerai dans une autre occasion ais C'est mettre la charrue devant les bœufs que de légaliser xu moyen d’un bill particulier l'existence d’une institution que l'on soustrait à l'opération de la loi criminelle. En rincipe général la loi devrait d’abord être réformée; mais si l'on trouve que institution est une de celles à qui on peut légalement donner l'existence corporative, ê" pourra procéder à la lui accorder. Maintenant, comme je l'ai dit, je ne suis favorable à la reconnaissance par l'Etat d'aucune société secrète. Je n'ai jamais appartenu à aucune, bien que nombre de mes meilleurs amis soient membres de sociétés secrètes qui sont, comme celle-ci prétend être, de bienfaisance, des sociétés secrètes qui ne se mêlent aucunement de politique, des sociétés secrètes dont le but véritable, en autant qu'un homme du dehors peut le savoir, ne va pas au-delà des fins qu’avoue chercher l'association. Mais Je crois que les tendances du secret même sont pornicieuses. Je pense qu’il contient en lui-même la probabilité du mal; je pense qu'il exige jusqu'à un certain point le sacrifice de l’individualité et de l'indépendance et qu’il fournit aux chefs entreprenants de très grandes facilités pour égarer les membres et pour faire le mal. C’est là la proposition générale que j'émets ay sujet des sociétés secrètes liées par serment, point pour la défense duquel je dois dire comme il y a un instant, que je suis en petite minorité; car je, suppose, que la grande, masse des membres, protestants dé cette Chambre, au moins, appartiennent. à l’une ou à l’autre de ces sociétés ; et je ne veux pas que l’on comprenne que, ces tendances au mal se manifestent dans beaucoup de ces sociétés, dont les opérations, en autant que, je puis le savoir, sont bienfaisantes. Mais on ne. doit traiter ces choses qu'en s'appuyant sur des principes généraux ; et, je sontions qu'en luimême le secret est une mauvaise affaire; et si, ces sociétés sons bienfaisantes, elles le sont en dépit et non à cause de cet Le pRÉ du secret. fl y. a trois sortes de conduite que le gouvernement, peut adopter à l'égard de, ces, sogiétés, c'est la

stp ion, lu roéonnaissanéé ou ln neutralité. Et je soutiens qu'à moins qu'une société pourénive un/but manifestement mauvais, dans notre siècle et dans! les circonstances où nous sommes, la seule ligne de eonduite À adopter, ce n'est ni de’lu supprimer ni'de la reconnaitre, mais de prendre À son égard une position nüatrel; de n'intérvénir ni d'une façon ni de l’autre, de ne pas la fuire reconnaître: par l'Etat eUde ne pas tenter de ln supprimer, ce qui, dans la plupart des ca8, est uné’tentative ‘inutile. Ceux qui parlent du caractère bienfuisant des sociétés scerètes ont lu, je érois, l’histoire des prémiers siècles et de ceux qui les oht'auivis) ét'aurtont dé ceux: qui sont venus bien après, l'histoire de l'Europe, du‘Roydume:Unis'et dés Etats-Unis, d'une autre façon que celle que j'ai adoptée pour lu five! 1 Je pie à tr grande partie des perturbations sociales et politiquési‘quiise /sont'prodWites dans ces pays est dué aux sociétés secrètes; ét je” pensé que ndus qui véñons de l'uti ou de l'autre quartier du Royaume-Unis ; que noûk qui somitien doublement intérensés À la paix, à la prospérité et au contentement de ohaouts es trois Royaumes, nous avons dû rémurquer l'influence déplorablé que los-sociétés| sédrètes ont eue dans cette partie du Royaume-Unis qui, malheureusetiént:a fourni tant de causes de trouble, d'humiliation et de difficulté au Parlement d'Angleterie et au peuple anglais dans tout le monde. Si vous vous rappelés lu:Société Ribbon, Ta société Phwnix, la société Fénienne et toutos les autres société; de cé! genre dont j'ai parlé, vous verrez facilement quelles sont led possibilités dé faire‘ lé mul qui résident duns lé secret, C’est la, monsieur l'Oratourj'une opinion! parlagée ‘par beaucoup de ceux qui ont réfléchi à la question et: j'ai trouvé, l'autre jour, dans un livre que M. A. M. Sullivan a écrit il n'y u pus lonptempé; ‘une ‘observation qui m’a tellement frappé, que je crois devoir prendre:la liberté: de la'soumettre à la chambre. Il dit:

lulbe'ntest pas en vah que jlai étudié l'histoire des associations liées par serment secret. J'ai éprouvé ün'séhtitpent d'horreur enlles examinant. Je savais tout ce qu'on pouvait dire des facilités qu'ils ont de révolutionner un pays, mais même lorsqu'elles étaient soumises à la direction da plus fermé et Ja! meilleure, elles avaient une tendance directe à la démoralisation et souvent, #lles étaient, somme tonte, plus dangereuses pour la société que la tyrannie.’

Voilà ce: qu’à dit‘un écrivain très éminent qui a pris part À une agitation pour arviver à de qu’il croit et ce que plusieurs de nous croient üne amélioration de l& éondition! du petplé irlandais. Ila vu quelle puissante agence ces sociétés formerdient ;/mais il à vu auski, grâce à la triste expérience personnelle qu'il en a faite et grâce aux! observitions auxquelles il s’est livré, quelle tendance au mül ét à la démoralisation elles ont. Voici quelle est la difficulté à propos dé l# reconnaissance par 'l'tat—elle est essentielle, vous ne pouvez vous en débatrassét; elld'réside' dans le fait que la société est secrète—c'est qu'on ne

eut déterminer, vu qu’elle est secrète, jusqu'à quel point elle peut s’écartér du Put avoué qu'elle ‘prétend poursuivre; dans quelle direction elle peut aller, jusqu'à qnél point, étant ostensiblement une société religieuse et de bienfaisance, eHé peut devenir une |société politique; jusqu'à quel point, étant loÿyale, elle péut'äller daris là direction opposée, éomme nous savons que sont allées autrefois des sociétés qui fe prétendaient loyales, nous ne saurions le déterminer. Je dis dénc que l'Etat ne devrait pas reconnaître les sociétés secrètes liées par serment. On’ne peut pas dire à quelle sorte dé’ tyrannie elles’ ne peuvent pas se livrer. C'est dan la nättire de ces sociétés de devenir tyranniques et despotiques. Les diséuébious otvertes ’ét publiques sont) les grandés! garanties dé l’ordre, de la

libérté, dela lüyatté ét de ‘1n modération. Ce sont dans les réunions intimes d'individus qui proféssetit tous la même opinion qué se révèlent et se manifestent avéc étlatices ? LÉ RGARR NE 1 Qu'on et SE üsses représentations et à la

maligrité | C'est 'préciséméerit là qu'on est sûr de voir surgir Cette pire difficulté

qué nous n’éproëvons que A Agen das notre vie guide mème et | LL]

qui ner'aplanit qué si n üssions’s8 font ouvertement 'et en présence de gens

qu'une ns! les ‘est ni »sition réconrt des t des qui les arope, doptée politi-

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s; que \tentedéplois qui, Houlté ji vous toutes 8 sont l'Ora- | quesln'yu devoir

ret. J'ai dire des a direction et

qui entretiennent des opinions différentes, [1 se peut que dans les pays opprimés, gouvernés despotiquemont, les sociétés secrètes soient devenues une pénible nécessité, C'est possible, Je ne l'admets pas ; mais cela peut être. Elles peuvent fournir le seul recours que puissént avoir les pays qui aspirent à la liberté. Mais ce n'est pas là la condition, dans laquelle se trouvo la population, de ce pays. Il n'y a ici rien que nous désirions, il n’y 4 pas d'amélioration de notre condition que nous ne sommes pas libres de proposer dans les assemblées publiques, à propos de quoi nous ne pouvons engager un débat public. Si nous croyons que. ceux d'entre nous qui ont une foi particulière entretiennent des sentiments, nonseulement erronnés au point de vue de la religion dogmatique (ce qui n’a rien À faire avec la question), mais des sentiments hostiles à la constitution ou dangereux pour l'ordre social, nous avons droit de Je dire, nous avons droit de leur résister, nous avons droit d'attaquer leurs opinions et de les provoquer à les exprimer, muis n'avons pas droit- vu que nous n'en n'avons pas besoin—de tormer dans ce but des sociétés secrètes, lesquelles, comme je l’ai dit, ont souvent enfanté la malice, la fausse représentation de la bigoterie.

Cependant le bill fait beaucoup plus que d’accorder le droit de propriété. Comme je l'ai dit, il donne la reconnaissance üe l'Etat, il accorde l'existence corporative. Dans ce but il invoque l'acte d'interprétation ; ét le dernier article donne À cette société le pouvoir d'exécuter son œuvre. Il est vrai qu'on a modifié le préambule du bill.' A Ia dernière session, il y était dit que la Société démundait lo pouvoir de fairé son œuvre; cette année il n'est pas question de cela; mait les articles, en autant que je puis les comprendre, sont los mêmes ; ot, bien que le préambule ne propose pas de donner ce pouvoir, les articles le font, L'acte d'interprétation donne des pouvoirs qui, tout en étant parfaitement légitimes en fait, absolument nécessaire pour les affaires d’une corporation ordinaire, sont cependant des pouvoirs qui peuvent être mal interprétés et dont on peut faire un mauvais usage, dans le cas d’une société secrète comme celle-ci pour la

ropagation d'une opinion. La majorité est revêtue d’un pouvoir sur la minorité,

i cela est nécessaire dans le cas d’une corporation ordinaire, dans le cas d’une société comme celle-ci, vouée à la propagation d'une opinion, un article comme celui-ci peut probablement porter la RAOEUS exercer la tyrannie sur la minorité. On libère dussi de toute responsabilité individuelle, ce qui est tout-à-fait

ertinent pour le cas dés corporations d’affaires ordinaires ; mais encore une oi, un pouvoir particulier est concédé par cette disposition à cett. organisation conformément à la constitution contenue dans la cédule, et nous lui donnons le pouvoir de modifier cette constitution comme elle l’entendra par la suite. On nous demande de constituer légalement une institution à être nuntie du pouvoir de modifier sa constitution comme il lui plaira, et de donner ensuite tous lès pouvoirs qu'elle voudra à ses dignitaires ; mais nous ne 8AVORS pâs Ce que pourront être ces altérations, vu que le voile du secret cache les actes; et pourtant personne n’en peut être tenu individuellement responsable.

LA SOCIÉTÉ ORANGISTE EST DANS L'ONTARIO UNE ORGANISATION | PRESQUE COMPLETEMENT POLITIQUE,

j à itt) “Ji i DROITIT MST Maintenant, mon honorable ami le représentant de Huron 2 parlé: d'une question qui a d’abord provoqué des démentis; mais, lorsqu'on lui a répondu, je n'ai pas remaiqué qu'on ait sérieusement combattu sos prétentions. , 11 a dit que cette société pourSuivait des fins presque LE politiques. Je ne suis as pour parler de la manière dont la sociét orangiste opère, dans les, autres,

rovincés du Dominion ; je no le sais pas ; je né sais pas jusqu'à .q el point elle. est fidèlé à la mission lavouéé de 2 HDBU HO, HÉ AREqu' à el poin! alle AénpsAe pou: politique ou non; mai

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le But; nous ne savons pas Si élle poursuit un bu

pense parler de ce que je sais quand je dis que l'observation de mon honorable ami, quand à ce qui concerne l'Ontario, est parfaitement exacte; et je pense que le fait seul qu'après avoir été accueillie par des dementis, cette assertion n’a as été contredite, lorsqu'ils s’est agi d'y répondre, en demontre suffisament la a vérité.

M. WHITE (Hastings). Il a dit que des Orangistos avaient été expulsés pour avoir voté en faveur du parti réformiste. Je nie la chose.

M. BLAKE. Je ne sais pas jusqu'à quel point cela peut être vrai; mais je .vais, avant de finir, fournir à l'honorable monsieur quelques renseignements sur ce point, Je maintiens que l’ordre est politique dans l'Ontario, et je dis que les objections qu’il y a à ce que l'Etat reconnaisse les sociétés secrètes tirent une force double du fait qu'elles prennent leur pleine vitalité lorsqu'on les applique aux sociétés secrètes. C’est en politique surtout qu'il n’y a de sureté que si la discussion est publique, l'attaque et la défense ouvertement faites, les accusations et les réponses portées et rendues au grand jour. Plusieurs d’entre nous croient, et je suis sûr que la plupart d'entre nous conviendront si la chose était faisable, — mais je ne crois pas qu'elle le soit—que ce serait un grand bien peur le public si on abolissait la cabale intime et si l’on pouvait s'arranger de façon à faire de la propagande en rencontrant les électeurs des deux côtés dans des assemblées DUB ques où on exposerait les principes et où l’on définirait les positions. Et pourquoi ? Parce que nous savons que la propagande faite en particulier fournit l’occasion de faire des énoncés qui vont au tempérament politique de la personne à qui on s'adresse; parce que nous savons qu’elle donne occasion de faire certains avancés au sujet de la croyance politique des candidats et de faire privément des attaques contre la foi politique et le caractère d’un adversaire, et qu'à cela il faut objecter de toute manière. Je crois que la PR est le souffle même de la liberté en politique; et je n'ai eu aucune

ésitation à déclarer que, bien que j'aie voté pour le scrutin comme nécessaire à .a liberté, je ne me suis jamais réconcilié avec l’idée que nous serons toujours obligés de voter par un procédé secret; car je crois que nous aurons accompli un grand progrès le jour où nous pourrons croire que pour toute notre vopulation le vote ouvert serait le vote libre. Ce n’est que parce qu’il y a des cas où le vote ouvert n’est pas un vote libre, que j'ai consenti, à cause de la nécessité, à l'établissement du scrutin, afin de rendre le vote libre. À part cela, je pense que l'effet du scrutin lui-même est plus dommageable qu’avantageux. Loue contenancer ce que j'ai dit au sujet des organisations politiques secrètes, je vais vous donner un exemple emprunté à ma propre carrière. Lorsqu'en 1867, je suis entré dans la vie publique, je briguais les suffrages de deux comtés. Dans l’un j'étais candidat aux honneurs de la représentation provinciale; dans l'autre je voulais être élu membre de cette chambre ci. Les deux comtés étaient éloignés de 200 à 250 milles l’un de l’autre, et pour faire ma propagande électorale, il me fallait courir de l’un à l’autre. A un certain endroit, un peu avant de quitter la division sud de Bruce pour me rendre à Durham-Ouest, j'appris qu’on organisait une cabale secrète coutre moi, laquelle était montée par cette société de bienfaisance. D'un coté on disait que c'était mon père qui avait tiré un coup de feu sur le colonel Moody en 1837 ; de l’autre, que j'étais moi-même cathotique romain.

M WHITE (Hastings). Ce devait être un Orangiste grit.

M. BLAKE. Ayant pris des renseignements qui ne me laissaient pas le moindre doute que ces déclarations étaient mises en circulation dans la division sud de Bruce par l’organisation ovrangiste, par suite de ce qui avait été décidé à sa dernière réunion ; sachant qu'il ÿ avait dans la salle des gens qui faisaient circuler ces histoires, j'invitai ceux qui les avaient répandues, je les invitai tous à s'avancer et à formuler leurs accusations soit contre mon père soit contre moi, afin que j'y répondisse ; mais personne n’a voulu s'avancor. Je les ai convoqués

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trois fois à une assemblée publique, mais, bien que ceux qui répandaient ces calomnies fussent présents, ils n'ont pas voulu venir. Dans la division ouest de Durham, la mème cabale secrète se montait; on suivait la même tactique, on mettait précisément les mêmes calomnies en circulation ; et, lorsque je suis arnivé dans cette division, on m'a posé des questions au sujet de ceci'et au sujet de cela; mais j'ai refusé de démentir des assertions que personne n’osait faire en public. Voilà le mal produit par la propagande faite clandestinement, surtout lorsqu'elle est conduite par une société secrète. Est-ce que je m’oppose à cette société parce que c’est une organisation politique ? Pas du tout. J’approuve les organisations politiques. Je crois aux organisations politiques qui sont publiques, qui avouent ouvertement qu'elles sont politiques et qui ne craignent pas de se dire telles; mais je ne crois pas aux organisations politiques secrêtes, ni aux organisations secrètes ou autres, qui prennent le travestissement de la religion ou de la philanthropie. Je ne m'oppose pas à cette société parce que la majorité de ceux qui la composeat me sont hostiles en politique. Ce n'est pas Jà une raison pour objecter à son existence. Ceux qui en font partie ont autant que moi droit à leurs opinions politiques, et ce droit qui leur appartient m'est aussi cher que celui que j'ai d'entretenir les miennes. Comme j'entretiens mus opinions en vertu du même droit qu'eux, et comme, pour aucune considération, je ne voudrais me départir de mes droits, je tiens le leur pour également cher. Mais si cette organisation politique m'est opposée, je veux savoir que ses membres sont mes adversaires et je ne veux pas qu'ils ne soient connus comme membres d’une société religieuse ou charitable. Nos opinions religieuses devraient être tenues entièrement séparées dé nos convictions politiques. La plus grande calamité qui puisse arriver à une nation, c’est lorsque les attaches de ses corps politiques s'adonnent à être les mêmes que celles de ses organisations religieuses. C'est là une grande calamité, un grand malheur. Je désire que, quelles que soient nos croyances où nos opinions religiouses, nous comprenions qu'elles n'ont rien à faire avec nos sentiments politiques, et que nous puissions nous entendre ou différer au sujet des questions politiques tout à fait indépendamment de la croyance que nous nous adonnons à avoir sur les questions religieuses. Plus vous faites d'une grande société protestante une combinaison qui devient une organisation politique, pins vous rendez semblables, ou plus vous essayez de rendre semblables les lignes de démarcation entre les opinions politiques et les opinions religieuses du peuple, et plus vous agissez en opposition directo à ce que je crois être les intérêts de l'Etat.

Il y a déjà assez d’acrimonie dans nos différences de sentiments poiitiques, sans y introduire nos divergences religieuses, et si l’odium theologicum que l'on sait être si aigre doit encoré être accentué par des divergences religieuses, cela va devenir intolérable. Tachons donc de ne pas faire des choses sémblubles de la ligne de démarcation entre les opinions politiques et de la ligne de démarcation entre les opinions religieuses. Cependant cette société qui, sous le couvert de la religion et de la bienfaisance, est, dans l'Ontario, surtout politique comme puissance et comme cfficacité d’action, est justement à exécuter cette chose que je crois être un malheur plutôt qu’un bienfaït public. Je ne me propose pas, pour faire valoir mes Sentiments au sujet du tempérament polsique de cette société dans l'Ontario, de parler de quelque chose quise soit passé 1] y a bien longtemps. Je ne me propose pas même de parler de choses qui soient aussi anciennes que celles dont il a été question dans le discours de mon honorable ami le représentant de la division ouest de Huron (M. Cameron). ‘Il me suffit de parler de ce qui s’est fait récemment. Ahodopal 6 député de Hastings Qu White). a prononcé un discours dans la ville de js Eu le douze juillet

ernier ; ét dans ce discours, il a parlé d’une façon très amusante de l’histoire secrète de ce bill. Au cours de ses énoncés, il a adopté une ligne d’argumentâtion

que je désire faire remarquer, et il a démontré ce, que j'ai dit pour faire voir que cette société est en réalité et en substance une organisation politique. Ila dit:

“ Le bill et ce qu’il demandait ont été soumis à la population du Dominion, mais avant la deuxième lecture, on a malheureusement commis des fautes, : 11 n'avait pas de grands reproches à faire aux catholiques romains ni aux réformistes ; mais, pour ce qui concerne nos gens, comme, conservateurs et comme orangistes, ils ne se sont pas montrés aussi zélés qu'ils auraicnt dû le faire. 1lva leur dire que pour ce qui est des réformistes, ils oublient le fait que les neuf

dixièmes de la société des Orangistes dans la provincé d'Ontario appartenaient au parti conservateur.? 6 |

M. WHITE (Hasting.) Supposons qu'il en soit ainsi. | M. BLAKE. Eh bien, supposons qu'il en soit ainsi. J'en suis fâché, mais je

le suppose. Je suis seulement À faire voir que c’est une organisation politique, M. FARROW. Cela ne le démontre pas.

M. BLAKE. Si cela ne le démontre pas pour l'honorable député de Huron,

je désespère de le lui démontrer. Ce n’est pas à l'honorable monsieur, que Jadresse le reste de mes remarques.

« Il croyait en justice, d’après les principes réformistes, qu’ils auraient dû passer pardessus tous les légers torts dont ils pouvaient avoir eu à souffrir dans le passé, et voter en faveur du bill donnant l’existence légale à l’ordre orangiste. Il aurait désiré qu’il en eut été ainsi, et s'ils l'avaient fait, il était convaincu qu’à l’élection suivante les Orangistes se serdiènt divisés et qu'ils se seraient prononcés pour les hommes et pour les mesures et pas aussi fortement pour le parti.”

t Et pas aussi fortoment pour le parti.” Voilà la description que fait l'honorable monsieur, du caractère de l'organisation orangiste dans l'Ontario, c'est qu'ils se sont naguère fortement prononcés pour le parti et qu'à l'avenir ils pourront modifier leur manière d’agir et se prononcer davantage pour les hommes et pour les mesures. Et ce n’est pas là une organisation politique |

M. WHITE (Hastings). Ce sont là de bonnes paroles, LE à Sujet

M. BLAKE. Ce sont de très bonnes paroles; je voudrais qu’on leur donnât, offet.

«“ M. Bunting s’est rendu à Ottawa ; il a travaillé jour et nuit en faveur du bill ; il a dit aux | Français que s’ils n’approuvaient pas le projet, ils commettraient un acte de grande, injustice. Il a parlé à sir Hector Langevin, à sir John A. Macdonald et à d’autres membres du cabinet à ce. sujet. Il leur a parlé de l'appui général que le parti consérvateur a tonjours reçu des Orangistes,

SIR JOHN A. MACDONALD. Très bien. go pal ste ui UT

M. BLAKE. Oh! ce n’est pas une association politique; mais elle donne son appui gas au parti conservateur. + ion h xo NUL

À. HITE (Hastings.) . Ce sont là de très bonnes paroles, je n’en rongis pas:

M. BLAKE. Il remerciait (lui, M. White,) M. Bunting du noble secours qu’il leur a donné pendant ce temps d’épreuve, assistance qu’ils espèraient avoir pour résultat un triomphe. qo & 110 ir

‘6 Daus des conversations qu'il a/eues avec vingt autres messieurs, 4véc sir Hector Langevin, il a dit: # sir Hector, il faut, que (nous obtenions l'institution cotporative.” Quelle a été la réponse? sir Hector à dit: ‘“ Pour ce qni est de yous constituer,;en corporation; je souhaite personuellement que vous obteniez la chose, mais je suis opposé à toutes les sociétés secrètes, parceque l'église à : laquelle j'appartiens y est opposée, J'aime à voir. Je parti conservateur: prospère. mais, j'aime miéux la prospérité de mon église que celle du parti conservateur ; mi eue et mes pré ef nous disent à nous membres de l'Eglise catholique dé ne pas voter èn faveur dé pareilles sociétés.” | En réponse M. Bunting a dit: # C’est làlune grande: errout; car iln’y a pérsonné sut tèrre qui désire plus que les Orangistes, rendre justice à tout l' monde :et'accorder à votre église tous Tes actes dont elle peut avoir besoin, pour. des institut.ons corporatives qrééés; à, son avantage!” : Dans son opinion (à A Nha) sir Hector Langeyin devait découvrir qu'il ayait commis une grande erreur; car si jamais il arrivait au poste de chef d'un gouvernement dans ce pl ys/il lui serait impossible dé s'y maintéerir, sans l'assistance ét à Coopération de la Kouiéé Oriigiats ARS:

120 À EUETTURET OH 96 D 91:54 BU QHHÔ04ID 99 HIHD 70 AUTO

# Leur organisation ” à dis l'honorable, monsiebr, devenu, enthousiaste dans: sa péroraison. |

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“ Leur organisation est nne grande affaire ; qu’elle soit bonne, prudente et circonspecte, et il leur dit comme conservateur de songer à la prochaine électiôn générale, et si nous ne réussissons pas à obtenir justice, jugeons chaque homme d'après ses actes. 11 faut arracher une feuille du livre de l'archevêque Lynch, La société orangiste est capable de dominer tout le pays si elle veut se rester! fidèle ielles:môme.

Puis, monsieur l'Orateur, l'honorable monsieur. a encore prononcé un discours \ . pre ‘ à x

à Hamilton, On a poussé trois hourrahs pour “ sir John ” à nn certain moment, dans l’assemblée, après quoi l'honorable monsieur à dit que :

& Lui (sir John) était un ami aussi sincère et aussi consistant du bill des Orangiste qu'aucun membre de la chambre. On a pro poré de retirer le bill ou qu'il fût accordé à toutes le différentes provinces à l'exception de la province de Québec. : sir John lui a dit ; ‘ monsieur White, n "acceptez pas As je | cela,car si vous le faites, cela ne peut amener que la déconsid: ration sur votre société, Il vaut mieux ue. | faire adopter le bill pour tout le Dominion ; mais ne voys déshonorez pas en dégertant, les dignes

niembres de votre ordre qui habitent la province de Quebec.” C’étaient là de bonnes paroles, et | (4 il était convaincu que rien au monde n'aurait causé plus de plaisir à sir John que la présentation uron, du bill constituant les Orangistes en institution corporative, au gouverneur pour le faire sance , que tionner, car sir John est intimement convaincu qne les neuf dixièmes des membres appartiennent au parti conservateur, ”

15 tous « Eh bien, je vois que l'honorable monsieur s’ amuse; j'ai cru que j'allais l’égayer.

ï Ar M. WHITE. (Hastings) Ce discours mien qu'il est à lire, est la meilleure | qu' 4e partie du discours de l'honorable monsieur. art” M. BLAKE. Les preuves que je dohne soht toujours les meilleures parties

de mes discours, et voici ma preuve :

“ En supposant que sir Hector Langevin serait le chef d’un grand parti et que dans les rangs de cé parti il y aurait une société qui lui géraît âdssi fidèle que la'société orangiste l’a été à sir John MacDonald, il s'adresserait à sir John ‘ét if lui dirait ;"" IT est nécessaire, dans l'intérêt de ‘notre parti, qué cetté société qui ékt loyale envers la réiné, ‘envers la constitution et envers le pays, soit münië d'un'aète qui là constitue en: ‘institution corporative. Sir John répondrait : * Oui, je consens de tout mon cœur à ce que vous l’ayez:” Le premier ministre est le chef d'un parti qui est franc et loyal, pendant que sir Hector Langevin est À la tête d'un parti qui est lié “par les Mains et par les pie sàP église de Rome, qui a a RAS LEE absorhantes, qui prend .tout et ne donne rien.”

Puis, l'honorable monsieur eut occasion de Datles du ministre des douanes, et, après l'avoir hautement loté de la façon dont il remplit $es devoirs, il dit :

“ Les Orangistes avaient entretenu l'espoir et.avaient vécu dans l'attente qu'il parlerait lors de la deuxième lecture du bill, et,en ne le faisant, pas, il pense (lai M. Bowell) qu’il (le ministre des douanes) a commis uno, grande faute. [ls étaient fiers de lui quand il s’est levé dans la chambre des Communes et en a fait expulser Riel ; quaud il a pris des mesures pour faire traduire le premier, membre, de la chambre, .monsieur l'orateur Anglin, à la barre de, la: chambre pour répondre à l’accusation d'avoir violé la;loi à la passation. de laquelle, il avait contribué —l'acte concernant l’ indépeñdance du Parlement. Il ne savait pas (lui M. White) pourquoi le ministre des douanes n’a pus porté la parolé/à la chambre! lors de la déuxième lecture du bill, mais il espérait que M. Bowell reprendrait le terrain perdu, et qu'il serait à leurs yeux, comme par le passé, un membre digne et honoré de la société. S'il a commis une faute, il ne faut pas qu'on lui témoigne trop peu de miséricorde ; il faut l’endurer avec patience et il espère que si l’occasion se présente de nouveau, il se lèvera et parlera en faveur du bill constituant légalement l'ordre des Orangistes, même au risqe de pre son siège dans le cabinet.”

[A Voilà, mobsieur l’'Orateur, pour ce qui concerne l' honorable député de Hastings. Mais il y.a d’autres preuves, récentes, qui établissent le caractère politique de cette organisation religieuso, et, bienfaisante, telle que dirigée dans l'Ontario, Le frère arsball dont j'ai déja, parlé, qui occupe une haute,position dans l'Ordre et

qui était à Winnipeg avoc l'honorable monsieur, a dit : {On leur a demandé pourquoi ils avaient toujours voté pour les tories ; et la dépense a été que [a 'était parce, que les tories s'étaient toujuurs montrés leurs amis.’ On voit qu'ils déclarent avoir ‘ toujours voté en faveur des tories'”; mais ce n'est pas une organisation : politique:l:A la: rien de la grandé “loge, à Ste-

tusvuoi 9e #isbaslif agissor sowpiloidiss 2of ofonpal ‘1504 n0e8 st af 0 Hp 6011 XS ÊX

mare —

Catherine, le grand maître, M. Merrick, qui est en même temps membre de la législature locale, dit :

“ J'espère que cela va nous servir de leçon pour notre conduite dans l'avenir, et nous engager à ne pas nous fier à un simple parti politique agissant comme tel, mais à appuyer et à souteni le plus énergiquement possible ceux qui nous aideront et travailleront pour nous ; nous pourrons sans doute dire alors avec le grand maître de la Nouvelle Galles du sud :

‘ A propos des dernières élections des membres du Parlement, nous voyons que dans chaque localité, dans les différents collèges électoraux, quand une loge se mettait à l’œuvre, le candidat choisi par la logé recevait le plus grand nombre de votes.'’

Mais ce n'est pas une organisation politique. Pais, à la même réunion, M. Johnston a dit:

‘ Les frères devraient s’efforcer âe la rendre moins politique et d'en faire davantage une association religieuse et de bienfaisance."

M. WHITE (Hastings.) Comment cela vous irait.il ?

M. BLAKE. Cela m'irait très bien; mais je ne comprends pas que l’honorable monsieur soit à faire la chose, monsieur l’orateur. Puis il y a eu grande réunion du conseil trionnal en Angleterre, à laquelle des délégués canadiens étaient présents, y compris M. Marshall et M. Bennett. Des discours ont été prénoncés par M. Bennett et par d’autres ; et quelques uns ont signalé la condition de l'ordre dans une autre colonie, ce qui, à ce point de vue, ne manque pas d'intérêt. M. Neale, qui représentait la Nouvelle Zélande, l'Australie méridionale et Queensland, a parlé et il a dit,

tt La dernière élection générale a fourni à l'Orangisme l'occasion du plus grand triomphe qu'il ait jamais eu dans la Nouvelle Galles du sud, Nous avons gagné pas moins de vingt huit sièges

dans le Parlement colonial ; un nombre très considérable d’autres députés doivent leur élection au vote orangiste, et huit catholiques romains seulement ont réussi à se faire admettre.”

Voilà les déclarations que ces délégués canadiens ont entendu faire et qui font voir l'état des choses et la manière de procéder de l'Ordre dans la Nonvelle Galles du Sud. M. Bennett qui représentait l'Ontario, était présent à la réunion, ot il a dit ceci: |

‘Je dois aussi vous dire que.nous avons dans notre pays une feuille orangiste, et nous avons constaté qu'elle produisait un effet avantageux et magique, car, divisés comme le sont les Protestants du pays en deux partis politiques dont chacun couftise le vote catholique romain, de sorte que les organes de ces partis politiques n'osent pas, de crainte d’offencer les catholiques romains, dire quoique ce soit en faveur de l’orangisme, en ayant un journal à nous, non seulement nous avons des nouvelles concernant les orangistes dans toutes les parties du monde ; mais nous avons un organe qui, non seulernént expose nos vues au pays, mais repousse les attaques dirigées contre nous par la presse catholique romaine et jésuite da pays.”

De sorte que vous voyez, monsieur l’Orateur, que l'Ordre est une organisation politique et que dans l'Ontario aujourd’hui, de l'aveu de ces principaux hommes, bien qu'il s'adresse ici pour $6 faire constituer légalement comme association religieuse et de bienfaisance, la manière qu'il prend pour en appeler à ses amis et la façon de parler qu'il adopte pour se faire appuyer, sont politiques. Ils disent qu'ils forment une association politique. Il votent presque tous d’un côté; c'est une orgänisation de parti politique. Aussi ne faut-il pas s’en étonner monsieur l’Orateur, car nous savons tous que dans les deux quartiers princi-

aux d’où l’ordre sort, la Grande loge rindgise ôt la Grande loge Anglaise, Fordte a été pendant nombre d'années, comme il l’est encore, je crois, politique. Je ne me propose pas d'essayer moi-même d'expliquer l’origine et encore moins de faire connaître les progrès et les travaux des loges [randaïses, mais je me propose de lire un court extrait d’une lettre écrité par M. Francis Hincks, il ÿ a quelques années, dans laquelle il disait :

‘-J'ai lu daus beaucoup de journaux; ainsi que dans le sermon du révérend monsieur Doudiet, cette opinion exprimée, que la raison pour laquelle les catholiques romains irlandais se trouvent

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offensé 8, c'est qu'on célèbre l'anniversaire de la bataille de la Boyne. Je crois que ceux qui entretiennent cette opinion sè trompent du tout au tout, et il est très à désirer qu’ils soient tirés de leur erreur. Les catholiques romains irlandais ne se scraient jamais sentis offensés par la célébration d’une victoire ordinaire, mais la bataille de la Boyne a été la première d'une série de victoires qui ont amené le complet asservissement des Catholiques d'Irlande aux Protestants de la Grande Bretagne, et l'effet de cet assérvissement, c'est qu'une minorité protestante établie surtout dans une des quatre provinces de l'Irlande a pu dominer une majorité catholique romaine et la gouverner avec une verge de fer dans le dix-huitième sciècle.’

“ Le mot d'ordre de la minorité protestante pendant des années avant que les loges orangistes prissent existence, était ‘ Domination protestante ” et cela à été maintenu par des lois pénales, et toutes les améliorarions proposés à ces lois ont été combattues par lès orangistes avec tonte la vigueur qui les a toujours distingués. Quand on se rappelle que pendant près d’un siècle, après la bataille de la Boyne, aucun catholique romain ne pouvait ni être élu ni voter pour un membre du Parlemeut; qu'aucun catholique romain ne pouvait être ni avocat nisolliciteur ; qu'aucun catholique romain ne pouvait garder d'armes; que ses enfants ne pouvaient pas se faire instruire et que son clergé était proscrit; qu'aucun catholique romain ne pouvait poss*der un cheval valant plus de £5 ; quand, de plus, on se rappelle que toutes les réformes de ces lois pénales ont été graduellement arrachées à la minorité qui seule était représentée dans le Parlément irlan dais, grâce à l'influence des hommes d'Etat anglais, qui tout en entretenant des opinions différentes au sujet d'autres questions, étaient presque tous favorables à l’abrogation des lois pénales statutaires ; quand, dis-je, tout cela est pris en considération, il n’est pas difficile de comprendre la haine qu'éprouvent les catholiques romains pour une institution qui a pour principe capital la ‘ domination protestante,” et dont les membres ont l'habitude d’africhêr ce principe au moyen de leurs drapeaux ét de leurs chants de partisans “ Protestunt Boys et Croppies lie down.

* Sir Francis Hincks continue à faire remarquer que l'œuvre politique permanente des Orangistes irlandais au sujet de l'émancipation des Catholiques, au sujet du désétablissement de l'Eglise, fait voir l'activité comme corps politique qu'ils ont déployée jusqu’à une période relativement rapprochée. Il fait remarquer l’organisation Orangiste a existé dans la province du Haut-Cauada ; qu'elle a été hostile à certaines réformes dont il lui a plu d'appeler les promoteurs déloyaux ; et il démontre que là aussi ils formaient une organisation politique.

Voilà, monsieur 1’Orateur, pour ce qui concerne les loges anglaises, vous verrez que dès le commencement de l'enquête qui a été faite au sujet de l'institution Orangiste dans la Grande-Bretagne et dans l'Irlande peu après qué l'ordre eut été formé en Angleterre, l'assistant grand secrétaire à qui on avait posé quelques auestions, et qui parlait de sa nature véritable, a répondu commèé suit :

469. Question. Il est dit ici que comme partie du grand corps conservateur qui s'étend sur tout le Royaume et qui à sa tête dans la métropole, la valeur de notre établissement provinciale est immense. ‘ Voulez-vous dire ce qu’on entend par l'avantage qu’il y à avoir cette association générale opérant sur toute la surface du pays, la tête du corps se trouvant dans la métropole ; avez vous entendu par le corps conservateur l'institution Orangiste loyale ?—Non, li s’agit de l'institution connue comme le corps ou le club conservateur,

470. Ceci est publié avec l'approbation du Grand maître dans l’Empire, Son Altesse royale le duc de Cumberland ? —Oui, c’est cela, mais je n’hésiterais pas à dire que cela se rapporte aux associations conservatrices plus qu’à l’ordre Orangiste, mais je considère que l’une est mêlée à l’autre.

471, Voulez vous parler de ce qu on appelle communément le Carlton Club ?—Oui.

472, Voulez vous nous dire ce que signifie ceci ‘“ Enfin cela permet aux hommes qui ont de la richesse et du patronage à leur disposition d'accorder des distinctions aux véritables anis

* des principes constitutionnels, de récompenser le mérite et l’honnêteté chaque fois qu’on subit l'oppression et le malheur. Par le mot ‘on ” entendez vous l’institution Orangiste loyale ?—Jé :

dois diré plutôt, va que je suis pris par surprise, que cela doit signifier l'institution conservatrice ; j'ai toujours regardé les deux choses comme si bien môlées ensemble, aveo des noms différents, que cela tire peu à conséquence.

473. Vous considérez l’association loyale Orangiste comme ayant le même caractère que celle appelée le Carlton Club et comme identifiée avec elle?—Oui, je le considère ainsi; avec cette distinction, que l’inatitution Orängiste est une association religieuse et que le Carlton Club ne prétend pas l’être. Quand il s’agit pour quélqu’un dé sé fairé admettre membre du Carlton Club’ si, en sa qualité d’homme d’un certain rang dans la société, il se trouve éligible, on ne demande

pral e crois, quelle est sa religion,; ce qni n une raison, d’exolnsion, pendant que je pe ‘hésitation à dire que la Bi SARL a chose capitale dont nons nous occupons, dans l'institution Orangiste ; Dar exemple nous excluons les, papistes et les juits,

476. Devons nous comprendre que vous croyez que le Carlton Club et l'institution Orangiste ont généralement les mêmes opinions, mais que vous regardez le Carlton Club comme plus politique et l'institution Oraängiste comme plus religieuse ? —Oui.”?

Je pense, monsieur l'Orateur, que cela prouve assez bien que dans l'opinion de l'assistant grand secrétaire, l'institution Orangiste et le Carlton Club étaient des institutions ayant des noms différents, mais poursuivant à peu près le même. but. Cela est encore pratiquement démontré par les documents produits dans le temps. -Entre autres on trouve le rapport du grand secrétaire, en 1835, dans lequel il disait : C .

4. Peut-être que le meilleur de tous les moyens pour douner le plus d'efficacité à l’Orangisme ou lui faire rendre tous les ayantages possibles, c’est d'observer en pratique ses principes quand l'exécutif sent la nécessité de faire un appel à la nation. Si cependant par un abandon de ces principes qu’ils disent professer ou au moyen d'un compromis, ses membres sont, assez inconsistents pour appuyer des candidats qui se disent. ouvertement hostiles à l’église protestante et à la libre constitution, le fait qu’ils continuent à rester avec nous doit ruiner notre cause. Ceoi paraîtra si manifeste aux esprits les moins cultivés, qu’il n’est pas nécessaire de faire le moindre raisonnement pour contenancer la chose.

5; Il n’est peut-être pas hors de propos de faire observer que dépuis que cette manie de réforme s’est introduite parmi nous, un très grand nombre de nos frères se sont fait prendre aux charmes captivants de cette illusion. Par conséquent il n’est. pas superflu d'ajouter, d’après les représentations faites aû D. G.$. orale. ment et, par écrit, que, laissant de côté cette obligation dont ils sont si fièrs, mais qui.est pour eux vide de sens, plusieurs orangistes ont accordé leurs suffrages à des adversaires reconnus des institutions du pays et de l'existence de notre

ropre association, Cette conduite est si contraire, non-seulement à l'esprit, mais à la lettre de la loi qui devrait guider leurs actions ; elle est si opposée au double point de vue des sentiments et de l’honveur, aux votes qu'ils s'étaient engagés à donner, qu'elle nous a obligés de demander leur expulsion d’une association dont ils avaient trahi les intérêts et compromis l'existence, Comme citoyeus, leur droit indiscutable d'exercer les franchises électorales, n'a jamais été mis en doute; mais comme membres d’une institution formée dans un but.de Hub 1 et de répudiation de ces tendances au libéralisme, ils auraient dû éviter une conduite aussi anormale qui est de nature à faire douter de leur intégrité ét les expose à la déconsidération qui $’attache à une telle conduite.

6. A l'appui de ce qui préçède le D. G.S. peut montrer unextrait d’une lettre qui, lui.a. été adressée par le D. G..$. de Rochdale, peut de temps après l'élection, et qui fait voir, mieux que:tous les renseignements, le justesse des remarques par lesquelles il dénonce ce lâche abandon des’ vrais ARS du pur Orangisme. Voici ce qui lui est rapporté officiellement par ce dignitaire :

7. Nul doute,” dit l'écrivain, “ que vous avez appris le, triomphe que, nous :

avons remporté sur le candidat Whig par l'élection de John Entwistle, écuier, dé Foxholes, eomme représentant de: cette division. Cependant; même après avoir remporté la victoire;je ne et entièrement satisfait, ‘car trois dé n0s membres ont voté ‘pour’ le’ parti Whig contrdiremént aux rôgles de notre loyale institution. ‘Les noms des personnes qui se sont séparées de, nous sont: Richard Simpson, du warrant 68 ;; fumes Whittles, : 266 s@b:John :Crossley;: 302: : Lies membres.de mon district demandent:ouvértement l'expulsion-des coupables: Jé sympathise avec Crossley, parce que son patron l'a foréé voter contre ss esntiments, ‘J'espère que vous 'accordéréz dre indulgente considération, à son cas, câr je lé crois Sincèremént, Jrangiste.. Je.vous serais obligé, de. me donner yotre.avis.sur la conduite.qué je dois tenir dans cette circonstance, .:A la prochni.

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ne réunion de la grande loge, j'espère que vous soumettrez la question aux dignitaires de l'association. En attendant, j'ai hâte d’avoir votre réponse.”

8. Nous devons des éloges an D. G. 8. de Rochdale pour nous avoir signalé sans délai, ces délinquants, ainsi qu'aux frères de ce district pour leur justo réprobation d'une conduite aussi indigne de leur société. D’autres faits d'un caractère sémblable, mais moins graves ont été signalés au D. G. S. qui leur donnera une attention toute spéciale lors de sa prochaine visite d'inspection générale, Il est très bien renseigné sur les districts les plus profondément atteints et les maîtres qui paraîtront s'être prètés à ces offénses, où ne s'y être pas opposés énergiquerient, peuvent s'attendre à être remplacés, Un tel abandon de principes de la part des membres et un tel éloignement du devoir de la part de leurs officiers, dans un moment de danger somme celui dans lequel nous nous trouvons, quand le trône et l'autel sont menacés, ne peuvent être tolérés impunément plus longtemps. Ainsi, pour faire un exemple et dans le but de pxévenir plutôt que de punir que les deux principaux coupables soient expulsés et que celui qui a été si induement influencé soit suspendu.

11. Le D. G. S$. a maintenant une autre communication à faire plus en rapport ayec les sentiments de l’Orangisme que les précédentes, et qui est non moins honorable pour lesD. G. $S. de Barnsley que pour tous les membres dont il a été chargé de surveiller les .procédés. Avant Îles élections cet officier réunit ses forces et dans une courte harângue il fit une analyse des principes fondamentaux qui leur âvaient été inculqués depuis leur enrôlement dans nos rangs, A l’aide dela tradition et de la loi écrite il leur expiiqua comment leurs actes devaient être gouvernés dans ces occasions. Ainsi, pendant que leur cordial appui est acquis aux candidats dont les principes sont conformes aux doctrines conservatrices, ils sont "tenu de le refuser à ceux dont les idées sont défavorables au but légitime que nous poursuivons. En effet, c’est un devoir impérieux pour onx comme Orangistes, de soutenir ceux qui sont résolus À réparer nos vénérables monuments d’antiquité, au lieu de les détruire par d'iniques tentatives sous prétexte d'en enlever la poussière. Le résultat de cette conduite habilé fit quo tout le district, avec trois hourras chaleureux, se déclara prêt à voter conformé-. ment aux enseignemeñts qu'il avait reçus. Ceux d’entre les membre qui n'étaient pas électeurs s’engagèrent à faire tous leurs efforts et à prendre tous los moyens en leur pouvoir pour faire triompher la bonne cause.”

Telle était la ligne de conduite suivie en 1835 par la loyalc nssociation Ortin giste de là Grande Bretagne.

ON BLAMÉE D'ABORD LES CATHOLIQUES ROMAINS D’AVOIR FAIT REJETER LE RILT,

Au sujet du bill actuellement devant la Chambre, lorsqu'il fut rejéié à la dernière session, il existait parmi les autours du projet une prédisposition à blamer les députés conservateurs catholiques romains qui s’y étaient opposés et dé tenir peu compte des protestants libéraux. Je pourrais référer à un discours que l’hon. député de Hastings-est, (M. White,) a prononcé à Ottawa, quo l’hon. député de Eee | (M. Landry,) a lu dans cette Chambre et qui est reproduit dans le Hansard de 1883. Je référerai aussi à un discours do l’hôn. député de Hasting-est, prononcé à Winnipeg et dans lequel il dit:

‘“ À la première iecture, la section catholique romaine de la Chambre avait montré beaucoup de sympathie, mais ces députés avaient été forcés de voter contre le bill, sans doute par les instructions qu'ils avaient reçues des évêques et des prêtres. Aucun pays ne devraient conséntir à se laisser conduire par lès évêques, les prêtres ou les ministres d'aucun Culte; Les libéraux ont dit très

peu de choses sur cette question. Les trois députés réformistes du Manitoha ont agi noblement ‘mais les autres étaient indécis sur la conduite à tonir. On me conseilla de consulter Mr. Blake, mais j'ai refusé de le faire parce que ce monsieur est un protestant uliramontain.

‘ Plusieurs amis de l'ordre n'ont pas agi comme ils auraient dû. Ils ont oublié qu'ils devaient leurs sièges aux Orangistes, et ils ont craint que cela les tuerait de voter pour le bill. Je leur ai dit qu'iis signaient leur arrêt de mort quand même.

“ Le parti conservateur : n’a pas été aussi fidèle à notre cause qu'il aurait dû l'être, mais je conseille de leur donner une nouvelle opportunité, si le bill était rejeter une troisième fois, je demanderai le vote au scrutin secret. ”

Vous voyez là, monsieur l’orateur cette disposition dont j'ai parlé, à blèmer les Catholiques romains qui ont voté contre le bill et à passer lérèrement, sur les libérax protestants, comme l'a fait l’hon, député à Ottawa.

A Winnipeg, le major White à dit:

“ L'association n’a pas l'influence qu’elle devrait avoir parce que ses membres ne sont pas fidèles les uns aux autres. Les frères devraient voir a posséder des représentants sincères dans tous les corps municipaux ou législatifs. Par le pee ils avaient adopté le principe large que la croyance religieuse d’un

omme ne devait pas êtres un empêchement à ses préférences politiques; mais par leur conduite en Chambre les députés catholiques romains ont démontrés qu'ils ne pouvaient pas représenter les protestants et encore moins les Orangistes.

Là encore vous voyez les mêmes dispositions, une disposition à blämer les député conservateurs catholiques romains de ne pas voter pour le Bill, à déclarer que c’est un projet de loi qu’ils devaient supporter, et à les ostraciser dans les question parlementaires et municipales. |

M. WHITE. Nous leur accorderons l’absolution avant les prochaines élections.

M. BLAKE. Je suis heureux de voir que l'honorable député a le courage et la franchise de l’avouer, L'organe officiel de l’associatian Orangiste dit :

u La-bigoterie déployée lundi par tous les députés français et catholiques romains de la Chambre des Communes nous a ouvert les yeux et à l'avenir nous saurons ce que nous avons à faire, Comme nous Pavons déjà dit, bien que les reformistes aient agi follement et illibéralement, nous croyons qu'une excuse à leur conduite peut être trouvée dans l’état actuel de la politique Canadienne ; mais il n'y en a pas à la conduite des députés conservateurs catholiques romains. Et c’est sur eux que retombe en très grande parti la responsabilité de notre défaite.”

Ici encore vous voyez le plan adopté par les auteurs du bill; ils étaient décidés à accuser les catholiques romains—réformistes ou conservateurs mais surtout les conservateurs—d’être la cause du renvoi du bill, La Sentinel dit :

‘“ Dopuis des années les orangistes de la Confédération, sous divers prétextes olitiques, et pour répondre aux exigences des- partis politiques, ont été induits voter pour des catholiques romains; mais l'intolérance bigote avee laquelle on a répondu à notre libéralité, lors du vote sur le bill, nous Ôte toute possibilité de renouveler cette faute.”

Au sujet du chef du parti conservateur la Sentinel ajoute :

‘ Le chet du parti conservateur a 6t6 aecusé de manquer de sincérité dans ses efforts pour faire passer le bill, bien que nous croyons que personnellement il a agi avec la plus grande sincérité envers nous et a employé toute «on influence pour faire cesser l'injustice dont nous nous plaignons, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que c’est le premier bill depuis 1878, ayant son approbation et 8es sympathies qui ait obtenu un si petit nombre de votes.”

Cela, monsieur l’orateur, c’était le point de départ. C'est le plan que les promoteurs du bill avaient adopté pour faire la campagne politique qui devait

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assurer la seconde lecture du bill à cette session. Après leur défaite ils ont été assez honnêtes pour dire qu’ils ne pouvaient pas s'attendre à grand chose de la part des réforimnistes. Mais ils ont dit qu'ils avaient le droit de s'attendre à voir les députés conservateurs catholiques romains les appuyer, et dans les extraits que Je viens de lire, ils fout voir les vrais principes de leurs principaux chefs quant à l’ostracisme qu’ils se proposent de prononcer contre les catholiques romains, par suite du vote des députés conservateurs catholiques sur le bill, J'ai dit que dans Ontario la société Orangiste était principalement une organisation politique, et j'ajoute qu'elle fait passer toutes les autres considérations—ainsi le veulent les chefs—après les considérations politiques et d« parti. Cela est démontré par la conduite qui a été suivie ensuite. On changea de tactique car on s’imagina qu'il ne servirait à rien d’accuser les catholiques romains conservateurs d’avoir fait d: l'opposition au bill; que cela pourrait nurre à leurs a lances politiques; qu’on devait tout l'odieux de la chose sur les protestants libéraux et sur moi particulièrement, en ma qualité de ce qu'ils appellent uu protestant uitramontain. Cela ne ferait pas l'affaire de continuer à due que le mal a eté fait par les conservateurs catholiques romains et d’emjècher ces derniers de revenir en parlement; et l'honorable député n’a pas attendu aux prochaines éections pour leur accorder l'absolution Il accorda l’abso'ution sur le champ et mit la faute sur nous, dont pendant quelque temps il disait avec assez de raison, qu'il ne pouvait pas attendre grand chose. Et pourquoi cela a-til été fait ?

M. WHITE (Hastings). Lisez ce que j'ai dit.

M. BLAKE,. J'ai lu ce que l'honorable député a dit, et il n’est pas encore satisfait. Je ne puis pas lire tous ses discours, mais je vais essayer de le contenter. Immédiatement après le renvoi du bill il y a eu à Ottawa nne assemblée dont j'ai déjà parlé. A cette assemblée on lui présenta une adrsse dans laquelle 11 était dit :

‘“ Ce qui a eu liou en parlement au sujet du bill pour constituer légaler'ont l'Association Orangiste, nous donne une leçon amère mais salutaire ot qui portera des fruits en temps opportun. Tout en repoussant tout esprit d’intolérance nous déclarons dès aujourd’hui que les catholiques romains doivent se préparer à recolter ce qu'ils ont semé, et si nous sommes de si grands per! urbateurs de paix qu'ils le disent, à l'avenir nous nous abstiendrons de vc‘er pour eux, et nous les priverons ainsi de la possibilité de nous humilier en r: sant de nous accorder les mêmes droits que nous leur avons si souvent acco: us de grand cœur.”

La réponse de l'honorable monsieur fut comme suit:

‘“ Plusieurs conservateurs m'ont demandé et m'ont supplié de ne pas les ruiner, mais j'ai repondu que je serais fidèle à l'Ordre avant tout, Une autre erreur ç'a été d'élire un Français à Russell et un frlandais catholique, (Mr. Baskerville,) dans la ville d'Ottawa. J’ai maintenant honte de mes actions ; .je crois que les Orangistes me pardonneront de leur avoir demandé de voter pour Baskerville. IL y à très pou de Hawkins. Un député catholique romain, dont je tairai le nom m'a déclaré privément : ‘“ Comment puis-je voter pour ce bill quand le prêtre dit qu’il a reçu du Pape le pouvoir de damner tous ceux des électeurs qui voteront pour un député qui aura soutenu un bill semblable.” Si les conservateurs ne veulent pas nous être fidèles soyons réformistes. Nous sommes aujourd’hui entre le diable et l’abime— entre les catholiques romains et les reformistes.”

M. WHITE. (Renfrew) Un mot; je crois que l'honorable monsieur lit cela dans le Free Press d'Ottawa. ke Crabe oc

M. BLAKE. Je lis dans le Hansard. Je ne sais pas où ce rapport a été pris, mais il a été Lu en chambre et l'honorable député ne l'a pas Be à

“ Je remercie sincèrement les reformistes qui ont supporté le bill. Je erois que Mr. Blake a fait une faute en votant contre la seconde lecture. Il a perdu l'occasion de s'emparer du vote compacte des Orangistes d'Ontario, ”

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