‹ Discours prononcé par l'honorable M. Honoré Mercier, premier ministre de la province [microforme]Chapitre 16 sur 25 · Arrêter le chiffre de l'indemnité · texte numérisé non relu

Arrêter le chiffre de l'indemnité

C'est ce que nos adversaires n'ont pas osé faire, Secrètement, ils disaient aux autorités religieuses : “Nous sommes prêts À règler ;” mais publiquement, de peur des orangistes, ils n'osaient règler.

Voyez comme cette lâcheté apparaît bien dans ces mots d'un document déjà cité : )

“ Les Jésuites n'auront rien, et on aura soulevé en valn, et au grand préjudice de la religion, le fanatisme et les préjugés dans “une question où les passions s'excitent si facilement

Et voyez comme la politique lâche et fourbe de nos adver. saires s'était déteinte à Rome :

“ La partie protestante des députés,” dit un document de Rome, * est trop opposée aux Jésuites pour consentir à cette resti- “tution. Ce point est évident pour tous ceux qui connaissent “ les hommes et les choses.”

“ Directement, la compagnie n'a aucune chance de ren: “etrer en possession de ces biens... Cependant Monseigneur “comprend qu'il est convenable que Ja Compagnie ait une bonne “ part à cette acquisition. [1 s'engagerait tout-à-fait secrètement à “payer à la Compagnie la somme de 500,000 francs..."

[Il ne peut y avoir de doute raisonnable sur ce point-ci: le règlement était décidé en principe, et si on n'avait pas eu peur des orangistes, ce règlement aurait eu lieu.

Les Jésuites ne devaient rien avoir en apparence, de peur de froisser les protestants, mais on était disposé à leur donner 800,000 francs, tout-d-fait secrètement.

C’est sans doute pour donner suite à la même idée. et toujours pour ne pas froisser les protestants, que M. Chapleau, qui, pourtant, avait été mêlé à toute cette affaire, disait à Saint-Hilaire, (Montreal Gazette du 7 septembre dernier) :

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“Oui, Je n'avais pas seulement commencé, mais j'avais presque terminé le réglement de cette question épineuse quand j'ai ‘résigné, mais de manière à ne point blesser les susreptibililés de ceux qui diffèrent d'opinion avec nous. Le fait est que ces biens n'appartenalent pas aux Jésuites et c'était une fausseté que de les appeler ‘Biens des Jésuites.” Son Eminence le cardinal Kimeoni, préfet de la propagande, a dit qu'il n'y avait rien qui appartenait aux Jésuites, mais qu'il y avait quelque chose qui appartenait a l'Eglise, Qui ind l'ordre des Jésuites fut aboli par le Pape, leurs propriétés, étant propriétés religieuses, passèrent à l'Eglise, et, en vertu de la loi ecclésiastique, quand une propriété appartient à l'Eglise, les évêques du diocèse en disposent dans l'intérêt publie, et de cette facon tout le public en profite, “ L'Eglise prétendait avoir des droits sur ces biens. Que vou- ‘ lions-nous en faire ? Nous voulions en faire des octrois en fa- “ veur de l'éducation supérieure...

Done, j'ai le droit de conclure que nous sommes tous d'accord, nous, les catholiques, sur la question de principe du règlement et que la seule difficulté est de savoir s'ilest opportun d'appliquer ce principe ouvertement, honnêteme n! et franchement.

Nos adversaires, suivant leur politique habituelle, voulaient prendre la voie tortueuse, secrète et hypocrite, afin de ne pas froissé leurs alliés, les orangistes.

Nous avons préféré la voie ouverte, honnête et franche ; et nous avons décidé de rendre Justice, de restituer des biens volés, sans espérance de faveurs des autorités religieuses, mais aussi sans crainte du fanatisme des orangistes.

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