‹ Discours prononcé par l'honorable M. Honoré Mercier, premier ministre de la province [microforme]Chapitre 7 sur 25 · DÉPENSES DE 1888-1889 ET · texte numérisé non relu

DÉPENSES DE 1888-1889 ET

Mais nos adversaires disent que nos dépenses pour l'année courante (1389-1890) et l'année terminée le 30 juin dernier (1838- 1889) sont encore beaucoup plus fortes que celles de l'année (1887- 18388), dont je viens de vous entretenir.

Nous admettons qu'elles sont plus fortes: mais nous CToyons qu'elles sont justifiées par les circonstances.

Quand le temps sera venu de les expliquer, nous le ferons, nous l'espérons, avee succès, et à la satisfaction des hommes raisonnables, de la même manière que je viens de le faire pour l'année 1887-1888, la dernière ann: pour laquelle nous avons les comptes publics — ceux de 1888-1889, étant en cours de préparation, et ceux de 1889-1890, ne pouvant, naturellement, être faits qu'après le 80 juin prochain.

Mais l'on dit: “ Vous avez demandé pour ces deux années-]à “ plus que pour les précédentes, ot conséquemment vous continuez “à augmenter les dépenses.”

Cette assertion est vraie, mais elle est insuffisante à justifier une condamnation.

D'abord, nous ne dépensons pas au-delà de nos revenus, puisque nous aVons eu un surplus durant l'année terminée le 30 juin dernier, et que nous en aurons un autre pour l'année courante,

Ensuite, l'augmentation des dépenses est justifiable, tant par les besoins du service public que par les travaux à accomplir.

Ainsi, par exemple, nous avons élevé certains salaires dans les départements et dans les cours de Justice,

Eh bien! la chose était indispensable, je ne crains pas de le dire. Il y avait de bons employés dont les salaires étaient restés Stationnaires depuis la confédération des avocats, dans les greffes, nommés depuis 30 ans, actifs. laborieux, qui n'avaient que $800 et $900 ; des ouvriers et des journaliers qui ne gagnaient que 98 centins par jour, oui, 98 centins par jour! C’est incroyable, mais c'est vrai.

N'est-ce pas de la barbarie, pure et simple, que de maintenir un tel état de choses ?

Et puis, nous donnons maintenant $100,000 pour les ponts en fer, $100,000 pour les chemins de colonisation; nous faisons faire une grande carte géographique de la province qui va coûter au moins $8,000: nous faisons faire des chemins maritimes dans la Gaspésie et dans la région du Saguenay, ce qui nous coute au-delà de $30,000: nous faisons des explorations dans

les comtés du sud. à partir de Richmond à aller jusqu'à Rimouski, ce qui entraîne une dépense de plus de 440,000 ; nous faisons dessécher des savanes et des marais, creuser des ruisseaux et des rivières, de manière à rendre à l'agriculture des terrains immenses et fertiles, ce qui va couter au-delà de $100,000: nous avons accordé des subventions speciales et additionnelles à des écoles, couvents, collèges, hôpitaux, ete. ete, ete, pour plus de $50,000: nous donnons des primes d'encouragement aux beurreries et fromageries écoles : dépense nouvelle, d'au moins, $10,000 pour ces deux années; nous avons porté l'indemnité des membres de la législature à $K00.00, et le traitement des présidents des chambres à $3,000, augmentation, demandés par les deux partis, de plus de $20,000 par année.

Voilà quelques détails, nécessaires dans les circonstances, et propres à faire disparaître bi: des préjugés et des calomnies, que je ivre à l'intelligente appréciation des citoyens de ee pays.

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