‹ Discours prononcé par l'honorable M. Honoré Mercier, premier ministre de la province [microforme]Chapitre 8 sur 25 · AUGMENTAT'ON DES AFFAIRES · texte numérisé non relu

AUGMENTAT'ON DES AFFAIRES

Un mot, maintenant, sur l'augmentation des affaires, afin de prouver ce que je disais tout-à-l'heure et de démontrer la somme considérable de travail additionnel qu: nous faisons,

Les renseignements que voici parlent par eux-mêmes. Ts ont été préparés avec soin par les chefs de bureau et font voir la différence entre l'ancien régime et le nôtre.

Au secrétariat de la province, nous trouvons, en T8$1, comparutivement à 1886, une augmentation de deux dans le nombre des employés et de 82,120 dans le total des traitements ; mais l'état du travail accompli constate que le nombre de documents où dossiers qui sont passés par les mains des emplovés s'est accru de 13,126 en 1886, à 41,521 en 18N9, ce qui fait une augmentation de 2$,095, ou plus de 209 oo, c'est-à-dire que le travail a plus que doublé, tandis que le nombre et le traitement des employés sont restés à peu près les mêmes.

Au bureau du procureur général, le nombre des employés est resté à sept, comme en 1886, et le total des traitements s'est accru de $712,00 ; mais la besogne a presque doublé: les chiffres qui la représentent sont de 2,854 pour 1886, et 4,808 pour 1889, où une augmentation de 68 00.

Le nombre des employés permanents et surnuméraires, au ministère des travaux publics et des chemins de fer, a été angmenté de trois et le total des traitements de $4,575.00 : l'ouvrage accuse une augmentation de 50 oo, ou trois ou quatre fois plus considérable que celle des employés et des traitements. Ilest peut-être à propos d'ajouter que le nombre des employés permanents a été

diminué de deux et que celui des surnuméraires le sera aussi, dès que nous serons débarrassés du sureroit d'ouvrage qu'impose le règlement des vivilles affaires, que nous avons trouvées dans un état approchant du chaos.

Pour l'agriculture, la colonisation et l'immigration, nous avons augmenté de deux le nombre des employés permanents et surnuiméraires ; mais nous avons fait aussi 68 070 plus de besogne, c'est-à-dire que l'ouvrage a presque doublé

Les chitfres fournis par le bureau de l'auditeur sont à peu pres les mêmes pour 1886 et 1889; mais M. Drolet constate dans son rapport que la besogne a considérablement augmenté,

Le rapport fourni par le département des terres constate une augmentation de quinze dans le nombre des employés, de $15,397.95 dans leurs traitements, et de 15,196, ou 41 070 dans l'état du travail; mais les principaux ofliciers déclarent que ces chiffres sont loin de donner une idée exacte de l'augmentation réelle. Voici ce qu'en dit M. Rivard, chef de Ja branche des ventes de terres pour la section Est :

‘ Ilest peut-être à propos de noter que les rapports et mémot- “res faits depuis une couple d'années dans cette section de la # branche des ventes sont, non-seulement plus nombreux, mais, la “plupart, plus considérables qu'auparavant, tant 11s nécessitent “de travail. d'études, de recherches, ete, témoin : nombre de rap- “ ports sur les biens des Jésuites, d'autres sur les lots de grève, ‘ sur certaines propriétés de la seigneurie de Lauzon, ete. ete,

“Il est aussi bon d'ajouter que, sans doute, par suite de la grande facilité que l'on a maintenant de voyager, nous avons, outre la correspondance écrite, beauc oup d'affaires à transiger verbalement avec les gens qui, au lieu d'écrire, viennent régler leurs aflaires en personne au bureau ; or, pour les entendre et leur répondre, on passe un temps considérable : ce qui souvent occupe un ou deux des principaux employés de la branche, des journées entières.

“ Ceci ne paraît pas dans le chiffre ci-dessus, mais devrait cependant entrer en ligne de compte, 3 Yon veut bien connaître la somme d'ouvrage qui se fait dans cette branche du département des Terres de la Couronne,”

M. Lavoie, chef de Ja section ouest, fait les mêmes remarques et M. Gauvin dit, à propos de la branche des arpentages :

‘Ilest à remarquer que les chiffres du tableau ci-dessus ne re qu'une idée imparfaite de la somme réelle du travail exécuté dans la branche des arpentages ; les recherches quotidiennes faites dans les archives, et les renseignements verbaux de toute espèce, donnés au public, représentent une quantité con sidérable sur laquelle nous n'avons aucune donnée précise.”

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Nous n'avons pas encore pu obtenir du trésor, du bureau de l'instruction publique et de celui de l'imprimeur de la Reine, les renseignements nécessaires pour faire la comparaison entre 1886 et ISR9 ; mais, pour les sept autres bureaux,—coux dun secrétaire, du régistraire, du procureur-général, de l'auditeur, des terres de Hi couronne, des travaux publies, de l'agriculture et de la colonisation,—les données transmises établisse nt que, Si le nombre des employés, permanents et surnuméraires, n'a été augme uté que de 25, et leurs traitements de $26,453.00, la besogne s'est accrue dans } la proportion de 89,871: 147.7IS, ce qui fait 58,347 d'augmentution, ou plus de 65 pour 100, En tenant compte de l'ouvrage additionnel qui ne figure pas dans ces états, on peut dire avec assez d'exactitude que l'ouvrage à presque doublé, on s'est accru de 100 pour 100, tandis que le nombre et le traitement des e mployés n'ont augmente que d'environ 20 pour 100, Ni ceux qui nous re prochent d'avoir augmenté les dépenses fussent restés au pouvoir, pour faire face au surcrott d'ouvrage que nous avons accomph. ils auraient augmenté trois ou quatre fois plus que nons l'a. vons fait le nombre des employés et le montant de leurs traitements.

Qu'il me suflise de citer un exemple pour faire oir toute la ; difiérence entre les deux administrations.

D'apres un état fourmi par M. MucKedie, comptable au département des terres, il appert qu'en 1886, les récettes brutes de ce département ont été de 8630475, et les dépenses brutes de $130.- 009, où 21 pour 100 des récettes, En ISK9, les récettes brutes se sont élevées à $1,065,199 et les dépenses à $211,700, ou £0 pour 100 des recettes, C'est-à-dire, que, tout en augmentant les recettes de $434,724, ou environ 69 pour 100. nous avons diminvé le per-

. centage des dépenses de 1 pour 100.

[1 en est de méme pour presque toutes les autres branches du service publie. Avec une mauvaise foi indigne d'un parti qui se : respecte, l'opposition parle bien fort de la prétendue augmentation des dépenses, mais se donne bien garde de parler de l'augmentation d'affaires et de revenus qui nécessitent ces dépenses additionnelles, Ninous avions voulu suivre leur exemple et lisser le domaine publie au pillage, nous aurions pu exempter certaines dépenses ; mais nous avons cru qu'il était de notre de voir de mettre fin à ce système, et en dépensant $13,397 de plus qu'en 1886 pour l'administration du domaine public, nous avons trouvé moyen de lui faire produire $484,724 de revenu additionnel et de porter les recettes à $1,065,199 en 1889, au lieu de $8630,475 É en 1886 !

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