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Discours prononcés

Dans les quelques notes qui suivent, JE ne m'occuperai que des cultiva teurs de la province de Québec, et meme Ji restreindrai encore le cadre de mon travail au seul district de Québec proprement dit, parce que c’est celui avec lequel je suis le plus familier. Cependant, je crois que les conditions économiques du reste de la province sont sensiblement les mêmes, si l’on veut bien tenir compte des modifications résultant de circonstances locales qui varient nécessairement, dans une certaine mesure, d'un endroit à l'autre.

On sait par les recensements officiels que, de tous les pays du monde, c'est au Etats-Unis que se fait la plus grande dépense de bois en proportion de la population. On avait cru dans le temps que l'usage qui se répand de plus en plus de matériaux de construction inconnus, il y a cinquante ans—l'acier et le béton—allait diminuer cette dépense de bois, mais, en réalité, il n'en a rien été. Au contraire, on constate que, d'une année à l’autre, la consommation du bois suit une progression croissante. Cette augmentation est due,

| en grande partie au développement si rapide des chemins de fer, des lignes télégraphiques et téléphoniques, mais surtout à la dévorante industrie de la fabrication de la pulpe.

Dans une lettre que je viens de recevoir, Monsieur C. de Kirwan, ancien Inspecteur des forêts, en France, affirme qu'il est bien certain que, ” surtout

les besoins de pâte aidant, il s'exploite dans toute l'Amérique du Nord beaucoup plus de bois que la nature n'en produit. A ce train, s'il continue sans être au moins enrayé, la ruine totale de vos cinq cents millions d'hectares de forêt, sera l'affaire tout au plus d'un demi-siècle.”

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