‹ Discours prononcés par l'Hon. député de Gaspé [microforme]Chapitre 4 sur 4 · DISCOUPS SUR LA COLONISATION · texte numérisé non relu

DISCOUPS SUR LA COLONISATION

Par M. E. J. FLYNN, député de Gaspé

Pendant le débat sur I1à Colonisation, à la séance du 40 août dernier de l’Asrernbiée Législative, M. FLYNN, député de Gaspé, pronon; a le discours suivant qui lui s välu les félicitations de ses amis. Ce discours est emprunté au Recueil des Débats pablié par M. Desjardins, rédacteur du Uanadien. Il est une preuve de l’intérés que M, Finn porte à cette importante question de la Colonisation :

M. FLYNN.—M. l'Orateur, je regrette d’avoir à occuper encore l'attention de la chambre sur le sujet du présent débat, mais je croirais manquer à mon devoir, comme représentant d’un des comtés les plus intéressés à la colouisation, si je n'offrais en ce moment quelques observations. Ce qui m'engage le plus à prendre la parole, c'est que certains honorables membres de l'autre côté de la chambre on dit ou insinué que le comté de Gaspé avait eu une trop large part dans la distribution de l'argent de colonisation voté l'année dernière, Je ne leur nierai pas le droit de demander plus pour leurs comtés respectifs, mais ce que je leur nie, c'est le droit de prétendre que le comté que j'ai

‘honneur de représenter a trop reçu. Je prétends, M. l'Orateur, que le comté de Gaspé, ne pouvait avoir une trop large part, et n’a pas reçu autant qu'il doit en justice espérer.

Mais avant de m'occuper plus spécialement de mon comté, qu’il me soit permis de dire que je concoure pleinement dans les remarques déjà faites sur l'importance de l'agriculture et de la colonisation pour l'avenir du pays.

Tai écouté avec beaucoup d'intérêt et de plaisir les discours des honorables députés des deux côtés de lachambre, sur l4 question, au nombre desquels se trouve l'honorable député pour l’Islet. Leur parole a d'autant plus de poids

u'ils ont eux-mêmes des connaissances pratiques du sujet.

’hon. député de Richmond et Wolfe a trouvé ses pensées et ses idées si heureuses et si bien inspirées—et je ne dirai pas qu'il n'avait pas raisôon—qu'il a cru devoir les coucher par écrit, afin, sans doute, qu’elles puissent passer à la postérité !

Il est clair que l’on termine la session par où on aurait dû la commencer. Nous avons passé deux mois à discuter des choses plus ou moins utiles, et voilà que, tout d'un coup, nous nous apercevons que, de tous les sujets qui intéressent le plus vivement nos électeurs, celui de l’agriculture et de la colonisation, n'a pas encore été traité. Mais mieux vaut tard que jamais.

L'agriculture, la colonisation, voilà la véritable question du jour; c’est elle qui devrait engager l'attention de tous les'hommes publics, de tous les membre de cette chambre, de tous les esprits vraiment patriotiques et dévoués aux intérêts de cette province.

Je dis qu’il est du devoir de tous les hommes publics de : di iger leurs efforts vers ce DUL, et d B: ai à COMNrenare £

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trouver plus dé bonheur et de bien-être, qu’elle Most trompée et que le bonheur et le bien-être pour elle ne sauraient être trouvés qu’à l'ombre du clocher de nos paisibles campagnes. Aujourd’hui, plus que jamais, en face des événements dont nous venons-d’être témoins, il semble que c'est le moment propice de favoriser l'établissement du plus grand nombre possible de colons sur les terres de la Couronne ; ‘mais commençôns par ouvrir au hardipionnier des routes à travers la forêt, pour qu'il puisse y aSseoir sa démeure et trouver dans la culture de la terre son propre soutien et celui de sa famille.

Nous avons un territoire immense encore à béni la province de Québec offre une étendue de plus de 100, 000. - 000 d’âcres de terre arable en superficie non concédés. D'après le recensement de 1871, l’on voit que la superficie des quatre principales provinces de la Confédération, savoir : Québec, Ontario, ll at boit et la Nouvelle-Ecosse, est comme suit:

Québec, 120,000,000 d’âcres en enclos Ontario, 65,060,000 : Nouveau-Br unswick, 17,000,000 ; Nouvelle- Ecosse, 18 ,000, 000. :

Il appert par ces chiffres que la province de Québec est de beaucoup la plus grande de toutes ces provinces, ayant une superficie du double de celle d'Ontario.

L'on trouve qu’en 1871, le nombre d'occupants de terres

dans ces quatre provinces était comme suit :

Québec. sie none ion 1448086 Oftarions, iso Nbr ro 172,258 Nouveau-Brunswick........:.....4.......,.. 81,202 Nouvelle-Ecosse....... AR CA SAT RE CU EUR 41,816

Maintenant, voici la proportion de la population pour chaque mille âmes dans chacune des provinces :

Québécois fisaseeds 99-10 par 1,000 ämes Ontario. si 106-217 se Nouveau-Brunswick ...…. 109-925 fé f6 Nouvelle-Ecosse.......…..…. 119-18 (L és

De tous ces chiffres, il résulte que nous avons, dans la province de Québec, comme je le disais tout-à-l'heure, un terricoire beaucoup plus étendu, et, au point de: vue agricole, la province de Qnébec devra compter sur un plus grand avenir que les autres provinces. Un autre fait qu'il importe de remarquer, c'est que la porportion par mille âmes qui est adonné à la culture de laterre est beaucoup. plus grande dans la province d'Ontario, du Nouveau-

Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, que dans la province de Québec. Cela est surtout étonnant pour ce qui regarde les provinces du Nouveau-Brunswicket de la Nouvelle-Ecosse,

car, (se ces mt lon est porté à croire généralement

sopylation s'adonne moins à la culture des champs

ti

Je suis heureux de voir que le gouvernement a pu, cette année, augmenter l'appropriation poür les fins de la colonisation, en la fixant à $45,600, ce qui fait une augmentasion: de $7,600; sur celle de l’année dernière. Certains honorables membres se sont plaints, surtout l’année dernière, de ce que le gouvernement avait diminué la somme pour la’ colonisation. Il ne faut pas oublier que cette somme a été diminuée d'année en année surtout depuis 1878. Depüis la confédération jusqu'à l’année ‘dernière la législature votait des sommes considérables pour cette ffn, généralement au delà de $100,000 par année Mais, en 1874, a commencé la fièvre des chemins de fer. L'on disait que les meilleures routes de colonisation étaient les chemins de fer, et au’lieu de donner aux routes ordinaires ‘de colonisation, l’on donnait aux chemins de fer. L'on voit que de £ 80,000 en 1874, le chiffre des octrois pour la colonisation est descendu, en 1875, à $59,000 ; en 1878, à #48,000 ; en 1878, à $38,000, et enfin cette année à $45,600.

L'année dernière, le gouvernement n’a pas cru, à raison

‘de l’état des finances, pouvoir porter cette somme à un

chiffre plus important ; mais il a pensé qu'avec un emploi judicieux et économique de la somme votée, l’on pourrait arriver à un résultat aussi satisfaisant qu'avec celle de l’année précédente, vu la manière dont elle avait été employée.

Je suis heureux de pouvoir dire que, pour ce qui est du comté que je représente, ce résultat a été obtenu comme j'aurai occassion de le dire dans un instant. Maintenant, je me permettrai de parler un peu de la Gapésie. Il est pénible de voir combien ‘est grand le nombre de ceux qui ignorent ce qu'est cette partie du pays. J’entendais, toutà-l'heure, l'honorable député de Temiscouata parler de “ pays de montagnes et de rochers,” je présume qu'il faisait allusion au comté de Gaspé. Je dois lyi dire qu'il est complètement dans l'erreur, et pour qu’on ne m’'accuse pas de partialité, je citerai un extrait ou deux du rapport du directeur de la colonisation pour l’année 1878. À un endroit de ce rappu-t, voici ce qu'il dit :

“ L'idée que le public s’est faite de la péninsule gaspésienne est erronée. L’impression générale est que c’est un pays couvert en grande partie de montagnes arides, et que jamais la colonisation ne s'y pourra développer. Cependant, le voyageur imbu de ce préjugé, est agréablement surpris de trouver non-seulement sur les rivages de la mer, mais souvent jusqu'à une profondeur de 10 à 12 milles et même plus, un'sol riche:et facile à cultiver ; les montagnes ne sont pas rocheuses ; elles s'élèvent en pentes trèsdouces, ou bien leurs sommets forment de vaste plateaux, très-propres à la colonisation. ”

Plus loin il dit ceci:

Mais je ne puis m'empêcher de répéter que la pénin-

süle gaspésienne est appelée à devenir, et deviendra avec le temps, presque aussi importante par ses richesses agricole que par la richesse de ses pêcheries. ”

Or, nous connaissons déjà la richesse de ces pêcheries : et, pour en donner une idée, en passant, qu'il me suffise de dire que la valeur totale du poisson exporté du Canada, pendant l’année terminée le 80 juin 1878, est de 46,929,866, et la valeur totale du poisson exporté et non-exporté, pendant la même année, est de $18,878,486. Et dans ce chiffre de plus de #6,000,000 de poisson exporté, la province de Québec figure pour la somme de $805,499. Or, je vous le demande, d’où vient, zsur ia province de Québec, cette source de richesses, si ce n’est, en grande partie, de la Graspésie ? Mais ce n’est pas le temps, M. l'Orateur, de parler de la question des pêcheries ; occupons-nous spécialement du comté de Gaspé au point de vue de la colonisation. Il n'y a aucun doute que cette partie de la province a fait des progrès considérables sous le rapport de l’agriculture et de la colonisation, depuis dix à quinze ans, mais il reste encore beaucoup à faire. Là où il n’y avait, il y a' une quinzaine d'années, que des missions éloignées, environnées de toutes parts par la forêt, et sans communication entre elles, l’on voit aujourd’hui de belles et grandes paroisses qui deviendront, je l'espère, de plus en plus florissantes. Ce qu'ii y a de remarquable dans toutes ces paroisses, c’est que le colon n’a pu encore pénétrer généralement, au-delà du deuxième rang, et dans quelques endroits du premier rang. Il reste encore les troisième, quatrième et cinquième rangs à coloniser. Le comté de Gaspé est un des comtés les plus étendus de la province de Québec, et même de la Puissance, contenant une étendue de 2,988,760 âcres en superficie, avec un littoral d’audelà de 20@ milles. De prime abord, l’on pourrait être porté à croire qu'il ue devrait pas y rester beaucoup de voies de colonisation à faire, car si l'on en juge par l’état fourni dans le dernier rapport du commissaire de l’agriculture et des travaux publics, des sommes dépensées pour la colonisation de 1867-68 à 1877-78 dans chaque comté de la province, le comté de Gaspé aurait eu une somme assez ronde.

Mais il ne faut pas oublier que, dans cette somme, est comprise celle de $18,000 votées spécialement par la législature, en 1870 ou 1871, pour le “ chemin maritime.” Or, ce chemin, bien qu'il ait servi à la colonisation, est plutôt un chemin provincial, construit par la province, avec l'aide * du gouvernement fédéral, servant comme route postale. Il s'étend depuis Nainte-Ane-des-Monts jusqu'à la Rivièreau-Renard, distance de 120 milles ou à peu près. L'on a constamment pris, sur les sommes accordées pour la colo-

œm« jisation dans le comté de Gaspé, une part considérable,

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tous les ans, pour la réraration:et l'entretien de ce chemin ui a abrsrbé jusqu’à présent au-delà de la somme de 80,0€* ‘{alheureusement, il a:été en beaucoup d’endroits mai trs: : et mal fait. H traverse en grande partie un territoire non encore incorporé ; il y a. sur son parcours, de distance en distance, un grand nombre d'établissements de colons qui ont laissé les paroisses d'en haut-notamment le comté de Rimouski -qui maintenant vivent de la culture de la terre ; mais ces colons sont trop. pauvres pour entretenir ou réparer ce chemin. Dans ce moment, il est en grande partie impraticabie et le courrier est obligé de transporter la malle sur son aus ne pouvant y passer en voiture! Un grand nombre de ponts sont tombés, soit par vice de construction, soit par la crue des eaux, et:illy a nécessité urgente de les reconstruire. Nuldouteque ce chemin est provincial, entièrement à la charge de la province,.et qu'il est du devoir du gouvernement de le faire réparer. Une grande partie de l'argent accordé au comté de Gaspé, ayant été employée pour le chemin maritime, ce qui est arrivé même l’année dernière, pour.le pont à Mont-Louis, il s'ensuit que les autres parties du comté n'ont pas pu encore obtenir tout le secours dont elles ont besoin ,pour les fins de la colonisation. Cette année, les demandes sont plus nombreuses que jamais; il y a déjà une vingtaine de roquêtes à cette fin devant le département de lagricul- ‘ ture et des travaux publics, venant de toutes les parties du comté. Maintenant, afin de mieux démontrer à cette honorable Chambre, que l'on a tort de prétendre que le comté de Gaspé a eu une trop large part du budget, voyons sur quelle base la distribution des:argents de colonisation devrait être faite. Je dis que le gouvernement peut et doit même tenir compte de plusieurs choses: d’abord pour être justifiable des sacrifices faits pour la colonisation dans un comté, il fant qu’il v ait raison de les faire. Le gouvernement ne serait donc pas justifiable de dépenser, dan: un comté où il n’y a aucune colonisation à faire, des sommes d'argent spécialement 7otées par la législature à cette fin. Quantau montant accordé à chaque comté, l’on doit tenir compte de scn étendue, de sa population, du fait qu’il ne bénéficie pas de la construction des chemins de fer, et enfin du revenu qu'il fournit au trésor public. Pour ce qui est de l'étendue du comté de Gaspé, j'em ai déjà parlé: quant à la population elle était de 18,729 âmes en 1871. Il n’y a pas de comté dans la province où la, population augmente plus rapidement, et cela par le seul effet de l'excédent des naissances sur les mortalités., Un fait remarquable, c'est que jusqu'à présent l'on n’a pas eu à déplorer aucune émigration de la population à la différence de ce qui malheureusement existe pour beaucoup

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d’autres comtés de la province. L’habitant de la Gaspésie est généralement attaché à son foyer.

Absence de chemin de fer.—-J’ai déjà eu occasion de dire, en proposant une adresse au sujet du chemin de fer de la baie des Chaleurs, qu’il n'était que juste que les comtés qui n'en avaient pas bénéficié devaient avoir une plus large part dans la distribution des deniers accordés à la colonisation, et ce principe semble avoir été admis par l'honorable premier-ministre et par la Chambre. ': Nous avons, F4 Méca une dette de 18 à 14 millions, contractée pour la construction de chemins de fer, dont le comté de Gaspé ne retire aucun aväntage, mais qui devra être payée par cette partie du pays comme par celle du reste de la province ; il n’est donc que juste que ce comté ait, en ce qui regarde l'argent de colonisation, une plus grande part que ceux qui retirent les avantages de la construction de chemins de fer. L'on peut également tenir compte du revenu que donne un comté. |

En référant'à la liste des comtés qui ont obtenu des secours pour la colonisation, l’année dernière, je vois que trois comtés, ceux de Chicoutimi et Saguenay, Beauce et Rimouski, ont obtenu plus que le comté de Gaspé, et certainement, si l’on tient compte des raisons qui, suivant moi, doivent guider le gouvernement dans la distribution des fonds de colonisation, il y a beaucoup de comtés qui

ont reeu trop comparativement à celui de Gaspé, et ce

dernier aurait pu prétendre à plus.

Je ne continuerai pas la comparaison, je ne voudrais pas le faire, car je ne désire pas froisser aucun des honorables membres de cette Chambre, mon but n'étant que de démontrer que le comté de Gaspé, comparativement au autres comtés, est loin d’avoir une trop large part de l'oc- -troi. : L'honorable député pour Richmond et Wolfe a été le premier à faire contraster la position du comté de Gaspé sous ce rapport. Je lui ferai donc l'honneur de lui soumettre, ainsi qu’à cette Chambre, une petite comparaison qui séra propre, je l'espère, à le convaincre de la vérité. Et d’abord, il n’est pas exact de dire que la somme accordée au comté de Gaspé, l’année dernière, a été de $2,800 ; elle a été de $2,254.60, et pour les comtés de Richmond et Wolfe de #580. : Mais si l’on tient compte des différentes sommes reçues par cette dernière division, depuis 1874, c’est-à-dire depuis l'inauguration de notre systéme de chemins de fer, il est facile de se convaincre que, comparativement au comté de Graspé, elle a trop reçu et l'honorable député ne devrait pas se plaindre.

(Ici, le député de Gaspé donne des chiffres que l’on trouve dans le dernier rapport du commissaire de l’agriculture et des travar * publics, pour prouver son avancé.) Puis il continue : ‘ :

Si l’on applique, M. l'Orateur, à la division électorale de | | Richmond et Wolfe, les principes que j'ai énoncés, il y a | uu instant, quant à la manière de faire la distribution de | l'argent en faveur de la colonisation, que trouvons-nous ?

.! D'abord, .cette partie du pays a bénéficié de la construc-

, tion des chemins de fer ; le comté de Gaspé n'en a retiré

aucun avantage. L'étendue des comtés de Richmond et

Wolfe, n’est que de 761,621 âcres en superficie ; celle de

Gaspé, est de 2,988,760 âcres. Et pour ce qui est du re-

venu apporté par ce dernier, pour bois et forêts seulement,

la somme versée au trésor public, en 1877, était de $5,276.-

717, et en 1878, de $5,704.80, tandis que les comtés de Rich-

mond et Wolfe, suivant les comptes publics, ne donnent

rien ou presque rien au trésor public. | +.

Quant à l'honorable député pour Montcalm, il me semble

qu'il a tort de se plaindre de ce qu'on aurait trop.accordé

au comté de Gaspé, la superficie totale de son comté n'étant

que 318,612 âcres et la population seulement de 12,742

âmes d’après le dernier recensement ;. et de plus ce comté

ayant bénéficié, au moins indirectement, de la construction

de chemins de fer.

Le comté de Charlevoix, je l’admets, n’a pas l'avantage

des chemins de fer, mais sa population n’est que de 15,000

âmes, et la somme de $1,500 qui lui a été accordée, l’année

dernière, est plus forte que celle à laquelle il avait droit,

comparativement au comté de Gaspé.

Le comté de Témiscouata a l'avantage du chemin de fer

Intercolonial. Son étendue n’est pas la moitié de celle du

comté de Gaspé, et au reste, ce comté a été bien traité

depuis la Confédération, puisqu'il a touché, à venir jusqu’à

aujourd'hui, la somme dé $82,131.68 pour les fins de la colonisation. Mon but, en faisant ces comparaisons, n’est

pas précisément de démontrer que les honorables membres

qui représentent les différents comtés que je viens de citer

n'auraient pas, jusqu'à un certain point, droit de se plaindre

de ce que d’autres comtés ont profité des octrois, mais bien

de faire voir qu'ils ont tort de se plaindre de ce que le

gouvernement a accordé $2,254 au comté de Gaspé. De

fait, je suis. porté à croire que d'autres comtés, compara-

tivement, ont trop recu, mais je n’entends pas entrer dans

la discussion de ce point. Quant à l'emploi de ces $2,254,

je suis heureux de pouvoir dire ici, qu’il a été tout à la fois, économique et RASE Je tiens à la main un état des

| travaux faits à l’aide de cette somme, et cet état montre un

| résultat qui est certainement plus grand et plus satisfaisant

que celui obtenu par le passé; ce qui s'explique de plu-

‘ sieurs manières et surtout par le fait que les conducteurs, | en général, n'ont eu que $1.50 par jour au lieu de $2.00

pour salaire. Mais comme ceci ne peut intéresser le

(] , 0 4 1aMDOre, 16 n en Uiral DAS davantage, :

LS

On'à parlé de différénts ‘moyens d'énco f Îés: pau- ‘ vres colons. Le fait ést que il y a utié’ classé dans la société qui n'érite dé l'encouragement, c'est 'bieri!'célle-là. : ÆPai 6t6 moi-même plusieurs fois témoin dela miéière br ir qui débute au milieu dela forêt, et' qui chéréhe à arracher du sin de la térre uñe subsistance pour Iui-même et sa famille. Ce spectacle, j'en ‘ai Et" t6moin, en parcourant dette paftie dn ‘pays qui se ‘rattache le plès immiédidtement au. comté dé Gaspé; sut les: borde du'Saint-Haurent, et déns plusieurs endroits du comté dé Gaspé Je me suis dit alors: Si nos législateurs! avaient une idée plus juste dé la position de cés malheureux, il me sémblé qu'il seraient plus disposés à leur porter secours, au lieu de donner des sommes considérables pour d’autres fins souvent béaucoup moins utiles. ki |

Jé fie suis demandé s'il ne vaudrait pas mieux venir en aide à cette classe qui souffre chez nous, plutôt que! de dépenser d'aussi grandes somimes pour attirer sur nos rivages des gens qui y derieurent à peine vingt-quatre heurés avant que dé franchir la frontière ? Parmi les moyens pré: pres à encourager le colon, il y en a un qui‘a déjà produit ui excellent effet ailleurs, notañiment dans la province d'Ontario, ét dont j'aimerais voir l'application dans cette province. Je veux parler d'une loi générale propre à mettre le colon plus à l'abri de la misère et du découragement, loi qu'on appelle ‘* Homestead Law.” Je ignore pas qu'il ‘y ait déjà une loi, passée en 1868, sous le titre “ loi pour encourager la colonisation, ” et qui exempte de la saisie ceftains meubles. du colon débiteur, mais qui, suivant moi, est trop restreinte pour ce qe én est de sa terre.

La 41vi d'Ontario contient des dispositions beeucoup plus larges ét plus favorables. Je: ri'entends pas, M: l'Orateur, discuter cette question plus au long dans lé moment, quitte ‘à y revenir à une autre session, à la prémière occasion qui se présentera. Hot

Dansle discours du trône, il est question d’une mesure potir encourager les ouvriers des villes à s'établir sur les Æérres dé la Couronne: Une semblablé mesuresérait plus “qiwütile dans le moment de’ crise que nous subissofs. Aussi, j'ose espérer que le gouvernement pourra la présehter pendant cette session ou du moins à la prochaine

Pour en finir, je répète ce que j'ai dit en témmeénçant ‘nes remarques : Encourageons la colonisation ‘et l'agriculture, il y va: de l'avenir de notre pays. L'agriculture est pour l'Etat la base la plus sûre de sa prospérité ét de sa sécuyité ; elle fait’les peuples grands, riches et heureux; et, “sdivant un grand homme de l'antiquité : “ Il n’ÿ'4 rién de

‘plus utile, de plus agréable et de plus digne de l’homme -qué Pagriculture | ” (Applaudissements.) «GÉANT

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