PUISSANCE DU CANADA
CHAMBRE DES COMMUNES, Le 31 Mars, 1868.
L’Hon. G. E. CARTIER, en présentant le bill susmentionné, s'exprime en ces termes :—
J’ose espérer que ce bill sera favorablement accueilli par toute la chambre. Depuis quelques jours, on a fait courir le bruit que ce bill serait une bombe qui jetterait le désarroi dans les rangs de la droite. Je ne partage aucunement cette appréhension. Mon Honorable ami d'Ottawa a déclaré hier soir que “ Le Ministre de la Milice était toujours audacieux,” semper audax ; je lui rappellerai, à ce propos, une citation de Virgile : audaces Fortuna juvat, “La Fortune aide les audacieux,-—(Applaudissements.)—et je ne crains nullement, sur cette mesure, l’échec que le bill de milice de 1862 fit subir à mes collègues et à moi-même, Je crois cette mesure nécessaire pour compléter le grand œuvre national de la Confédération. J’ai déjà fait observer, en d’autres circonstances, que trois éléments indispensables constituent une nation, savoir: la population, le territoire et la marine. Mais le couronnement, également indispensable, de l'édifice, est la force militaire. (Très-bien!) Aucun peuple ne saurait prétendre au titre de nation, s’il n’a chez lui l'élément militaire, un système de défense. Je ne réclame pas une organisation militaire dans des vues d’aggression. Notre ambition pent exploiter un vaste champ à l’intérieur. Notre
nouvelle constitution nous permet d’étendre nos frontières de l’Atlantique à l’Océan Pacifique, et, pour atteindre ce but, je désire autant que personne que nous aîitirions, le plas tôt possible, dans la Confédération, le Territoire du N DS Deer et la Colombie Anglaise.
Mais pour en revenir à la mesure que je vais présenter, je
dirai qu’avant de la soumettre à cette chambre, j’ai cru devoir
étudier les lois de milice de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau Brunswick. La population du Nouveau-Brunswick est d’environ 300,000 âmes et celle de la Nouvelle-Ecosse 400,000. La population de la Province d’Ontario est de 1,600 000 à 1,700,000 et celle de la Province de Québec, de 1,800,000 à 1,400,000. Bien qu’Ontario et Québec constituent de beaucoup la plus grande partie de la population de la Puissance, les Provinces de Golfe nous fournissent un élément précieux dans leur population maritime. En cas d’hostilités, nul doute que l’issue de la lutte se déciderait, en grande partie, sur mer. Nul doute aussi qu'Ontario et Québec enverraient sur le champ de bataille un plus grand nombre d’hommes d’infanterie, d’artillerie et de cavalerie que les provinces maritimes; mais pour la défense navale, ces dernières occuperaient le premier rang.
‘Sans autre préambule, j’aborderai maintenant la mesure ellemême. J'ai Ke eu l’honneur de dire que j’ai pris en considération non-seulement les lois de milice de ancienne province du Canada, mais celles du Nouveau:Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse et même de l’Ile du Prince Edouard. J’ai donné ordre de distribuer toutes ces lois en même temps que le bill dont il s’ägit, J'ai inclus, dans cette distribution, les lois de milice de l'Ile du Prince Edouard, espérant qu'avant peu cette province formera partie de l’Union. J’ai eu aussi l’avantage de consulter le rapport du colonel distingué qui commande la milice de la province du Canada, je veux parler du Colonel MacDougall qui, sous forme de bill, m'a communiqué ses vues sur Porganisation de la milice du pays. Le travail de cet officier distingué ne m’a pas été médiocrement utile en cette occasion. J’ajouterai même que j'ai puisé des enseignements précieux dans une nouvelle étude du bill qui, en 1862, amena la chute du ministère dont je faisais partie. (Applaudissements.) Je dois dire enfin que j’ai tiré un grand secours du rapport dressé par le colonel Lysons et la commission que Son Excellece lui avaît adjointe pour étudier les lois de milice, rapport sur lequel était basée la mesure que je viens de mentionner. (Applaudissements.)
Le bill que j’ai maintenant l’honneur de présenter à la chambre divise la milice en Milice Active et Milice de Réserve. Ja Milice Active devra comprendre les Volontuires,
la Milice, Régulière et la Milice Navale, La Milice de Réserve comprendra tous les hommes qui ne servent pas dans la milice active. La milice, en général, comprendra tous les habitants mâles du Canada, âgés de dix-huit ans au moins e de soixante ans au plus, qui pourront tous être appelés au service, survenant une levée en masse. La milice sera partagée en quatre classes :—la première comprendra les hommes âgés de dix-huit ans et plus, mais de moins de trente ans, non mariés ou veufs sans enfants ; la deuxième comprendra ceux âgés de trente ans et plus, mais de moins de quarante-cinq ans, non mariés ou veufs sans enfants ; la troisième con:prendra ceux âgés de dix-huit ans et plus, mais de moins de qnarante-cinq ansÿ mariés ou veufs avec des enfants ; la quatrième comprendra ceux âgés de quarante-cinq ans et plus, mais audessous de soixante. Le bill, autorise l’organisation des volontaires conformément aux lois en existence. Il sera fixé une certaine période durant laquelle. les. volontaires pourront s’enrôler .et si, à l’expiration de cette période, le nombre n’est pas suffisant, le bill pourvoit à la complétion des compagnies de service, car le nombre des miliciens en état de service ne devra pas être moindre que 40,000 pour toute la Puissance. D’autre part, les officiers de la milice de réserve, ou tel nombre d’entre eux que le gouverneur général pourra fixer, devront s’exercer en même temps que les hommes des coinpagnies de service. Si une division militaire ne fournit pas au service actif son plein contingent de volontaires, on obtiendra le nombre requis au moyen du tirage au sort dans cette division. Le bill divise le Canada en neuf districts militaires, savoir : l’un comprenant la province du Nouveau-Brunswick, l’un comprenant la province de la Nouvelle-Ecosse, trois dans la province de Québec, et quatre dans la province d’Ontario. A la tête de chaque district militaire, il y aura un députéadjudant-général de district assisté d’un état-major suflsant pour veiller à la bonne exécution des lois de milice dans ce district. Le bill pourvoit aussi à ce que le Canada soit divisé en autant de divisions régimentaires qu’il sera jugé convenable ; le nombre de ces divisions pourra être augmenté, suivant que les circonstances l’exigeront. Si, par exemple, on décidait que le Canada sera divisé en deux cents divisions régimentaires,—avec notre population Ontario en aurait 88, Québec 68, la Nouvelle-Ecosse 24, et le Nouveau-Brunswick 20. Outre les divisions régimentaires, il y aura une division de compagnie topographique. Le bill prescrit la nomination d’un ieutenant-colone]) et de deux majors pour chaque division régimentaire, avec capitaines, lieutenants, enseignes, et le nombre nécessaire de sous-officiers. ÆFn temps de paix, les 1 *
divisions régimentaires fourniront, pour être exercées, des compagnies de service devant former un effectif de 40,000 hommes, comme je l’ai dit. Sij’en juge par le montant payé pour l'exercice, la force volontaire active de l’ancienne province du Canada représentait un effectif de 20,000 à 24,000 hommes. A l’époque de l’invasion Fénienne, nous avions environ 31,000 volontaires enrôlés, mais ce nombre a diminué depuis. D’après les statistiques que jai pu me procurer, le nombre de volontaires du Nouveau-Brunswick était d’environ 2,000, Quant à la Nouvelle-Ecosse, je n’ai point de données certaines,
La mesure actuelle est, jusqu’à un certain point coercitive ; on conserve le système volontaire, maïs si, avec ce système, on n'obtient pas l’effectif requis de 40,000 hommes, on devra compléter les cadres au moyen du tirage au sort, de façon à ce que chaque division régimentaire fournisse son contingent.
Pa
Pour réaliser cet effectif de 40,000 hommes, le Haut-Canada devra en fournir 17,500 ; le Bas-Canada, 13,500 ; le Nouveau- Brunswick, 4,000, et la Nouvelle-Ecosse, 6,000. Chaque division régimentaire devra fournir son contingent, non d’après sa population, mais d’après le nombre d’hommes y enrôlés dans le service de la milice. S’il fallait avoir recours au tirage au sort, dans une division régimentaire, les compagnies de service seraient choisies : 1° parmi les hommes non mariés de 18 à 30 ans ; et si cela ne suffisait pas, parmi les hommes non mariés de 30 à 45 ans ; ensuite, parmi les hommes mariés de 18 à 45 ans, et enfin, —bien que ce dernier cas ne doive probablement se présenter jamais,—parmi les hommes de 45 à 60 ans.
Relativement à l’organisation des divisions régimentaires, l’enrôlement sera fait par le capitaine de chaque compagnie aidé de ses officiers et sous-officiers. Le capitaine pourra se présenter dans chaque maison et exiger qu’on lui fournisse sur les hommes de cette maison, obligés de servir dans la milice, tous les renseignements propres à le mettre à même de compiéter ses rôles. Il n’aura pas à s’acquitter de ce devoir chaque année, mais tous les deux ans. Le fatigant système de recourir aux rôles d'évaluation dans chaque municipalité pour faire l’enrôlement n’a jamais réussi, ne fournissant point de rapports exacts. Ce système, que l’on suit actuellement, a le grave inconvénient de nécessiter trois opérations successives: Îo. un rapport des estimateurs ; 20. le choix des bataillons du service actif, d’après ces rapports, par les shérifs dans le Haut-Canada et par les régistrateurs dans le Bas-Canada ; 30. la nécessité où se trouve le capitaine de chaque compagnie d’un bataillon de service d’aller de maison en maison pour enrôler ses hommes.
Avec ce système, on a enrôlé de 80,000 à 90,000 hommes, mais dont on n’a jamais obtenu aucun service. Un autre vice des lois actuelles est qu’elles ne donnent point les moyens de constater l'effectif de la milice de réserve. De toutes les provinces unies, le Nouveau-Brunswick a la meilleure loi de milice et cette loi y a donné d’excellents résultats.
Le bill que j'ai l’honneur de présenter prescrit que les compagnies de service, enrôlées pour service actif, ne serviront que deux ans et que les volontaires serviront trois ans. Le nombre de jours d’exercice fixés par le même bill sera de huit jours au moins et de seize jours au plus, mais tout corps ou toute compagnie pourra s’exercer durant un plus grand nombre de jours, au gré des hommes, ou d’après les ordres de l’officier commandant. Quant aux jours d’exercice en outre des seize jours prescrits, les hommes de la milice active résidant dans les limites de deux milles du lieu où l’on s’exerce, seront seuls requis d’être présents. Les lieutenants-colonels, majors et capitaines de régiments devront résider dans les limites de leurs divisions régimentaires respectives. De cette manière, ils connaîtront leurs hommes et ceux-ci pourront toujours se bien faire expliquer le système par des officiers qui résident au milieu d’eux et dans lesquels ils auront nécessairement confiance. En 1862, conformément à la loi alors en existence, on fit un enrôlement qui donna, pour Ontario et Québec, 305,000 miliciens, plus 25,000 volontaires. Comme plusieurs bataillons ne firent pas rapport, on évalue approximativement ce ehiffre à 475,000. Depuis cette époque, le nombre des hommes sujets à l’enrôlement doit avoir atteint 600,000. Le Nouveau-Brunswick en fournit 43,000; le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle- Ecosse réunis doivent pouvoir fournir un effectif de 100,000 hommes, ce qui donne, pour toute la Puissance, un total de 700,000 hommes en état de porter les armes pour la défense du pays. (Très-bien!) Un fait important à constater c’est que, sur ce nombre d’hommes, il y a au moins 70,000 marins dont 40,000 où 50,000 sont fournis par la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick. Si la puissance maritime de l’Angleterre est supérieure à celle de la France, cela est dû à ce que la population maritime est plus nombreuse chez les Anglais que chez les Français. Napoléon I a dit un jour qu’il lui serait facile de construire un nombre indéfini de vaisseaux de guerre, mais que la grande difficulté serait de trouver des matelots pour monter cette flotte. Si toute la marine anglaise périssait aujourd’hui, corps et biens, la population maritime employée sur les navires marchands suffirait pour monter une nouvelle flotte. Le fait que notre population maritime représente un effectif de 70,000 hommes est donc très important dans laques-
tion qui nous occupe. En vertu du bill que je propose, le capitaine devra établir une distinction entre la milice proprement dite et la milice navale, Pour exciter les préjugés des habitants des provinces maritimes, on a dit que leur milice serait appelée à nous défendre ici. En ce qui concerne les marins, je puis dire qu'ils ne seront obligés à aucun service militaire ; ils ont une bonne école toute trouvée dans la navigation de long cours ou celle de nos grands cours d’eau à l’intérieur. Je ne prétends pas, par ce bill, organiser la milice navale, c’est une question laissée au gouverneur-général en conseil. Mais le bill contient des dispositions propres à encourager l’organisation de compagnies navales. Je crois que, sous la loi proposée, nos amis du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse constateront bientôt que leurs devoirs militaires sont moins rigoureux que sous leurs propres lois, On m'a dit qu’une clause de la loi de milice de la Nouvelle-Ecosse autorise le gouverneur à exiger de toute la population sujette au service de la milice un certain nombre de Jours d’exercice chaque année. Si je suis bien renseigné, d’après le dernier ordre général, tous les hommes de milice de la Nouvelle- Ecosse étaient obligés à cinq jours d’exercice durant l’année ; c’est-à-dire que 35,000 ou 40,000 hommes étaient forcés, à leur grand préjudice, de faire le service actif. En vertu de la loi actuelle, la Nouvelle-Ecosse ne devra fournir que 5,000 hommes au service actif.
Quant à la classification d’après l’âge, je l’ai prise dans la loi de réorganisation de l’armée récemment adoptée par les chambres françaises. En supposant même qu’il n’y eût pas d'organisation volontaire, je suis sûr que parmi les jeunes gens de 18 à 30 ans, on trouvera toujours, sans difficulté, l’effectif de 40,000 hommes qui doit être soumis à l'exercice. Ilen résultera que, tous les deux ans, nous aurons, —disséminés sur toutes les
arties de la Puissance, —40,000 jeunes gens suffisamment famiiers avec le maniement des armes et dont les services seraient précieux dans le cas où il serait nécessaire de les appeler au service actif.
Comme je l’ai déjà dit, non-seulement les 40,000 hommes du service actif, et leurs officiers, seront exercés, mais les offi ciers de la milice de réserve devrent suivre l'exercice avec eux et se trouveront ainsi plus propres à commander, au cas où il serait nécessaire d’appeler sous les armes plus de 40,000 hommes. Si nous avions 200 divisions régimentaires, chaque régiment fournirait trente officiers, en tout 6,000 officiers, qui devront faire l’exercice ; pour 300 divisions régimentaires, ce nombre s’élèverait à 9,000 et ainsi de suite. Les hommes du service actif, leurs officiers et les officiers de la réserve seront
Pn, put 2 PO et. En pat EP eg
S ty A
tous payés le même prix pour l'exercice, soit 50 cts, par jour. Le bill de 1862 fut perdu parcequ’on le disait trop dispendieux, trop général, et pourtant, lorsque l’Hon. membre pour Cornwa:l présenta un bill de milice, il commença par demander une allocation de #250,000 pour l’organisation des volontaires ; — or le montant était le plus considérable de tous ceux qu’on avait demandés jusqu’alors. L’année suivante, l’Hon. membre pour Cornwall présenta une mesure recommandant une organisation encore plus vaste et, par suite, une dépense plus considérable. Depuis cette époque, des dépenses beaucoup plus considérables oni été nécessaires, d’abord pour empêcher le renouvellement de tentatives dans le genre de celle de St. Alban, secondement pour arrêter l’invasion Fénienne. Mais je crois, que personne, dans le pays, n’a blâmé les dépenses.
La tentative des Féniens nous a donné, sur la question de défense, des idées que nous n’avions pas lorsque le biil de 1862 fut rejeté. Je dois ici rendre justice, et je m’acquitte de ce devoir avec le plus grand plaisir,—je dois rendre justice à un officier de milice nommé par l’Hon. Membre, je veux parler du lieutenant-colonel Powell. Les services signalés de cet officier m’ont convaincu qu’on ne pouvait faire un meilleur choix pour le poste de député-adjudant-général de milice.
J'espère que le Gouvernement Impérial sera satisfait du nombre d'hommes que ce bill oblige à l’exercice en vue du service actif. Et ce n’est pas une force peu considérable que 700,000 hommes de milice ! Alors que les quatre millions de blancs qui habitent le Sud de l'Amérique étaient dans la plus grande détresse, ils ont pu fournir 400,000 soldats pour défendre leurs pays durant quatre ans contre les envahissements de la population du Nord qui compte 24 millions, et a mis en campagne, durant la guerre, l'effectif énorme de 2,600,000 hommes. Si le malheur voulait que nous eussions un jour à combattre une invasion Américaine, nous serions dans une position beaucoup plus avantageuse que les Sudistes avec nos 100,000 hommes prêts à prendre les armes, sans compter les secours de l’Angleterre et l’Océan ouvert à notre flotte. (Trèsbien!
D’après le bill actuel, le nombre des exemptions est trèslimité. Les juges et le clergé,--avec une ou deux autres catégories de citoyens,—sont seuls exempts de porter les armes. Quant aux Quakers, ils seront toujours exempts de prendre les armes.
On me demandera, peut-être, pourquoi j’ai pris la direction du département de la milice ?—Je répondrai que j’ai toujours aimé à affronter les difficultés et que le département de la milice en offre de nombreuses. J'aime la diversité et j’ai toujours
accepté courageusement les positions importantes que j'ai tour à tour occupées. J'ai travaillé successivement aux lois d'éducation, à la législation des chemins de fer, à la cadification des lois, et enfin j’ai dû prendre part aux nominations des juges et autres officiers judiciaires, comme on a pu s’en convaincre par la discussion d’hier soir. (Applaudissements.)
Me voilà maintenant au département de la milice, pourquoi n’essaierais-je pas de remplir ma charge à la satisfaction de mes concitoyens ? (Très-bien et applaudissements). Je ne désespère aucunement d’obtenir ce résultat.
J’en viens au ‘“ mémoire de frais,” la ‘ carte à payer,” le ‘ To be, or not lo be”? de toute la mesure proposée, et je commence par avertir les Honorables messieurs qui m’écoutent de ne pas trop ajouter foi aux déclarations des journaux en ce qui concerne le coût de notre organisation militaire.
Mais avant d’aller plus loin, ilest une autre question inséparable de celle-là que je désire signaler à l’attention de l’Hon. membre pour Châteauguay,—je veux parler des fortifications. C’est une question d’argent, et lors de la seconde lecture du bill, j’expliquerai à la chambre mes vues sur ce sujet. Je préciserai le montant que la Puissance devra dépenser pour exécuter les fortifications que le Gouvernement Impérial exige de nous. Je n’en dirai mot à présent, mais je conseille aux Honorables membres’ de la droite, aussi bien qu’à ceux de la gauche, de ne point s’effrayer par avance ; qu’ils veuillent bien attendre mon exposé et je leur promets qu’ils en seront ravis. (Applaudissements.
Avant d'aborder le mémoire de frais, je soumettrai à la chambre un état des dépenses pour la milice dans l’ancienne province du Canada, depuis 1864-65. Cette année-là, l’allocation pour le service de la milice était, en chiffres ronds, de $384,000. Survint la nécessité de réorganiser la milice à la suite de Pinvasionde St. Alban, en sorte que les dépenses de l’année se montèrent à #744,000 ; un vote de crédit dut couvrir le montant dépensé en outre de l'allocation. En 1865-66, année de l’invasion Fénienne on a dû faire des dépenses imprévues très considérables. La somme voiée pour la milice était de #470,000, et l’on dépensa #1,285,000 ; le parlement dut encore donner un vote de crédit pour le déficit. Tout le monde sait que les menaces incessantes des Féniens nous ont depuis obligés à maintenir la milice sur le même pied qu’en 1866. Ces envahisseurs ne semblent pas avoir interrompu leurs mouvements. En 1866 et 1867, le montant accordé était de #1,887,000, et l’on a dépensé $1,700,000. Pour l’année actuelle, c’est-à-dire du premier juillet dernier au premier juillet prochain, —il y a une allocation qui affecte.#140,000 à la Nouvelle-Ecosse et $80,000