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M au Nouveau-Brunswick. Je n’ai pu obtenir de ces deux pro- X vinces un état exact de leurs dépenses, mais je les fixe approl- ximativement au total ci-dessus. Mais y compris ces dé- S penses, un montant de $1,148,000 sera nécessaire, plus #470,000 n pour l'installation des casernes et pour le paiement des muni-
tions que le gouvernement impérial nous a procurées. Les $1,148,000 ne s’appliqueront, en réalité, qu'aux dépenses ordi-
8 naires. Le montant total des dépenses de la milice, y com- 8- pris les réclamations payées par le Gouvernement Impérial et qui devront lui être remboursées, s’élèvera au chiffre de le $1,621,000. On voit donc que depuis trois ans, la dépense an- 1e nuelle pour la milice a été, en moyenne, de $1,500,000. Mais le nous pouvons porter quelque chose à notre crédit dans ce monai ù tant considérable. Le gouvernement canadien a, dans ses ar- N senaux, pour $#457,000 d’armes et de munitions qui sont payées, A = À plus une valeur de $828,000 en habillements, entre les mains A: des volontaires. De plus, les salles d’exercice du Haut et du 8. E Bas-Canada représentent une valeur de #81,000, et nos canonlu nières sont évaluées à #33,000, ce qui forme un total de ê- $1,400,000 au crédit du gouvernement canadien. à 4 M. MACKENZIE désire savoir si le montant indiqué pour le les salles d'exercice représente le montant payé, sous ce chef, D" A par le gouvernement, ou bien la valeur de ces salles d’exercice, € | car ilne faut pas oublier que les municipalités ont payé la e | moitié des frais de construction.
* | L’hon. M. CARTIER.—Je répondrai pleinement à cette | question un autre jour. Les municipalités, il est vrai, four- A | nissent leur part dans la construction des salles d’exercice, mais e | je crois que ces salles sont devenues la propriété du gouvernek | ment ; je prendrai des renseignements à cet égard. En tous 6 | cas, le gouvernement possède un tiers de la valeur des salles e | d'exercice. Le département de la milice possède donc en tout je | une valeur de #1,400,000 ; si l’on déduit de ce montant 440,000 U | pour la part des municipalités dans la construction des salles * | d'exercice, il reste $1,360,000 représentant la partie des déà { penses dont je viens de parler. Je crois que l’Hon. membre , pour Châteaugay n’apprécie pas beaucoup ces valeurs qui, après tout, ne donnent pas de dividendes. Mais comme elles P- servent à la défense du pays, je crois qu’elles fournissent à la » Puissance un dividende plus fort que si elles étaient réduites 8 en actions de banque. J’en viens enfin au mémoire de frais. 6 (Attention ! attention !). Moi aussi, je dirai: ‘ Attention ! ”
mais j’espère que mes amis ne s’effraient pas d’avance. ) A six heures, la chambre s’ajourne.
Après l’ajournement, L’hon. M. CARTIER reprend son discours :—La mesure
que j’ai l’honneur de présenter, si elle devient loi, nous fournira tous les moyens de protection et de défense dont nous avons eu besoin depuis trois ans, mais à beaucoup moins de frais. Une nouvelle invasion Fénienne rencontrerait une résistance beaucoup plus forte que pat le passé. Une loi réglant la question de la milice et celle des fortifications fera savoir à l’étranger que nous sommes déterminés à rester sous la protection de la couronne Anglaise, (Très-bien!) que nous ne voulons pas être soumis à d’autre souverain, Je suis même sûr que si l’on demandait à la chambre de sanctionner une loi de milice trèscoûteuse, la chambre la sanctionnerait. (Très-bien!). Mais la mesure actuelle vise à l’économie, et c’est surtout à ce point de vue qu’elle se recommande à la chambre. J’aborde le ‘ mémoire de frais.” D’abord, j’ai l’intention de donner un plus grand développement aux écoles militaires. A l’Hon. membre pour Cornwall revient le mérite d'avoir établi ces écoles dans l’ancienne Province du Canada. A Toronto, Montréal, Québec et Kingston, ces écoles ont été fréquentées par un grand nombre d’élèves ct ont donné les résultats les plus satisfaisants. Je désire que les talents militaires du pays soient utilisés le plus possible dans ces écoles, et le Haut et le Bas-Canada comptent un grand nombre d’excellents instructeurs. : Le système des écoles devra être étendu aux provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick et je demanderai une allocation suffisante pour établir des écoles dans ces deux provinces. J’aurai à Due? au traitement de l’adjudant-général, du député-adjudant-général, des officiers du département de la milice, de neuf députés-adjudants-généraux de district, avec l’état-major nécessaire, et enfin au traitement de six majors de brigade, en outre de ceux qui sont déjà en fonctions. Pour le département de la milice, y compris le bureau de l’adjudant-général à Ottawa, son député, son commis et les députés-adjudants-généraux des différents districts mentionnés, avec le personnel nécessaire pour le fonctionnement du service, la dépense totale sera de 54,000. A cette somme il faut ajouter celle des traitements des majors de bri-
de. Sous ce dernier chef, l’ancienne Province du Canada dépensait #19,000. Outre les officiers alors requis, il faudra en nommer six pour la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick, ce qui formera un total de 25,000. Pour les dépenses contingentes, j'ai fixé #$45,000. Pour les accidents qui ‘peuvent arriver à l'exercice, l’ancienne Province du Canada votait #2,000, et je suis heureux d’avoir à dire qu’on n’a jamais dépensé qu’une faible partie de cette somme., Je suppose donc qu’une somme de $3,000 serait suffisante, sous ce chef, pour toute la Puissance. Dans l’ancienne Province
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du Canada, le coût des munitions était fixé à #50,000 ; celui de chaque école militaire, à $#20,000, formant un total de $80,- 000 pour les quatre écoles. Je propose d’ajouter #40,000 pour le même service au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle- Ecosse.
J’en viens à l’item considérable de l’habillement. Comme je l'ai expliqué, le gouvernement a déjà, dans ses magasins, une grande quantité d’effets pour les volontaires, et nul doute que la même chose existe au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle- Ecosse, mais je n’ai point encore de données précises sur ce dernier point. Je me propose de demander, pour ce service, une somme annuelle de #15,000. On présume que le costume d’un volontaire dure cinq ans, mais ce fait n’est pas clairement établi. Si l’on organise un eorps de 20,000 volontaires, pour l'exercer pendant seize jours, il en coûtera #160,000 ; à cette somme il faut ajouter #15,000 pour les chevaux. Quant aux compagnies de service, je ne demanderai que l’allocation pouvant suffire à huit jours d’exercice pour la première année. Huit jours d’exercice de 20,000 hommes des compagnies de service coûteraient #128,000, 11 faut compter de plus 6,000 officiers. J’avais d’abord proposé de donner à ces derniers #1 par jour, mais, après réflexion, j’ai cru ne devoir leur accorder que 50 cts. par jour, ce qui réduira nécessairement les dépenses. A $1 par jour, les 6,000 officiers coûteraient $48,000 pour huit jours d’exercice ; mais, comme je viens de le dire, cette allocation est réduite de moitié.
M. MACKENZIE.—A coup sûr, l’Honorable monsieur ne prétend pas employer 6,000 officiers pour 20,000 hommes ?
L’'Hon. M. CARTIER.—Je veux parler de la milice active et de service. D’après le bill actuel, je suppose le Canada divisé en 200 bataillons, avec 30 officiers par bataillon, ce qui donne bien le total de 6,000. Pour le transport de la milice de service, y compris le tirage au sort et les dépenses imprévues, je calcule $#33,000. Je compte #32,000 pour l’enrôlement qui sera fait, tous les deux ans, par le capitaine de chaque division de compagnie, lequel recevra une certaine somme pour faire un recensement d’après le nombre de miliciens qui dévront être enrôlés. Après le premier enrôlement, le gouvernement pourra agir sur des données plus fixes. Pour les majors de brigade, le budget de l’ancienne province du Canada portait #19,000 et je calcule aujourd’hui $25,000. 11 faudra #50,000 pour les sergents-instructeurs.
M. MACKENZIE.—C'est cinquante par cent de plus que la somme votée l’an dernier.
L’'Hon. M. CARTIER.—Mais il faut pourvoir aux dépenses du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, et songer
que la population de Québec et d’Ontario va toujours en augmentant. Pour les munitions de guerre, les capotes et accoutrements, vient l’item suivant de $#55,000 par année. Tout le service exécuté en vertu du présent bill coûtera $900,000 et rien de plus. (Applaudissements.) Je ne comprends pas, dans ce chiffre, le montant que le Parlement Fédétal pure octroyer pour les salles d’exercice. Il est à désirer que le système suivi, à cet égard, par le gouvernement de l’ancienne province du Canada soit continué, —il devrait l’être. Enfin, je l’avoue en terminant, j’ai presque honte de venir demander à une grande assemblée délibérante comme la Chambre des Communes une somme aussi minime pour un service public si important. (Applaudissements.)
M. MACKENZIE.—L’Honorable monsieur ne péche pas souvent de ce côté-là.
L’Hon. M. CARTIER.—J’avoue que j'ai été un grand pécheur, mais j’espère qu’on me pardonnera beaucoup en considération de la présente mesure. On me saura gré, je l’espère, de maintenir 40,000 hommes et 6,000 officiers en état de service avec la faible somme de $900,000. L’Honorable membre pour Châteauguay est sans doute fort étonné de ce chiffre. a M Et pourtant c’est là tout ce que je deman-
erai.
M. MACKENZIE. En calculant les dépenses de l’an dernier, l’Hon. Monsieur a mentionné un item de #153,000 pour les canonnières, et aujourd’hui, pour ménager sans doute un contraste favorable entre la mesure actuelle et celle qui était en force antérieurement, il n’a signalé aucun item sous ce chef.
L’Hon. M. CARTIER.—L’explication est facile. L’an dernier, il fallait acheter les canonnières;—de là cet item. Aujourd’hui le gouvernement possède deux canonnières et n’a nullement besoin d’un vote de fonds à cette fin. En outre, les canonnières sont, en grande partie, entretenues par le gouvernement impérial.
En réponse à l’Hon. J. S. MACDONALD,
L’Hon. M. CARTIER continue :—Le rassemblement des compagnies de service s'effectuera en vertu de règlements promulgués de temps à autre, suivant les besoins de chaque district. J’ajouterai que l’allocation annuelle de #900,000 pourra ne pas être toujours dépensée entièrement. En pareil cas, l’excédant pourra être appliqué à l’achat de tentes pour les compagnies de service. D’après un état que j’ai sous les yeux, les tentes nécessaires pour les officiers et soldats de 200 divisions LL mis coûteraient, en Angleterre, #86,000. D’après le bill, le Gouverneur en Conseil pourra faire des règlements en vue de la mise à effet de la loi de milice, et ces règlements
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seront souris aux chambres dans les vingt ou trente premiers jours de la session. En temps de guerre, l’enrôlement sera obligatoire pour tous, avec le privilége, néanmoins, de fournir des remplaçants. En temps de paix, tout homme devra servir, mais pourra s’exempter du service en fournissant un remplaçant ou payant $30,.
En réponse à l’Hon. M. HOLTON.—Avant la seconde lecture du bill, la correspondance relative à l’organisation de la milice et aux fortifications du pays, sera soumise à la chambre et l’on distribuera, en même temps, les lois de milice du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de l'ancienne Province du Canada, pour faciliter la discussion
M. JONES.-—Des garanties seront-elles exigées des jeunes gens instruits dans nos écoles militaires, afin qu’ils ne quittent pas le pays, après avoir été gradués, nour aller servir à l’étran-
er!
M. CARTIER.—Aucune loi n’oblige les jeunes gens instruits dans nos écoles militaires à rester dans le pays. Ils sont libres d’aller où ils veulent, et le pays ne peut qu’être fier d’avoir donné à ceux qui partent une bonne éducation militaire. La jeunesse canadienne, je suis heureux de le dire, est d'humeur assez martiale, 1l est notoire aujourd’hui que 50,000 canadiens se sont enrôlés dans l’armée du Nord, durant la dernière guerre aux Etats-Unis. (Cent cinquante jeunes gens viennent de partir volontairement pour s’enrôler dans l’armée Pontificale. Ils vont combattre Garibaldi qui est le Grand Féniendel’Italie.(Applaudissements.)1lsvontdéfendre Sa Sainteté le Pape qui est l’ennemi le plus déterminé des Féniens. Et je suis sûr de ce que j’affirme ici, car lorsque j’ai eu l’honneur, en compagnie de l’Hon. T. D. McGee, d’obtenir une audience de Sa Sainteté, la première question qu’Elle m’adressa fut celle-ci : ‘ J'espère, mon cher fils, que les Féniens Irlandais d'Amérique ont cessé de troubler la paix de votre pays.” J’ajouterai, à ce propos, que toute l’église Catholique est opposée au Fénianisme. (Applaudissements.
L’Hon. J. S. MacDONALD.—Le sort du bill de 1862 a clairement démontré que toute loi de milice coercitive répugne à la population du Canada. Je crois qu’en l’absence de danger, la mesure actuelle, ou toute autre qu’on pourrait présenter, sera lettre-morte pour la grande majorité des miliciens. Mais survienn: un danger, et tous les Canadiens voleront aux armes pour la défense de leurs foyers et de la Patrie. On se rappelle avec quelle générosité les allocations énormes pour la défense du pays furent votées par les chambres canadiennes, et avec quelle unanimité tout le pays sut applaudir à cette décision de la législature. L’Honorable ministre de la milice a fait un
brillant tableau des hauts faits que pourraient accomplir 700,000 canadiens appelés tout-à-coup sur le champ de bataille. Mais je sais parfaitement que le bill actuel n’assure aucunement la bonne éducation militaire de cette a:mée énorme ; je fais toutefois une exception en faveur de la milice de service.
M. Cartwright et plusieurs autres membres de la droite attaquèrent vUeitésit, à l’époque, la mesure que je présentais et dans laquelle ils trouvèrent mille défauts. Ces attaques étaient basées, en général, sur une dépêche du Rureau des Colonies exigeant que le Canada entretint 50,000 hommes en état de service. L’Hon. Ministre des Finances fut un de ceux qui me reprochèrent le plus violemment de n’avoir pas su élever mon patriotisme à la hauteur de cette recommandation du Cabinet Anglais. Je suis curieux de savoir quelle attitude mes Honorables adversaires vont prendre aujourd’hui que le Ministre de la Milice se contente de 40,000 hommes dans des circonstances beaucoup plus critiques et avec le renfort de deux nouvelles provinces. (Très-bien.) [ici l’Hon. monsieur lit des passages de la dépêche du Duc de Newcastle qui demandait le maintien de 50,000 hommes et voulait obliger le gouvernement canadien à mettre de côté une somme d’argent disponible pour la défense du pays pendant cinq ans et en dehors du contré’ : du parlement canadien, mais sous celui du Gouveruement Impérial. Le cabinet dont j'étais le chef n’hésita pas à répondre que, d’après les usages du pays, les deniers prélevés par le peuple ne devaient être dépensés qu’avec son approbation, et que l'entretien de 50,000 hommes était de beaucoup trop onéreux pour le pays. Mes Honorables collègues et moi-même, nous avons aujourd’hui la satisfaction de voir que la mesure actuelle est entièrement basée sur les principes que les Honorables membres de la droite combattirent alors si violemment. (Très-bien). Après les explications que je viens d’entendre, je crois néanmoins que le bill actuel aura l’appui de la chambre. La seule différence essentielle entre le bill aujourd’hui présenté et celui que j’ai soumis moi-même, réside dans le système d’enrôlement. Je ne demandais pas un centime sous ce chef; d’après la nouvelle loi, l’enrôlement par les capitaines coûtera #32,000. J’ignore ce que l’opposition pourra dire du bill, mais, selon moi, il est, en général, satisfaisant. Si la chambre l’adopte, ce sera, pour ainsi dire, une sanction de la mesure proposée par le gouvernement dont j’étais le chef. Je rappellerai ici que, dans la préparation de mon bill de milice, j’eus beaucoup à me louer des bienveillants avis de Lord Monck. Je n’ai pas été peu charmé d’entendre l’Honorable ministre de la milice faire des compliments bien sentis au lieutenant-colonel Powell, dont la nomination me mérita,