‹ Discours sur l'action de Marie dans la Société prononcé devant l'Union catholique de St. Hyacinthe le 8 décembre 1872 [microforme]Chapitre 10 sur 23 · J. À. BERTHELOT · texte numérisé non relu

J. À. BERTHELOT

Extrait d'une lettre de l'Honorable JT. II, Beaudry, Juge de la Cour Supérieure, à Myr. l'Evéque de St. Hyaëinthe.

Montréal, 29 Janvier 1873.

Monseigneur,

J'ai l'honneur d’accuser réception de la lettre que vous avez bien voulu m'adresser en date du 9 du courant, et de vous offrir doublement mes remerciements, d’abord pour la lettre elle-même, et en second lieu pour l'envoi d’un exemplaire de la belle lecture de Messire Raymond qui accompagne votre lettre et sur laquelle vous me demandez mon opinion.

J'ai lu et relu attentivement, Monseigneur, les $. XVIT et XVIII du discours de Monsieur le Vicaire-(rénéral Raymond dont j'ai depuis nombre d'années eu occasion d'apprécier la science et la sagesse, qui, avec votre approbation, suflisaient pour ine faire adopter toutes les vues et les opinions contenues en ce l.cours, heureux d'y trouver si bien exprimé ce que j'avais

«v anoins bien dans le Code des Curés [pp. 3. 4].

è Quis mon admission au barreau, j'ai suivi la législation et ,rrès de la jurisprudence concernant les matières canonicociviles, si je puis m’exprimer ainsi, et j'ai pu me convainere que

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si jadis, les jurisconsultes de ce pays ont été plus où moins portés vers les idées des anciens parlementaires français, cette tendance a toujours été en diminuant depuis environ quarante ans, et les vestiges qui en restent dans notre législation pourront en être aisément effacés, s'ils nuisent réellement à la liberté de l'Eglise,

Quand au Gallicanisme, je dois avouer que je ne comprends pas le sens de ce mot ici en Canada. Si par Gallicanisme, on entend le système des prétendues libertés de l'Eglise de France, bien certainement rien de tel n'existe ici. Car avec la domination française ont cessé tous les droits que les rois de France s'arrogeaint dans l'administration ecclésiastique comme proctection de l'Eglise ; la discipline de l'Eglise a cessé d’être controlé par le souverain, l'intervention de la couronne d'Angleterre a été combattue ct finalement abondonnée dans Ia nomination aux Evéché et aux cures ; et il ne reste plus dans nos lois que des dispositions rendues, pour ainsi dire, nécessaires dans certaines matières où les intérêts civils sont intimement liés à l’administration ecclésiatique, ou dans lesquelles cette administration a recours au bras de l'autorité civile : telles sont l'érection des paroisse, la contribution aux édifices du culte, l'administration des paroisse, la dime et les registres. Sur toutes ces matières, on peut dire que l’autorité ecclésiastique a jusqu'ici sans contestation accepté la l‘gislation civile.

L'Eglise du Canada esten parfaite union avec Rome, et ni ecclésiastique ni laique ne pense à invoquer Les libertés de l'Eglise gallicane, ni assujettir les décrets de Rome à l'approbation des conciles provinciaux, ni un visade l'autorité civile. Tout catholique ici rconnaît l'infaillibilité du Souverain-Pontif et s'y soumot de même qu'à tout décret qui en émane.

Mais, nous dit-on, vous maintenez, en certains cas, l'autorité civile contre les règles cononiques. A cela nous répendons que les Juges sont tenus d'exécuter la loi telle qu'elle est ct telle qu'elle est admise par lEpicopat ; et que s’il y faut des changements, c’est au parlement qu'il faut s'adresser ; et on sait que le parlement est tout disposé à se rendre au vœux que l'Episcopat

pourra former. Si c'est là le libéralisme dont on nous inculpe, quoique peu versé dans la théologie, j'ai peine à croire que ce soit là le libéralisme condamné dans le Syllabus.

Je ne puis done que me joindre de tout cœur aux opinions si bien exprimées par Messir Raymond, et c'est là le sentiment de tous cenx avec qui j'en ai converse,

Votre Grandeur voudra bien croire aux sentiments du profond respect avec lequel j'ai l'honneur de me souscrire,

De Votre Grandeur, Le très humble et obéissant serviteur,

J. H. Braupey.

Extrait d'une lettre de l'IHonorable À. Polette Juge de la Cour Supérieure, À Myr. l'Evcque de St. Hyacinthe.

Trois-Rivières, 31 Janvier 1873, Monseigneur,

Je regrette infiniment que des affaires pressantes dans lesquelles j'étais déjà engagé, que je ne pouvais mettre de côtè et qui ont été plus longues que je ne l'avais d’abord pensé, no m'aient pus permis d’accuser plus tôt réception de la lettre bienveillante que Votre Grandeur ma fait l'honneur de m'écrire le 15 de ce mois, et que j'ai reçue en son temps avec le discours qui l’'accompagnait.

J'ai lu et relu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir le discours de M. le Grand-Vicaire Raymond, Ce discours est admirable de justesse et de vérité; il dit tout, sans qu'il soit possible d'y ajouter ni d'en retrancher un mot; il rend parfaite justice à la population catholique du pays, et venge d’une manière aussi éclatante que courageuse ceux qu'on à si injustement qualifiés de libéraux, de gallicans. Aussi qu'il me soit permis d'exprimer un vœu que je ne suis pas le seul à former, c'est que ce beau discours soit répandu à profusion dans tous les diocèses du pays.

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