‹ Discours sur l'émancipation immédiate opposée à l'émancipation progressive dans les colonies françaises, au sujet des pétitions pésentées [sic] à la Chambre des pairsChapitre 2 sur 4 · MARNE · texte numérisé non relu

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on leur fait un crime du taux de l'intérêt, plus élevé chez eux qu’au sein de la mère-patrie. HbAGE in hi. |

Examinez avec un esprit observateur cet intérêt qu’on dit énorme, et qu’on suppose propre à des colons sans ordre et sans économie, au milieu d’un état social coupable aussi de ce fléau. Mers. ‘86 Je vais vous den di biancong en vous disant que l’intérêt de l'argent n’est pas moindre en Algérie qu’à la Martinique, à la Guadeloupe, à Bourbon. En Algérie, quand tout va bien, l'intérêt ne s’élève, comme dans nos iles à sucre, qu’à 12 p. 0/0. C'était le taux de Rome toute-puissante, ce fut longtemps celui d'Athènes, RE ces deux Etats br saient l’univers de leur nom. ph: |

Pourrions-nous être surpris qu'aujourd'hui, toutes les fois qu’il faut quitter la mère-patrie pour créer des établissements d'outre-mer, à travers tant de hasards, de fatigues et de périls, les capitaux, méticuleux, réclament un intérêt plus élevé?

À mon tour, je veux vous donner un excellent moyen de réduire le taux de l’argent dans nos colonies.

Qu'est-ce qui fait baisser le taux de l'argent? La sécurité pour l'avenir, la garantie pour le présent. C’est le contraire que vous demandez ! Lorsque le Gouvernement vient de porter une loi rénovatrice, lorsque cette loi compte à peine dixhuit mois d’existence, vous venez, imprudents! la remettre en question. Vous discutez pour savoir s’il faut la laisser produire ses effets, ou si vous ne ferez pas une révolution immédiate, en foulant aux pieds les résultats déjà conquis, pour aspirer à des résultats inconnus. Et vous voulez qu’en présence de celte versatilité, les capitaux ne se retirent pas des colonies frappées d’une malédiction si téméraire ! vous voulez qu’ils partent de France pour s’empresser d'aborder en des ports où vous préparez des naufrages! En vérité, vous demandez des bienfaits impossibles, pour résultat des fléaux les plus certains.

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Vous le voyez, nul plus que moi ne désire que l'intérêt de l'argent s’abaisse dans nos colonies.

Mais, je le déclare, si vous voulez menacer sans cesse nos établissements d'outre-mer d’une révolution violente et prochaine, voire mème immédiate, les capitaux ne s’y porteront jamais ; et l'intérêt, loin de s’abaisser, dépassera toute limite. Di |

Si donc nous voulons favoriser l’état social des colonies dirigé vers la liberté, suivons avec constance la route où nous sommes entrés par la loi de 1845, et proclamons très-haut notre persévérance.

Vous avez fait cette loi, restez-y fidèles. Vous avez rendu justice aux intentions du Gouvernement; vous n’avez, certes, pas trouvé qu’il fût exempt de zèle sur tout ce qui regarde les intérêts matériels, chose qui touche un grand nombre de personnes ici-bas. Vous trouvez qu’on marche à cet égard dans la bonne voie; par conséquent, selon vous, il n’y a rien de mieux à faire sur ce point. Je n’ai donc rien à justifier de ce côté.

Pour achever mes réponses aux observations critiques, prodiguées il n’y a qu’un moment, je m’occuperai du sujet le plus grave, celui des intérêts religieux.

Je trouve en premier lieu l’honorable comte de Montalembert beaucoup trop sévère , injuste même à l’égard du clergé des colonies. Savez-vous quelle est la position de ce: clergé? Il n’y a pas jusqu’à ce jour, dans nos établissements d'outre-mer, un ecclésiastique pour 4,000 habitants; vous n’avez qu’à comparer la population totale avec le nombre des prêtres, et vous pourrez vous en convaincre. En France, avec un climat doux et tempéré, vous avez plus d’un ecclésiastique par 1,000 habitants. Certes, il est beaucoup moins fatigant d’aller d’une extrémité de nos paroisses à l’autre en France, par une chaleur modérée, et lorsque la paroisse à quatre fois moins d’étendue, que de parcourir une vaste pa-

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roisse coloniale, sous le climat accablant de la zone torride. Si donc, en France, les ecclésiastiques ne suffisent qu’avec peine à tous les devoirs de leur ministère, je demanderai comment on pourrait être plus exigeant, sous la zone torride, envers des ecclésiastiques ayant quatre fois plus de fidèles et parcourant un territoire beaucoup plus étendu, par des voies de communication beaucoup moins praticables. !

Si vous ne trouvez pas les résultats obtenus aussi considérables que vous le désireriez, commencez donc par compter avec la nature des choses... Il n’est pas vrai non plus de dire que le clergé catholique des colonies ne fasse rien pour le bonheur et la civilisation de la race esclave, ni qu’il ne prenne qu’un faible intérêt à la religion, non pas seulement des blancs mais des noirs. On vous a cité, au contraire, des exemples remarquables ; on vous en a cité surtout relativement à l'ile Bourbon. J'en ai trouvé de consignés dans le rapport de M. le duc de Broglie; d’autres l'ont été, plus tard, dans les comptes officiels publiés par le département de la marine, en 1845. Je pourrais encore citer les pa- Fois désintéressées des gouverneurs, qui rendent hommage

à de tels progrès. Reconnaissez donc avec moi la vérité ; Jouez la prudence vraiment évangélique des prêtres de l'Église coloniale, qui font le bien sans éclat, comme la charité sans bruit.

Notre honorable collègue semble ignorer qu’il y a dans nos colonies des préfets apostoliques, et qu’ils ne sont pas révocables au gré de l'administration civile, car ils remplissent des fonctions réellement épiscopales; et, si je ne me trompe, il faut que le pape lui-même sanctionne leur institution.

Notre honorable collègue a parlé des vicaires apostoliques ; cest la même chose que les préfets apostoliques : la seule différence est que ceux-ci n’ont pas reçu le sacre de l’épiscopat.

Chacun des préfets apostoliques, dans la colonie, exerce l'autorité épiscopale; il en remplit toutes les fonctions. Je ré-

pète qu’il n’est pas exact d'affirmer qu’on pourrait, sans lintervention du saint-siége, les révoquer comme des fonctionpaires de l’ordre civil.

Maintenant est-il vrai de dire que la religion catholique prenne peu d’intérét à la question de l'esclavage? Le clergé catholique l’a comprise avec sagesse. Il a pensé que ce n’était pas en pesant sur le pouvoir, en se faisant politique au lieu de rester dans le sanctuaire, afin d'intervenir dans la constitution des colonies ; que ce n’était pas en suivant cette voie que la religion devait agir; qu’elle avait, elle, une autre manière de procéder qu’en flétrissant et maudissant. Notre honorable collègue a dit, au sujet de l'Église, qu’il ne savait pas si l’on pouvait faire des reproches au passé, mais qu’on n’en pouvait pas faire au présent. Je veux, moi, remonter dans le passé jusqu'aux temps les plus sublimes de la primitive Eglise; jusqu’à ceux qui nous offrent des modèles dont le néo-catholicisme serait trop heureux d'approcher, sans espérer jamais les égaler.

Cette grande question de l'esclavage, je la trouve abordée : dans les Actes, qui nous sont conservés, de l’homme Îe plus éloquent parmi les premiers apôtres de la foi chrétienne. Qu'il me soit permis de vous rappeler ici quelques-unes de ses paroles : elles pénètrent jusqu’au fond des àmes ; elles sont pleines à la fois de majesté, de clémence et de charité. Certes, ce n’est pas ce grand homme qui jamais eût adopté le langage tenu, je suis fâché de le dire, par les pétitionnaires dont vous avez à juger l’œuvre injurieuse.

Messieurs les Pairs, l’illustre apôtre dont je parle était persécuté ; il était emprisonné, il approchait du terme d’une vie qu’allait couronner le martyre. Îl n’avait, lui vieillard, qu’un serviteur ; ce serviteur était un esclave, un fugitif qui s’était réfugié près de l’immortel vieillard , et qui l’avait servi comme un fils. Que fait l’apôtre? Il ne dit point au propriétaire d’Onésime : Posséder cet homme est un crime, et je te somme de l’affranchir à l’instant, pour ne pas être criminel aux yeux

tt de Dieu ! Permettez-moi de vous rappeler le texte même ; si je ne lisais pas fidèlement d’aussi sublimes paroles, elles: per-

draient trop dans ma bouche. C’est au maître de l’esclave que l’homme de Dieu s'adresse : (Epitre à Philémon.)

7. « Votre charité, mon cher frère, nous a comblé de joie et de consolation, voyant que les œuvres des saints ont reçu tant de soulagement de votre bonté, à, 9 |

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