Les prolétaires doivent également abandonner
les idées métaphysiques.
L'émancipation métaphysique de nos prolétaires est moins avancée, et pourtant aussi indispensable, que leur afiCranchissement théologique. Chez les populations préservées du protestantisme, les subtiles divagations qui aujourd'hui entravent tant l'esprit germanique ont, sans doute, obtenu peu de crédit. Mais le peuple conserve patiout, même à Paris, un vicieux préjugé en faveur de
. ENSEUBLE
rînKtruclion correspondante, quoiqu'il eu soit hearêns^ss ment dépourvu. Il importe beaucoup de rectitîer niaiat^^ liant cette dernière illusion de nos prolétaires, qui seu^H gène désormais leur essor social. Elle repose d'abord si - m une confusion trop fréquente entre l'instruction et l'iE^n telligence, d'où la modestie populaire conclut que l^^s hommes instruits sont seuls aptes à gouverner. Or, cet^Kze méprise, quoique très excusable, conduit souvent à choisir des guides incapables. Une meilleure apprécia tion de notre société apprendra au peuple que, maigre l'orgueil de nos lettrés et même de nos savants, c'est hors de leur sein que se trouvent aujourd'hui la plupart des esprits vraiment puissants, parmi ces praticiens si dédaignés, et quelquefois chez les plus illettrés proléluires. On jugeait mieux au moyen âge, où, l'éducation l'emportant sur l'instruction, on savait admirer et utiliser la profonde sagesse réelle de chevaliers fort ignorants, La rectitude, la sagacité, et même la cohérence, sont, en général, des qualités très indépendantes de toute instruction, et leur culture résulte jusqu'ici beaucoup plus de la vie pratique que de l'apprentissage théorique. Quant à l'esprit d'ensemble, principale base de toute aptitude politique, on peut garantir aujourd'hui qu'il manque surtout aux classes lettrées.
— Vénéralion aveugle des prolétaires pour les littérateurs et les avocats.
Celle remarque conduit ù apprécier, en second lieu, la principale source du grave préjugé que je reproche à nos prolétaires les plus émancipés. 11 tient surtout, en elïet, il leur confusion vicieuse entre toutes les sortes d'instruction. La déplorable con&ance politique qu'ils Rcconlenl encore aux littérateurs et aux avocats monti% que le prestige [H'dautocratique survit chez eux aux prestigfs thèologiques et monarchiques. Mais le cours