QUATRIÈME PARTIE
modérateur tout exercice du pouvoir directeur* Puisque les femmes constituent rélément le plus pu^ çt le plus âpontané de la force morale, elles doivent mieux remplir les conditions qui lui sont propres. L'influence affective qui les caractérise exige, encore plus que l'aptitude spé« cultive» une stricte renonciation à l'activité habituelle du se^e dirigeant. Si donc les philosophes doivent s'abstenir des affaires pratiques, les femmes y devraient, à plus forte raison, renoncer, quand même l'ordre naturel de la société leur laisserait le choix. Car la délicatesse du sentiment, qui constitue leur mérite essentiel et la source de leur véritable ascendant, est encore plus altérable par la vie active que la netteté et la généralité des principes théoriques. L'exercice de l'autorité pratique ne peut se concilier avec l'essor habituel de l'esprit d'ensemble, parce qu'il préoccupe l'intelligence de questions spéciales. Mais il nuit beaucoup plus à la pureté des affections, en développant les impulsions égoïstes. Ce danger serait d'autant moins évitable pour les femmes, que leur âme éminemment tendre manque ordinaireknent d'énergie, de manière à ne pouvoir lutter assez contre les influences corruptrices. Mieux on approfondira ce sujet fondamental, plus on sentira que, loin de nuire à leur vraie vocation, leur situation sociale est très propre à développer, et même à perfectionner, leurs qualités principales. L'ordre naturel des sociétés humaines est, à tous égards, beaucoup moins vicieux que ne l'indiquent aujourd'hui d'aveugles déclamations. Sans le règne spontané de la prépondérance matérielle, la force morale serait dénaturée, comme perdant sa destination caractéristique. Les philosophes et les prolétaires altéreraient bientôt leurs hautes qualités d'esprit et de cœur s'ils obtenaient l'ascendant temporel. Mais l'exercice du commandement corromprait encore davantage la nature féminine. Cette tendance n'est que trop appréciable chez
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les classes supérieures, où la richesse procure souvehr aux femmes une funeste iudépendance, et même un pouvoir abusif. Voilà surtout ce qui oblige à chercher, parmi les prolétaires, le meilleur type féminin, parce que la tendresse s'y développe mieux et y obtient davantage son juste ascendant. La richesse contribue encore plus que l'oisiveté et la dissipation à la dégradation morale des femmes privilégiées.
109. — L'évolution favorise, non pas l'égalité i les sexes, mais leur différenciation.
A cet égard, comme à tout autre, le progrès continu de l'humanité ne fait que mieux développer l'ordre fondamental. Loin que la situation respective des deux sexes tende aucunement vers l'égalité qu'interdit leur nature, l'ensemble du passé conlirme nettement la tendance constante de l'évolution humaine à caractériser davantage leurs différences essentielles. Malgré l'amélioration capitale que le moyen âge apporta dans la condition sociale des femmes occidentales, il leur ôta les fonctions sacerdotales qu'elles partageaient avec les hommes sous le régime polythéique, où le sacerdoce était plutôt esthétique que scientihque. A mesure que le principe des castes a perdu, chez les modernes, son antique ascendant, les femmes ont été exclues de la royauté et de toi autre autorité politique. Les moindres fonctions tiques manifestent une tendance équivalente à éc de plus en plus les femmes des diverses professioi industrielles, même de celles qui semblent devoir li mieux leur convenir. Ainsi, l'existence féminine se concentre davantage dans ta famille, au lieu de s'en dégager, en même temps qu'elle développe mieux un légitime ascendant moral. Loin de se contrarier, ces deux tetlf dances sont, au contraire, nécessairement solidah