‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 160 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

pa y ranimer profondément la foi chrétienne. Ces populations, qu'on taxe d'arriérées, n'adhèrent vraiment au régime catholique que faute de sentir aucune autre satisfaction réelle de leurs besoins moraux et sociaux. Le cœur y est mieux disposé qu'ailleurs au positivisme, d'après une moindre altération des instincts de fraternité, tant compromis dans l'essor industriel des septentrionaux protestants. En même temps, l'esprit s'y trouve moins éloigné du principe fondamental de la nouvelle politique sur la séparation normale des deux puissances. Ainsi, le positivisme y obtiendra un ascendant décisif, aussitôt qu'on y reconnaîtra son aptitude nécessaire à mieux remplir que le catholicisme toutes les conditions qui caractérisaient le régime du moyen âge. Or, cette appréciation appartient davantage au sentiment qu'à la raison, puisque ces conditions étaient principalement morales. Une telle mission propagatrice est donc pleinement conforme à la nature propre du talent féminin. C'est par les femmes que le positivisme doit pénétrer en Italie et en Espagne, tandis que les hommes y ont déjà initié l'Angleterre, et surtout la Hollande, avant-garde permanente, depuis le moyen âge, de toute la Germanie. Mais cet appel positiviste aux Italiennes et aux Elspagnôles ne saurait émaner convenablement que d'une éminente Française, et non d'aucun Français, afin que le cœur y parle mieux au cœur. Puisse cette sommaire indication faire apprécier l'incomparable collègue à laquelle je destinais un tel office, et lui préparer une digne émule !

Un premier exemple décisif confirme donc mon espoir naturel d'associer intimement les cœurs féminins au mouvement philosophique qui leur assigne aujourd'hui une haute mission sociale, prélude caractéristique de leur futur office normal. Quelque exceptionnelle que doive sembler cette coopération initiale, elle n'a pu

qu'anticiper sur la commune adhésion. Car les êtres privilégiés subissent seulement avant les autres les transformations universelles, dont ils deviennent ainsi les meilleurs organes. Sauf son admirable nature, morale et mentale, mûrie d'avance par le malheur, ma sainte collègue n'offrait aucune disposition spécialement favorable à son initiation positiviste. Prolétaire ou illettrée, elle aurait peut-être saisi encore plus facileinent l'esprit fondamental et la destination sociale de la nouvelle philosophie.

118. — La femme est Vêlement sympathique du pouvoir modérateur.

D'après l'ensemble de cette quatrième partie, l'élément le plus systématique du pouvoir modérateur n'a pas moins d'affinité avec l'élément le plus sympathique qu'avec le plus synergique. Une telle adhésion féminine permet seule aux philosophes de compléter Torganisation de la force morale, fondée d'abord sur l'alliance populaire. En instituant aujourd'hui l'impulsion régénératrice qui doit terminer la révolution, ce concours décisif inaugurera déjà l'ordre final, puisque chaque élément modérateur y agira conformément à sa future destination normale et à sa disposition naturelle envers le [)Ouvoir directeur. Celui qui doit rallier les deux autres ' trouvera ainsi, au sein de chaque famille, une heureuse assistance privée pour sa mission sociale, secondée déjà, dans chaque cité, par une puissante coopération publique. Toutes les influences qui doivent rester étrangères au gouvernement pratique concourront alors à soumettre la politique spéciale aux règles constantes de là morale universelle. Dans les cas exceptionnels, l'active participation du peuple dispensera même les deux autres éléments modérateurs de toute intervention directe tendant à dénaturer leur caractère spéculatif ou affectif,

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