‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 162 sur 225 · Le positivisme et Vart · texte numérisé non relu

Le positivisme et Vart

Après avoir caractérisé Tesprit fondamental et la destination sociale de la seule philosophie qui puisse terminer la révolution, j'ai assez expliqué comment cette impulsion systématique doit obtenir un ascendant déci^ sif par l'active coopération des prolétaires et l'intime adhésion des femmes. Mais la puissance régénératrice fondée sur ce triple concours n'embrasserait pas pleinement l'ensemble des éléments humains, si elle ne remplissait point une grande condition complémentaire, envers laquelle il me reste à apprécier son aptitude nécessaire. La raison ne doit pas seulement se subordonner au sentiment pour l'aider à diriger l'activité ; il faut aussi que, sans se laisser dominer par l'imagination, elle la stimule en la réglant. Tel est l'état nornial de notre nature, où les fonctions esthétiques ont trop d'importance pour être négligées dans le régime final de l'hamanité, et par conséquent dans la systématisation qui doit le construire. Mais le positivisme remplit tellement ces conditions complémentaires, que, malgré d'empiriques préventions, je caractériserai sans peine son aptitude directe à constituer dignement l'art moderne, qui, depuis la fin du moyen âge, cherche si vainement une direction générale et une haute destination.

La nouvelle philosophie ne semble mériter les reproches ordinaires de tendance anti-esthétique que quand on la confond avec son préambule scientifique, dont si peu de juges savent aujourd'hui la distinguer. Car ces

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