CINQUIÈME PARTIE
trouvera naturellement conduit à nous offrir des tableaux anticipés de la régénération humaine, appréciée sous tous les aspects susceptibles d'idéalisation. Ce sera sa seconde coopération générale à l'impulsion rénovatrice, en développant sa participation initiale. Au fond, ce nouvel office se réduit à régulariser les utopies, en y subordonnant toujours l'idéalité à la réalité, comme en toute autre composition poétique. La liberté spéculative que semble leur procurer l'anarchie actuelle finit par restreindre beaucoup leur essor eflTectif, d'après les craintes de divagation qu'elle inspire même aux plus rêveurs, dont Tesprit ne saurait devenir insensible aux besoins communs d'harmonie mentale. Mais, quand le domaine de l'imagination se borne à développer et vivifier celui de la raison, les plus austères penseurs subissent volontiers un charme qui, loin d'altérer la réalité, ne fait que mieux ressortir son principal caractère, trop peu déterminé par la science. Ainsi, en assignant aux utopies leur vraie destination, le positivisme stimulera beaucoup ce genre moderne de compositions poétiques, qui, sous l'inspiration sociologique, peut tant concourir à pousser l'ensemble du peuple occidental vers l'état normal de l'humanité. Les cinq modes esthétiques participeront tous à cette salutaire impulsion, en nous faisant d'avance apprécier, d'après l'idéalisation propre à chacun d'eux, les charmes et la grandeur de la nouvelle existence, personnelle, domestique, et sociale.
Cette seconde assistance générale de l'art dans la grande reconstruction en suscitera naturellement une troisième, dont le besoin n'est pas moindre aujourd'hui, pour achever de détacher les occidentaux des vains débris du passé qui empêchent de sentir l'avenir. Il suffira de donner une direction comparative aux tableaux anticipés que je viens d'indiquer. Depuis le début de la transition moderne, au quatorzième siècle, l'art s'est
surtout développé sous une intention critique, qui pourtant convient peu à sa nature éminemment synthétique. Son essor organique peut donc se concilier pleinement avec la lutte secondaire qu'exige encore la situation actuelle envers les opinions, et surtout les mœurs, qui nous restent du régime déchu ou de la phase Iransitoire. Cet ébranlement complémentaire, relatif aux plus intimes racines du passé, allèrera d'autant moins la grande mission de l'art positiviste, qu'il s'accomplira sans jamais exiger une critique directe. Ni envers la Ihéologie, ni seulement quant à la métaphysique, nous n'avons désormais hesoin d'aucune discussion, même philosophique, et, a plus forte raison, poétique. Tout se réduit maintenant à une simple concurrence, le plus souvent implicite, entre les modes opposés suivant lesquels le catholicisme et le positivîsmecorrespondent aux mêmes hesoins moraux et sociaux. Or cet office accessoire, dont les bases scientifiques sont déjà posées, est surlout du ressort de l'art, puisqu'il doit s'adresser davantage an sentiment qu'à la raison. J'en ai indiqué le cas le ) caractéristique, à la fin de la quatrième partie, poi noble coopération que je réservais à ma sainte colljl envers l'initiation positiviste de nos deux populad méridionales, principalement' dévolue à l'intervef^ esthélique des femmes.
Dans cette troisième fonction sociale, la nouvelle p sie rattachera directement sa mission actuelle à son office final, en idéalisant le passé, comme ci-dessus l'avenir. Car, l'avènement du positivisme exige, à tous égards, une scrupuleuse justice envers le catholicisme. Loin d'allénuer le mérite moral et politique du régime propre au moyen âge, la poésie, guidée par la philosophie, devra d'ahord le glorifier dignement, afin de mieux caractériser la supériorité nécessaire de l'ordre final. Elle préï dera ainsi à son devoir normal de ranimer le i
surlout itage an
le nl|^J
:olI^^H ;IIe po^^^