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La science et les savants

En caractérisant ainsi la consécration directe de la science régénérée, il serait ici superflu d'insister sur la dignité qu'elle procure à son indispensable préambule inorganique et biologique, dès lors intimement annexé au dogme final. Les parties les plus inférieures reçoivent par là une auguste destination sociale, soit d'après leur supériorité logique, soit en vertu de leur nécessité scien*' tifique. Il est vrai que la religion de l'Humanité exige aujourd'hui l'abolition radicale du régime académique, comme étant à la fois immoral et irrationnel, surtout en France. Ce double danger résulte, en effet, chez les géomètres, de leur aveugle limitation au simple début de l'initiation positive ; et, chez les biologistes, d'une empirique tendance à instituer leurs études sans base et sans destination systématiques. Le bon sens et la morale proscriront bientôt toute spécialité théorique qui ne sera pas conçue et cultivée d'après des vues encyclopédiques, propres à la rattacher toujours à l'ensemble de notre existence. On ne peut autrement contenir l'idiotisme et

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l'égoïsme, déjà trop déveioppés, que suscite nécessairement l'anarchie actuelle Mais cette indispensable épuration assurera ensuite la consécration publique de tous les vrais travaux scientifiques, même envers les moindres sujets. Ainsi corrigées de leur désastreuse sécheresse, les éludes mathématiques manifesteront toujours leur secrète aptitude morale, comme seules bases réelles de convictions vraiment inébranlables, que ne sauraient obtenir dans les hautes spéculations ceux qui n'y peuvent atteindre pour les plus simples. Quand l'intime connexîté de toutes nos conceptions se trouvera assez appréciée, le Grand-Être repoussera autant le publiciste resté étranger à la géométrie que le géomètre dédaignant la sociologie. De même, purifiées de leur dangereux matérialisme, les études biologiques acquerront dès lors l'imposante grandeur due aux théories préliminaires les plus rapprochées de la science finale, et les plus propres à préparer le dogme fondamental. L'esprit qui aspirerait à comprendre l'Étre-Suprème sans avoir d'abord apprécié les vitalités inférieures, ne serait pas moins blâmable que celui qui refuserait de rattacher la biologie à son uniquedestînatîon normale. Devenues indispensa blés aux démonstrations morales, et dignement subordonnées aux inspirations du cœur, toutes les saines éludes scientifiques se trouveront désormais liées profondément an sacerdoce de l'Humanité. Le règne du vrai sentiment développera l'essor de la droite raison, qui. i» son loor. le consolidera par une sanction systématique. Outre son évidente nécessité pour régulariser Vaclivité spontanée du Grand-Ltre, la philosophie naturelle tend immédiatement à le perfectionner, en puisant au dehors la seule base de fixité que comporte l'ensemble de nos affections.

Irrévocablement vouée à l'étude, directe ou indirect*^ de l'Humanité, la science prendra désormais un caw

tère vraiment sacré, comme fondement systématique du culte universel. Elle seule peut nous faire bien connaître, non seulement la nature et la condition du Grand-Être, mais aussi ses destinées et ses tendances successives. Dans ce saint office, dont Timmense difficulté exige la combinaison habituelle de toutes nos forces spéculatives, nos moindres procédés scientifiques s'ennobliront par leur liaison permanente avec les plus hautes fonctions. La précision scrupuleuse et l'austère circonspection de la méthode positive, qui semblent si souvent puériles d'après leur oiseuse application, seront alors respectées et recommandées comme des garanties indispensables à Tefficacité d'une élaboration relative à nos principaux besoins. On sentira que, loin d'être incompatible avec le vrai sentiment, la véritable rationalité peut concourir beaucoup à le consolider et à le développer, en manifestant mieux tous les rapports réels, surtout sociaux.

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