Les fonctions des capitalistes ou chefs temporels
IV l ensemble du culte actif de l'Humanité, il faut iwaiuteuant plisser à sa division essentielle, pour achever de caractériser la séparation normale qui constitue lo principe fondamental de la politique positive.
CONCLUSION GÉNÉRALE 'âQ3
L'activité continue du Grand-Être se rapporte ou à sa condition extérieure ou à sa propre nature. Quoique chacune de ces deux grandes fonctions concerne à la fois Tordre et le progrès, la première est surtout relative à la conservation, et la seconde au perfectionnement. Cet immense organisme doit d'abord, comme tout autre, agir sans cesse sur le milieu correspondant, pour maintenir et étendre son existence matérielle. Sa vie pratique est donc vouée surtout à satiisfaire ces besoins irrésistibles, qui exigent la reproduction permanente d'abondants matériaux. Cette élaboration perpétuelle tend bientôt à dépendre davantage du concours successif des générations que du concours simultané des individus. Même dans ces fonctions grossières, mais indispensables, nous travaillons surtout pour nos successeurs, et nos principales satisfactions proviennent de nos prédécesseurs. Chaque génération produit, au delà de ses propres besoins, des richesses matérielles destinées à faciliter le travail et à préparer la subsistance de la suivante. Les organes de cette transmission deviennent ainsi les chefs naturels de l'élaboration industrielle, où les avantages attachés à la possession de ces instruments et provisions ne peuvent être compensés que par une incapacité exceptionnelle. Cet ascendant pratique s'établit d'autant mieux que les capitaux tendent naturellement à s'accumuler chez les administrateurs prudents et habiles.
Tels sont les chefs temporels de la société moderne. Le culte final doit les consacrer comme les organes nutritifs du Gratid-Être, soit qu'ils recueillent et préparent les matériaux assimilables, soit qu'ils les distribuent partout, sous l'impulsion continue d'un appareil central. Fiers de leur importance directe et journalière, poussés d'ailleurs par les instincts personnels qui seuls peuvent, d'ordinaire, stimuler leur activité soutenue, ils tendent naturellement à abuser de leur prépondérance pratique
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pour imposer le joug d'une ignoble nécessité, inaccessible au sentiment et à la raison. Leur empire spontané a donc besoin d'être sans cesse modéré par le concours des forces morales. Telle est la principale destination politique de la seconde fonction générale du Grand-Être.
- Réaction nécessaire des forces morales sur les forces matérielles.
Direclement relative à son perfectionnement propre, même physique, mais surtout intellectuel et moral, cette existence cérébrale y semble d'abord réduite, comme dans les organismes inférieurs, à seconder l'élaboration nutritive. Néanmoins, elle développe bientôt un charme qui lui est propre, et d'où résulte notre principal bonheur. Alors nous concevrions, au contraire, la vie humaine comme destinée au libre essor de la raison, de l'imagination, et surtout du sentiment, si les exigences pratiques ne nous ramenaient sans cesse à une triste activité. Ne pouvant jamais prévaloir, cette éminente fonction, outre ses satisfactions directes, devient notre principale ressource, d'abord spontanée, puis systématique, pour régler l'action plus ou moins aveugle des organes nutritifs, par le concours habituel de l'esprit avec le cœur. La source la plus pure et la plus naturelle de cette réaction morale consiste dans l'influence féminine, qui représente l'exislence affective du cerveau individuel. Mais elle ne comporte une pleine eflicacilé que d'après sa combinaison avec la puissance philosophique, laquelle, malgré sa faible énergie directe, devient aussi indispensable à l'organisme collectif que l'est, pour l'individu, l'office spéculatif du cerveau. A ces deux éléments nécessaires du pouvoir modérateur, la maturité du Grand-Étre enjoint un troisième, qui complète cette
organisation et constitue la principale base de son intervention politique, en faisant enfin surgir la fonction active du cerveau social, l'influence prolétaire.
De cet élément complémentaire dépend, en effet, la seule solution possible du grand problème humain, l'ascendant de la sociabilité sur la personnalité. Exclu du pouvoir pratique, par son défaut de loisir et de richesse, il y est pourtant indispensable pour l'exécution des travaux d'où émane la prépondérance temporelle. Lié au pouvoir théorique, d'après des goûts semblables et des situations analogues, il en attend surtout une éducation systématique, dont il éprouve profondément le besoin*, comme source de dignité et d'amélioration autant que de bonheur direct. Malgré le temps qu'ils absorbent, les travaux populaires laissent une grande disponibilité à des esprits qui, ne pouvant se restreindre à de telles spécialités, aspirent ordinairement aux vues générales, en y demandant toujours le concours de l'utilité avec la réalité. En même temps, les cœurs prolétaires, étrangers à d'ardentes préoccupations de grandeur ou de richesse, sont mieux disposés à l'essor habituel des sentiments généreux, dont leur existence manifeste davantage le charme et l'efficacité. Ne pouvant prévaloir que par le nombre, le peuple tend plus à l'union que ses chefs temporels, dont chacun possède une prépondérance matérielle qu'il suppose irrésistible, et qui pousse à Tisolement. C'est ainsi que le pouvoir modérateur trouve naturellement, auprès des puissances pratiques dont il doit modifier l'ascendant spontané, un énergique auxiliaire, pleinement accessible à l'influence morale, dont il devient le plus ferme appui. Â la fois spécial et général, actif et spéculatif, sans cesser d'être éminemment affectif, le peuple constitue l'intermédiaire nécessaire entre l'autorité théorique et l'autorité pratique, auxquelles il se lie presque également, soit pour l'éducation
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même alors, la répression doit rester purement morale. Si, par une exception qui deviendra de plus en plus rare, l'abus exige quelques mesures politiques, le pouvoir temporel en sera seul juge.