PREMIÈRE PARTIE
deux adjacentes dans sa partie centrale, adhère profondément à la précédente par son origine, et à la suivante par sa fin. L'homogénéité et la continuité d'une telle construction sont d'autant plus complètes que le même principe de classement, appliqué d'une manière plus spéciale, détermine ai&si la vraie distribution intérieure des diverses théories qui composent chaque branche. Par exemple, les trois grandes classes de* spéculations mathématiques, d'abord numériques, puis géométriques, et enfin mécaniques, se succèdent et se coordonnent entre elles d'après la même loi qui préside à la formation de l'échelle fondamentale. Mon traité philosophique a pleinement démontré qu'une pareille harmonie intérieure existe partout. La série générale constitue ainsi le résumé le plus concis des plus vastes méditations abstraites ; et, réciproquement, toutes les saines études spéciales aboutissent à autant de développements partiels de cette hiérarchie universelle. Quoique chaque partie exige des inductions distinctes, chacune reçoit de la précédente une influence déductive, qui restera toujours aussi indispensable à sa constitution dogmatique qu'elle le fut d'abord à son essor historique. Toutes les études préliminaires préparent ainsi la science finale, laquelle désormais réagira sans cesse sur leur culture systématique, pour y faire enfin prévaloir le véritable esprit d'ensemble, toujours lié au vrai sentiment social. Cette indispensable discipline ne saurait devenir oppressive, puisque son principe concilie spontanément les conditions permanentes d'une sage indépendance avec celles d'un concours réel. En subordonnant, par sa propre coinposition, l'intelligence à la sociabilité, une telle formule encyclopédique, éminemment susceptible de devenir populaire, place d'ailleurs tout le système spéculatif sous la surveillance, comme sous la protection, d'un public ordinairement disposé à contenir, chez les
philosophes, les divers abas inhérents à l'état' continu d'abstraction qu'exige leur office.