PREMIÈRE PARTIE
sur les phénomènes propres à la plus spéciale» soit d'a« près révidente obligation d'étudier d^abqrd la méthode positive dans ses applications les plus simples et les plus caractéristiques. Il serait ici superflu de rappeler davan-^ tage des principes que mon ouvrage fondamental a tant établis.
La philosophie sociale doit donc, à tous égards, être préparée par la philosophie naturelle proprement dite, d*abord inorganique, puis organique. Cette indispensable préparation d'une construction réservée à notre siècle remonte ainsi jusqu'à la création de l'astronomie dans l'antiquité. Les modernes l'ont complétée en ébauchant la biologie, dont les notions statiques furent seules accessibles aux anciens. Mais, malgré la subordination nécessaire de ces deux sciences, leur diversité trop prononcée et leur enchaînement trop indirect empêcher raient de concevoir l'ensemble du préambule fondamental, si, par une condensation exagérée, on tentait de le réduire à ces termes extrêmes. Entre eux, la chimie est venue, au moyen âge, constituer un lien indispensable, qui déjà permettait d'entrevoir la véritable unité spéculative, par la succession naturelle de ces trois sciences préliminaires, conduisant graduellement à la science finale. Toutefois, cet intermédiaire ne pouvait suffire, quoique assez rapproché du terme biologique, parce qu'il est trop éloigné du terme astronomique, dont l'ascendant direct y exigeait l'emploi de conceptions factices et même chimériques, susceptibles seulement d'une efficacité passagère» La vraie hiérarchie des spéculations élémentaires n'a donc pu commencer à se manifester que dans l'avant-dernier siècle, quand la physique proprement dite a fait surgir une classe de contemplations inorganiques, qui touche à l'astronomie par sa branche la plus générale, et à la chimie par la plus spéciale. Pour concevoir cette hiérarchie d'une manière conforme à sa
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destination, il su£fit dès lors de la rattacher à son origine nécessaire, en remontant jusqu'à des spéculations tellementsimples et universelles que leur positi vite puisse être directe et spontanée. Tel est l'éminent caractère des conceptions purement mathématiques, sans lesquelles l'astronomie ne pouvait naitre. Elles seules cpnstitaeront toujours, dans l'éducation individuelle, comme elles l'ont fait dans notre évolution collective, le véritable point de départ de l'initiation positive, en tant que relatives à des spéculations qui, sous la plus complète domination de l'esprit théologique, suscitent nécessairement un certain essor systématique de l'esprit positif, ensuite étendu de proche en prochejusqu'aux sujets qui lui étaient d*abord le plus interdits.
D'après ces sommaires indications, la série naturelle des spéculations fondamentales se constitue d'elle-même, quand on range, selon leur généralité décroissante et leur complication croissante, les six termes essentiels dont l'introduction y est ainsi motivée, et cette disposition fait aussitôt ressortir leurs vrais rapports mutuels. Or, cette opération coïncide évidemment avec le classement propre à la théorie d'évolution ci-dessus rappelée. Cette théorie peut donc être conçue, sous l'aspect statique, comme offrant une base directe à la systématisation abstraite, d'où Ton vient de voir dépendre l'ensemble de la synthèse humaine. La coordination usuelle ainsi établie entre les éléments nécessaires de toutes nos conceptions réelles constitue déjà une véritable unité spéculative, par l'accomplissement du vœu confus de Bacon, sur la construction d'une scala intelleclui, permettant à nos pensées habituelles de passer sans effort des moindres sujets aux plus éminents, ou en sens inverse, avec un sentiment continu de leur intime solidarité naturelle. Chacune de ces six branches essentielles de la philosophie abstraite, quoique très distincte des