‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 5 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

reclement sur la vie active autrement que par cette systématisation, elle usurperait vicieusement la mission nécessaire de la politique, seule arbitre légitime de toute évolution pratique. Entre ces deux fonctions princi* pales du grand organisme, le lien continu et la séparation normale résident à la fois dans la morale systématique, qui constitue naturellement l'application caractéristique de la philosophie et le guide général de la politique. J'expliquerai d'ailleurs comment la morale spontanée, c'est-à-dire l'ensemble des sentiments qui l'inspirent, doit toujours dominer les recherches de l'une et les entreprises de l'autre, comme l'a déjà indiqué mon ouvrage fondamental.

Cette grande coordination, qui caractérise l'office social de la philosophie, ne saurait être réelle et durable qu'en embrassant l'ensemble de son triple domaine, spéculatif, affectif et actif. D'après les réactions naturelles qui unissent intimement ces trois ordres de phénomènes, toute systématisation partielle serait nécessairement chimérique et insuffisante. Toutefois, c'est aujourd'hui seulement que la philosophie, en parvenant à l'état positif, peut enfin concevoir dignement la vraie plénitude de sa mission fondamentale.

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