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La synthèse théologiqae n'a pas su embrasser le côté

pratique de la vie humaine,

La systématisation théologique émana spontanément de la vie affective, et dut également à cette unique origine sa prépondérance initiale et sa dissolution finale. Elle domina longtemps les principales spéculations, surtout pendant l'àge polythéique, où le raisonnement restreignait encore fort peu l'empire primitif de l'imagination et du sentiment. Mais, même à cette époque de son plus grand «ssor mental et social, la vie active lui échappa essentiellement, sauf d'inévitables réactions.

plus relatives d'ordinaire à la forme qa*au fond. Cette scission naturelle, quoique d'abord insensible, tendit ensuite, par son accroissement continu, à dissoudre radicalement la construction initiale. Une coordination purement subjective ne pouvait s'accorder avec la destination nécessairement objective qui caractérise Texistence pratique, d'après son invincible réalité. Tandis que l'une représentait tous les phénomènes comme régis par des volontés plus ou moins arbitraires, l'autre poussait de plus en plus à les concevoir assujettis à des lois invariables, sans lesquelles notre activité continue n'aurait pu comporter aucune règle. D'après cette impuissance radicale à embrasser réellement la vie active, la systématisation théologique dut aussi rester toujours très incomplète quant à la vie spéculative et même affective, dont l'essor général se subordonne nécessairement aux principales exigences pratiques. L'existence humaine ne pouvait donc être pleinement systématisée tant que le régime théologique a prévalu, puisque nos sentiments et nos actes imprimaient alors à nos pensées deux impulsions essentiellement inconciliables. Il serait d'ailleurs superflu d'apprécier ici l'inanité nécessaire de la coordination métaphysique, qui malgré ses prétentions absolues, ne put jamais enlever à la théologie le domaine affectif, et fut toujours moins propre à embrasser la vie active. "Au temps de sa plus grande splendeur scolastique, la systématisation ontologique ne sortit point du domaine spéculatif, réduit même à la vaine contemplation abstraite d'une évolution purement individuelle, l'esprit métaphysique étant radicalement incompatible avec le point de vue social. J'ai assez démontré, dans mon ouvrage fondamental, que cet esprit transitoire fut toujours impropre à rien construire réellement. Sa domination exceptionnelle comportait seulement une destination révolutionnaire, pour seconder l'évolution préli-

minaire de rhumanité en décomposant peu à peu le régime théologique, qui, après avoir seul dirigé Tessor initial, avait dû devenir, à tous égards, irrévocablement rétrograde.

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