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La Convention et les prolétaires

D'après cette sommaire appréciation, on explique aisément l'admirable instinct social qui avait poussé la Convention à chercher parmi nos prolétaires son principal appui, non seulement contre ses dangers exceptionnels, mais pour la régénération finale qu'elle poursuivait avec ardeur sans pouvoir en déterminer la nature. Toutefois, faute d'une vraie doctrine générale, et vu Fanarchique impulsion de la métaphysique dominante, cette alliance fondamentale était alors conçue dans un esprit contraire à son but principal, puisqu'elle appelait le peuple à l'exercice habituel de l'autorité politique. Une telle direction convenait beaucoup, sans doute, aux nécessités temporaires de la situation correspondante, où la défense républicaine dépendait surtout des prolétaires, seuls dévoués et inébranlables. Mais, représentée comme définitive par l'esprit absolu de la théorie officielle, elle devint bientôt incompatible avec les conditions essentielles de la société moderne. Ce n'est pas que le peuple ne doive habituellement, quand le cas l'exige, prêter son assistance, même matérielle, à l'exercice spécial de l'autorité temporelle. Loin d'être aucunement anarchique, cette intervention subalterne , tant au dedans qu'au dehors, constitue évidemment une garantie indispensable à tout régime normal. On doit même reconnaître que, sous ce rapport, les mœurs françaises sont encore 1res imparfaites , puisqu'elles disposent trop souvent notre population à rester au moins spectatrice dans les actes journaliers d'une police tutélaire. Mais toute participation directe du peuple au gouvernement politique, pour la décision suprême des mesures sociales, ne peut convenir, chez les modernes, qu'à la situation révolutionnaire. Étendue à Tétat final, elle y deviendrait nécessai-

remem anarchique, à moins de s'y trouver eissentiellement illusoire.

54. — La souveraineté du peuple. Le pùsiiivisme ne V admet pas; mais il reconnaît, pour les cas extrêmes, le droit à l'insurrection.

Sans admettre le dogme métaphysique de la souveraineté populaire, le positivisme s'approprie systématiquement tout ce qu'il renferme de vraiment salutaire, soit pour les cas exceptionnels, soit surtout envers l'existence normale, en écartant les immenses dangers inhérents à son application absolue. Dans l'usage révolutionnaire, sa principale efficacité consiste à justifier directement le droit d'insurrection. Or, la politique positive représente un tel droit comme une ressource extrême, indispsnsable à toute société, afin de ne pas succomber à la tyrannie qui résulterait d'une soumission absolue, trop prèchée par le catholicisme moderne. Au point de vue scientifique, on y doit voir une crise réparatrice encore plus nécessaire à la vie collective qu'à la vie individuelle, suivant cette loi biologique évidente que l'état pathologique devient plus fréquent et plus grave à mesure que l'organisme est plus compliqué et plus éminent. Personne ne saurait donc craindre sérieusement que le prochain ascendant du positivisme dispose jamais à l'obéissance passive, en tant qu'il éteindra l'esprit révolutionnaire proprement dit, qui équivaut désormais à prendre la maladie pour le type définitif de la santé. Le caractère profondément relatif de la nouvelle doctrine sociale la rend, au contraire, seule apte à concilier radicalement la subordination habituelle avec la révolte exceptionnelle, comme l'exigent à la fois le bon sens et la dignité humaine. En réservant ce dangereux remède pour les cas vraiment extrêmes, elle n'hésitera jamais à l'approuver, ni même à le recommander,

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