‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 94 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

biologique, aisément susceptible alors d'être condensée en une cinquième année, dans un cours de quarante leçons vraiment philosophiques et populaires. D'après tout ce préambule indispensable, une sixième année, de même durée didactique, systématisera définitivement toutes les spéculations réelles par l'étude directe de la sociologie, statique et dynamique, qui rendra familières les vraies notions sur la structure et le mouvement des sociétés humaines, surtout modernes. Un tel fondement permettra à la dernière de ces sept années du noviciat positif de diriger immédiatement l'ensemble de cette éducation vers sa principale destination sociale, par l'exposition méthodique de la morale, dont chaque démonstration essentielle deviendra alors pleinement appréciable, suivant la saine théorie du monde, de la vie, et de l'humanité.

Pendant tout ce cours d'études, le trimestre libre de chaque année sera partiellement consacré aux examens publics destinés à constater l'assimilation de toutes les connaissances antérieures. Lear exercices m tt rfliqu es de kl première éducation se prolongeront volontairement au milieu des travaux scientifiques de la seconde, pour peu que les goûts naturels s'y trouvent sagement encouragés. Ils feront naître accessoirement, dans les deux dernières années de l'initiation philosophique, l'étude spontanée de nos deux principales langues anciennes, à titre de complément poétique, lié d'ailleurs aux théories historiqaes et morales dont le prolétaire sera alors préoccupé. Si l'habitude du grec intéresse surtout nos origines esthétiques, celle du latin est encore plus utile au plein sentiment de notre filiation sociale.

L'évolution philosophique de l'individu subira graduellement, comme celle de l'espèce, sa dernière préparation, pendant ces sept années d'essor rationnel, en passant du polythéisme antérieur à un monothéisme

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non moins spontané, par la réaction croissante de l'esprit de discussion sur la prépondérance primitive de l'imagiiialion. Il faudra respecter aussi cette libre transition métaphysique, où chacun rendra naïvement un dernier hommage aux conditions essentielles de l'initiation humaine. On doit reconnaître que ce régime provisoire conviendra toujours à la nature abstraite et indépendante des études malhémaliques, qui absorberont les deux premières années d'un tel noviciat. Tant que la déduction prévaut sur l'induction, l'esprit demeure nécessairement enclin aux théories métaphysiques. Leur essor spontané conduira bientôt chacun à réduire sa théologie primitive à un déisme plus ou moins vague, qui, pendant les études physico-chimiques, dégénérera, sans doute, en une sorte d'athéisme, finalement remplacé, sons la lumineuse impulsion des conceptions biologiques, et surtout sociologiques, par le vrai positivisme. C'est ainsi que la systématisation définitive de la morale coïncident avec un plein sentiment personnel de la filiation humaine, qui permettra au nouveau membre de l'humanité de sympathiser dignement avec tous ses ancêtres et ses contemporains, sans cesser de travailler pour ses suc' cesseurs quelconques.

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